La partie orientale de la commune est recouverte par la très renommée forêt des Ducs, "HERTOGENWALD".
L'"Hertogenwald", autrement dit la "Forêt des Ducs" (de Limbourg), s'étend sur la partie NORD-OUEST du Haut-Plateau. C'est le massif de forêt domaniale le plus vaste de la Belgique.
A l'époque romaine, cette portion septentrionale de l'immense "Arduinna Silva" (Forêt d'Ardenne) fit partie -- comme le reste de la région fagnarde -- du domaine public de l'Empire. Sous les Mérovingiens, elle devint le patrimoine personnel du souverain qui y exerçait principalement le droit de chasse. Plus tard, sous les Carolingiens, la forêt fut comprise dans l'"Oberwald" impérial, qui, depuis Rötgen, remontait vers les Hautes Fagnes.
Elle en sortit vers le milieu du 10e siècle, lorsque le ban de Baelen -- dans lequel cette forêt était inscrite -- passa sous la dépendance du comte de Luihgau. Environ un siècle plus tard, le démembrement du comté de Luihgau entraîna la création du comté, puis du duché de Limbourg. Dès lors, l'Hertogenwald allait suivre le destin de ce duché.

C'est ainsi qu'en 1288, il passa dans le patrimoine des ducs de Brabant, ceux-ci étant devenus les suzerains du duché de Limbourg. En 1340, il devint la propriété des ducs de Bourgogne et, en 1477, celle des dynasties habsbourgeois. Comme le reste du pays, il subit, du 16e au 18e siècle, les dominations espagnole et autrichienne.
La fin de l'ancien régime fut marquée, en 1795, par l'annexion de nos provinces à la France : l'Hertogenwald devint forêt nationale française.
En 1815, le Congrès de Vienne ayant choisi la Helle comme frontière entre les Pays-Bas et la Prusse, l'unité de la forêt domaniale -- respectée jusque là -- fut rompue, la partie occidentale allant aux Pays-Bas, la partie orientale à la Prusse. En 1830, lors de la proclamation de l'indépendance nationale, la partie hollandaise revint à notre pays.
Après la guerre de 1914-1918, le Traité de Versailles (1919) rendit à la Belgique la partie allemande de l'Hertogenwald. Ainsi, les deux portions de l'ancienne "Forêt des Ducs" furent à nouveau réunies. Depuis lors, l'Hertogenwald est demeuré propriété de l'Etat belge ; en rive gauche de la Helle, il fait partie du Cantonnement forestier de Dolhain ; en rive droite, de celui d'Eupen ; tous deux relèvent de l'Inspection de Verviers ; notons qu'en sa partie occidentale, le droit de chasse est réservé au Roi et aux invités de la Cour.
De tout temps, les richesses forestières de l'Hertogenwald furent exploitées à la fois par son propriétaire et par les habitants des villages voisins. Ces derniers possédaient, en effet, divers droits d'usage sur la forêt : de pacage, de glandée, de stiernage (enlèvement des herbes, fougères, bruyères, etc. pour servir de litière), d'affouage (enlèvement du bois de chauffage et de construction), de fabrication sur place du charbon de bois.
Cette exploitation fut pratiquée souvent d'une manière outrancière -- la forêt étant, du reste, mal surveillée -- au point qu'au 18e siècle son état était lamentable : elle présentait de nombreux vagues (vides) et les fagnes empiétaient de plus en plus sur les futaies.
Vers 1775, les forestiers de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche entreprirent les premiers travaux de restauration (plantations, aménagements de coupes) et d'assèchement des parties marécageuses.
L'administration belge poursuivit cette politique de gestion de l'Hertogenwald d'une manière très ordonnée ; à partir de 1850 environ, elle y introduisit systématiquement les plantations d'épicéas, tout en conservant certains coins de feuillus.

Aujourd'hui, cette grande forêt fait l'admiration de tous les connaisseurs belges et étrangers.