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Exemple d'architecture rococo:

la facade du palais du Marquis de dos agua de Ignacio Vergara

(1775-1776)

La mort de Socrate 1787

de Jacques Louis David

Le buste de "Madame Récamier" réalisé en 1802 par Joseph Chinard.

La Liberté ou la Mort

de 1795

Jean Baptiste Regnault (1754-1829)

Une femme à mi-corps

de 1785

Jean Joseph Taillasson (1745-1809)

La seconde moitié du XVIII° siècle voit le déclin de l'esprit baroque, lequel exhale ses derniers soupirs dans des formules qui boursouflent un peu plus ou, au contraire, l'affadissent. Ce sont les formes "rococo", "rocaille" ou semi-classique, le goût français dans une Europe qui adopte avec frénésie toutes modes lancées par la France.

 

La réaction de cette dégénéréscence d'un style qui n'avait manqué ni de grandeur ni de souffle épique se fait en ordre dispersé et de manière trés empirique. Les trouvailles archéologiques y contribuent pour beaucoup. En Toscane et en Ombrie, les tombes étrusques révèlent un art profondément marqué par les influences helléniques. A partir de 1711, des fouilles systhématiques sont menées sur la site pétrifié d'Herculanum, puis en 1748, à Pompéi. A Rome même on explore le mont Palatin, et Piranèse travaille dans la villa d'Hadrien à Tivoli. En Grèce, d'audacieux collectionneurs (Choiseul-Gouffier, Lord Elgin) arrachent aux Ottomans les plus beaux marbres antiques. Des catalogues sont publiés et ordonnent cette moisson d'antiquités. Les Antichità di Ercolano paraissent en huit volumes entre 1757 et 1792. En France, Caylus mettra quinze ans (1752-1767) pour venir à bout de son monumental Recueil d'antiquités égyptiennes, étrusques, grecques, romaines et gauloises.

Peu à peu une doctrines néoclassique prend forme, qui demande aux artistes de renoncer aux licences du baroque finissant et de s'attacher à retourner à l'idéalisme grave des Anciens. Ce courant est exprimé par des théoriciens touche-à-tout, antiquaires parmi lesquels figurent peu de français, si l'on exepte Quatremère de Quincy (1755-è1849), qui va suivre pas à pas la carrière de Gavin Hamilton, Anton Raphaèl Mengs, Canova, ou David.

 

Wincklemann avec ses deux ouvrages Histoire de l'art chez les Anciens (1760) et Observation sur l'histoire de l'Art (1769), va marquer trois générations d'artistes. Il inculque l'exaltation de la statuaire grecque portée au pinacle, ensuite l'idée que la beauté est inaccessible, indéfinissable, mais que l'on doit tendre vers elle de toutes ses forces. Wincklemann n'est guère discuté, à Paris, Diderot puis David l'applaudissent, Goethe l'admire.

Vers 1780, lesthétique néo-classique triomphe. Son foyer principal, son sanctuaire, c'est l'Italie, ou plutôt Rome presque seule. En effet la capitale italienne possède un parc archéologique abondant, que des fouilles plus ou moins sauvages contribuent à dévaster tout en enrichissant les collections privées. Il y a aussi un mécénat des princes de l'Eglise et celui des pontifes. Parmis les papes les plus attentifs aux arts figurent Benoit XIV Lambertini (1740-1758), Clément XIV Ganganelli (1769-1774), Pie VI Braschi, pontife à partir de 1775. On restaure, on classe, on moule, on grave dans cent ateliers et cabinets de curiosités. Au Capitole, la vénérable académie Saint-Luc entretient une école gratuite de nu, que fréquente Canova. La France, l'Autriche, l'Espagne, les principaux pays de l'Empire, et la Russie distribuent des bourses aux jeunes gens les plus doués pour qu'ils puissent travailler dans la ville éternelle.

La communauté des artistes étrangers résidant à Rome est trés vivantes. Il s'agit surtout de copistes, restaurateurs, autant que de créateurs qui besognent dans l'idéal néo-classique.

 

Citons parmi les plus talentueux le Suédois Johan Tobias Sergel (1740-1814), le flamand Van Poucke (1740-1809), le Lyonnais Joseph Chinard (12756-1813), l'Anglais Flaxman (1755-1826) et ses deux fils, Michelangelo et Guisepe.

Rome n'est peut être pas à cette période la capitale dev l'art, mais elle reste le lieu d'apprentissage indispensable, le laboratoire dans lequel prend forme la nouvelle esthétique. Les artistes parisiens qui montent, Hubert Robert, Jacques-Louis David, Girodet, Prud'hon, Gérard ne s'y trompent pas et définissent une manière de classicisme à la française. Le Serment des Horaces, de Davis, qui est un peu le manifeste, est exposé au Salon de 1785.

 

Ce style sera l'art de la révolution française et américaine. Par le biais de ce retour à l'art antique, et plus spécialement à l'art grec hellenistique, on met en avant sa société idéale: la démocratie. Ce style fait alors l'appologie du civisme, de l'héroïsme, et du sacrifice pour le bien commun. L'art doit éduquer les spectateurs et faire le culte des figures marquantes de l'histoire nationale.

Mais progressivement le néo-classicisme va se tourner vers un art plaisant presque Rococo, qui va abandonner son idéalisme démocratique. Il ne va en garder que l'envellope stylistique "à la grecque" oubliant ses principes pédagogique. Il remplace ses sujets représentant des actions vertueuses ou héroiques, par des représentations érotico-grec.