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e panthéon
polynésien compte des centaines de divinités. Les habitants
des îles croyaient en effet en une pleiade de dieux. Ils les
représentaient de diverses façons. Ces forces se
reflétaient
souvent dans la nature environnante. Le "
mana
" qui s'en dégageait
les encourageaient à repousser ou adopter la violence des
éléments
naturels. Ce même "mana" leur a aussi permis de conquérir
l'espace d'un immense océan ou d'élever les immenses colosses
que sont les
Moai
.
Ainsi la naissance du monde, la naissance des étoiles, l'arrivée
d'un événement était mis au compte d'un dieu. Les
astres, et la nature portent encore des noms évocateurs.
Selon les îles, tel dieu ou héros pouvait avoir une influence
variable.
Les chants, les récits sacrés ou les généalogies
étaient toujours directement liés à ces croyances.
Tous ces éléments réunis constituent la base même d'une croyance forte.
Les légendes qui en résultent sont encore
présentes
dans la mémoire des insulaires d'aujourd'hui. Grâce aux divers
écrivains,
cette mémoire, qui s'est transmise d'une façon orale de
génération
en génération, a pu être transcrite dans divers
ouvrages.
N'hésitez
pas à consulter la liste des livres qui ont contribués à
ce site.
(Voir aussi le sujet "
La société polynésienne
")
Au commencement était
Taaroa, l'Unique.
Il était
son propre créateur et demeurait solitaire dans sa coquille qui
avait pour nom Rumia (Bouleversée). Cette coquille était
semblable à un oeuf tournant dans l'espace infini, sans ciel, sans
terre, sans lune, sans soleil, sans étoiles.
Taaroa s'ennuyait
dans sa coquille. Il l'ouvrit d'une secousse et se glissa au dehors, mais
tout était sombre et silencieux, il était seul.
Il brisa son ancienne coquille pour
fabriquer le roc et le sable ;
avec une nouvelle coquille
il établit la Grande fondation du monde, Tumu-Nui :
avec sa colonne vertébrale
il créa les chaînes de montagnes ;
avec ses larmes il fit les océans,
les lacs et les rivières ;
avec les ongles de ses mains et
de ses pieds, il recouvrit d'écailles les poissons et les tortues
;
avec ses plumes il fit les arbres
et les buissons ;
avec son sang il colora l'arc-en-ciel
et le couchant.
Puis Taaroa fut venir
ses artisans avec leurs paniers pleins de to'i (herminettes) pour qu'ils
sculptent Tane, le premier dieu. Alors naquirent les demi dieux Ru, Hina,
Maui et des centaines d'autres. Tane décora le ciel avec des
étoiles
et y plaça le soleil pour rayonner sur la terre et la lune pour
éclairer les nuits. Et Taaroa décida de terminer son
oeuvre en créant l'homme. Il avait divisé le monde en sept
plates-formes. Sur la plate-forme inférieure devait demeurer l'homme.
Les humains se multiplièrent rapidement et Taaroa voyant cela,
applaudit.
Lorsque la première
plate-forme fut encombrée de créatures et de plantes de toutes
sortes, ses habitants décidèrent d'agrandir leur domaine.
Ils pratiquèrent un trou dans la plate-forme supérieure,
montant les uns sur les autres, ils occupèrent toutes les autres
plates-formes.
Et tout appartenait
à Taaroa, le maître de toute chose...
Dans les temps très
anciens, Raiatea et Taha'a ne formaient qu'une seule grande île
appelée
Ha-va-i-'i-nui (Grand-espace-invoqué-qui-remplit).
Un jour, les
prêtres entreprirent la construction d'un nouveau marae. Pour que
rien ne troublent l'atmosphère sacrée, aucun coq ne devait
chanter, aucun chien ne devait aboyer, personne ne devait se
déplacer.
Pendant cette
période, une belle jeune fille nommée Tere-he enfreignit
les ordres et alla se baigner dans la rivière.
Les dieux irrités
firent sortir d'un trou une grande anguille, qui avala d'un seul coup
Terehe.
L'anguille, possédée
par l'esprit de la jeune fille, devint enragée. Elle bondissait
de tous côtés et arrachait des arbres et des rochers. Elle
dévora ainsi le milieu de l'île, ce qui format un détroit
qui sépara le Grand-Havai'i en deux îles distinctes : Raiatea
et Tahaa. L'anguille grandit de plus en plus et devint un énorme
poisson.
