| Sur l'autoroute Lausanne-Genève, il vaut la peine de s'arrêter sur l'aire de repos de la Pierre Féline pour aller la voir. | ![]() |
Divers articles de journaux souhaitaient dans les années 1950-1955, que cette pierre soit dégagée de l'abondante végétation qui la recouvrait et qu'elle soit protégée, car à une époque récente, mais dont personne n'avait souvenir, on avait débité sa roche. Sa face sud porte des traces nettes de coups de mine.
C'est la construction de l'autoroute Lausanne-Genève dont on a infléchi le tracé pour protéger la pierre qui l'a superbement mise en valeur. Ce bloc erratique sort de terre sur 23 m de longueur, 7,7 m de largeur et 6 m de hauteur. Les mesures gravimétriques ont démontré que son volume caché est 6 à 7 fois plus grand que son volume visible. Ce serait donc un bloc de 3000 m3. Il vaut la peine de s'arrêter sur l'aire de repos de la Pierre Féline pour aller le voir.
Son nom écrit le plus ancien que l'on connaisse est celui de Pierre Fellynaz (1544), nom qui deviendra Pierre Félone ou Pierre Féline, deux noms au sens fort différent. D. Aubert nous dit que son nom provient peut-être de la présence du chat sauvage dans la forêt qui l'environne. Nous pensons qu'il faut laisser de côté cette explication un peu simpliste et qu'il faut chercher du côté des vieilles racines qui désignent le rocher.
La variante FAL, dérivée de la base PAL selon les lois de la phonétique, pourrait être à l'origine du francique "falisa", de l'ancien haut allemand "felisa", de l'allemand "fels", rocher, de l'anglais ,"fell", du gaélique "fail"et du gallois "foel", hauteur rocheuse. Elle aurait produit également les anciens français "falise, félizière, faloise", le français "falaise" et l'ancien provençal "falizon", rocher abrupt. (Paul-Louis Rousset, Les Alpes et leurs noms de lieux).
Fellynaz serait donc un nom d'origine celtique, cette vieille langue dont les parlers romands ont conservé longtemps et conservent encore de nombreux mots.
C'était d'ailleurs l'avis de Wiilliam Plojoux de Genève, cité par P.-L. Bader dans la Revue historique vaudoise de 1959 qui pensait que "Fellynaz" devait venir de l'irlandais "faill", paroi de rocher, crête.