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 MORLAIX

Cité d'art et d'histoire
 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Marcel Gromaire en Bretagne

du 13 janvier au 26 mars 2001

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Ce n'est pas un hasard si Gromaire aime la Bretagne : ses deux plus grands amis, Laboureur son aîné et Dubreuil son ami-frère, ont longuement fréquenté la région ainsi que ses copains Kickert et Makowski. De 1917 à Saint-Nazaire, 1926-28 à Morgat, 1939 à Saint-Guénolé et Sainte-Marine, 1949 à Carnac, 1951 à Concarneau puis à Belle-Île et Carnac jusqu'en 1964 ; il a ainsi pratiqué la côté bretonne pendant quarante-cinq ans.
Erigé de corps et dâme en un seul bloc comme le définit Marcel Zahar, l'homme est secret, discret, il a l'humour cinglant et le don de se contrôler soi-même. A la réserve des gens du Nord, il allie la pudeur des grands sensuels ; sa peinture est forte, avec des accents violents mais retenus. Une sensualité vitale irrigue son oeuvre, omniprésente, même dans les allégories comme Visage de la mer où une présence charnelle est sensible.
Artiste indépendant, personnel, il a été reconnu très tôt. Ses sujets de prédilection sont la nature, la femme, l'homme au travail.

L'art de Gromaire est basé sur l'observation : cette réalité, il la pétrifie afin de la mieux rendre, plus définitive, puis l'enserre dans les liens géométriques qui donnent à ses observations un côté monumental, une grandeur rarement atteinte (Jacques Villon, 1954).
Ses figures prennent des allures de statues et cette plasticité sculpturale produit un effet statique. Il exprime l'immuable, l'éternel en désindividualisant l'homme qu'il place hors du temps pour ne dire que l'essentiel et plus fortement.

Une oeuvre d'art ne vaut que par le mystère qu'il recèle. Il ne s'ensuit pas qu'il faille cultiver les ténèbres. Un mystère au grand jour est sans doute plus mystérieux encore (Gromaire, Le journal d'un créateur - 1927).

 
 Les formes simples et massives des menhirs étaient faites pour plaire à Gromaire qui s'est particulièrement attaché à ce sujet, attentif aux paysages façonnés par l'homme et à la matérialisation des puissances cosmiques. L'opposition des formes pesantes et frustes d'une terre rocheuse et de la fluidité lumineuse de l'eau et du ciel est un thème cher au peintre.
Le tableau est un drame à trois personnages, la nature qui émet la sensation, le peintre qui la transfigure et le spectateur qui l'accepte ou la refuse énonce Gromaire.
 Ses peintures composées avec rigueur ont un caractère architectural mais il a horreur du vide ; son expression est sévère, grave ; il refuse la perspective linéaire et l'éclairage a une fonction uniquement plastique. La simplicité géométrique est encore renforcée par l'emploi d'une couleur dominante, le bleu en Bretagne. Ce bleu-gris des ardoises et du ciel donne une lumière mobile, lumière d'argent, lumière parfois taciturne mais génératrice de ces contrastes subtils qui sont la vie de la peinture (Gromaire - 1949).

 

 
 Contrairement à la peinture, la pratique de l'aquarelle est une détente pour l'artiste, il s'y exprime plus librement. Généralement exécutée pendant et sur les lieux des vacances, l'aquarelle est à fois un délassement et une recherche écrit Gromaire à Florent Fels en 194 1. L'exposition propose 12 peintures et 36 aquarelles et dessins, témoignages de l'attrait durable exercé tout au long de sa vie par cette terre d'Armorique avec laquelle Gromaire se sentait en harmonie.