Les dieux le
confièrent à Tu-rahu-nui (Grand-sorcier) qui se mît
sur sa tête et le dirigea vers l'est. Le poisson prit venant le nom
de Ta-hiti-nui. Il était splendide alors qu'ils s'en allait vers
le large. Orohena, la plus haute montagne était, comme son nom l'indique,
la première nageoire dorsale.
Tahiti-iti et
Mo'orea étaient la deuxième nageoire dorsale, mais tomba
à l'eau et suivit dans le sillage de Tahiti. Le poisson s'arrêta
enfin, mais il était nécessaire de l'empêcher de bouger
pour qu'il demeure éternellement à la même place. Des
guerriers arrivèrent en pirogue pour couper les tendons du poisson.
Ils essayèrent, tour à tour, mais en vain. Le
célèbre
Ta-fa'i se rendit à Tubua'i pour chercher une hache très
grande et très lourde qui avait beaucoup de pouvoir. Il invoqua
Tino-rua, seigneur de l'océan, et la hâche devint
légère
dans ses mains. Tafa'i se mît à couper le poisson Tahiti
et cessa lorsque tous les tendons furent tranchés.
La grande chaîne
de montagnes, qui dominait Tahiti, fut ainsi coupée en deux parties.
L'endroit où Tafa'i frappa, forma un isthme appelé maintenant
Taravao.
C'est ainsi que
le territoire du grand Tahiti devint stable.
Il était une
fois une très belle princesse, fille du Soleil et de la Lune,
nommée
Hina, elle était si belle que des éclairs de lumière
émanaient de son corps.
Elle fut promise
en mariage au roi du lac Vaihiria qui n'était autre qu'une énorme
et repoussante anguille. Hina fuit et se mit sous la protection du grand
Maui, qui arrêta et régla le Soleil. De la falaise de Vairao,
ils aperçurent l'anguille qui venait chercher Hina.
Maui jeta son
hameçon et s'écria :
"De mon fief, aucun roi
ne peut s'échapper, il deviendra nourriture
pour
mes dieux. ".
L'anguille avala
l'appât et l'hameçon, fut capturée et
décapitée,
Maui l'enveloppa dans un morceau de tapa et la donna à Hina, lui
recommandant de ne poser le paquet à terre qu'arrivée chez
elle :
" La tète de l'anguille
renferme de grands trésors pour vous "...
Hina oublia le paquet
sur le sol - le tapa s'était détaché, la terre s'ouvrit
et engloutit la tète de l'anguille. Une plante jaillit du sol et
se mit à grandir. Elle devint un arbre étrange, ressemblant
à une immense anguille dressée, la tète vers le Soleil
: le premier cocotier venait de naître.
Les jours passèrent.
Une grande sécheresse survint et seul le cocotier résista.
Les hommes goûtèrent
alors de son fruit qui contenait une eau sucrée et sur lequel
apparaissaient
trois taches sombres, dessinant les yeux et la bouche de l'anguille.
La ceinture et la lance magique de Pai
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Pai, orphelin dès
son plus jeune âge, fut recueilli par Ta'aroa, le dieu créateur
qui le confia à la garde des autres dieux.
Lorsque Pai arriva
à l'âge de l'adolescence, Ta'aroa vint le trouver. Il était
accompagné par les dieux Pape-rurua (Eau-abritée) et Pape-hau
(Eau-fraiche) qui portaient un rouleau de fin tapa. Ta'aroa pris l'etoffe
et, la déroulant, en compta dix puis vingt brasses. Ta'aroa proclama
Pai "Digne fils des dieux" et l'enroula dans cette ceinture. Chaque fois
que Pai portait ce vêtement il possédait un pouvoir
surhumain.
Quelques temps
après, Pai se fabriqua une lance de combat exceptionnelle, Ru-fau-tumu
(Arbre-fau-transplanté). Il la tailla dans un purau , d'un
bois particulièrement dur, arraché devant la caverne de deux
sorcières qui térrorisaient le village de Tautira. Après
les avoir tuées, il fixa un os de leur bras à chaque
extrémité
de sa lance pour lui donner un pouvoir magique. Armé de sa lance
de combat et revêtu de sa ceinture en tapa, Pai devint un guerrier
invincible aux exploits innombrables.
Ruahatu, dieu de l'Océan
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Bien longtemps après
la création du monde, vivaient à Opoa dans l'île de
Raiatea deux hommes, Te-aho-roa (Le-long-souffle) et Ro'o, son ami.
