Monteverdi

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des opéras comme Le retour d'Ulysse dans sa patrie (1641), l'Incoronazione di Poppea (1642). Tout Venise résonne de la musique de Monteverdi quand il décède le 29 novembre 1643.

Pour Monteverdi, le mot est tout, ou du moins il le fait sembler. Giulio Cesare Monteverdi, frère de Claudio (et également compositeur) définit dans la préface des Scherzi musicali, un nouveau mode de composition, la "seconde pratica", dans lequel l'"orazione" - la parole ou, peut-être mieux, l'élocution - serait maîtresse plutôt que servante de l'harmonie. Mais le rôle de la musique dans la "seconda pratica" n'est pas moins important - au contraire. En théorie, comme en pratique, Monteverdi se préoccupe du texte au point de mépriser les règles classiques et l'équilibre pour le rendre. Le traitement en dissonances, bien qu'il soit au centre de la polémique, n'est l'aspect ni le plus fondamental ni le plus intéressant de cette musique subtilement révolutionnaire.

L'œuvre la plus célèbre de Monteverdi, son Orfeo, est aussi le chef d'œuvre de l'art lyrique encore balbutiant à l'époque. Considéré par beaucoup comme le premier opéra, il porte déjà ce type de composition  vers de très hauts sommets. Chef d'œuvre d'émotion et de grâce qui réalise à la perfection l'équilibre entre le drame et le divertissement, Orfeo n'a pas vieilli. Ce joyau de l'Ecole vénitienne marque une étape décisive dans la musique, il lui redonne son pouvoir de narration, de suggestion, sa  poésie et son charme. Il ouvre ainsi la voie à l'unité et à la vérité dans la tragédie lyrique.

                                                                                   
Stéphane MAGUIN