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Comme la pierre à Cambot, ce bloc erratique devenu mégalithe
de par les marques qu'il a reçu au cours des âges, a échappé
de la destruction totale à cause de la mauvaise qualité de
sa pierre.
Les trous de mine encore visibles font supposer qu'il a perdu une partie de son volume. Il fut, après la Pierre à Cambot, la deuxième pierre protégée du Canton de Vaud, cela en 1876. |
Selon le Dictionnaire historique du Canton de Vaud
de Mottaz, la "Pierre à Pény" est un immense bloc
erratique (15,5 X 6,3 X 5m, soit 488 m3 ) et en même temps une pierre
à sculptures nombreuses et variées, préhistoriques.
Le nom de ce bloc dérive, dit-il, de celui d'une famille que l'on
trouve à Coppet dès le XVe siècle et qui possédait
le terrain où il se trouve.
Selon M. Barbeau de Mies, dans une notice qu'il
lui a consacrée en 1966, le nom de "Pierre à Pény"
dériverait du patois "En Penier", lieu planté de pins.
Quant à MM, Bossard et Chavan, les Peney,
Peneaz
viendraient du latin pinus, le pin, ainsi que les Peny et Péni
du canton de Fribourg, en accord avec Aebischer. Mais les Péni,
à la Côte, souvent en composition, remonteraient à
un patronyme.
Bizarre, curieux! Un peu simpliste.
Ne faudrait-il pas plutôt rechercher l'origine
de son nom plus loin, dans la langue celtique probablement. Un tel bloc
n'a pu laisser indifférents les gens de cette époque, à
preuve les marques préhistoriques qu'il porte: cupules et rigoles.
Il avait certainement reçu un nom dans le langage de cette époque.
Comment ce nom s'est-il maintenu?
Tentons de rapprocher le nom qu'il porte toujours,
"Pierre
à Pény", de ceux de Pennelocos (dans l'ittinéraire
d'Antonnin), Pennolucos (table de Peutinger),
Pennolocus
(chez le géographe de Ravenne), du celtique "tête du lac",
même signification que "Capullaci" donné plus
tard, nom de la localité ayant précédé Villeneuve.
A rapprocher aussi de Pennclais (Peneclay, Penecley) à Leysin,
pene,
penn,
signifiant la tête, le haut.
La Pierre à Pény, ce monstre
bloc, n'est-il pas une tête plantée ou sortant de terre, une
tête appartenant à un ensemble caché et dont on ne
voit que le haut? D'ailleurs, innombrables aujourd'hui sont les sommets
et rochers qui portent le nom de Tête à ... Tête du...
Comment s'appelaient-ils avant l'usage du français ou de nos patois?
Pour ceux du moins de ces sommets qui avaient déjà un nom.
Selon Paul-Louis Rousset, dans "Les Alpes et leurs
noms de lieux", cette base pen, avec ses variantes ben et
ven,
signifie sommet, tête, montagne, hauteur, rocher. Elle est d'origine
chamito-sémitique ou méditerranéenne. Des exemples
de toponymes se perpétuent de Ceylan à l'Atlantique et cette
base pen est particulièrement présente aussi dans
les langues celtiques avec les mêmes sens: corne, pic, rocher.
Les toponymes issus de cette base aux variantes
celtiques en van sont encore plus nombreux chez nous: les Vanils,
Creux-du-Van,
les
Rochers du Van, le Vanel, cette tête rocheuse sur laquelle
fut construit le château fort du Vanel, à l'actuelle limite
des cantons de Vaud et de Berne, au Pays d'Enhaut.
Quant à la Pierre Féline, à Crans, au bord de l'autoroute, coordonnées 503.880/155.520, elle mérite elle aussi que l'on s'interroge sur l'origine de son nom.
(voir "Pierres mystérieuses"de Pierre Delacrétaz, Ed. Cabédita CH 1137 Yens)
Etymologie de la "PIERRE FELINE" Etymologie de "VERNAND " Etymologie de "LAUSANNE"
Etymologie de "TREVELIN" et des préfixes
Tre- , Tré- , Trey-
Etymologie de "SAUVABELIN"