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Qui
sont les chevaliers?
Ils se doivent de défendre, attaquer les infidèles, vénérer
les clercs, protéger les pauvres de l'injustice, pacifier
le pays, verser leur sang pour leurs frères, ainsi que le
dit la formule de leur serment, et même au besoin perdre la
vie. Les louanges de Dieu sont dans leurs bouches, les épées
à double tranchant dans leurs mains pour qu'ils puissent exécuter
le jugement qu'on leur a demandé d'exécuter, en quoi chacun
suit la décision délibérée de Dieu, des anges et des hommes,
en accord avec la justice et la reconnaissance des droits
de chacun.
L'apprentissage
du chevalier
Quiconque veut devenir chevalier est tenu de suivre un certain
apprentissage, au cours duquel il doit acquérir une parfaite
connaissance de l'art militaire de son temps. Rien du maniement
des armes, de l'équitation, de la chasse, ou du comportement
auprès de ses pairs ne doit lui être étranger. Quand le futur
chevalier à l'adoubement est un fils de la noblesse, comme
cela arrive le plus souvent, il reçoit cet apprentissage à
la maison familiale, ou encore chez le suzerain de celui-ci.
L'équipement du chevalier étant extrêmement onéreux, il est
alors préférable pour le jeune noble de faire son apprentissage
auprès d'un riche baron qui accepte de le prendre sous sa
protection. Une fois l'adoubement célébré, il n'est pas rare
de voir le filleul rester au service de son parrain comme
chevalier.
Vers
l'âge de sept ans, le futur apprenti demeure au château paternel
sous la garde des femmes. A partir de cet âge, il quitte le
foyer maternel et accompagne son père dans ses activités autres
que les combats. Il apprend aussi à monter à cheval, à chasser,
à tenir une épée. Dès l'âge de douze ans, son père le confie
à un protecteur, en général son suzerain direct. Alors commence
pour le jeune garçon le véritable apprentissage qui fera de
lui un chevalier.
Le
jeune Damoiseau va d'abord être un serviteur auprès de son
suzerain. Valet de chambre, il réveille son maître, puis l'aide
à se laver et à se vêtir. Valet d'écurie, il présente les
chevaux des familiers du seigneur, sans oublier le sien propre.
Valet de table, il sert les mets et les viandes qu'il est
chargé de découper. Valet de chasse, il apprête les épieux
et les coutelas destinés au gros gibier, puis il s'occupe
du dressage et de l'entretien des chiens et des faucons. Valet
d'armes, il est maintenant prêt à apprendre l'art de la guerre
jusqu'à ce qu'il devienne un combattant de premier ordre.
La
vie quotidienne du chevalier résulte essentiellement dans
sa position de dominant et de l'occupation q'uelle lui permet
: la guerre. Cet amour de la violence et du combat anime tout
le moyen âge des nobles. La guerre est sans cesse glorifiée,
le guerrier fort, souple et musclé sans cesse magnifié. Cette
passion de la guerre, le jeune noble l'acquiert très tôt.
Étant destiné à être guerrier, il doit s'initier à l'art militaire
et y prendre goût dès son jeune âge.
Le
dur apprentissage de la chevalerie le familiarise peu à peu
avec ce monde de violence qui sera sa vie et son honneur.
Car si la guerre permet au noble d'écouler son trop plein
d'énergie, elle est aussi un moyen pour lui de faire valoir
son courage et son héroïsme, qui est une qualité très appréciée
dans une société où la seule force est la valeur de la loi.
À part les chevaliers errants qui parcourent l'Europe à la
recherche d'une cause à défendre, la plupart des guerriers
sont aussi des seigneurs vivant du travail de leurs serfs.
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