Vernand: une étymologie intéressante
Vernand: une étymologie
intéressante.
Vernand-sur-Lausanne est plus communément
appelé les Vernands, à cause des divers hameaux ayant
conservé le nom de Vernand, soit: Vernand-Dessus, Vernand-Dessous,
Vernand/Bel-Air, Vernand-Camarès, Vernand/Bois-Genoud. Le hameau
du Taulard est le seul à avoir son nom propre dont l'étymologie
n'est pas connue.. Serait-ce le signe de son ancienneté, de son
antériorité aux autres hameaux? C'est probable. Le site occupé
par les vieilles maisons du Taulard, entre les ruisseaux de Lavaux et de
la Pétausaz, est une croupe bien marquée dont le versant
sud fut autrefois cultivé en vignes. L'extrémité de
cette croupe, "La Mottaz", est une belle motte au sens historique du terme
où aucune trace d'habitation n'a cependant été relevée
à ce jour parce que jamais fouillée.
Contrairement à ce que l'on pourrait croire,
le mot de Vernand ne dérive pas de verne, l'aulne blanc,
comme c'est le cas pour des noms tels que: Vernaz, Vernette, Verney ou
Verniaz, Vernayaz, Vernéaz et tant d'autres. L'étymologie
de Vernand est différente. Paul Aebischer dans la Revue historique
vaudoise de 1968: "Quelques toponymes lausannois d'origine celtique", nous
rappelle que tant dans le cartulaire de Montheron que dans celui de Lausanne
(1184, 1190, 1217) on trouve cité le nom de Vernant à
propos de certains différends. Il pense à priori que ce nom
de lieu doit tirer son origine de la forêt et des arbres. Il nous
dit aussi, citant Hubschmied, que le mot Mèbre, la rivière
qui longe les Vernands, est d'origine gauloise comme beaucoup d'autres
noms de rivières de chez nous. Partant de Vironemeton où
se conjuguent les idées de puissance/force et de bois
sacré, en passant par la forme composée de Vernemetum
attestée dans la toponymie gauloise, puis par les formes Vernemeta,
Vernemetas,
Vernimptas
en latin mérovingien qui ont donné le nom de Vernantes
(Maine-et-Loire). Paul Aebischer pense que le Vernand lausannois
n'aurait pas eu qu'un intérêt économique, mais aussi
une importance religieuse.
Aebischer ne fait aucune allusion aux découvertes
de Troyon, les 300 tombes de la nécropole de Bel-Air. Les ignore-t-il?
N'a-t-il pas fait le rapprochement entre Bel-Air et Vernand? Les découvertes
de Troyon viennent singulièrement soutenir l'hypothèse de
P. Aebischer qui démontre qu'une forme Vernent, dont au Moyen Age
on ne connaissait plus l'origine, aura été très tôt
influencée par le nom commun de nant (ruisseau) très
répandu et donné ainsi le Vernant médiéval
connu. Vernand pourrait donc signifier le fort du bois sacré.
J'ajoute personnellement que la nécropole
de Bel-Air n'est pas le seul lieu qui ait livré des restes archéologiques.
Des dolmens ont aussi été fouillés par Troyon dans
la forêt de Vernand-Dessous. Un gros bloc erratique, "La Pierre
aux Vierges" est considérée comme pierre à cupules.
Un très vieux et très profond chemin creux traverse la forêt
du sud au nord et une belle pierre dressée mériterait une
étude. Voici donc beaucoup d'éléments intéressants
qui font de la forêt de Vernand un lieu pas comme les autres avec
sa "Pierre à Cambot" et des arbres aux espèces rares.
Lausanne/Vernand, Au Taulard, "A la Côte
du Cerisier Courbe", octobre 1993
Voir aussi "LAUSANNE:
un nom d'origine pré-indo-européenne? "