1991 : LE PRESIDENT SASSOU DECLARAIT"Peuple congolais, les tranches douloureuses, tragiques de notre histoire récente ont été longuement évoquées. Beaucoup de fils de ce pays ont péri, victimes des affrontements propres aux systèmes que nous avons connus. Certains ont payé de leur sang nos erreurs, d'autres ont succombé pour avoir pris des armes contre la République. Certains de ces épisodes demeurés obscurs, ont fait l'objet de témoignages publics qui donnent un éclairage neuf. D'autres ont fait l'objet de procès que seuls des éléments nouveaux pourraient remettre en question.
Chers compatriotes, que signifie la conférence nationale que nous avons voulue? La grande introspection qu'elle représente doit avant tout viser la réconciliation et la reconstruction nationales. Il s'agit de panser nos plaies, non de provoquer de nouvelles déchirures. Ayons une pensée pieuse pour tous ces compatriotes, sans distinction ! Que le souvenir de ce qu'a été leur destin nous détourne à jamais des pratiques de ces temps révolus (...). Faut-il enjamber d'autres corps pour arriver à la démocratie ? Ma réponse est non..."
Concernant ses pédécesseurs, Denis Sassou Nguesso les absout de tout :
"Le Président Youlou n'a pas eu le temps d'expérimenter le système monopartite. Le président Massamba-Debat, qui a dirigé la première organisation monopartite, le Mouvement national de la révolution, n'est plus. De même que le Commandant Marien Ngouabi, qui a créé le Parti congolais du travail. Le président Yhombi-Opango, qui a poursuivi l'expérience avec le Comité militaire du parti, n'est plus aux affaires. Le mal, je suis donc le seul à l'assumer, et je l'assume, à titre collectif et individuel, au nom de tous les dirigeants de ce pays qui ne sont plus. Moi, j'assume pour nous tous, tout, notre passé, toute cette histoire commune dans ses errements comme dans ses mérites". |
L ' A P P E L
L'Observatoire Congolais des Droits de l'Homme (OCDH) est très préoccupé par la recrudescence de la violence dans la région du Pool.
En effet, les 26 et 27 septembre 1998, des bandes armées ont semé la désolation dans cette région, notamment à Goma Tsé-Tsé et Kibossi causant ainsi la mort de plusieurs personnes civiles et militaires et la fuite des populations dans des conditions inhumaines.
Déjà, le 29 août 1998, en réaction à l'arrestation et exécution sommaire et extrajudiciaire de trois présumés braqueurs, membres de ces bandes armées à Mindouli, celles-ci ont assassiné le commissaire de police de la localité et d'autres civils, créant alors une psychose au sein de la population.
De même, le 15 septembre 1998, la même bande armée s'activait à Kindamba, bilan : plusieurs
morts dont le préposé du Trésor de la localité.
Tenant compte du comportement incivique de certains éléments de la force publique notamment
les jeunes recrues sans formation professionnelle, auteurs déjà de plusieurs exactions sur les populations à Brazzaville et partout ailleurs, l'OCDH craint que la force publique commise pour le rétablissement de l'ordre
à Goma Tsé-Tsé et Kibossi ne s'illustre par d'autres exactions sur les populations civiles.
Ainsi, l'Observatoire note que les populations du Pool risquent d'être prises en otage entre les
présumés bandits armés et les forces de l'ordre censées les sécuriser.
L'OCDH condamne les bandes armées et la violence d'où qu'elle vienne comme moyen
d'expression et de règlement des conflits.
Le droit à la vie est violé de manière flagrante, car plusieurs personnes innocentes succombent
depuis le déclenchement de ces violences dans la région du Pool, consacrant ainsi le mepris de la vie et de la
dignité humaine.
Les événements successifs dans la région du Pool interpellent le Gouvernement de la République qui devra y apporter des solutions adéquates dans le strict respect des droits et libertés fondamentaux de l'Homme.
Ces troubles reposent avec évidence les problèmes d'insécurité, de ramassage des armes de
guerre illégalement détenues par des citoyens de tout bord, de la faillite de la justice et de la classe
politique et de la formation des agents de l'ordre.
L'OCDH rappelle au Gouvernement de la République sa RESPONSABILITE dans la sécurité des
personnes et des biens et la garantie du respect des droits et libertés fondamentaux telle que stipulée dans les
articles 3 et 5 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme :
Article 3 : "Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne".
Article 5 : "Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains
ou dégradants".
De ce fait, l'OCDH recommande au Gouvernement et à la classe politique de :
- Prôner le dialogue en vue du règlement pacifique des différends, étant entendu que la violence attise les haines.
- recourir à la justice comme seule institution garante de la paix sociale en banissant les
exécutions sommaires et extrajudiciaires.
- Repenser la politique sécuritaire en redonnant à la police et à la gendarmerie leur rôle au sein
de la société civile sur toute l'étendue de la République.
- Régler, quant au fond, les problèmes que posent les violences au sein de notre population.
Fait à Brazzaville, le 02 octobre 1998
Pour l'Observatoire Congolais des Droits de l'Homme (OCDH)
Christian MOUNZEO
Secrétaire Général |