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: Ce n'est pas un hasard si Gromaire aime la Bretagne : ses
deux plus grands amis, Laboureur son aîné et Dubreuil
son ami-frère, ont longuement fréquenté
la région ainsi que ses copains Kickert et Makowski. De
1917 à Saint-Nazaire, 1926-28 à Morgat, 1939 à
Saint-Guénolé et Sainte-Marine, 1949 à Carnac,
1951 à Concarneau puis à Belle-Île et Carnac
jusqu'en 1964 ; il a ainsi pratiqué la côté
bretonne pendant quarante-cinq ans. |
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L'art de Gromaire est basé sur l'observation : cette
réalité, il la pétrifie afin de la mieux
rendre, plus définitive, puis l'enserre dans les liens
géométriques qui donnent à ses observations
un côté monumental, une grandeur rarement atteinte
(Jacques Villon, 1954). Ses figures prennent des allures de statues et cette plasticité sculpturale produit un effet statique. Il exprime l'immuable, l'éternel en désindividualisant l'homme qu'il place hors du temps pour ne dire que l'essentiel et plus fortement. |
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Les formes simples et massives des menhirs étaient
faites pour plaire à Gromaire qui s'est particulièrement
attaché à ce sujet, attentif aux paysages façonnés
par l'homme et à la matérialisation des puissances
cosmiques. L'opposition des formes pesantes et frustes d'une
terre rocheuse et de la fluidité lumineuse de l'eau et
du ciel est un thème cher au peintre. Le tableau est un drame à trois personnages, la nature qui émet la sensation, le peintre qui la transfigure et le spectateur qui l'accepte ou la refuse énonce Gromaire. |
| Ses peintures composées avec rigueur ont un caractère architectural mais il a horreur du vide ; son expression est sévère, grave ; il refuse la perspective linéaire et l'éclairage a une fonction uniquement plastique. La simplicité géométrique est encore renforcée par l'emploi d'une couleur dominante, le bleu en Bretagne. Ce bleu-gris des ardoises et du ciel donne une lumière mobile, lumière d'argent, lumière parfois taciturne mais génératrice de ces contrastes subtils qui sont la vie de la peinture (Gromaire - 1949). |
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Contrairement à la peinture, la pratique de l'aquarelle est une détente pour l'artiste, il s'y exprime plus librement. Généralement exécutée pendant et sur les lieux des vacances, l'aquarelle est à fois un délassement et une recherche écrit Gromaire à Florent Fels en 194 1. L'exposition propose 12 peintures et 36 aquarelles et dessins, témoignages de l'attrait durable exercé tout au long de sa vie par cette terre d'Armorique avec laquelle Gromaire se sentait en harmonie. |