Dans cette partie nous développons régulièrement l'histoire de la région dans sa globalité mais aussi l'histoire d'un endroit précis ou d'une famille. 
On sait maintenant que les hautes terres de la partie orientale de la chaîne pyrénéenne furent densément occupées dès la préhistoire, notamment aux âges du Bronze et du Fer, puis à l'époque romaine par des populations agricoles, nombreuses et actives.
La première mention connue, manuscrite, du Vilar d'Ovansa est de l'an 965. C'est donc sur plus de mille ans que l'histoire de cette petite localité rurale des montagnes des Pyrénées Orientales peut être précisément retracée par les textes.
D'abord en grande partie possession de l'abbaye de Saint-Michel-de-Cuxa, le Vilar se composait de pluiseyrs groupes d'habitations et de fermes dispersées. Il ne fut jamais érigé en paroisse, dépendant sur le plan religieux de Saint-Pierre-dels-Forcats. Il était protégé depuis le moyen-âge par une tour, dite "la Casteillasse", qui joua un rôle militaire important aux 16ème et 17ème s. et soutint même un siège contre les armées françaises.
Le Vilar d'Ovansa, dont le territoirer est borné par le col de la Perche, limite naturelle entre Pays de Conflent et Cerdagne, figure dans la liste des 33 villages cédés à la France par le traité des Pyrénées. Après celui-ci son emplacement fut choisi pour élever une forteresse destinée à verrouiller le principal passage vers le Roussillon et parer à d'éventuelles incursions espagnoles. C'est sur les plans et sous la direction de son ingénieur Vauban que Louis XIV fit construire, entre 1679 et 1681 la citadelle de Montlouis.

Cet ouvrage, de structure très élaborée, ne fut jamais assiégé, mais servit de base logistique, notamment sous la Révolution et l'Empire, pour la défense de la frontière, on rappellera la bataille de la Perche, remportée par le général Dagobert. La partie principale, qui n'a subi que peu de modifications, est toujours occupée par les militaires, la partie basse forme l'actuelle ville de Montlouis.
Du Vilar d'Ovansa, dont une grande partie de l'ancien territoire est maintenant occupé par la ville fortifiée et ses aménagements défensifs, en dehors d'un pan de mur de l'ancienne tour médiévale, dominant la vallée de la Têt, il ne reste qu'un groupe d'habitations, au Sud de la forteresse, rattaché à la commune voisine de la Cabanasse.
Cet ensemble a pris au début du 18ème s., le nom de "hameau des Moulins". En effet, un premier moulin à blé existait déjà sur ce point depuis plusieurs siècles. Un privilège royal accordé au gouverneur de la forteresse en 1686, y autorisa la construction d'un deuxième moulin destiné à alimenter la garnison. La résiliation de la concession d'eau par l'Etat, au milieu de notre siècle, en raison du développement de l'industrie hydro-électrique, fit disparaître les derniers meuniers artisanaux. Mais si ceux-ci et l'antique nom médiéval du Vilar d'Ovansa sombrent peu à peu dans l'oubli, ses moulins ont été conservés et en cours de restauration.
