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Quelques citations édifiantes, extraites de rapports ou de discours officiels:
Rapport de la mission d'information à propos de l'enfouissement
des déchets radioactifs, demandé par le Ministère
de l'Industrie et de l'Aménagement du Territoire ainsi
que par le Ministère de la Recherche et de la Technologie
(Guillaume, Pellat et Rouvillois, 1989):
"Il apparaît de plus en plus que la contrainte principale
dans ce domaine est la capacité de la population locale
à accepter le principe du site de stockage, beaucoup plus
que les avantages techniques relatifs des différents types
de sous-sol. Dans ces conditions, il semble indispensable que
le choix du site soit fait rapidement par les pouvoirs publics
pour éviter toute cristallisation de l'opinion publique"
avec, pour le choix du projet "... le souci d'éviter
un phénomène de rejet relayé au niveau national
..."
Rapport provisoire du 18 mars 1996 concernant l'application de
la loi du 30 décembre 1991 (celle instaurant les sites
de stockage en profondeur):
"Prendre parti pour l'irréversibilité du stockage
serait en quelque sorte nier le progrès technique qui permettrait
un jour de se débarrasser définitivement de la radioactivité
contenue dans les déchets"
Sûreté des déchets nucléaires, rapport scientifique et technique 1997 de l'Institut de Protection et de Sûreté Nucléaires (P. Beaudoin et C. Certes), page 157: "En outre, l'intégralité de la radioactivité est restituée au niveau des exutoires de surface du site granitique, à la décroissance radioactive près", et plus loin "Les calculs montrent une grande longévité de la matrice siliceuse des déchets HA [...] du fait des faibles valeurs des flux d'eau traversant le stockage (de l'ordre de quelques dizaines de m3 d'eau par an)...". Ce serait donc la faiblesse du flux d'eau qui limite la sortie dans les sources des éléments radioactifs. Cette évaluation de la quantité d'eau qui traverse les déchets est à comparer avec ce qui a été constaté en Suède, dans un site d'étude d'enfouissement, qui paraissait sûr au premier abord et où "900 m3 d'eau suintent chaque jour dans la salle de stockage" (Reid, E., The geology of nuclear waste disposal et/ou Reid, E., Le stockage des déchets radioactifs dans les argiles profondes, Actes des journées d'étude organisées à Paris du 13 au 15 novembre 1990 par l'Ecole nationale des Ponts et Chaussées. Ce n'est donc pas "quelques dizaines de m3 d'eau par an", qu'il faut envisager, mais plus de 300000 !!! ( 900x365), soit environ 3000 fois plus. Or on peut lire dans le même rapport de l'IPSN, toujours page 157: "... les radionucléides ne peuvent migrer qu'à proportion de leur solubilité dans l'eau et du flux d'eau traversant le stockage, ..." et page 158: "Une augmentation du taux de lixivation des matrices d'enrobage des déchets vitifiés (cas du site granite) conduit à une augmentation en proportion du débit de dose résultant ...". Enfin, toujours dans le même rapport, page 156, les résultats des calculs conduisent à "des temps de transfert de l'eau entre les différents points du stockage et les exutoires de surface de 3000 à 3x106 ans". Il faudrait donc diviser ces derniers chiffres par ... 3000 !!!
lexique:
décroissance radioactive = la radioactivité des corps radioactifs (les radionucléides) décroît au cours du temps. La "période" d'un élément radioactif est le temps au bout duquel la moitié de cet élément aura disparu (exemples de période pour quelques radionucléides: 24000 ans pour le plutonium 239, 16 millions d'années pour l'iode 129 ...)
exutoire = sortie à l'air libre.
lixivation = dissolution à saturation dans un solvant s'écoulant lentement.
106 = 1 000 000
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