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| Le point sur le choléra à Madagascar |
| Août 2001 Choléra à Madagascar, quels risques pour le voyageur ? Pendant les mois de juin et juillet, le ministère de la santé a officiellement enregistré 37 morts du choléra. Les provinces de Toliara et de Mahajanga sont les plus touchées par l'épidémie. Cest la province de Toamasina qui semble être la moins touchée mais de toute façon aucune province n'est épargnée. Depuis mars 99, dans tout Madagascar, le nombre de décès a atteint 2 637 et les cas suspects 45 276. Mai 2001
Février 2001 2 personnes décédées. Tel est le résultat de l'épidémie de choléra qui a sévi dans la localité d'Ambila Lemaitso. Décembre 2000 193 cas de choléra déclarés à Fianarantsoa depuis le 13/11/00 et 14 décès enregistrés. Voir à ce sujet la carte de l'étendue de l'épidémie sur le site du ministère des affaires étrangères français. Septembre 2000 Selon le ministère de la Santé, le choléra a fait 1950 morts depuis un an et demi, 55% des communes sont touchées (60 sur 110). Toutes les provinces sont convernées, mais les plus touchées sont celles de Tuléar, Mahajanga et Antananarivo. En saison sèche, le risque de contagion est moindre mais pourrait s'accroître en décembre. Février 2000 Communiqué de presse de MSF Suisse : Médecins Sans Frontières Suisse se retire donc immédiatement et totalement de Madagascar car depuis un mois et demi, l'accés aux malades a été interdit à l'ONG. La direction locale de l'ONG et le1er ministre devaient arriver à un accord sur un certain nombre de points : amélioration des relations entre collègues nationaux et expatriés, respect de la hiérarchie pour la délivrance des informations, toutes les infos de MSF devant être délivrées au Ministère de la Santé, ne plus se limiter à une seule zone ou à un seul secteur de la santé comme le choléra. Apparemment, les instances supérieures suisses ont jugé ces points inacceptables surtout celui concernant les zones prioritaires. Pour l'ONG, la vaccination n'est pas la solution à grande échelle car le vaccin coûte trop cher et n'est pas encore totalement finalisé (en développement au Mozambique). Quant à la position de l'ONG face à la solution de l'argile verte, la direction a répondu : « on n'en n'est plus au stade de la thalassothérapie ». Le choléra vient de toucher Tuléar, jusqu'alors l'une des seules provinces à être épargnée : plus d'une centaines de morts recensés en quelques jours. Les veillées funèbres sont interdites pour limiter le risque de contagion. Les autorités locales ont laissé travailler Médecins Sans Frontières et Médecins du Monde contrairement à la décision du Ministère de la santé qui a chassé les 2 ONG des autres villes touchées par le choléra, comme Mahajanga ou Morondava. Sur le terrain le personnel médical est complétement débordé, et les médicaments en quantité insuffisante. Avec le retour de la saison des pluies, l'épidémie a de nouveau progressé. Le choléra sévit maintenant dans quatre provinces : Antsiranana, Mahajanga, Antananarivo et Toliara. La province de Tuléar semble épargnée. Au cours des deux premières semaines de janvier, 19 personnes sont mortes à Antananarivo,12 000 touchés par la maladie et 750 morts depuis le début de l'épidémie, selon les sources officielles, chiffres naturellement bien inférieurs à la réalité. La situation est d'autant plus préoccupante avec les inondations nombreuses en cette saison. Suite à une note du ministère de la santé, les taxi de brouse doivent être dotés : d'un morceau de savon, d'un gobelet et d'un angady. Les deux premiers servent aux voyageurs pour se laver si besoin est, quant à l'angady il servira à creuser un trou pour enfouir les excréments. Les trous devront être bouchés avant de quitter les lieux. Un certains nombre de mesures visant à responsabiliser la population sont à mettre en place au niveau de chaque quartier et de chaque famille : creuser des fosses pour enterrer les ordures loin des sources d'eau, curer les égoûts, verser de la terre dans les fosses d'aisance surtout en période d'inondation, exposer la nourriture et les plats dans des vitrines pour les gargotiers. Octobre 99 Le nombre de victimes du choléra vient de dépasser officiellement 350 morts. Il y a 10 jours, 9 personnes sont