Le
Pourim d'Avignon a été instauré suite à un événement qui a eu lieu dans la
nuit du 17 au 18 février 1757, soit le 28 Chevat 5517.
L'histoire est très courte, l'événement semble anodin mais pourtant il a
donné lieu à la commémoration d'un Pourim.
Voici l'histoire:
Elle a lieu en Avignon la nuit du 28 Chevat. En fonction de la date du
calendrier hébraïque, on déduit que la nouvelle lune est proche, que cette
nuit là est très sombre, c'est une nuit sans lune.
Un habitant de la ville d'Avignon passait son chemin et traversa les ruelles
étroites de la carrière (C'est ainsi qu'on nommait le quartier juif dans les
villes du Comtat venaissain.)
Or voilà notre passant avignonnais qui passe à proximité de la synagogue et
là, ne remarque pas un puits.
Et par malchance, il heurte le puits, bascule en avant et y tombe, tête la
première.
Avant d'atteindre le fond, il réussit à se freiner dans sa chute et à se
bloquer contre les parois. Ouf!
Il lui restait à retrouver tous ces esprits, et réussir l'exploit
d'escalader les parois du puits dans l'obscurité la plus totale. C'est ce
qu'il fit. Par son courage, sa force et sa volonté, il réussit à s'en
extraire.
Il en fut quitte pour plus de peur que de mal, et rentra chez lui sain et
sauf.
On peut imaginer qu'il s'empressa de raconter cette aventure.
L'histoire dit que ce héros d'un soir n'était pas juif.
C'est tout. Voilà l'histoire.
A la suite de cet événement
la communauté juive d'Avignon décida d'instaurer une fête qui serait
célébrée de générations en générations.
Un fête pour les générations futures pour commémorer l'extraction
"miraculeuse" d'un homme hors de ce puits? Non. La cause est
disproportionnée.
La communauté juive d'Avignon décida de célébrer joyeusement une fête aux
dates anniversaires de ce 28 Chevat, en pensant au massacre auquel elle
avait certainement échappé.
En effet, selon eux, si ce passant maladroit, avait terminé sa course au
fond du puits et avait péri dans ce puits, on n'aurait pas manqué d'accuser
les juifs de l'avoir assassiné. Le quartier et la proximité de la synagogue
étaient des éléments accablants.
Et si les juifs avaient été accusés, ils auraient tous souffert,
probablement beaucoup souffert.
Pour ces juifs, il était évident que les plus grands malheurs se seraient
abattus sur eux si cet homme était mort dans le puits.
Nous avons certainement du mal à imaginer l'état d'esprit dans lequel
vivaient ces communautés, mais à la lumière de cette histoire, on devine
sans peine les multiples craintes et même la terreur avec lesquelles elles
devaient vivre en permanence.
- adapté de Cecil Roth, A
jewish book of days, Hermon Press NY 1966
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