Disco
Jean-Louis MURAT, de son vrai nom Jean-Louis
Bergheaud,
auteur, compositeur, interprète, est né le 28 janvier
1952 à Clermont-Ferrand (France).
Murat n'est pas celui que l'on croit.
Séducteur malgré lui alors qu'il se moque de son
apparence, militant des droits de l'homme
en dépit d'une image d'ermite, Murat porte bien son surnom
"le Brenoï"
qui signifie en patois auvergnat "guerrier généreux
qui parcourt l'univers en chantant"*
Artiste énigmatique ancré dans ses montagnes natales
du Massif central,
Jean-Louis Murat a un parcours douloureux et troublant dont ses
chansons
se font l'écho plaintif et poétique.
Jean-Louis est donc né dans le Massif Central.
Fils de divorcés, il passe beaucoup de temps chez ses grands-parents
dans une ferme isolée à Murat-le-Quaire,
village auvergnat dont l'artiste adoptera le nom quelques années
plus tard.
C'est là qu'il acquiert un goût certain de la terre
et du monde paysan
qui surgira souvent au travers de son travail.
Adolescence
Dès ses 7 ans, il apprend la musique au sein
de l'Harmonie municipale
à laquelle appartient déjà son père,
menuisier et musicien à l'occasion.
Du cornet à piston au saxophone ténor, l'enfant
développe un certain talent
pour les instruments, ce qui le mène tout naturellement
au Conservatoire le plus proche.
Là, durant toute son adolescence, il acquiert une sérieuse
formation musicale.
Jeune homme solitaire, il est féru de poésie classique
et de littérature romantique
et tourmentée, de André Gide à DH Lawrence.
A 15 ans, un professeur d'anglais lui ouvre des horizons musicaux,
essentiellement orientés vers le jazz et le rhythm'n'blues.
Grâce à lui, Jean-Louis continue ses études
contre l'avis paternel.
Arrêter l'école jeune et travailler à la ferme
était un destin tout tracé pour l'adolescent,
qui finalement devient le premier bachelier de sa famille.
A 17 ans, Jean-Louis se marie et devient père.
Il s'inscrit en fac à Clermont-Ferrand, mais le virus du
voyage et du dépaysement le rattrape.
Il divorce et part. Commence alors quelques années d'errance
entre Paris
et les stations à la mode, où il exerce des petits
boulots :
plagiste à Saint-Tropez, moniteur de ski à Avoriaz.
Vers 1977, il se lasse de cette vie et décide de se consacrer
sérieusement à la musique.
Il rentre dans son Auvergne natale qu'il ne quittera plus.
Naît alors le groupe de rock Clara, son unique (et brève)
expérience collective.
Il y chante, joue du saxophone et de la guitare. Et surtout écrit.
William Sheller, intéressé par le travail du groupe,
les engage un temps comme musiciens.

Naissance
Si l'expérience Clara n'aboutit pas, elle permet
cependant à Murat
d'enregistrer un 45 tours solo qui sort en 1981 sur le label EMI
:
"Suicidez-vous, le peuple est mort".
Le titre seul suffit à le faire remarquer par la critique.
Mais le public ne suit pas du tout.
De plus, la station de radio Europe1 censure le morceau.
Murat situe d'emblée son répertoire dans un registre
sombre et romantique,
désespéré et poétique.
En 82, sort un album de six titres, "Murat".
Puis un album à part entière en 84, "Passion
privée".
Mais rien à faire, le chiffre des ventes reste désespérément
faible
proportionnellement au tirage d'à peine 1000 exemplaires.
En dépit d'une tournée
avec Charlélie Couture, le contrat de Jean-Louis Murat
est rompu.
En 1985, il enregistre pour CBS, mais rien ne sort.
On n'entend plus parler de lui
de 84 à 87. Il s'isole trois années durant chez
lui, en Auvergne
en faisant régulièrement des voyages à Paris
pour tenter,
en vain, de trouver une maison de disques. Déprimé
et à bout de souffle,
il lui faut du temps avant de reconstruire son travail.
En 1986, ce sont les anglais du label Virgin qui s'intéressent
à lui.
Un contrat est signé et en 1987, sort "Si je devais
manquer de toi",
un 45tours qui propulse Murat au devant de la scène musicale.
Le titre est un succès public. Succès confirmé
par les 100.000 exemplaires
vendus de l'album, "Cheyenne Autumn", qui sort
en 1989.
Album de la renaissance, ce disque un peu glacé et tout
en ambiances,
rassemble certains des plus beaux titres de Murat ("l'Ange
déchu").
L'année suivante, sort un mini album original, "Murat
en plein air",
dans lequel Murat rend hommage au monde paysan.
Dans une vidéo superbe filmée en Auvergne, on voit
le chanteur interpréter
quelques-uns des titres dans une chapelle du XIIème siècle,
Notre Dame de Roche-Charles.
Tout l'amour de Jean-Louis Murat pour sa région d'origine,
pour la tradition paysanne
et pour la nature en général transparaît dans
ces quelques images.
Murat est désormais un artiste reconnu et apprécié.
En 90, le cinéaste Jacques Doillon lui offre un rôle
au cinéma
dans "La vengeance d'une femme", avec Isabelle
Huppert et Béatrice Dalle.