décédées en une seule journée dans la province de Diégo. A Mahajanga, les professionnels du tourisme déplorent une diminution de 50 % du nombre des touristes, bien que le président du Groupement Interprofessionnel du touirisme du Boina (Mahajanga) affirmait que le choléra est actuellement maîtrisé. Certains sous-entendent que, loin d'être gêné par l'impact négatif que la maladie a sur le tourisme, le gouvernement malgache profiterait de cette situation propice aux aides humanitaires qui seraient détournées vers la poche de certains bien placés. Dans un pays où la corruption est une véritable institution, une telle accusation n'est pas dénuée de tout fondement. Les organisations humanitaires, Médecins du Monde, et Médecins Sans Frontières voient souvent leurs interventions limitées par les autorités sanitaires et sociales qui tiennent, alors qu'elles n'en n'ont pas les moyens, à conserver la mainmise sur l'aide humanitaire internationale convoyée par les ONG. Septembre 99 Antsiranana (Diego Suarez) touché par le choléra : après Mahajanga, Nosy Be, Ambanja, une nouvelle ville portuaire touchée par le choléra : Antsiranana. Les échanges maritimes semblent être le mode de propagation favori du vibrion cholérique. Les barrages sur les routes sont maintenus, et la gendarmerie a relevé de nombreux cas de resquillages : faux certificat de vaccination, pillules non avalées, descente du véhicule avant le barrage et continuation à pied. Août 99 Nosy Be touché par le choléra : 3 personnes sont mortes du choléra sur "la perle de l'océan indien". L'épidémie a fait 253 morts au total depuis le début et 5 000 cas recensés en milieux hospitaliers (bulletin du ministère, difficile de posséder des chiffres fiables-ndlr). La maladie est venue de la mer par l'intermédiaire des boutres et pirogues. Juillet 99 Madagascar s'oppose aux Comores au sujet de la vaccination des voyageurs provenant de l'archipel. Les Comores ne comprennent pas que Madagascar demande un certificat de vaccination à l'entrée sur son sol. Les autorités comoriennes s'appuient sur un rapport de l'OMS qui conteste l'efficacité de la vaccination et le sentiment de fausse sécurité qu'elle entraîne, sentiment préjudiciable aux mesures préventives en matière d'hygiène. Le coût d'une vaccination collective est trop important pour être envisagé tant aux Comores qu'à Madagascar. Juin 99 La situation semble avoir été sousestimée par les autorités : on déplore la mort de 327 malgaches et 4 000 cas suspects. Le point positif : l'épidémie semble circonscrites aux seules provinces de Mahajanga et d'Antananarivo. Des barrages sanitaires ont été mis en place aux aéroports et sur les routes : mais ils se révèlent plus ou moins efficaces. En effet, chaque voyageur se voit remettre 3 gelules de doxicycline, l'antibiotique à la fois préventif et curatif.Seulement, les responsables du barrage ne s'assurent pas toujours qu'il prenne bien ces médicaments. Un certificat de vaccination contre le choléra est désormais nécessaire pour tous les voyageurs en provenance des Comores. D'autre part, les étrangers résidents ou de passage mais également les nationaux qui circulent beaucoup dans le pays peuvent se faire vacciner auprès de l'Institut Pasteur de Madagascar. Un certificat de vaccination leur sera remis, ce qui leur évitera la prise d'antibiotiques lors du passage aux barrages sanitaires. Ce vaccin oral à deux doses d'origine suédoise est donné efficace à 90% pour une validité de 2 ans (à comparer avec les précédents : 70% et validité 6 mois, la vaccination étant déconseillée par OMS). Il est vendu en pharmacie 99 750 Fmg (100 FF), alors qu'il a été acheté en Europe 75 000 Fmg (75 FF). On rappelle que le salaire moyen malgache est de 150 000 Fmg (150 FF). Le " quotidien de La Réunion " rapporte : " les malgaches ont l'habitude de faire des veillées mortuaires de trois, quatre ou cinq jours. Durant ce laps de temps, le corps du défunt est manipulé, baigné, tout cela sans que son entourage se préoccupe de la moindre prophylaxie. Ainsi, il y a quelques semaines, dans un village, 18 personnes au moins sont officiellement mortes du choléra, quelques jours après avoir participé à une cérémonie funéraire. Tous les rescapés, soient quelques centaines de personnes ont fui le village