La vie des Collectifs du 93
 
La vie des Collectifs du 93
 

Le Collectif de Saint Denis

participe activement à la préparation de la "Quinzaine contre le Racisme"qui aura lieu à Saint-Denis,
du 12 au 27 mars 1999.
 

Voici le texte de leur appel :

L'ONU, en mémoire du massacre des Noirs à Sharpeville en Afrique du Sud en 1960, a décidé de faire du 21 Mars la journée internationale de lutte contre le racisme.

Si l'apartheid a disparu d'Afrique du Sud, le racisme continue de sévir dans le monde : des peuples sont opprimés, massacrés dans de nombreux pays.

En France, où avec juste raison nous sommes fiers de la Coupe du Monde, comment peut-on se contenter d'un Zidane Champion du Monde alors qu'en même temps, Boubacar n'a pas de papiers, Nouredine ne peut pas travailler à EDF ou à la Poste, Yasmina ne peut pas voter?

Notre ville est depuis des générations une terre d'accueil. Ainsi, depuis mai 1996, est installée à Saint Denis la "Coordination 93 de lutte des sans-papiers". Des résultats ont été obtenus, mais plus de la moitié des sans papiers qui en ont fait la demande n'est toujours pas régularisée.

A Saint Denis, la progression de l'extrême droite a été contenue lors des législatives. Il faut maintenant qu'elle diminue lors des élections européennes de Juin. La querelle au sein du F.N. peut nous réjouir, mais elle ne suffira pas à faire reculer les idées racistes que l'extrême droite propage depuis des années, avec souvent trop d'écho.

Nous devons rappeler la nécessité de cette lutte pour l'égalité des droits et proclamer que nous voulons vivre dans le respect de nos différences. Ensemble, nous devons partager notre vie politique, associative, culturelle, sportive, festive, afin de mieux nous connaître, nous apprécier et faire ainsi reculer les vieux démons. C'est pourquoi les organisations politiques et syndicales, les institutions dionysiennes et les associations ci-dessous appellent les habitants de Saint Denis à participer aux différentes initiatives qu'elles organisent pendant la quinzaine contre le racisme qui se terminera par :

    "la marche européenne du 27 mars pour l'égalité des droits"
 

Saint Denis, le 01 mars 1999.
 
Premiers signataires de cet appel : ACEDA (Algérie), Alternatif 93, Amazir, Aqlagh-dha (nous sommes là - aide aux devoirs), Collectif Solidarité Algérie de St Denis, Algérie au coeur, Coordination 93 de lutte pour les sans papiers, Collectif St Denis de lutte pour les sans papiers, l'Ecran, Ensemble Vivre et Travailler, LCR, MRAP, PCF, Rasl'Front, Union Locale CGT, Section Retraités CGT de St Denis, Réplik, Théâtre Gérard Philipe, U.F.F. femmes solidaires, Mouvement de la Paix, St Denis ville universitaire, Haut Conseil des Maliens, Comité: des jardins pour la Plaine, La Municipalité, Association des Travailleurs de Turquie, CNL de St Denis, Miroir et Différence, Journal de St Denis, "Halfa" pluriculturel de Floréal, Association de promotion du Soninké section Junior, Guidimaxa, SUD-PTT, SUD-Télécom, Restaurants du Coeur, Ecole Maternelle des Franmoisins, Parents d'Elèves Elsa Triolet, Secours Populaire, Jeunes Communistes, Découvertes, UTSF a.r., CCFD Comité Catholique contre la Faim, ACO Action Catholique Ouvrière, Comité de Quartier des Franmoisins, Femmes Actives, DAL Droit au Logement, Ligue des Droits de l'Homme

Signataires en attente :  Association des Femmes des Franmoisins,FCPE Garcia Lorca, CFDT,  Office des Sports, Harmonie de la Plaine,  Hichem, Maison de la Jeunesse,, Maison des Potes, Parti Socialiste, Crous Université Paris 8, , Avant Garde,  FSU, Fraternité Plus, Ecrire sans limite,  JOC, Cambodge-Solidarité Arasd, Ludothèque...
 

