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Effet de serre

 

 

Définition

A gauche, la terre aujourd'hui,
à droite, en rouge, la propagation de l'effet de serre vers 2040

Hormis quelques savants, dont les recherches sont financées pour certains d'entre eux par l'industrie américaine du pétrole et du charbon, le monde scientifique en est persuadé: le climat terrestre risque de connaître un important réchauffement dans les décennies à venir. Un réchauffement qui a d'ailleurs déjà commencé. C'est là le résultat de l'effet de serre.

Ce phénomène est provoqué par la progression des émissions de gaz issus d'activités humaines: à commencer par


La terre absorbe environ 50 % de l'énergie que lui envoie le soleil. Cette énergie permet à notre planète de se réchauffer. Mais pour qu’elle remplisse effectivement son rôle, il faut l'empêcher de s'échapper. C'est là le rôle dévolu à un "couvercle" constitué de vapeur d'eau et de gaz. Couvercle indispensable qui agit un peu comme une serre pour des plantes: sans cet "effet de serre", la température moyenne de notre planète descendrait à -18°! Mais point trop n'en faut. Car les gaz issus des activités de l'homme viennent renforcer et faire grossir cette couverture naturelle. Résultat: sous la serre, la chaleur augmente. De plus en plus... A retenir: c'est donc l'homo-sapiens et non la nature qui est à l'origine du réchauffement de la terre.

 

Mécanismes

Le sol réémet vers l'espace des rayons infrarouges que certains gaz, les GES, interceptent et rabattent vers le sol, augmentant ainsi la température. C'est là l'effet de serre, un phénomène naturel. Sans les GES la température moyenne du globe serait de 35ºC plus basse: -20ºC au lieu de +15ºC.

L'analyse des bulles de gaz contenues dans des carottes glaciaires montre un parallélisme frappant entre les températures depuis 160.000 ans et les teneurs de l'atmosphère en gaz carbonique et en méthane ("courbe de Vostock"). L'explication la plus plausible est que l'alternance des âges glaciaires et des périodes plus chaudes est déclenchée par des phénomènes astronomiques et que gaz carbonique et méthane sont des accélérateurs.

Les gaz à effet de serre

C'est la structure des molécules de certains gaz (raies d'absorption,...) qui les rend aptes à rabattre vers le sol les rayons infrarouges. Les principaux sont:

Les concentrations de ces gaz sont minimes: 0,035% en volume pour le plus abondant, le CO2, environ 600 fois moins que l'oxygène. Cela explique pourquoi les activités humaines peuvent changer ces concentrations.

Les potentiels d'effet de serre instantanés de ces gaz

On calcule avec une précision satisfaisante combien une masse donnée d'un GES donné contribue à l'effet de serre, c'est-à-dire la quantité d'énergie (en watts par m2) qu'elle transmet au sol. Ce que cette masse deviendra dans l'avenir est moins précisément connu.

Vers 1990 les contributions respectives de ces gaz à l'effet de serre total étaient approximativement :

Gaz carbonique    48 %
Méthane           17 %
CFC               18 %
Protoxyde d'azote  6 %
Ozone et autres   11 %
 

Une molécule de méthane est 21 fois plus active dans l'effet de serre qu'une molécule de gaz carbonique, et une molécule de CFC-11 l'est 12.000 fois.

La montée des GES et son origine humaine

La concentration de C02 est passée de 280 ppmv (parties par million en volume) au début de l'ère industrielle à 356 ppmv en 1993, et augmente de 1,5 ppmv par an.

Celle du méthane a augmenté de 145 % en un siècle.

Les CFC sont des gaz artificiels qui n'ont commencé à être fabriqués que vers 1930.

La concentration de N20 a augmenté de 0,25 % par an depuis 40 ans.

Quant à l'ozone, les pertes dans la stratosphère sont plus que compensées par son accroissement à proximité du sol.

Ces accroissements sont totalement d'origine humaine pour les CFC et l'ozone, presque totalement pour le CO2, de 60 % à 80 % pour le CH4 et de 30 % pour le N20.

Les sulfates en aérosols

Le dioxyde de soufre S02 émis par la combustion du charbon et du fioul est transformé dans l'atmosphère en fines particules de sulfates (aérosols).

Ils provoquent non seulement une pollution de l'air (pluies acides) mais réfléchissent aussi les rayons du soleil et s'opposent donc partiellement au réchauffement. L'émission de poussières liée aux travaux publics et à de mauvaises pratiques agricoles et sylvicoles va dans le même sens. Les éruptions volcaniques également : celle du Pinatubo aux Philippines en juin1991 a, pendant deux ans, interrompu la série des années chaudes observée depuis la décennie 1980, mais la température moyenne a repris son réchauffement à partir de 1994.

Sauf en cas d'éruption volcanique majeure, les aérosols et poussières retombent assez vite au sol de sorte que leur effet refroidisseur ne touche que la région où ils sont émis (leur transport par les vents ne dépasse guère 1.000 km). Or l'évolution des productions, en particulier les mesures de dépollution, ont diminué de 40 % les émissions de SO2 de l'Europe entre 1980 et 1993 (17 Mt au lieu de 28 Mt, Est inclus) ; la tendance est analogue en Amérique du Nord et au Japon ; elle devrait se poursuivre. Les principaux émetteurs du futur devraient être la Chine et l'Inde : une partie de leur C02 viendra nous réchauffer mais aucun de leurs aérosols ne contrecarrera ce réchauffement.

Au niveau global, le refroidissement par les aérosols ne dépasse guère le dixième du réchauffement par les GES. Essentiellement, ces aérosols masquent une partie de l'effet de serre. Un certain réchauffement global est donc inévitable.

