Mise à jour à propos de la condition de la femme.
LA CONDITION DE LA FEMME A TRAVERS LE TEMPS


TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION

DROIT DE VOTE DES FEMMES
   Aux USA
   En FRANCE
   En GRANDE-BRETAGNE

LES FEMMES DANS LE MONDE DU TRAVAIL
   Au Moyen-Âge
   Les incidences de la Révolution française
   Le travail des femmes aujourd'hui
      1. Les pays occidentaux
      2. Les pays asiatiques
      3. Les pays du tiers monde

LE FEMINISME

LA FEMME DANS LE MARIAGE

L'ORIGINE DE LA "SUPERIORITE MASCULINE"

CONCLUSION

BIBLIOGRAPHIE

 

 

Introduction

 

 

A l'heure actuelle, les femmes ne sont plus considérées comme des "hommes diminués".
Elles ont de plus en plus une place équivalente aux hommes dans le monde d'aujourd'hui.
Cependant, il n'en a pas toujours été ainsi.
Une multitude de combats et de révolutions leur ont presque permis d'atteindre leur objectif :
l'égalité entre hommes et femmes.

 

 

Droit de vote des femmes

 

 

Le droit de vote des femmes apparaît depuis l'Antiquité comme un sujet de débat.

Les différentes formes de gouvernement qui se sont succédées depuis l'Antiquité jusqu'au XVIIIème et XIXème siècles, en passant par les régimes féodaux du Moyen Âge, imposaient trop de restrictions au droit de vote pour que son extension aux femmes ne constitue jamais un véritable enjeu politique.

Ce n'est qu'après l'extension du droit de suffrage aux hommes, à savoir après les révolutions démocratiques du XVIIIème et du XIXème siècles, que naquirent de véritables mouvements en faveur du vote des femmes.

 

Aux USA

Le mouvement moderne de revendication pour l'extension du droit de vote aux femmes se développa d'abord en Amérique.

Avant la guerre d'indépendance, les femmes américaines participaient plus librement à la vie publique que dans les pays occidentaux : on note ainsi que les femmes propriétaires votèrent dans le MASSACHUSETTS entre 1691 et 1780.

Le mouvement quaker, ainsi que certains hommes politiques tels que Thomas PAINE, prirent position en faveur des droits politiques des femmes.

Alors que ni la déclaration d'indépendance, ni la Constitution des États-Unis ne leur accordaient le droit de suffrage, le Congrès Continental avait décidé que chaque État pouvait définir ses propres règles de vote.

Au début du XIXème siècle, malgré leur association aux mouvements antiesclavagistes et aux ligues antialcooliques, les partisans du suffrage féminin n'obtinrent pas de satisfaction à leurs revendications.

C'est en 1848 que les féministes Lucretia Coffin Mott et Elizabeth Cady Stanton lancèrent la campagne pour le suffrage féminin, qui aboutit à la première Convention des droits des femmes.

Les revendications pour les droits politiques des femmes continuèrent à se développer dans la mouvance du parti abolitionniste jusqu'à la guerre de Sécession.

En 1868, la rupture de cette alliance fut provoquée par un amendement à la Constitution, qui accordait le droit de vote à tous les Américains, sans restriction de race, de religion ou de couleur de peau, … à l'exception des femmes.

Dès 1869, différentes associations se mirent sur pied, visant à obtenir le droit de vote pour les femmes, tant au niveau fédéral qu'au niveau des Parlements des États Fédérés.

En 1890 se forma finalement la "National American Women Suffrage Association" dont on retiendra les noms célèbres comme Harriet Beecher Stowe, Julia Ward Howe, et Clara Barton.

Si le Wyoming accorda le droit de vote aux femmes en 1869, ce n'est qu'à partir de 1893 que d'autres états l'imitèrent progressivement, jusqu'à ce que, en 1919, le Congrès approuve le 19ème amendement à la Constitution des États-Unis, ratifié en 1920, qui consacra définitivement l'octroi du droit de vote aux femmes.

