Madaventures - Saphir

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Ruée vers le saphir, Ilakaka : le dernier far-west malgache
Avril 2001
Nouvelle ruée vers les pierres précieuses. Après Ilakaka, Andilamena dans l'Aloatra attire des milliers de chercheurs. Les autorités ont saisi 1,4 kg de rubis sur un vazaha dans la capitale. L'objectif des autorités est d'encadrer l'exploitation pour lutter contre le pillage et l'anarchie qui prévaut dans l'Isalo.

Novembre 2000
Divergences d'opinion entre le maire d'Ilakaka et le député de la région concernant le comptoir des pierres précieuses de Sakaraha, mis en place il y a 2 mois pour lutter contre la fraude et le trafic de saphir qui sévissent à Ilakaka. Le député accuse le maire d'être à la solde des Sri Lankais, partisans des échoppes sauvages d'Ilakaka (voir annonce du 11/08).

11/08/2000 Régulariser une situation anarchique
Exportations de saphir suspendues pendant 15 jours et présence de 400 militaires chargés de faire régner l'ordre dans la ville minière d'Ilakaka à l'ambiance de far west américain (banditisme et prostitution). Il s'agit d'autre part de contrôler les visas de séjour et droits d'exploitation des étrangers présents. Des centaines de kg de pierres sont exportées sans passer par les douanes, constituant un véritable pillage des ressources malgaches. Un comptoir de vente de pierres précieuses comprenant 40 boxes vient d'être installé à Sakaraha : il permet aux différents opérateurs d'acheter et de vendre des pierres précieuses. C'est un moyen de contrôler les transactions et d'appliquer les taxes afin de lutter contre les «shops» au coin de la rue, présents à Ilakaka.

Février 2000 :
Pour tenter de faire face à ces exploitations sauvages, le gouvernement a mis en place un régime fiscal spécial, mais les impôts prélevés sont dérisoires par rapport à la qualité et à la quantité des richesses récoltées par les exploitants. D'autre part, certains investisseurs travaillant dans ces zones à fiscalité spéciale subissent la pression fiscale supplémentaire sans augmentation réélle de leurs bénéfices : hôtels en particulier. Sans parler du désastre écologique et son impact à long terme sur le tourisme.

Octobre 99 :
Ilakaka, la ville du saphir, née il y a 12 mois de la découverte, aux portes de l'Isalo, de cette pierre précieuse, fait l'objet de mesures administratives et sanitaires supplémentaires : 2 barrages routiers seront installés pour contôler la situation des étrangers, la police de la route fouillera les véhicules systématiquement.

Juillet 99 :
Examen à l'assemblée nationale d'un nouveau code minier, destiné mieux contrôler l'exploitation de l'or et du saphir malgache. Aucun chiffre précis n'est disponible sur les quantités extraites d'or (beaucoup d'orpailleurs ne sont pas déclarés), et quant au saphir d'Ilakaka, le chiffre des exportations officiellles laissent supposer l'existence de trafics illicites mettant en cause des touristes étrangers. Il est temps que les retombées économiques de ces richesses profitent aux habitants de ses régions et du pays en général.

Octobre 98 - juin 99 : Une ville a surgi en pleine brousse, aux frontières du parc de l'Isalo
En dix mois, une ville de 100 000 habitants a surgi au coeur de la brousse : Ilakaka. Elle se situe à 80 km de Sakaraha, à 210 km de Tuléar, à 30 km de Ranohira, aux portes du parc de l'Isalo qui accueille quelques 20 000 touristes par an.

En octobre dernier, un gardien de zébu ramassait une pierre bleutée. Depuis, venus de tous les coins du pays, armés de pelles et de seaux, les chercheurs de saphirs ont envahi la région. C'est que l'enjeu est attirant : en quelques heures, l'heureux mineur peut gagner l'équivalent de deux ans d'un salaire moyen (une belle pierre de 3 g se négocie aux environs de 7000 FF). La qualité et la quantité des pierres exhumées du sol est exceptionnelle : aux dires des spécialistes, c'est actuellement le meilleur site du monde depuis 30 ans, mieux qu'en Tanzanie ou au Sri-Lanka. Et des spécialistes, ce n'est pas ce qui manque : ils sont venus, ils sont tous là : des thailandais, des africains, des américains... 200 acheteurs installés derrière leurs comptoirs en planche tout neufs. Les pierres achetées sont envoyées au siège des sociétés où elles sont chauffées pour acquérir cette couleur bleue, caractéristique des saphirs. Celles de mauvaise qualité ne supportent pas ce traitement et éclatent.

Les mineurs sont en général des chomeurs ou viennent d'autres sites d'exploitation de minerai comme celui de l'Ankarana. Ils travaillent plutôt par équipes de trois : un qui creuse, un qui extrait la terre, et le troisième qui lave la terre dans la rivière. Les trous occupent des surfaces de 25 mètres carrés, 7 m de profondeur, on fore des tunnels qui s'effondrent sur les exploitants. Certains creusent pendant 7 mois sans rien trouver, d'autres, chanceux se sont déjà acheter 3 ou 4 zébus avec une pierre d'un gramme.

A Ilakaka, la ville surgie du désert, la vie s'organise : on y trouve de tout : des machines à coudre, de la bière, des clous, des voitures, même un cinéma... mais il n'y a ni eau courante, ni électricité et l'hygiène est des plus sommaires : on se lave dans la rivière. Trafic, vols, alcool, prostitution accompagnent le développement rapide de la ville. Mais c'est aussi toute la région qui est menacée par la hausse des prix et l'afflux massif de population. Si les hoteliers et les propriétaires de logement de Ranohira se frottaient les mains au début, ils reconnaissent que toute la région est déstabilisée et l'industrie du tourisme naissante risque d'en souffrir. Comme le parc de l'Isalo, que 2000 mineurs envahissaient en mars dernier pour y creuser des trous. Tout cela aura un impact non négligeable sur la faune, la flore et le paysage.

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