CYBER-ENTRETRIEN AVEC BERNARD BOUDIC, JOURNALISTE A OUEST-FRANCE
Bernard Boudic est, depuis septembre 1996, responsable éditorial du service web de Ouest-France, baptisé France-Ouest. Il explique ici le fonctionnement et les spécificités de son service.
-Quelle est la spécificité de votre service web France-Ouest par rapport au quotidien Ouest-France?
-BB: Je voudrais tout d'abord préciser que le service web France-Ouest n'est pas l'édition en ligne du journal Ouest-France: il est tout spécialement conçu pour le web et comprend à la fois des reprises d'articles du journal et des papiers spécialement rédigés pour le site. C'est, pour aller vite, une plate-forme de sites thématiques, documentaires sur les questions d'actualité dans l'Ouest de la France (Normandie, Pays de la Loire, Bretagne).
-Comment est né France-Ouest?
-BB: France-Ouest
est né à l'occasion du rassemblement de marine à voile
qui s'est tenu à Brest en 1996 et qui a drainé un million
de visiteurs. Il s'agissait de répondre à la concurrence.
Mais nous ne partions pas de zéro: Ouest-France développe
depuis longtemps des activités dans la télévision,
la radio, l'édition, la presse hebdomadaire...
-Vous n'envisagez pas de mettre en ligne l'intégralité du journal?
-BB: Bien sûr, nous pensons mettre en ligne l'ensemble du quotidien (40 éditions, 540 pages différentes, près de 2000 photos) mais c'est évidemment moins simple que cela ne l'a été pour nombre de nos confrères de la presse quotidienne régionale... du fait de la taille de Ouest-France. D'ailleurs, ce projet de journal électronique est antérieur à la naissance de France-Ouest, en juillet 1996. Il devrait être mené à bien dans les prochains mois. On cherche à faire une édition en ligne vraiment révolutionnaire, par le volume d'information offert et par les facilités de consultation. Il s'agit d'élaborer un journal individualisé, basé sur des critères géographiques et thématiques à géographies variables.
- Quel est votre lectorat? Quelle est la fréquentation du site? Votre lectorat diffère-t-il de celui de France-Ouest?
-BB: Comme celui des éditions en ligne des autres journaux, notre lectorat est cosmopolite: monde anglo-saxon, Europe, DOM TOM, diaspora bretonne... Actuellement, nous dépassons le million de pages lues par mois. Mais notre objectif est qu'internet devienne, à terme, un média local: nous préparons un service d'informations locales urbaines dans dix-sept villes de l'Ouest (Nantes.maville.com). Nous nous sommes donnés trois ans.
-Combien de personnes travaillent dans le service web que vous dirigez? Quel est leur statut?
-BB: Je suis moi même membre de la rédaction en chef de Ouest-France et responsable éditorial de France-Ouest. Je travaille en collaboration avec deux "rédacteurs multimédias" salariés de TC-Multimédia, filiale de Ouest-France chargés de l'exploitation télématique et internet des contenus du journal, une graphiste à mi-temps. Ponctuellement, nous faisons appel à des techniciens et des ingénieurs. Enfin, l'équipe est composée d'un chef de publicité.
-Comment vos collègues rédacteurs multimédia et vous-même en êtes-vous venus à travailler sur le support internet?
-BB: J'ai commencé
comme localier. Au bout de neuf ans, je suis devenu secrétaire de
rédaction et chef adjoint du service économique, au sein
duquel je m'occupais plus particulièrement des informations industrielles
et technologiques notamment à l'époque du lancement du minitel
et des débuts de la microinformatique. Puis, j'ai occupé
les fonctions de chef de service des informations générales
pendant neuf ans. Enfin, en septembre 1996, j'ai été affecté
au service web. Cela n'est pas vraiment surprenant car je porte, depuis
très longtemps, un grand intérêt à l'information
scientifique et technique et je pratique, depuis le début des années
1998 la micro informatique. Quant à mes deux jeunes collègues
masculins-ils n'ont pas trente ans-, ils sont respectivement titulaires
d'un DESS ingéniérie de la communication et d'un DEA de sociologie.
Ce ne sont pas à proprement parler des journalistes (la qualité
de journaliste ne leur est pas reconnue) mais des rédacteurs multimédia.
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Interview de Laurent Mauriac (Libération)
Portrait de Samuel Loutaty (Le Petit Bouquet)
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