aujourd'hui déserté pour se rendre à Maroavay, répandant ainsi le vibrion dans cette localité. " Mai 99 Plus de 160 morts declarés (en mai 99) dans la région de Mahajanga, des cas à Tana, l'épidémie s'étend. "Médecins du monde" se mobilise contre cette maladie très contagieuse (venue des Comores en mars) mais facile à guérir ( antibiotiques : doxicycline entre autres ) si elle est diagnostiquée à temps. Didier Ratsiraka, président de la République, sur le front du choléra : Lors de son voyage en Europe, D.R. a rapporté dans ses bagages 9 tonnes de médicaments destinés à l'hopital de Mahajanga. Au mois de juin, c'est 58 000 doses de vaccins, achetées 75 FF (revendues 100 FF en pharmacie) que D. R. a importées à Mada. Ces doses seront gratuites pour le personnel médical mais vendues à ceux qui souhaitent s'immuniser. Il y a fort à parier que la mise de départ va être rapidement récupérée et que certains vont y voir de juteuses affaires (en fait 25% de bénéfice). Les voyageurs courent-ils des risques ? Le choléra est une maladie diarrhéique due à certaine souches de Vibrio Cholerae, un bacille isolé en 1883 par Koch. C'est actuellement la 7ème pandémie de choléra que subit la planéte. Elle est partie d'Indonésie en 61, a envahi l'Asie en 62, puis le moyen Orient et une partie de l'Europe en 65. Elle s'est étendue ensuite au continent africain en 70 et a gagné l'Amérique Latine en 91. Le choléra est appelée la "maladie des mains sales", car la contamination se fait dans des conditions d'hygiène très sommaires, par des aliments consommés crus (légumes, fruits, poissons et fruits de mer) et par l'eau souillée. Elle se fait aussi par contact avec la sueur ou les selles. il est à noter que le vibrion cholérique (microbe responsable de la maladie) ne résiste pas à la chaleur : tous les aliments cuits sont donc sans danger, de même l'eau bouillie. Une fois dans l'intestin, les vibrions secrétent une toxine, principale responsable de l'importante déshydratation qui caractérise l'infection : les pertes d'eau peuvent atteindre 15 litres d'eau par jour. Les voyageurs se tiennent génèralement à l'écart des lieux où la maladie sévit, le risque de contagion est donc faible mais il existe. Il faut donc observer les règles sanitaires suivantes (valables en général) : - ne pas consommer de fruits ou de légumes crus (sans peau) non lavés à l'eau pure, ni de poissons crus, de fruits de mer etc... - boire de l'eau en bouteille, bouillie, filtrée, - ne pas consommer de glaçons, de glaces à l'eau, - observer une hygiène stricte : se laver les mains fréquemment (savon bactericide), se brosser les dents à l'eau en bouteille (et non au robinet). Symptomes et traitement L'incubation, de quelques jours à quelques heures, est suivie de violentes diarrhées et de vomissements sans fièvre. En l'absence de traitement, la mort survient en l'espace de 1 à 3 jours par collapsus cardio-vasculaire dans 25 % à 50 % des cas. Sont bien sûr les plus exposés : les personnes agées, carencées et les jeunes enfants. Le traitement consiste essentiellement à compenser les pertes d'eau et d'électrolytes. Selon le degré de déshydratation, on privilégie deux modes : la voie orale ou intra-veineuse. Vaccination Il n'y a plus de vaccin anti cholérique actuellement disponible en France. L'ancien vaccin a été retiré du marché en raison de son efficacité insuffisante : protection de 50 % des sujets pendant 6 mois environ. Un nouveau vaccin oral celui-là élaboré par la Suéde ( le Colorvac) a une fiabilité qui oscille entre 75 % et 90 % avec une plus grande efficacité les 6 premiers mois et diminuant dans le temps (50 % au bout de 3 ans). On le trouve en vente à Madagascar au prix de 70 ou 80 Frs français, ce qui est cher dans un pays où le SMIG est à 160 Frs français; Il s'administre en 2 doses orales. Il faudra des années avant que le choléra disparaisse totalement : d'ici là, elle restera endémique dans quelques recoins de la brousse avec des poussees épidémiques épisodiques. La population conserve de très mauvaises habitudes : ici ce sont des villageois qui déféquent à côté de la rivière ou d'un puit où s'abreuvent leurs voisins, là ce sont des vendeurs de gâteaux qui posent leus plats par terre sans couvercle...
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