Samuel Loutatyest sorti du Centre
de Formation des Journalistes (C.F.J.) en 1996. Il rencontre, par hasard,
en 1997, deux journalistes chevronnés qui lui proposent de participer
à la création d'un webzine,
Le
Petit Bouquet. Sans aucune expérience de l'internet,
il se lance dans l'aventure et apprend tout sur le tas.
Aujourd'hui rédacteur en chefet pionnier du télétravail, il coordonne, depuis son domicile de la banlieue parisienne, le travail d'une quinzaine de personnes. L'équipe rédactionnelleest cosmopolite: journalistes français en poste à l'étranger et journalistes étrangers, universitaires américains... Elle comprend également un rédacteur en chef adjoint, qui réside à Paris, et un directeur artistique et technique (bénévole) qui fait en même temps office de webmaster.
Tous les matins, Samuel Loutaty relit les articles de ses collaborateurs, écrit ses propres papiers. Puis il télécharge le tout en Caroline du Sud et à Washington. En trois minutes, l'édition du Petit Bouquet est actualisée. "Je fais un véritable travail de journaliste, souligne-t-il. Je fais preuve de vigilance sur la forme (correction du style et de l'orthographe) comme sur le fond, en citant mes sources notamment. Ce qui est loin d'être la règle sur le web... certains sites portails, par exemple, pillent allègrement l'A.F.P. (Agence France Presse)".
Le rédacteur en chef du Petit Bouquet compare l'écriture utilisée sur internet à l'écriture radio: "les textes ne doivent pas dépasser 3000 signes; il faut des phrases brèves et percutantes".
Comme l'équipe rédactionnelle, le lectorat du webzine est cosmopolite: expatriés en Amérique du Nord, réseau des alliances françaises, multinationales françaises. "Au total, nous avons 30 000 abonnés, précise Samuel Loutaty. La moitié appartiennent aux milieux francophones: ils recherchent une information synthétique (Samuel Loutaty élabore quotidiennement des revues de la presse française) et spécifiquement conçue pour le support interne; ils bénéficient généralement de revenus élevés et sont diplomés du supérieur. L'autre moitié est composée de Français de métropole, aux revenus sensiblement moins élevés et n'ont pas le temps de lire un ou deux quotidiens. La majeure partie de nos lecteurs, poursuit le rédacteur en chef, impriment le Petit Bouquet et le lisent au calme, dans la journée. En fait, la lecture de notre webzine ne diffère pas vraiment de celle d'un journal papier".
Pourl'instant,
le jeune cyberjournaliste ne peut pas vivre uniquement de son travail au
Petit Bouquet. Tous les après-midis, il revêt le costume plus
traditionnel de journaliste de presse écrite. "Notre magazine
est gratuit, comme tous les webzines. A deux reprises, nous avons lancé
une souscription auprès de nos lecteurs. Les dons ont été
très nombreux mais on hésite à le refaire". L'équipe
du Petit Bouquet s'oriente vers une autre voie, celle de la publicité.
Cependant, il est encore très difficile de se financer de cette
manière. Peut-être pas pour longtemps.... Samuel Loutaty et
son équipe viennent tout juste de signer leur premier vrai contrat
avec une centrale publicitaire!
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Interviews de Laurent Mauriac (Libération)
Bernard Boudic (Ouest-France)
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