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[ALERTE] - Blanchiment & pègre : un projet de casino à Nantes !


QU'EST-CE QU'IL LUI PREND à Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes et président du groupe (PS) à l'Assemblée nationale ? On apprend ce matin 4 novembre par ''Ouest-France'' que ''Nantes mise sur un casino'' (...) ''Une procédure longue, des recettes rondelettes'' (...)
C'est le projet de la mairie''.
Des machines à sous...
 
Est-ce que nous souhaitons pour les jeunes (et les moins jeunes) de Nantes ? Les casinos ...
tout le monde sait bien que cela veut dire :

Au premier rang des vecteurs du blanchiment

IRONIE DE L'HISTOIRE : le supplément ''Economie'' du journal ''Le Monde'' publie ce matin même 4 novembre un compte-rendu du livre alarmant ''Finance criminelle'' de Marie-Christine Dupuis (consultante du Centre de recherche sur les menaces criminelles contemporaines de l'Université de Paris-II). On y lit (entre autres horreurs sur les paradis fiscaux, la drogue et la prostitution, la déreglementation économique mondiale), des nouvelles qui concernent désormais directement les citoyens de cette bonne ville de Nantes : ''Au premier rang des vecteurs du blanchiment figurent les banques. (...) les bureaux de change et les assurance. (...)
Mais ce sont les casinos que préfèrent les mafieux en quête de recyclage, car ils acceptent l'achat de leurs jetons en liquide et remboursent ceux-ci avec des chèques.'' Plus loin, cet article du ''Monde'' (par Alain Faujas) indique comment ''l'argent sale s'investit dans une série d'entreprises qui manipulent de l'argent liquide.
 
MAIS IL OMET DE SUGGÉRER l'oppor-tunité en argent liquide que sont les billetteries non-numérotées de grandes manifestations sportives et de spectacles culturels subventionnés, ce qui est remarquable, surtout lorsque l'on note :
 
D'ORES ET DÉJÀ, et depuis plusieurs années, plusieurs villes du Sud de la France connaissent des intimidations, des provocations et des assassinats, que le milieu du crime organisé, souvent proche des professionnels des casinos, est en mesure de faire subir à la société civile et aux élus locaux. A ce stade, ce sont évidemment les bases élémentaires de la vie en démocratie qui sont compromises durablement.

Est-ce que c'est ce que nous souhaitons importer à Nantes ?

Kasi NO !

DEPUIS LES ANNÉES 1980, la société française est soumise à un véritable harcèlement publicitaire et psychologique en faveur des jeux d'argent.
Ce harcèlement est organisé par les professionnels des jeux d'argent, en particulier la Française des Jeux et les casinos grâce à d'énormes moyens financiers, qui font se coucher les élus.
Ce harcèlement repose sur l'illusion que nous vivons tous dans une société de gagnants. Il est grand temps de stopper ce harcèlement organisé en faveur des jeux d'argent au lieu de vouloir l'étendre par une présence au coeur même de la ville.
Question subsidiaire : Comment une municipalité de gauche peut-elle afficher une telle soumission à l'argent-roi, ses mécomptes et ses mythologies ?
 
En tous cas, il s'agit d'un mauvais coup pour l'économie locale.
 
Non seulement, les dépenses effectuées dans un casino sont par nature improductives, mais en outre il faut considérer qu'elles sont soustraites au budget des ménages alors qu'elles auraient été sinon dépensées auprès des commerces et industries locales. Où vont ces recettes des casinos ? : 60% environ du Produit brut des jeux sont prélevés par l'Etat, c'est-à-dire par Berçy à Paris, et quittent donc l'économie régionale au lieu de l'alimenter. Le solde consenti à la trésorerie municipale de la commune d'accueil (jusqu'à 15%) reste très marginal et ne peux occulter que chaque année des dizaines de millions de francs s'évaporeraient en pures pertes de la sphère de l'économie nantaise.

Réagissons avec toutes les personnes de bonne volonté,

tant qu'il est encore temps


FICHE TECHNIQUE :
En principe, depuis le début du siècle, les casinos ne peuvent exister que dans les stations balnéaires, thermales ou climatiques.
Mais au beau milieu des ''années Bernard Tapie'', une loi de 1988 a autorisé leur installation au centre des agglomérations d'au moins 500 000 habitants. Bordeaux et Lyon sont sur le coup.
Selon ''Ouest-France'', ''la municipalité devra lancer une consultation conformément à la loi Sapin de 1993. Il s'agit désormais d'une concession de service public : on considère en effet qu'un casino doit contribuer à l'animation d'une ville, en proposant outre des jeux, des spectacles et de la restauration.''
(Interviennent successivement dans la procédure : le dépôt d'un dossier en préfecture, une enquête d'utilité publique, un avis du préfêt, un avis de la ''Commission supérieure des jeux'', la décision finale du ministre de l'Intérieur.)
La ville d'accueil reçoit une partie du prélèvement public sur les recettes du casino. Ainsi Juppé en espère 31,9 millions par an à Bordeaux. Le maire de Nantes déclare que l'association d'un casino rendrait rentable l'hôtel 4 étoiles dont il vient de découvrir l'urgente nécéssité ''lors de la Coupe du Monde''.
 
On se croirait dans un mauvais film.

Signataires de ce courrier pour « Ouest-France » :
 
Jean-Pierre Avermaete, journaliste économique
Xavier Baglin, gestionnaire Éducation Nationale
Frédéric Barbe, géographe
Nicole Cayzelle, institutrice
Philippe Coutant, Nantais
Luc Douillard, président d'association
Yves Laventure, employé de banque
Emmanuelle Lefevre, institutrice
Catherine Ouvrard, institutrice
Gérard Richard, citoyen nantais
Madeleine Riou, informaticienne
Catherine Tisserant, étudiante
Marc Vayer, professeur
 
[ Ce texte a été expédié au journal quotidien régional « Ouest-France » le 1er décembre. Il est paru dans le courrier des lecteurs de l'édition nantaise du samedi 12 décembre 1998, en version intégrale (sans toutefois la fiche technique, le dernier intertitre et la première phrase : ''Qu'est-ce qu'il lui prend à Jean-Marc Ayrault...''), et illustré d'une photo de la Cité des Congrès de Nantes légendée ainsi : ''Un casino est en projet à Nantes. Il se situerait en face de la cité des congrès''. ]