Quelques conséquences, au moins qualitatives, d'un réchauffement global

 


Quelques chiffres

Qui mesure le réchauffement mondial?

De très nombreux scientifiques étudient la question. Mais ce sont avant tout les travaux du groupe intergouvernemental d'évaluation des changements climatiques (GIEC) qui font autorité. Ce groupe, créé dans le cadre de la convention-cadre de l'ONU sur les changements climatiques, comprend plus de 4.000 scientifiques et économistes du monde entier.

Le GIEC a déjà rendu deux rapports et en prépare actuellement un troisième. Ces documents constituent la base de départ des discussions de Kyoto.


Les conséquences du réchauffement

Les terriens "doivent s'attendre à être confrontés à des bouleversements multiples et à la nécessité de s'y adapter", explique le GIEC.

Les changements climatiques ont-ils commencé?

On est en droit de se poser la question quand on observe ce qui se passe dans certaines régions du monde (source: "Le Monde").

En Europe: 20 % du territoire espagnol subit la sécheresse et la désertification; dans le nord de la France, des insectes et des champignons s'attaquent de plus en plus souvent aux arbres; les glaciers des Alpes ont déjà perdu quelque 50 % de leur volume.

Zones septentrionales de l'hémisphère nord: la végétation se développe; au Groenland, la calotte glaciaire commence à fondre; en Sibérie, la température a augmenté de 3 %.

En Afrique: l'est du continent fait face à des inondations meurtrières, alors qu'il a connu récemment... la sécheresse; il pleut beaucoup moins dans le Sahel et autour du Golfe de Guinée.

En Asie: sécheresses et inondations en Corée du Nord, pays ravagé par la famine; déficit de précipitations dans le nord de la Chine; même phénomène en Indonésie, ce qui a favorisé l'extension des gigantesques incendies de forêts.


Les parties en présence à Kyoto

On pourrait schématiser les parties en présence à Kyoto en disant que l'on risque d'assister à une confrontation Nord-Sud. En fait, les positions ne sont pas aussi tranchées.

Les USA: leurs dirigeants semblent très conscients des problèmes. "Plus nous attendrons, plus les choix à venir seront désagréables", a ainsi déclaré l'ex vice-président Al Gore. Les Etats-Unis proposent une stabilisation des émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2008-2012 en partant du niveau de 1990. Ce qui représente un retard de 10 ans par rapport aux promesses faites lors du premier "Sommet de la terre" à Rio en juin 1992. Par ailleurs, pour Washington, la lutte contre le réchauffement ne doit pas se limiter aux grands pays industriels: il faut y impliquer immédiatement les pays dits "en développement". La position américaine a été vivement critiquée par le commissaire de l'UE à l'environnement, la Danoise Ritt Bjerregaard. Elle dénonce le manque de volonté politique des USA et estime que la position de ce pays se résume à "la formule 'business as usual'"(les affaires, comme d'habitude).

La Russie, le Canada, l'Australie: ces pays répugnent, eux aussi, à s'imposer des restrictions importantes.

Les pays dits "en développement": nombre de ces pays voient d'un mauvais oeil un traité limitant leurs propres émissions de gaz à effet de serre. Ils craignent qu'un tel traité n'entrave leur développement industriel et réduise leurs perspectives de croissance économique. Un exemple: la Chine. Pour le "China Daily", journal édité à Pékin et qui reflète donc la position des dirigeants chinois, les pays développés, principaux responsables de l'effet de serre, doivent être les premiers à réduire leurs émissions de gaz nocifs. "Qui plus est, les pays développés ont de plus grandes capacités économiques, technologiques et institutionnelles pour résoudre le problème", estime le "China Daily". Et d'ajouter: "A moyen terme, les pays en développement auront besoin d'accroître leur production et leur consommation énergétique afin d'atténuer la pauvreté et le sous-développement", conclut le journal, assurant que "la Chine a acompli de grands efforts au cours des dix dernières années" en matière de lutte contre le réchauffement.

Le Japon: il propose de réduire de 5 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2010, par rapport à leur niveau de 1990.

L'Union Européenne: elle s'efforce de faire figure de leader à Kyoto en y présentant les objectifs les plus ambitieux. Elle propose ainsi d'ici 2010 une réduction de 15 % des émissions de gaz nocifs, par rapport au niveau de 1990.
En mars 1997, les pays membres de l'UE avaient publié leurs objectifs chiffrés pour Kyoto. en se répartissant les efforts: gros pollueurs appelés à réduire davantage (exemple: -25 % pour l'Allemagne) et pays moins industrialisés autorisés à augmenter leurs émissions (exemple: + 40 % pour le Portugal).
Quant à la France, elle s'était vu attribuer un objectif "zéro": en clair une stabilisation de ses émissions d'ici 2010 en raison de la puissance de son réseau nucléaire de production d'électricité (selon le Fonds mondial pour la nature, notre pays pourrait "facilement atteindre un taux de réduction de CO2 de - 10 % en 2005, sans remettre en cause son niveau économique").

La position de la France
Le président Jacques Chirac a insisté, selon le porte-parole du gouvernement, "sur les engagements français et l'importance pour notre pays de contribuer aux démarches" européennes. De son côté, le ministre de l'environnement, Dominique Voynet, conduira à Kyoto une délégation d'une trentaine de personnes avec comme objectif affiché la recherche d'un accord. Elle entend être la représentante d'un pays qui "montre l'exemple" Elle a ainsi a présenté au conseil du 26 novembre un plan national de lutte contre l'effet de serre. Grâce à ce plan, elle espère dépasser l'objectif fixé à la France par la position commune de l'UE.

Le contenu du plan: il prévoit une centaine de mesures, notamment dans les domaines:


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