IDENTIFICATION
ET ISOLEMENT
DU GENE
Identifier, isoler le gène
d’intérêt :
Il faut tout d’abord repérer le caractère
intéressant que l’on veut transmettre au nouvel organisme vivant
et identifier la protéine responsable de ce caractère. Le
gène codant pour cette protéine, dit gène d’intérêt,
peut provenir de n’importe quel organisme vivant puisque le code génétique
est universel.
Pour identifier le gène d’intérêt,
il faut prélever de l’ARNm codant pour la protéine recherchée.
Grâce à une enzyme (transcriptase reverse), on peut obtenir
la séquence d’ADN à partir de la séquence d’ARN. On
peut donc connaître la séquence de nucléotides du gène.
Le gène d’intérêt doit ensuite
être isolé. Pour cela, il faut d’abord :
*Isoler l’ADN
L’ADN est une molécule complexe mais ont
peut l’isoler relativement facilement des tissus vivants, grâce à
ses propriétés chimiques particulières. Chez les plantes
(et chez tous les organismes eucaryotes), l’ADN chromosomique se trouve
dans le noyau des cellules. Pour l’extraire, il faut à partir d’un
broyat de tissus, rompre les membranes de la cellule et du noyau pour libérer
les chromosomes, par exemple en utilisant un détergent. L'ADN peut alors être isolé en utilisant le fait que les sels d’ADN sont
insolubles dans l’alcool (ils forment un précipité)
*Couper l’ADN
Une fois que l’ADN est isolé, il faut le
couper. En effet, les molécules d’ADN constituant les chromosomes
sont beaucoup trop longues, complexes et fragiles pou être analysées
facilement.
Au laboratoire, on préfère travailler
sur de petits fragments contenant un ou quelques gènes. Des protéines
bactériennes découvertes voilà trente ans, les enzymes
de restriction, ont la particularité de couper l’ADN en des points
spécifiques. Ces molécules du monde vivant reconnaissent
une succession précise de quelques nucléotides de l’ADN (par
exemple GAATTC) et le coupent au niveau de ce site. Cette étape
de coupure est souvent appelée digestion de l’ADN.
*Isoler le gène dans le mélange
de fragments.
Lorsque l’ADN est fragmenté, on utilise
la technique du Southern Blot pour repérer le gène. Cette
méthode consiste à séparer les fragments obtenus par
électrophorèse en gels d’agarose puis à dénaturer
l’ADN (séparation des deux brins de la double hélice) par
immersion du gel dans une solution alcaline. Il faut ensuite fabriquer
une sonde fluorescente ou radioactive complémentaire du gène
d’intérêt et la laisser s’hybrider avec la partie du
brin d’ADN du gène recherché grâce à la complémentarité
des bases. Puis grâce à une autoradiographie, on peut révéler
les sites de fixation de la sonde radioactive sur l’ADN. Il suffit ensuite
de prélever le gène sur le gel de l’électrophorèse.
Intégrer le
gène d’intérêt dans une construction
Le gène d’intérêt est intégré
dans une construction génétique associant souvent un gène
marqueur. Ce gène marqueur permet de sélectionner les cellules
qui ont intégré le gène d’intérêt lors
du criblage.
Amplifier le gène
La construction est ensuite multipliée afin
de disposer d’une quantité suffisante d’ADN pour son introduction
dans les cellules végétales que l’on veut transformer. Il
existe deux méthodes qui permettent d’amplifier un gène :
Clonage
Des fragments d’ADN provenant d’une source quelconque
peuvent être amplifiés plus d’un million de fois après
insertion à l’intérieur d’un vecteur, qui peut être
soit un virus bactérien (bactériophage) soit un plasmide,
et intégration dans des cellules bactériennes ou des levures.
Les plasmides sont de petites molécules d’ADN circulaires bicaténaires
qui existent à l’état naturel chez les bactéries
et les levures. Ces plasmides sont répliqués de la même
manière que le reste du matériel génétique
lors des divisions cellulaires. Après multiplication des cellules
bactériennes ou des levures, on récupère l’ADN inséré.
1.Une enzyme de restriction isole le segment d’ADN qui contient le gène intéressant.
2.Un plasmide, fragment d’ADN extrait d’une bactérie, est mis en contact avec la même enzyme de restriction, et peut alors incorporer le segment d’ADN intéressant.
3.Le plasmide hybride est incorporé dans la bactérie, où il est dupliqué comme un ADN bactérien normal.
4.De très nombreuses cellules filles peuvent être obtenues par culture. Le gène incorporé permet la production de grandes quantités du gène par les bactéries.
PCR
Les techniques d’amplification de l’ADN (PCR, pour
Polymerase Chain Reaction) utilisent une enzyme, l’ADN polymérase,
capable de répliquer rapidement, in vitro, un fragment d’ADN quelconque,
pourvu qu’y soient fixées des amorces (petits brins d’ADN complémentaires
permettant d’initialiser la réaction de polymérisation).
Chaque cycle de PCR s’effectue en trois phases.
La première consiste en la dénaturation par la chaleur de
la double hélice d’ADN du fragment à amplifier. Les deux
brins sont alors séparés. La température de la solution
est ensuite abaissée, de façon à ce que les amorces
puissent s’associer aux brins séparés (mais pas suffisamment
pour que les deux brins se réassocient entre eux). La troisième
phase est celle de la polymérisation proprement dite. La température
est à nouveau augmentée, et l'ADN polymérase utilisé,
qui reste actif même à de hautes températures, duplique
les brins. À chaque nouveau cycle, l’enzyme duplique tous les brins
d’ADN présents dans la solution, ce qui permet d’obtenir plus d’un
million de copies du fragment de départ en seulement quelques heures.