Le
jeune et nouveau chevalier a d'abord été damoiseau ( titre
de gentilhomme auprès des dames ) puis valet et enfin
écuyer (jeune noble qui avant l'adoubement s'attachait
au service d'un chevalier et portait son écu). Agé d'une
quinzaine d'années, il deviendra désormais chevalier avec
plusieurs de ses compagnons. Au cours d'une cérémonie
très honorifique, on remet à l'apprenti-chevalier son
épée attachée à sa taille, dans son baudrier de cuir,
et ce, de la main du chevalier qui lui a tout enseigné.
Tout
d'abord, la partie préparatoire de l'écuyer, reçu au château
de son futur vassal (seigneur) : le jeune écuyer voulant
devenir chevalier doit d'abord prendre un bain purificateur
sous le regard d'un homme d'église. Il doit ensuite se
recueillir, jeûner toute la journée, et prier une partie
de la nuit précédant l'adoubement.
Ensuite vient la partie de la consécration : au matin
de la cérémonie, le jeune homme assiste à la messe et
communie. Par la suite, des moines et des serviteurs l'habillent
et lui donnent les dernières recommandations. Ces préparatifs
ont pour but de laisser un temps de réflexion au futur
chevalier et de le purifier. Le jeune homme doit être
parfaitement certain du choix de sa "destinée" lors de
la cérémonie. Son engagement est à vie, et le serment
qu'il prononce, inviolable sous peine de mort.
Un
geste essentiel par lequel le sacrement est administré
est la colée. L'adoubant donne un coup léger du plat de
la main droite sur la nuque de l'adoubé. Un geste aussi
violent vérifiait la maturité du jeune homme pour figurer
parmi les adultes, de manière à se tenir droit dans les
coups durs et parfaitement maître de lui.
A la colée succède la remise des armes où chaque nouveau
chevalier démontre devant tous son habileté dans l'escrime
à cheval, en renversant d'un seul coup de lance des mannequins,
appelés quintaines.
Maintenant armé de son épée, le nouveau chevalier se doit
de prêter serment sur la bible. Entouré de son parrain
et de ses amis, face au prêtre, il promet de servir Dieu,
de rester loyal à son seigneur et de protéger les non-combattants.
La
partie festive est maintenant un temps pour tous de se
réjouir. Alors, pendant que tout le monde s'attable pour
le festin, musiciens, jongleurs et acrobates se préparent
à la fête. La journée se poursuit dans la sérénité et
la joie, avec tournois de toutes sortes jusqu'au soir
où le nouveau chevalier quitte le château de son seigneur.
Une
épreuve noble, le tournoi
Pendant
deux ans, le jeune adoubé va courir de tournoi
en tournoi avec l'aide financière de son parrain.
Le tournoi est un véritable jeu de guerre au cours
duquel le chevalier prouve son habileté et son
courage.
A
quoi sert le blason ?
Le blason est un signe de reconnaissance. Caché
derrière sa cuirasse de fer, le chevalier porte
l'emblème de son seigneur peint sur son écu
et cousu sur sa cotte de mailles, chacun peut ainsi savoir
à quel camp il appartient. Au XIVe siècle,
le blason s'affiche partout, sur les cottes de mailles,
les écus, les bannières et même sur
les vêtements civils.
Les
préparatifs
La
veille, les combattants montent des tentes tout autour
d'un gigantesque champ ou deux équipes vont se
battre pour la victoire. Des estrades richement décorées
de banderoles, d'écussons et de tapis sont dressées
au bord du pré. Avant le début du tournoi,
les chevaliers plus âgés et les belles dames
prennent place sur les estrades afin de suivre les exploits
des fringants chevaliers. Bannières au vent, les
chevaliers font fièrement leur entrée sur
le terrain. Les dames choisissent leur champion. Elles
leur confient une écharpe, une boucle ou une manche
que les chevaliers nouent au sommet de leur heaume. Le
tournoi peut commencer.
Qu'est-ce
qu'une joute ?
C'est un combat singulier qui ouvre généralement
le tournoi. Le jeu est très violent. À partir
du XIVe siècle, des règles strictes sont
mises en place. Lance en avant, le chevalier charge pour
renverser son adversaire ou lui ôter son casque.
La pointe de la lance peut être émoussée
pour diminuer les risques d'accident, mais le danger n'est
pas totalement écarté car si la lance se
brise, le bout peut devenir plus acéré que
jamais. Au XVe siècle, des barrières sont
installées au lieu du terrain pour séparer
les deux adversaires.
Que
le meilleur gagne!
C'est
l'heure d'entrer en lice. Les deux bandes rivales, cavaliers
et fantassins mêlés s'élancent à
travers champs. Le but est de se rendent maître
du terrain de bataille (appelé lice). Tous les
coups sont permis, le sang coule et les armures s'entrechoquent.
Les combattants ont très chaud sous leur lourde
protection. Ce combat ressemble un peu à une partie
de chasse avec, en guise de gibier, les chevaliers adverses.
L'un deux est traqué, désarçonné
et forcé à se rendre. Les
meilleurs combattants reçoivent un prix et obtiennent
aussi de l'argent en revendant les montures capturées.