konan meriadek
Konan Meriadek
En 388 . Après quelques années de coexistence entre Maxime et Théodose, l'inévitable se produit: voulant accaparer pour lui tout l'Empire, Maxime se heurte à Théodose. Il est vaincu et tué. Ses troupes ne reviendront jamais dans l'île de Bretagne: elles resteront sur le continent, notamment dans la péninsule armoricaine.

C'est l'origine d'une légende particulièrement tenace chez les Bretons armoricains, celle de Konan Meriadek. D'après cette légende, Konan Meriadek (ou Cynan Meriadawg dans la version galloise intitulée le Songe de Macsen) aurait été le beau-frère de Maxime et l'aurait aidé dans son expédition sur le continent. En récompense de ses services, l'usurpateur lui aurait donné la péninsule armoricaine en toute propriété: ainsi Konan Meriadek serait le premier roi breton armoricain.
Des détails se sont ajoutés à la légende primitive : Konan aurait fait épouser à ses Bretons des Armoricaines, mais aurait fait couper la langue à celles-ci afin qu'elles n'apprissent point le langage roman à leurs enfants. Il s'agit évidemment d'une fable visant à expliquer pourquoi les habitants de la partie occidentale de la péninsule armoricaine ont abandonné leur langue originelle, un dialecte roman, au profit de la langue brittonique qui allait devenir le breton.
La fable de Konan Meriadek a longtemps servi d'arguments à certaines familles de Bretagne armoricaine pour tenter de prouver l'antériorité de la royauté bretonne sur la royauté franque instituée par Clovis, et donc pour maintenir la Bretagne hors de toute suzeraineté française.

(J.Markale, Petite Encyclopédie du Graal, chez Pygmalion)

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