Antonin Artaud



Ludovic Janvier
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Antonin Artaud et L'inscription du cri

Maîtrise de Lettres Modernes 1996

Auteur : Pascal Raux

Lieu de soutenance : Université Paris VIII

Directeur de Maîtrise : Ludovic Janvier

L'idée de publier cette maîtrise sur ce site ne provient pas totalement d'une effusion égocentrique. Il s'agit plutôt de profiter de l'espace qui est réservé sur le web pour constituer des archives, qui n'auraient aucune place dans une libraire, mais qui peuvent éventuellement intéresser une, deux ou trente-sept personnes. À l'époque où je travaillais sur cette maîtrise, Internet était encore confidentiel. Je pense que j'aurais souhaité pouvoir trouver d'autres travaux concernant Artaud à cette époque. De là à dire que ma démarche est totalement altruiste, il n'y a qu'un pas... que je ne franchirais pas. En effet, j'avoue être considérablement agacé par le gachis et, bien que je ne considère pas le travail ci-dessous comme essentiel, loin de là, je me dis qu'au moins cette glose servira à quelque chose. Plutôt le web donc que la poubelle.

Je n'ai rien retouché dans le texte de cette maîtrise, même si parfois l'envie m'en démangeait. Par contre, je me suis heurté  au problème de la retranscription phonétique en HTML. Si vous rencontrez des incohérences de ce point de vue, signalez-le moi.

 

 

Sommaire

INTRODUCTION

PREMIÈRE PARTIE - De pourquoi le cri à comment le cri ou Plaidoyer pour une tentative de lecture-écoute du texte

I - Le « Centre-Nœuds », magma-Artaud en propulsion-devenir
II - Du jaillissement contrôlé au pulsionnel en extraction
III - Transcrire le Cri

DEUXIÈME PARTIE - Une discrétion du cri

TROISIÈME PARTIE - À l’écoute de la poésie d’Artaud
QUATRIÈME PARTIE - Tentative de lecture-écoute des syllabes inventées

CONCLUSION BIBLIOGRAPHIE

 

 

Introduction

 

                Lire Artaud demeure une tâche ardue, et trop souvent l’on est tenté de penser que pratiquer une analyse trop poussée de son texte est une forme de trahison. D’emblée soyons catégorique, il faut en « finir » avec cette fausse pudeur. Ôtons le mythe. Gardons le script. Et lisons-le.

                Lire Artaud ? La belle affaire. Lire Artaud, qu’est-ce que cela signifie ?

                Nous avons essayé, tout au long de cette étude, de prendre le texte à témoin, de le faire parler autrement. C’est pour cela que notre attention s’est rivée sur l’inscription du cri, sur cette trace indélébile et lancinante qu’offre l’écriture d’Artaud. Bien évidemment, il a fallut restreindre notre environnement de lecture parmi les vingt-six tomes, gigantesque masse, des Œuvres Complètes. Nul doute que notre approche devait se concentrer sur les derniers écrits d’Artaud. Deux raisons essentielles à cela, la première est qu’il existe un cheminement littéraire chez Artaud dont on a peu parlé (à cause de la proéminence du biographique), et qui atteint son apogée dans Ci-Gît, Artaud le Mômo, Suppôts et Suppliciations, Pour en finir avec le jugement de Dieu, Van Gogh ou le suicidé de la société etc. La deuxième raison est la présence tant décriée des « glossolalies », langage-Artaud, qui illustre notre sujet dans son stade ultime. Cela dit nous avons préféré que les textes en questions soient publiés ou destinés à publication, pour ne pas engendrer d’amalgames dommageables, notamment en ce qui concerne l’intentionnalité de l’auteur, mais aussi pour s’aider des variantes des textes, apports non négligeables. Notre choix s’est donc arrêté sur Suppôts et Suppliciations dont la publication fut certes posthume, mais dont la construction était pratiquement achevée par Artaud. Ce livre est une sorte de recueil imposant (il s’étale sur deux volumes) de textes aussi hétéroclites qu’obsessionnels. Revenant plusieurs fois sur les mêmes thèmes, Artaud utilise tous les tons et tous les registres. De plus, la composition de cette œuvre en trois parties, Fragmentations, Lettres, et Interjections, en fait un ouvrage riche et singulier. Il est difficile cependant, lorsqu’on connaît un peu l’œuvre d’Artaud, de ne pas faire appel à son ensemble, c’est ainsi qu’il nous arrivera de citer ou de nous attarder non seulement sur les textes écrits après l’expérience asilaire, ce que nous nommerons l’après-Rodez, mais aussi dans ce que nous considérons comme une prémisse quasi-prophétique de ces derniers à savoir le Pèse-Nerfs et l’Ombilic des limbes.

