Nous nous taisions
 

 
     
   

 

 

 
  Nous nous taisions: c'était l'heure troublante et chaude

Où le soleil frémit sous les rideaux croisés,

L'heure lourde où l'amour, dans l'air assoupi, rôde...

Une rose effeuillait ses parfums apaisés.

 
 

 

 
   

 

 

 
  Vous ne me disiez rien de vos tristes pensées,

Je ne vous disais rien de mes amers chagrins,

Mais le temps s'écoulait entre nos mains pressées

Comme un collier de deuil dont on compte les grains.

 
 

 

 
   

 

 

 
  Nous nous taisions, penchés sur le silence tendre;

Une caresse errait en cette obscurité,

Et je sentais mon âme éperdument se tendre

Vers votre âme tremblante, éprise de clarté.

L'arôme de la fleur passait, tel un sourire;

La chambre s'emplissait d'emplissait d'espoir

et de regret;

 
     
   

 

 
  Nous pensions les mots doux que nous n'osions pas dire,

Nous nous taisions gardant chacun notre secret....

 
     
   

 

 
  O silence! c'était l'heure troublante et chaude

Où le soleil frémit sur les rideaux croisés,

L'heure lourde où l'amour, dans l'air assoupi rôde...

Une rose effeuillait ses parfums apaisés.