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Dans toute la Polynésie, on retrouve les mêmes traditions , le même type physique , les mêmes légendes , une langue commune avec néanmoins quelques variantes, autant de preuves qui étonne bien souvent et démontrent surtout d'une même origine, d'une même source. L'Art y était privilégié avec une grande richesse et une finesse absolue. L'histoire des polynésiens remonterait à environ 1000 ans avant J-C, une histoire donc assez récente. Dépourvu d'écriture, les traditions se sont transmises de pères en fils, d'une génération à l'autre, d'une île à une autre. Partis depuis le centre de l'Océanie, de Hawaiki nui ( Raiatea ) plus précisément, les polynésiens conquirent d'autres îles comme les Îles Hawaii, l'île de Pâques, les Marquises et la Nouvelle-Zélande. La stylisation de l'art fut poussée à l'extrême dans ces dernières, chaque groupe d'îles ayant développés au fil du temps leurs motifs propres.
L'arrivée tardive des européens entraînera un bouleversement sans précédent au niveau social, politique, et surtout religieux, la curiosité et la naïveté des insulaires aidant. Les traditions furent donc oubliées, la population se conformant très rapidement au modernisme. Peu de descriptions ont été faites par ces hommes et bien souvent, ce qu'ils rapportaient étaient souvent des plus fantaisistes. Quelques uniques et précieux documents nous sont parvenus néanmoins. Ces documents décrivent le plus souvent le style que l'on retrouve aux îles Marquises et en Nouvelle-Zélande. Ce style différait de celui des autres îles par sa complexité et sa finesse, ce qui, à priori, attirait beaucoup plus d'attention (les tatouages des Marquises et ceux de nouvelles-Zélande étant spectaculaires). Nous n'avons malheureusement pas de détails sur les pratiques dans les îles de la Société par exemple, ce qui est bien dommage, car cela nous aurait apporté d'énormes précisions utiles.
Nous savons donc que la technique de l'art demandait un apprentissage rigoureux et des règles strictes. Elle était souvent pratiquée par les tahu'a ou prêtres qui se transmettaient cet art complet. Le tatouage et la sculpture ,par exemple, faisaient parti de ce savoir des dieux, dont les hommes qui les pratiquaient en étaient investi. Les polynésiens appellent cela le mana ou pouvoir sacré qui était omniprésent et la population le redoutait. C'est ainsi que l'on craignait les artisans, les fabricants de pirogues en particulier. Ils étaient en relation directe avec le sacré. Les instruments étaient fabriqués à partir de matériaux de source végétale (bois, écorce) et animale (dent, plumes, os, cheveux, coquillage) puisque ces îles étaient dépourvues de métal. Les instruments de base pour la fabrication d'objet d'art étaient donc tous fabriqués à partir de matériaux trouvés sur place : - Par exemple l'herminette ou to'i, qui était un instrument très important dans l'abattage de grands arbres et la fabrication de pirogues, se composait d'un manche coudé sur lequel on attachait une pierre volcanique aiguisée (figure 1). Pour des travaux plus précis comme la sculpture de statuette, on utilisait des modèles plus petits. Pour des travaux minutieux, on utilisait des fragments de coquillage dont on préférait la nacre pour sa résistance à l'usure. Pour le polissage, le corail et le basalte étaient employés. Les assemblages de toutes sortes étaient réalisés par couture et ligatures à l'aide de petits coquillages pointus et de fibres végétales. Pour la matière à
travailler, on préférait le bois, plus facile à
façonner que la pierre :
Les ti'i
(ou tiki dans d'autres dialectes)
faisaient parti des ornements usuels des
marae. Ces ti'i décoraient
aussi la pirogue sacrée du marae.
Sur ce lieu de culte s'élevait aussi
des unu-marae, ornements de bois teintés
en rouge. Ces planches sculptées,
qui étaient fait bien souvent de bois
de l'arbre à pain, atteignaient une
hauteur d'environ 2,50 m, une largeur de
25 cm et une épaisseur de de 5 cm.
On les utilisait pour y accrocher les objets
appartenant aux dieux. La sculpture est un art qui se perpétue encore aujourd'hui. Le style des Iles Marquises est le plus connu et se distingue par la finesse du travail et le résultat est souvent spectaculaire. Les Moai de l'île de Pâques sont d'immenses sculptures réalisé autrefois par les polynésiens de l'île.
Voir le sujet qui lui est consacré.
Les armes de guerre à notre connaissance
n'étaient pas décorées. Le seul objet artistique
connu est un carquois pyrogravé conservé au British
Museum. Ce qui se fait couramment aujourd'hui a un but purement
décoratif. Les illustrations à gauche et à
droite sont en bois local. Autrefois, le bois du tronc de cocotier
était utilisé par les guerriers pour la fabrication
de longues lances appelées niu, tao, ou
maehae. Le aito ou bois de fer était l'emblème du guerrier. Son bois dur était utilisé pour sculpter des images du dieu Oro ainsi que des armes et des maillets.
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