 

En France

Influencé par les idées américaines, Concordet préconisa dès 1787 l'égalité des sexes et la reconnaissance des droits des femmes.

Les femmes participèrent activement au mouvement révolutionnaire, et organisèrent des clubs féminins : dans les cahiers de doléance, elles réclamèrent le droit de voter et d'être représentées par elles-mêmes.

Olympe de Gouges publia la Déclaration des droits de la femme en 1791, qui revendique le droit de vote et précise que "la femme a le droit de monter à l'échafaud, elle doit avoir également le droit de monter à la tribune".

Cependant, en 1793, la Convention vota contre les droits politiques des femmes, et leur interdit le droit de réunion ; Olympe de Gouges fut guillotinée, et les clubs féminins dissous.

Au XIXème siècle, la revendication en faveur du vote des femmes s'inscrivit dans le cadre plus large du mouvement socialiste.

Cependant, malgré l'hostilité de nombreux socialistes à l'égard du suffrage féminin, qui est à la base du refus opposé par l'Assemblée nationale aux droits politiques des femmes en 1848, le socialisme révolutionnaire, par les voix d'Engels et de Flora Tristan, soutint les droits politiques et économiques des femmes.

Pour Engels, on refuse le suffrage aux femmes comme on a longtemps refusé le suffrage aux ouvriers.

Pour Flora Tristan, il peut y avoir alliance entre féminisme et socialisme révolutionnaire, mais les femmes doivent être l'agent de leur propre libération.

En 1868, la liberté de réunion fut rétablie, et les féministes exigèrent de plus belle la reconnaissance de leur droits.

De nombreuses féministes participèrent à la Commune de Paris, mais la répression qui s'en suivit ne permit pas la satisfaction de leurs revendications.

Au XXème siècle, la crainte de l'influence du clergé sur l'électorat féminin, éprouvée par les politiciens marqués par l'anticléricalisme, engendra leur opposition au mouvement en faveur du suffrage des femmes, ce qui fait que le droit de vote ne leur fut définitivement accordé qu'en 1944.

 

En Grande-Bretagne

Mary Wollstonecraft fut la première à revendiquer l'égalité politique des sexes en 1792, dans son essai "Défense des droits des femmes".

A partir de 1838, le mouvement chartiste auquel les femmes furent associées, préconisa le suffrage féminin, appuyé en cela par les libéraux John Bright et Richard Cobden.

En 1865, le radical John Stuart Mill donna une nouvelle impulsion à ces revendications.

Des associations se fondèrent qui se heurtèrent à la violente opposition de la reine Victoria et des premiers ministres William Gladstone et Benjamin Disraeli.

Après la création en 1897 de la "National Union of Women Suffrage Societies", mouvement estimé trop timide par Emmeline Pankhurst, cette dernière fonda en 1903 la "Womens Social and political Union".

Les suffragettes de Pankhurst utilisèrent des tactiques extrémistes telles qu’incendies, bombes, etc., ce qui leur valu de fréquents démêlés avec la justice et de nombreuses arrestations.

Pendant la Première Guerre mondiale, l'agitation cessa, et les suffragettes apportèrent une contribution remarquée à l'effort de guerre, ce qui leur valu de gagner l'appui de l'opinion.

Une satisfaction partielle fut obtenue en 1918, lorsque le Parlement vota une loi accordant le droit de vote aux femmes de plus de trente ans, à condition qu'elles soient propriétaires, veuves de propriétaires ou diplômées universitaires.

Ce n'est qu'en 1928 que fut enfin accordé sans restrictions le droit de vote aux femmes.

 

 

Les femmes dans le monde du travail.

 

 

La tendance actuelle est au rapprochement entre les formes de travail masculin et féminin : ce dernier a fortement varié suivant les époques et les sociétés.