Pour signer cet appel : Ecrire à la Bourse du Travail - "Quinzaine contre le Racisme"
11 rue Genin 93 200 St Denis ou au MRAP ou au Théâtre Gerard Philipe ou encore à EVT Tél-fax : 01 48 09 24 92
 
 


 
Le COLLECTIF DE STAINS

    A  fait voter  et approuver par le Conseil Municipal une motion en faveur des Sans-papiers au cours de la séance du samedi 13 février 99.

    Nous publions ci-après le texte adopté :

La coordination 93 de lutte pour les sans papiers nous alerte à nouveau sur la situation toujours difficile faite aux sans-papiers.

Malgré certains critères d'assouplissement qui semblaient devoir favoriser leur réglement, on sait aujourd'hui que la loi Réseda ne laisse espérer qu'un nombre extrêmement restreint de régularisations et de possibles recours.

En attendant, des personnes, qui étaient allées par milliers se déclarer en confiance, sont arrêtées sur la voie publique, parfois même à leur domicile. On maintien sur elles une insupportable pression psychologique.Leur couverture médicale se dégrade, avec les risques sanitaires que cela entraîne pour eux-mêmes et pour leur entourage. Certains médecins pensent même qu'il s'agit là d'une question de santé publique.

Aussi, le Conseil municipal de Stains, réuni le samedi 13 février 1999, manifeste sa solidarité avec ces femmes et ces hommes qui se battent courageusement pour faire respecter leur dignité et leurs droits.

Le conseil municipal considère que l'actuel texte de loi présente de sérieuses carences. Des milliers de personnes demeurent sans papiers alors qu'elles résident en France depuis plus de 5 ans, qu'elles sont pour certaines père ou mère d'enfants français, pour d'autres appelés en France, souvent des célibataires, par de grandes entreprises, et qui à ce titre ont cotisé pendant des années à la Sécurité Sociale.

Les immigrations successives ont toujours constitué un élément essentiel de l'histoire de France. Tour à tour des Italiens, Espagnols, Belges, Algériens, Portugais ont contribué aux richesses produites dans notre pays depuis le début du siècle. Ils se sont toujours intégrés à notre société et ce, malgré qu'ils aient trouvé parfois des manifestations racistes. Aussi, s'il existe aujourd'hui un problème d'intégration, il ne concerne pas seulement les étrangers, mais toute la société française. Il s'agit essentiellement d'un problème d'intégration au monde du travail, un problème de chômage et d'exclusion.

L'article premier de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen établit que "les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits." Ceux qui ont déposé une demande de régularisation et ceux qui agissent pour leur insertion dans la société, ne font que mettre en pratique ce principe, fondateur de la nation moderne.

Par ailleurs, le conseil municipal de Stains - ville qui a elle-même une pratique de solidarité active envers la Palestine - se prononce pour l'accélération d'un co-développement, susceptible, par des actions concrètes et des actes significatifs et conséquents, de rgler sur le fond la question des flux migratoires. Avant d'être un immigré en France, l'étranger est un immigré poussé par la nécessité. La France, ancienne grande puissance coloniale, a sa part de responsabilité dans l'état de misère et de sous-développement où se trouvent la plupart des pays du sud. Or, l'aid publique au développement apportée par les pays industrialisés est à son point le plus bas depuis 20 ans, alors que la mondialisation de l'économie, dans une logique ultra-libérale, aggrave les inégalités entre le Nord et le Sud.

Parce qu'il trouve injuste de refuser un titre de séjour à celui qui, en toute bonne foi, a fait confiance au gouvernement en déposant une demande de régularisation,
Parce qu'il ne peut imaginer que 63000 déboutés de la régularisation puissent être expulsés, alors qu'ils ont pour la plupart des attaches sociales et familiales en France depuis plusieurs années,

le conseil municipal de Stains exige :

Stains, le 13 février 1999.

Ce texte, présenté par le groupe communiste a suscité une discussion. Il a été finalement voté à la majorité après qu'un des intervenants, Harry Lafond Galou rappelle : "lorsqu'il a fallu reconstruire la France, après la guerre, nul fut besoin de loi pour faire venir les immigrés."
 

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