Notre population cible
Au
Burundi, le nombre d’enfants délaissés augmente de jour en jour à cause
des fléaux, de la guerre civile, des calamités et des catastrophes
naturelles auxquelles s’ajoute la pauvreté qui fragilise les populations
et rend certaines familles incapables de trouver non seulement de quoi
vivre, mais aussi de quoi éduquer leurs enfants dans la dignité.
En réalité, la plupart de ces enfants sont le produit de la pauvreté, la
détérioration des conditions économiques et sociales, de la dislocation
des familles entières et des effets pervers de l’urbanisation rapide et
incontrôlée qui s’accompagnent de l’éclatement des structures et de la
solidarité familiale. Il apparaît donc claire que de ces changements en
général et de celui des valeurs morales en particulier, les enfants en
sont les premières victimes.
La plupart de ces enfants se retrouvent dans la solitude quand ils ne
meurent pas pendant leur prime enfance. Avec l’urbanisation qui se
développe, ceux qui parviennent à survivre malgré ces conditions de vie
difficiles, se dirigent pour la plupart dans des villes, du moins pour ce
qui concerne les enfants du monde rural. Ils font cela car, ils croient y
trouver de quoi vivre, mais ces rêves ne correspondent pas souvent à la
réalité. Cette déception mêlée aux exigences de la vie expose ces enfants
pas assez forts à la merci du sort.
Il suffit de circuler dans la ville de Bujumbura pour s’en rendre compte.
Si on ne les trouve pas assis devant les alimentations et restaurants, on
les rencontre dans la rue entrain de mendier. Ce qui est dangereux, c’est
que ces enfants vont adopter des comportements déplorables comme le
banditisme, le vagabondage sexuel, la consommation des stupéfiants, la
pratique des jeux de hasard, la mendicité etc.
Toutes ces pratiques dégradent petit à petit leur personnalité et les
conduisent à la marginalisation, à l’isolement malheureusement tout cela
est le résultat parfois de l’irresponsabilité de certaines personnes
incapables d’assurer l’harmonie, la cohésion et l’équilibre de leur
ménage.
D’après les enquêtes réalisées au courant des années antérieures, la Marie
de Bujumbura avait recensé les enfants de la rue et avait constaté qu’il
existait près de 20.000 en 1995 tandis qu’une autre organisation locale en
avait recensé plus de 30.000 en 1999.
Quant à l’UNICEF, il estime que le Burundi compterait à l’an 2000 plus de
45.000 orphélins de guerre qui seraient dans le besoin de prise en charge
afin d’éviter qu’ils se réfugient dans la rue. A cet effectif, on pourrait
également ajouter 60.000 orphelins du SIDA selon l'.O.M.S ( en 1999 ), qui
sont à l’attente des solutions de prise en charge.
C’est pour faire face à la misère de cette enfance en détresse dont le
nombre ne cesse de croître que le
PNSF
· BDI
compte saigner de toutes les veines pour assurer un encadrement à ces
enfants, à travers des activités de prise en charge.
Cependant, malgré sa bonne volonté et son engagement, cette organisation
sus-citée, se retrouve limitée, débordée et bloquée par le manque de
moyens matériels et/ou financiers.