Il subsiste le plus souvent une inégalité notable entre les rémunérations perçues par les hommes et celles perçues par les femmes, et, parmi les autres inégalités, on note des possibilités plus faibles pour les femmes d'accéder à des postes à forte responsabilité.

 

Au Moyen Âge

 

En Europe médiévale, il n'était pas rare que des femmes veuves de membres de corporation y soient incluses comme travailleuses.

En France et en Angleterre, les femmes étaient, dès le XIVème siècle acceptées au même titre que les hommes dans les corporations de tailleurs, de barbiers, de charpentiers, de selliers ou de fabricants d'éperons.

A l'inverse, les guildes de couture et de dentelle étaient exclusivement réservées aux femmes.

 

Les incidences de la Révolution française

 

Le développement du machinisme laissa place à un travail mécanisé dans les manufactures, ce qui fit avorter le système de corporation.

Les femmes furent particulièrement employées dans des fabriques de textile ou des usines d'habillement.

Moins exigeantes sur les salaires, et peu conscientes de l'utilité d'une syndicalisation en train de s'affirmer dans le milieu masculin, elles furent souvent exploitées, travaillant ainsi pour de bas salaires et dans de mauvaises conditions de travail, jusqu'aux premières législations qui s'efforcèrent d'atténuer ces abus par des mécanismes de protection des travailleurs, à la fin du XIXème siècle.

La situation était moins pénible pour les femmes employées dans les services ou exerçant une profession libérale, mais les possibilités d'accès aux différentes fonctions et les niveaux de salaire étaient moindres que ceux des hommes.

L'utilisation croissante de la machine à écrire et du téléphone à la fin du XIXème siècle créa deux nouveaux types d'emploi presque exclusivement féminins, dactylographie et téléphoniste, ce qui provoqua la ré-émergence de professions féminines sous-payées et mal reconnues.

L'un des premiers métiers à se féminiser fut la médecine, peut-être parce que la profession d'infirmière était traditionnellement réservée aux femmes.

 

Le travail des femmes aujourd'hui

Si l'industrialisation permet la féminisation d'un nombre croissant de professions, la diversité des niveaux de développement et les caractéristiques du système économique de chaque pays explique en partie les différences de situations.

    1. LES PAYS OCCIDENTAUX
    2. Les caractéristiques de l'emploi des femmes y sont quasiment identiques.

      La plupart de ces pays ont adopté des lois posant le principe de l'égalité de rémunérations à travail égal, pour contribuer à l'amélioration des conditions de travail des femmes.

      Malgré ces efforts, le salaire des femmes reste en moyenne de 25% inférieur à celui des hommes, tandis que le taux de chômage dans la population féminine est légèrement supérieur à celui des hommes.

      Si dans l'enseignement et les professions scientifiques le taux de féminisation est plus ou moins équilibré, celui-ci ne l'est pas du tout parmi les employés, les professions intermédiaires de santé et du travail social, et les cadres administratifs et commerciaux des entreprises.

      Parmi les nations occidentales, la Suède est la mieux placée en matière d'égalité entre hommes et femmes.

      Dans les années 70, le gouvernement suédois a entrepris une vague de réformes qui visait à assurer aux femmes une réelle égalité des chances sur le marché du travail, tout en tenant compte des besoins spécifiques des mères de famille.

      Certains pays européens se sont inspirés de ces mesures pour adapter leur politique sociale, mais le coût de ces réformes freine considérablement leur concrétisation.

       

       

       

    3. LES PAYS ASIATIQUES
    4. Le Japon, le pays le plus industrialisé d'extrême orient, a conservé certaines de ses attitudes traditionnelles à l'égard de l'activité des femmes : elles continuent à abandonner leur emploi lorsqu'elles ont des enfants, même si nombre d'entre elles sortent de l'enseignement supérieur avec des niveaux de qualification élevés.

      Elles occupent le plus souvent des fonctions subalternes et leurs possibilités de carrière, notamment dans le monde politique, de l'administration et des affaires, restent moindre que celles qui leur sont offertes dans les pays occidentaux.

