La
fabrication de nouvelles variétés plus performantes :
L’amélioration d’une espèce
végétale s’est faite jusque là par l’opération de
croisements entre deux variétés ayant des qualités
différentes que l’on veut conférer à leur descendance. Cette
descendance n’est toutefois obtenue qu’après de nombreux croisements,
la probabilité qu’elle ait lieu étant très faible. Ainsi,
la création d’une nouvelle variété de blé,
de maïs ou encore de betterave prend plusieurs dizaines d’années
selon la méthode traditionnelle. La transgénèse, beaucoup
plus rapide, permet de diminuer considérablement ces délais.
De plus, si on connaît une
variété presque parfaite, qui n’a qu’une seule lacune, on
peut, grâce a la transgénèse, influer directement sur
ce caractère alors que par un croisement, on aurait recombiné
le patrimoine génétique des deux « Parents »,
satisfaisant peut être cette lacune mais en créant probablement
de nombreuses autres…
Enfin, grâce a la transgénèse,
on peut aller chercher un gène « sain » chez une autre
espèce, ce que le croisement n’aurait permis du fait de la barrière
des espèces (Cela pose d'ailleurs un problème important d'éthique
et soulève actuellement un débat duquel nous avons décider
de ne pas parler puisqu'il ne s'agit plus là de traiter des OGM
sous leur aspect scientifique et cela malgré les sages paroles de
Rabellais : "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme")
Amélioration
des récoltes grâce aux OGM :
Pour améliorer les récoltes
tant sur la qualité que sur la quantité, il s’agit de lutter
à la fois contre les maladies cryptogamiques (dues a des champignons)
et contre les virus. En ce qui concerne les maladies cryptogamiques, les
méthodes les plus efficaces sont la désinfection des outils,
le brûlage des bois de taille, la lutte chimique, l’utilisation de
plantes naturellement résistantes. Alors que pour les virus, la lutte
chimique n’est pas efficace puisqu’ils utilisent la cellule pour se multiplier
et que donc cette lutte perturberait le métabolisme de cette dernière.
On utilise donc aujourd'hui parfois des gènes de résistance
à des virus présents dans d’autres plantes qu’on introduit
dans les plantes à cultiver mais pour la plupart des infections,
on ne connait a l’heure actuelle aucune résistance « naturelle
».
Exemple
: le court noué de la vigne (du a un « népovirus
») :
Le virus (grapevine fanleaf virus)
est transmis à la vigne par un ver, le nématode, qui le transporte.
Cette maladie diminue en fait grandement
ses capacités, tant sur la longévité des pieds que
sur leur production (qualité et surtout quantité).
Les luttes chimiques existent bien
sous la forme de nématicide, destinés à éliminer
les vers qui sont le vecteur de transmission de la maladie mais cette technique
ne marche pas toujours et est de plus relativement coûteuse et surtout
très néfaste à l’environnement du fait de la toxicité
du produit.
D’où le recourt à la modification
génétique pour lutter contre ce virus. Il n’a jusqu’alors
pas été détecté chez les végétaux
de gène capable de leur fournir le moyen de résister à
ce virus. Mais depuis quelques années a été remarqué
que le transfert d’un gène viral dans le génome d’une espèce
végétale permet parfois de conférer à cette
espèce une défense contre ledit virus voire même contre
d’autres virus. C’est selon ce principe qu’a été étudié
un moyen de lutter contre le court noué.
Il a donc été introduit
dans le patrimoine génétique de la vigne le gène codant
pour la coque protéique (=enveloppe) du virus grâce à
la technique du tranfert
biologique.
A partir de là reste à
effectuer certains tests :
Tout d'abord, il s'agit de vérifier
si le plant à bien été rendu résistant au virus.
Pour cela, il est mis en présence du virus dans un champ infecté
et son évolution est étudiée.
Ensuite est vérifiée
la conformité des plants modifiés en sol non infecté.
Ces tests ont pour but de vérifier que la nouvelle variété
a les mêmes propriétés culturales que la variété
traditionelle et d'estimer les facteurs de biosécurité.
D'autre part, il ne s'agit pas
uniquement de produire plus mais de produire mieux. Aux Etats Unis,
en 1998, plus de 20% des essais sur les plantes transgéniques concernaient
les OGM à caractères qualitatifs . En effet, les OGM de "seconde génération" permettront d'améliorer
certaines caractéristiques des plantes :
* Qualité nutritionnelle
: petits-pois contenant plus d'acides aminés essentiels, huile
à composition en acides gras modifiée...
* Qualité technologique
: - pommes de terre absorbant moins de matières grasses à
la cuisson, tomates résistantes au transport...
- retard de la maturation des fruits
et légumes pour qu'ils se conservent plus longtemps.
Traitement
par un herbicide total :
L’introduction d’un nouveau gène
dans le patrimoine d’une plante peut lui conférer une résistance
aux herbicides. Cela est surtout intéressant dans le cas d’herbicides
totaux puisque l’on peut indifféremment traiter un champ sans affecter
la plante cultivée. Cela présente bien évidemment
un très gros avantage pour l’agriculture mais cela reste à
nuancer puisque cette application peut en même temps présenter
un danger plus ou moins important pour la sécurité alimentaire
:
Chez une plante classique, ayant
donc une résistance naturelle aux herbicides, ces derniers sont
éliminés par métabolisation c’est à dire transformation.
Les récoltes ne contiennent alors a priori pas de traces d’herbicides.
Lorsqu’une plante est modifiée, deux cas de figure sont possibles
: