Editos
EDITO DU ZEBU N°10
AUCUN SENS SANS AMITIÉ
Construire puis suivre la piste de l’Amitié, voilà que Projet Action avait ouvert une voie de communication sous le signe de l’amitié. On a déjà décrit les utilités matérielles de cette réalisation. Je voudrais insister sur le symbole affirmé par le choix du nom « piste de l’Amitié », nom qui jette aussi un pont entre deux groupes humains.
La méthode d’intervention de Projet Action fait naître un réel sentiment de fierté et de dignité chez les villageois qu’elle parraine. En effet, ces derniers savent qu’à l’autre bout du monde, d’autres personnes pensent à eux, croient en eux, éprouvent le besoin de les connaître, de les reconnaître dans leur culture, leurs habitudes de vie, de les rencontrer, le cas échéant et peut-être devenir amis. Si la finalité première de Projet Action est de proposer des aides aux villages et de mener des actions de développement, tout ceci n’aurait aucun sens sans amitié. Les parrains et donateurs rentrant de Tuléar auront, je pense, ressenti tous ces sentiments.
Certes
beaucoup d’utopie perce dans ces propos mais n’en faut-il pas, de l’utopie,
pour s’embarquer avec Projet Action mais aussi rêver et espérer
un monde meilleur ? Soyons plus nombreux encore pour que quelques parties
du rêve se matérialisent.
André DUPORT
DES NON, DES OUI ET LE BONHEUR
Une démarche qui dit résolument non à l’assistanat et oui à la solidarité, non aux cadeaux et oui à l’action commune, non à nos idées préconçues et oui à leurs réalités, non au spectaculaire et oui à l’ordinaire concret, non à notre rythme et oui au leur, non aux «promesses électorales» et oui ensemble on le fait, non aux chantiers orchestrés et oui au partenariat et à l’amitié.
Trois ans déjà !
Un certain nombre de réalisations, quelques soucis, et surtout beaucoup de bonheur, de joies et de rires.
Le bonheur est multiple : c’est un nouveau parrain
ce matin «dans» la boîte postale, c’est le travail du villageois qui passe sept heures pour aller chercher une charrette de sable, c’est l’inauguration d’un puits, c’est marcher sur la piste en regardant les rizières et en voyant cette femme et cet enfant passer tranquilLement, c’est le regard de cette mamie quand elle parle de l’eau qui est maintenant dans le village, c’est entendre cet homme de Milenake nous dire que «l’éducation sanitaire et nutritionnelle avec Angéline apporte beaucoup de bonnes choses, elle dit la vérité ; nous on a décidé de démarrer le maraîchage», ce sont 43 accouchements réalisés en 99 par Angéline, toutes les mamans et tous les enfants sont vivants… rare, ce sont les parrains, les donateurs et les villageois qui de plus en plus prennent conscience de l’importance commune de notre démarche, qui y adhèrent et qui l’enracinent plus profondément.
Le
bonheur c’est aussi tout ce qui reste à faire…
Là-bas
dans les villages ils sont prêts, nous aussi !
Philippe MEYER
EDITO DU ZEBU N°12
LOIN DU MISERABILISME
Cyclones, choléra ! décidément l’année 2000 commence sous de mauvais hospices pour Madagascar. Y a-t-il une malédiction pour ce pays classé parmi les plus pauvres de la planète ?
Devenus parrains ou donateurs de Projet Action nous sommes attentifs à ces flashs d’information, demandeurs d’autres nouvelles, tiraillés par l’idée de « mais que faire ? »
Continuer, continuer parce que les constats de découragement ou d’impuissance sont balayés par les nouvelles qui nous viennent de Milenake : les conventions pour la réalisation de 10 puits sont signées avec les villageois, le travail d’Angeline et l’impact du centre des soins ont été vitaux pour limiter l’épidémie, le marché, l’aide aux agriculteurs, aux brodeuses sont autant d’activités qui confortent la vie sociale et économique.
Loin du misérabilisme, de la bonne conscience, de l’assistanat, Projet Action travaille avec les villageois. Ce doit êtres un point de fierté pour tous les parrains et donateurs.
Les sourires
d’enfants et de villageois vus dans les pages couleurs du Zébu,
sur la cassette réalisée lors de la mission de novembre 99,
dans les villages pour les plus chanceux sont notre récompense.
Luc BELLEVILE
EDITO DU ZEBU N°14
ROBSON MON AMI, MON FRERE
Depuis un mois déjà, je pensais à cet instant magnifique
où, arrivant à Ankaraobato je t’apercevrai au loin et pressant
le pas nous pourrions nous embrasser en nous serrant très fort comme
des amoureux….
Quelques belles
secondes de bonheur intense qui m’étaient données deux fois
par an. Nous avions rendez-vous le 31 octobre, six ans après notre
première rencontre.
Tu es parti
avant hier mais je sais où tu es. Tu es parti vers le nord-est rejoindre
les ancêtres. Et je sais aujourd’hui qu’avec eux tu seras toujours
parmi nous, au milieu de nous, nous te demanderons souvent ton avis et
ton autorisation.
Robson, mon
Ami, mon Frère, j’ai encore deux choses à te dire :
- sans toi,
Projet Action n’existerait sans doute pas
- ton sourire
est unique au monde.
Iza iry lehilahy
iry ? Qui est cet homme là-bas ?
ROBSON iry lehilahy
iry. Cet homme là-bas c’est ROBSON
Veloma ROBSON
Philippe MEYER