      Par ailleurs, l'expansion économique de la Corée du Sud, de Singapour, de Taiwan et des autres nouveaux pays industrialisés de l'Asie a offert de nouvelles opportunités d'emploi pour les femmes.

      La croissance économique a été une occasion pour ces dernières de prétendre à des carrières et à des salaires qu'elles n'avaient jamais connus auparavant.

      Mais, comme au Japon, ce mouvement est encore freiné par des rigidités culturelles.

    5. LES PAYS DU TIERS MONDE

La plupart des pays d'Afrique, d'Asie, du Moyen Orient et d'Amérique Latine conservent une économie pauvre, fondée sur l'agriculture, où la majorité des femmes travaille dans les champs ou sur les marchés.

Ce sont les pays africains qui connaissent les plus forts pourcentages de féminisation de la main d'œuvre.

Alors que les hommes partent en ville à la recherche de revenus plus élevés, nombre de femmes se retrouvent seules pour s'occuper de la famille.

 

 

Le féminisme

 

 

Le mouvement de libération de la femme est un mouvement militant visant à accroître le rôle et les droits de la femme dans la société.

Les idées féministes, développées pendant le siècle des lumières, prirent leur envol durant la Révolution Française.

En 1791, Olympe de Gouges publia la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, tandis qu'en Angleterre fut publiée la revendication des droits de la femme qui exigeait l'égalité entre les sexes.

C'est au XIXème siècle, en particulier à travers plusieurs doctrines, que les femmes furent identifiées clairement comme un groupe de sujets politiques.

Lors des révolutions de 1830 et 1848, des groupes de femmes tinrent un rôle important. Parmi elles, on peut citer Flora Tristan et Pauline Roland.

Aux USA et en Grande-Bretagne, le féminisme était plus réformateur que révolutionnaire.

Ses dirigeantes étaient plus souvent instruites et issues de la bourgeoisie.

Une convention pour les droits de la femme eut lieu dans l'État de New York en 1848 : elle réunit une centaine de personnes, qui revendiquèrent l'égalité des droits, dont le droit de vote ainsi que l'abolition de la séparation entre univers masculin et féminin.

Les féministes britanniques tinrent leur première convention en 1855, avec pour seule revendication le droit à la propriété.

La révolution industrielle, en donnant aux femmes une certaine indépendance économique par le travail salarié, contribua à leur émancipation.

L'accroissement de leur niveau d'instruction grâce à l'école gratuite et obligatoire permit à un plus grand nombre de femmes d'acquérir une certaine indépendance intellectuelle.

L'émancipation politique et l'intégration comme citoyen "de première catégorie" dans la société démocratique, fut le fruit d'un combat pour l'obtention des droits de vote et d'éligibilité.

Ce combat fut mené spectaculairement au Royaume Uni par l'Union féminine sociale et politique d'Emmeline Pankhurst, dont les militantes reçurent le sobriquet de suffragettes.

Le débat sur la condition des femmes dans la société prit une nouvelle dimension dans les années 60.

Le féminisme trouvait souvent dans le marxisme une référence idéologique.

Le terme de "lutte des sexes" ou "classe des femmes", fut directement importé de l'ouvrage d'Engels intitulé l'Origine de la famille.

Le Women's League aux USA et le MLF en France sont deux des plus célèbres mouvements de libération de la femme.

Libération qui apparaît dans leur dénomination renvoie à l'identification de l'oppression systématique dont les femmes sont victimes.

Un des mots d'ordre des mouvements militants de l'époque était : "le privé est politique", ce qui signifie que la subordination dont chaque femme fait individuellement l'expérience, n'a pas valeur d'incident isolé, mais est l'expression d'une oppression collective de nature politique, ou, en d'autres termes, que dans une société patriarcale, le sexisme marque la vie des femmes dans tous les domaines.