Maturation
Il se passe un an et demi entre l'enregistrement de
l'album "Le Manteau de pluie"
en 90 et sa sortie à l'automne 91. Considéré
par certains comme son plus bel album,
"Le Manteau de pluie" explore divers horizons
: la poésie japonaise
("le Manteau de pluie du singe"), le Brésil
("le Mendiant à Rio"),
la montagne ("Col de la Croix Morand"), l'amour
("le Lien défait").
Après les synthés de "Cheyenne Autumn",
Murat renoue avec les guitares,
et la batterie tenue par Neil Conti du groupe anglais Prefab Sprout.
En 1991, Jean-Louis Murat enregistre un duo avec Mylène
Farmer,
"Regrets", qui donne lieu à un clip tourné
sous la neige en Hongrie.
Enregistré en six jours, l'album "Venus"
sort en octobre 1993.
C'est cette année-là que Murat se lance pour la
première fois dans une véritable tournée.
Monter sur scène n'est pas un exercice facile pour le chanteur
qui a tardé avant de se décider.
Avec six musiciens recrutés par petites annonces, Murat
entame les répétitions
dans un petit théâtre de Vichy. La tournée
démarre en Auvergne, au Puy-en-Velay,
le 10 novembre et prend fin huit mois plus tard en juillet 94.
Les trois concerts qu'il donne à Paris, à la Cigale,
les 16, 17 et 19 décembre 93
donnent lieu à un album live, "Murat live",
qui se fait l'écho du dépouillement musical
de ses prestations scéniques. Il est certain que ce n'est
pas sur scène
que Murat est le plus épanoui, et si un public fidèle
se presse à ses concerts,
le contact n'est pas toujours des plus évidents entre l'artiste
et la salle.
Outre des extraits de la tournée, l'album live
présente aussi la musique que Murat
a écrit pour le film de Pascale Bailly, "Mademoiselle
Personne".
Son écriture particulière séduit d'autres
chanteurs, et non des moindres,
puisqu'il est l'auteur de titres pour Johnny Hallyday, Jeanne
Moreau et Sylvie Vartan.
Cependant, seule cette dernière enregistre finalement deux
titres en 96.
En 90, il avait déjà écrit "le Verrou"
pour Julien Clerc.
Fan de musique lui-même, Murat participe à de nombreux
hommages discographiques :
hommage inattendu à Joe Dassin, à son idole de toujours
Leonard Cohen
ou à Gérard Manset, à qui Murat fut comparé
dès ses débuts.
Maturité
Sorti le 16 septembre 1996, "Dolorès"
est sans doute le plus gros
succès public de Jean-Louis Murat.
Pourtant, il le considère comme un album mineur, un album
de transition.
En écho à une rupture sentimentale, Murat présente
cette fois un septième album
aux relents trip-hop, tendre et mélancolique, moins obscur
que d'habitude.
Un an après une sortie très médiatisée,
l'album donne lieu à une tournée confidentielle
de quelques salles dont le Théâtre du Musée
Grévin à Paris en octobre 97.
Seul sur scène avec Denis Clavaizolle aux claviers, Murat,
toujours aussi peu à l'aise sur scène, présente
un spectacle au dépouillement total
et dont la seule fantaisie tient dans des images de l'Auvergne
projetées en fond de plateau.
A la fois séduit et désarçonné, le
public est cependant toujours au rendez-vous.
La tournée 97 donne lieu à un live "Live
in Dolores" qui sort en avril 98.
Si le contact avec le public est difficile depuis la
scène,
Murat crée en 98 son propre site Internet dans lequel l'artiste
se dévoile timidement
à travers la littérature, les vaches et la recette
de la potée auvergnate (excellente!).
Un peu ermite, Murat n'en est pas moins concerné par le
monde qui l'entoure
et son implication dans de nombreuses luttes n'est pas feinte.
Militant depuis longtemps au sein d'Amnesty International,
il prend aussi fait et cause pour les Kurdes et pour l'enfance
maltraitée.
En août 99, il réapparaît avec un
nouveau disque, "Mustango".
Ce titre fait allusion au Mustang, petit royaume du Tibet, allusion
qui marque aussi
une certaine métamorphose du personnage.
Loin de la dépression auvergnate déconnectée
du monde,
Murat nous revient avec des titres ancrés solidement dans
l'actualité
la plus violente ("Belgrade") ou l'intolérance
("Les Pédés").
Il adopte une attitude plus positive. Il va de l'avant.
Son site internet change dans la foulée et laisse les vaches
pour la peinture,
les images d'Auvergne pour celles des Indiens d'Amérique
ou des contrées tibétaines.
C'est aux Etats-Unis que le chanteur est allé
enregistrer "Mustango".
Il a séjourné ainsi de longs mois à New York
et Tucson, en Arizona,
et s'est entouré d'une équipe américaine
comme le duo texan
au son bien particulier, Calexico.
En revanche, Denis Clavaizolle est toujours là mais uniquement
à la production.
S'il en énerve certains, Murat en séduit
beaucoup.
Artiste à part, son talent d'écriture en fait un
auteur de choix qui se lit autant qu'il s'écoute.
*Enfin ça c'est ce que voudrait faire croire
Murat !...
d'autres sources bien informées (Merci Virginie)
me signalent que Brenoï "Le guerrier généreux"...
est une invention de JLM -il l'a lui-même avoué !-
un brenoï est un p'tit cochon... dans le sens de quelqu'un
qui mange
comme un cochon... se "brenoïer" ça veut
dire se salir...
© Septembre 99 - Biographie réalisée
par RFI Musique :
http://www.rfimusique.com
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