Un jour, tous
deux partirent pécher dans la passe d'Uturoa, près du motu
To'a-marama (Roche-de-lune). Leur pêche était fructueuse mais
par mégarde, ils lancèrent leurs lignes dans la grotte de
corail ou habitait Rua-hatu-tini-rau (Source-de-miriades-fructueuses),
dieu de l'océan.
Un des hameçons
tomba sur la tête du dieu, et lorsque Ro'o et Teahoroa remontèrent
leurs lignes, ils virent apparaître Ruahatu dont les cheveux
étaient
pris dans l'hameçon et qui leur annonça une vengeance terrible
:
"Raiatea sera détruite
toute entière, submergée par la montée de la mer."
Les deux hommes retournèrent
rapidement chez eux et firent embarquer dans leur pirogue tous ceux de
leur famille qui voulurent bien donner foi à l'incroyable nouvelle.
Ils emmenèrent également un couple de chaque animal qui vivait
dans l'île : cochon, chien, coq et rat.
Sous le commandement
de la princesse 'Airaro, chérie des dieux de la mer, ils partirent
se réfugier sur le motu To'amarama. Bientôt l'eau
bouillonnante se mît à monter et même le mont Temehani
(La-chaleur) fut recouvert. Seule leur îlot fut épargné
grâce aux pouvoirs de la princesse 'Airaro. Alors il
tombèrent
tous dans un profond sommeil. Le matin, à leur réveil,
ils s'aperçurent que l'eau retournait à l'océan.
La famille royale
et la population épargnée repeuplèrent le pays qui
retrouva également rapidement son manteau de verdure.
L'origine de l'arbre à pain
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Ceci se passait puis
il y a très longtemps lorsque sévissait une grande famine
dans l'île de Raiatea (Ciel-lointain). Rua-ta'ata (Homme-fosse) et
son épouse Ru-mau-ari'i (Veritable-Precipitation-royale) se lamentaient
sur le sort de leur quatre enfants, une fille et trois garçons.
Ils n'avaient plus que la terre rouge à leur donner comme nourriture.
Il décidèrent alors de conduire leurs enfants affames à
une caverne dans les montagnes pour y manger des fougères.
Un soir Ruata'ata dit à son épouse :
"O, Rumauari'i, lorsque
tu t'éveilleras demain matin, va dehors et tu verras mes mains qui
seront des feuilles, regarde dehors et mes bras qui seront un tronc et
des branches, et mon crâne qui sera un fruit rond."
Ruata'ata sorti et
sa femme ne comprit pas ces paroles. Le matin, de bonne heure, elle se
leva et constats que l'entrée de la caverne était embragée
par un arbre splendide.
C'est alors qu'elle
comprit le sens des paroles de son mari qui s'était changé
en arbre à pain par désespoir de voir sa famille sans nourriture,
et, tout en pleurant, elle ramassa les fruits pour nourrir ses enfants.
De cette vallée
de Raiatea, appelée Tua-'uru (Place-de-l'arbre-à-pain), l'arbre
se propagea rapidement et fut une inépuisable réserve de
nourriture pour toutes les îles.
La montagne percée de Mo'orea
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Une nuit, Hiro (Tricheur)
et sa bande de voleurs, venant de Ra'iatea, arrivèrent à
Mo'orea pour voler le mont Rotui. Ils attachèrent de longues lianes
au sommet de la montagne et commençèrent à la tirer.
Ils réussirent à détacher cette portion de l'île
comme en témoigne encore les deux baies.
Pai, qui se trouvait
à Puna'auia, fut réveillé par ses parents adoptifs
qui venait de voir cette scène en songe. Pai alors se leva, gravit
la colline Tata'a et jeta sa lance sur Mo'orea. Après avoir
traversé
la mer, elle perça un grand trou dans un sommet, connu depuis sous
le nom de Mou'a-puta (Montagne-percée). Continuant son chemin comme
un météore, la lance arriva dans le sud de Ra'iatea et se
ficha dans le sommet d'une colline restée échancrée
depuis. Les coqs de Mo'orea, réveillés par les vibrations
de la lance, se mirent à chanter de tous côtés, ce
qui incita les voleurs à s'enfuir au plus vite, craignant le lever
du jour.
Cependant Hiro
et sa bande réussirent à arracher, sur les flancs du Rotui,
une colline en forme de cône qu'ils emmenèrent à Ra'iatea
et qu'ils installèrent non loin du rivage de Opoa.
Cette colline
s'y trouve toujours. Elle est couverte de petits toa, arbres de fer, semblables
à ceux du mont Rotui et contrastant étrangement avec
végétation
environnante.
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