Parmi les revendications essentielles de ces mouvements, on notera l'accès à la contraception libre et gratuite, la lutte contre l'oppression familiale, où la femme est enfermée dans un rôle d'épouse et de mère, etc.…

Depuis les années 90, les actions féministes s'exercent dans deux domaines principaux, à savoir la défense des droits déjà obtenus et l'extension des droits politiques, en particulier dans le cadre du combat pour la démocratie paritaire.

 

 

 

 

La femme dans le mariage

 

Or, à l’inverse de la famille traditionnelle occidentale, s’approchant souvent du type patriarcal, préoccupé surtout d’obligations parentales, économiques et sociales, et à la différence des amantes pures vivant dans l’ombre du secret, un mariage de type nouveau se réalise dans notre société.

Il est avant tout centré sur le couple et met en œuvre et en lumière la conjugalité.

Grâce à la facilitation des travaux domestiques par l’électroménager et par l’équipement social, grâce à la formation intellectuelle désormais accessible aux femmes, les professions hier réservées aux hommes sont de plus en plus ouvertes aux femmes.

Peu à peu l’entretien du foyer ne revient plus à l’un, tandis que le travail social reviendrait à l’autre : hommes et femmes peuvent désormais faire ensemble, mais différemment, ce qui autrefois ne les interpellait qu’isolément.

La femme a donc, elle aussi, la possibilité de jouer un rôle dans la société.

Celui-ci peut-être très divers : dans certains cas, la femme aura le même métier que son mari, les mêmes engagements, et par suite, un réseau de relations sociales largement partagé.

Dans d’autres cas, elle aura sa propre profession, et ses propres occupations extra professionnelles, qui l’insèrent dans un tissu social différent.

Ce sont diverses manières d’être ensemble, selon le génie propre à chaque couple, dont aucune n’est supérieure à l’autre, ni n’est préférable, si chacune est proportionnée au bien des personnes, et de leur réciprocité.

Ce n’est pas seulement le rôle de la femme, mais aussi le rôle de mère qui, tout en gardant sa valeur, se trouve lui-même modifié.

Traditionnellement la femme trouve son épanouissement dans la maternité et assure le gouvernement de la maisonnée.

Or, les progrès de la biologie, de la médecine, de la technique, peuvent la décentrer du seul rôle de mère.

L’espérance de vie va s’accroissant et le nombre des enfants par famille est beaucoup plus limité.

La femme peut donc encore vivre longtemps après avoir terminé sa tâche éducative, et, vers 45 ans, belle et jeune encore, désirable aussi, peut valoriser alors plus spécialement sa relation d’épouse, ou, si son mariage fut un échec, songer à refaire sa vie.

Toutefois, il est dans la condition de la femme telle que le mariage la lui fait, des ressources de changements et de protestations.

Le mythe de la libération de la femme, par la pilule, par l’érotisme ou par le travail, tel qu’il est représenté par l’idéologie actuelle, comme tout mythe, possède sa vérité quelque part : non pas dans une exaltation de la femme en soi, mais dans la reconnaissance d’une égalité d’une égalité de droits, suivie d’une égalité de fait, entre hommes et femmes, au niveau du rôle social et des conditions d’existence.

Libérer le mariage, cela ne peut sans doute se faire avant que cette mutation n’ait obtenu deux objectifs dans le réel : la reconnaissance de la différence sexuelle, et, en même temps, de l’égalité des sexes.



L’origine de la " supériorité masculine ".


Dès les plus anciens documents de la préhistoire, l’homme nous apparaît toujours comme armé.

Aux temps où il s’agissait de brandir de lourdes massues, de tenir en échec les bêtes sauvages, la faiblesse physique de la femme constituait une infériorité flagrante : il suffit que l’instrument nécessite une force légèrement supérieure à celle dont dispose la femme pour qu’elle apparaisse radicalement impuissante.

