page 1 de 1 l'indépendance et l'heure des choix Le Canadien-français qui sommeille au
fond du Québécois se donne encore des buts qui reculent sans cesse. L'indépendance ne nous tuera pas, mais
l'absence de solution à notre question nationale nous tuera certainement. Ce sera une
mort lente, par désagrégation, par épuisement. La vieille garde est d'une sénescence
qui ne tient pas seulement de la vieillesse, mais de l'épuisement du fonds idéologique
dont elle tire la justification de sa politique depuis la Révolution tranquille. L'idée est
forte(lindépendance). Pour s'en convaincre, il suffit de compter les commentaires
acrimonieux qu'elle suscite, les interprétations contradictoires qu'elle réfracte et les
injures qu'elle essuie. Ce qui manque aux indépendantistes,
c'est l'audace, c'est la volonté de faire l'indépendance. Nous ne sommes plus à l'étape des
balbutiements indépendantistes et de la naïveté politique des premiers RINistes.
Nous sommes à l'étape de passer à la décision. L'indépendance est un acte qu'il faut
faire surgir de l'engourdissement de la passivité. L'indépendance, c'est une révolution. Cette vérité élémentaire est tue
par le souverainisme qui refuse de rompre avec l'ordre constitutionnel canadien. L'indépendantisme québécois doit
aller jusqu'au bout de ce qu'il a commencé, et d'abord s'incarner dans une république
qui ne soit pas la reproduction du déjà-là. Il doit opter pour la rupture, c'est là sa
première exigence. Révolutionnaire, l'indépendance l'est
aussi parce qu'elle exprime, au plus profond, une volonté de mettre un terme à
l'oppression nationale cristallisée dans les formes surannées du fédéralisme canadien. page 1 de 1
|
||||||||||||||||||||||||