A l’âge de la massue et des bêtes sauvages, à l’âge où la résistance de la nature était alors maximale, et les outils les plus rudimentaires, cette supériorité de l’homme revêtait une extrême importance.

En tout cas, si robustes qu’eussent été alors les femmes, dans la lutte contre le monde hostile, les servitudes de la reproduction représentaient pour elles un terrible handicap.

On raconte que les Amazones mutilaient leurs seins, ce qui signifie que, du moins pendant la période guerrière de leur vie, elles refusaient la maternité.

Quant aux femmes normales, la grossesse, l’accouchement, les menstruations, diminuaient leur capacité de travail et les condamnaient à de longues périodes d’impotence.

Pour se défendre contre les ennemis, pour assurer leur entretien et celui de leur progéniture, elles avaient besoin de la protection des guerriers, et les produits de la chasse et de la pêche que leur ramenaient les mâles leur étaient indispensables.

Comme il n’existait évidemment aucun contrôle des naissances, comme de plus la nature n’assure pas des périodes de stérilité, comme aux autres femelles mammifères, les maternités répétées devaient absorber la plus grande partie de leurs forces et de leur temps : elles n’étaient de plus pas capables d’assurer la survie des enfants qu’elles mettaient au monde.

Nécessaires à la perpétuation de l’espèce, les femmes la perpétuaient avec trop d’abondance : c’est l’homme qui assurait l’équilibre de la reproduction et de la production.

Ainsi la femme n’avait même pas le privilège de maintenir cette vie qu’elle engendrait à ses frais, en face du mâle créateur.

Elle ne jouait pas le rôle de l’ovule par rapport au spermatozoïde, elle avait seulement une part dans l’effort de l’espèce humaine à préserver dans son être.

A l’âge de pierre, quand la terre était commune à tous les membres du clan, le caractère rudimentaire de la bêche, de la houe primitive limitait les possibilités agricoles : les forces féminines étaient à la mesure du travail exigé par l’exploitation des jardins.

Dans cette division primitive du travail, on trouve une première forme " d’égalité " entre les deux sexes.

Tandis que l’homme chasse et pêche, la femme demeure au foyer ; les tâches domestiques embrassent un travail productif : fabrication des poteries, tissage, jardinage, et c’est de cette manière qu’elles acquièrent un rôle dans la vie économique.

Par la découverte du cuivre, de l’étain, du bronze, du fer, avec l’apparition de la charrue, l’agriculture étend son domaine : un travail intensif est exigé pour défricher les forêts, faire fructifier les champs.

Alors, l’homme recourt aux services d’autres hommes, qu’il réduit en esclavage.

La propriété privée apparaît : maître des esclaves et de la terre, l’homme devient aussi propriétaire de la femme : c’est là " la grande défaite historique du sexe féminin ".

Elle s’explique par le bouleversement survenu dans la division du travail par suite de l’invention de nouveaux instruments.

La même cause qui avait assuré à la femme son autorité antérieure dans la maison, à savoir son confinement dans les travaux du ménage, assurait maintenant la prépondérance de l’homme : le travail de ménage de la femme disparaissait dès lors à côté du travail productif de l’homme : le second était tout, et le premier une annexe insignifiante.


Conclusion.


Si, biologiquement parlant, bien que différente, la femme n’est pas inférieure à l’homme dont elle est le complément, et réciproquement, elle l’est cependant encore par les mœurs et habitudes culturelles forgées depuis plusieurs millions d’années.

On peut espérer que dans le futur, la différence entre hommes et femmes s ‘atténuera de plus en plus.

Mais, soyons prudents, nous les hommes, car la femme est un être vorace et sournois : il se pourrait qu’à force de vouloir atteindre son but, elle le dépasse, et nous pourrions bien nous retrouver le plumeau à la main.


BIBLIOGRAPHIE

Le deuxième sexe, Simone de Beauvoir.
Encyclopaedia Universalis
Encyclopédie Encarta.
MON CERVEAU ET MES JURONS !


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