                Nous avons voulu qu’à travers une organisation par rubrique se dessine une sorte de parcours de Suppôts et Suppliciations, une visite dont chaque pause trouve sa raison dans l’écho multiple qu’elle procure. C’est ainsi qu’après avoir émis quelques généralités qui permettent de mieux expliquer notre lecture d’Artaud, nous avons affronté le texte, soit en s’appesantissant sur des extraits, soit en regroupant des phénomènes artaudiens. S’ensuit une halte assez longue sur l’étrange langue nommé glossolalie, où nous nous sommes escrimés à en relever les caractéristiques principales.

                 Les différents discours critiques concernant Artaud s’avérant plutôt nombreux, il était difficile de ne pas en faire cas, nous les avons donc intégrés comme soutien ou controverse de notre analyse. Notre travail a rencontré, entre autre, celui de Paule Thévenin, qui a consacré sa vie à l’édition d’Artaud, et dont l’étude Entendre, Voir, Lire, a constitué un déclic quant à une lecture du texte d’Artaud. D’autres figures de proue, tels Jacques Derrida, Alain et Odette Virmaux ou Julia Kristeva ont alimenté, par leurs réflexions, des analyses toutes pertinentes, et qui font encore référence lorsque l’on parle d’Artaud. Notons enfin qu’est paru récemment Antonin Artaud et la conquête du corps de Katell Floc’h, travail rigoureux et fourni sur les derniers textes d’Artaud, qu’il nous était impossible d’ignorer. Nous renvoyons bien évidemment à notre bibliographie pour plus de détails.

                Parler du cri sans parler de la voix aurait été inconcevable, l’outil phonétique fut donc indispensable pour entamer un contact sonore avec le texte. Ainsi s’égrènent ces signes étranges, qui ne constituent pas en soi une finalité, ni même une preuve scientifique, mais qui servent plutôt à visualiser les phénomènes sonores. Le code phonétique utilisé est, bien entendu, le code international A.P.I.

               

                Ce qui suit ne veut pas expliquer. Ce qui suit tente. Le brassage interne des textes d’Artaud propose une multitude de phénomènes qu’il n’est pas possible d’étudier in extenso. Malgré la résistance forcenée qu’offre le verbe artaudien, il n’en demeure pas moins qu’on peut continuer à le côtoyer, sans jamais réellement en percer le secret. La route alors peut être longue, et il faudra sûrement encore explorer plus profondément cette jungle impitoyable où le cri s’est fait roi. Pour l’heure débroussaillons.

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Première Partie

De pourquoi le cri à comment le cri ou plaidoyer pour une tentative de lecture-écoute du texte


 

On me parle de mots, mais il ne s’agit pas de mots, il s’agit de la durée de l’esprit.

(O.C. TI* p117)

 I - Le « Centre-Nœuds », magma-Artaud en propulsion-devenir

 

Pourquoi l’envers qui est l’unique endroit est il jalousé par le revers alors qu’il est l’inaliénable surface dont le plein est le seul état.

(O.C. TXIV* p. 25)

 

                Si « l’âme est un nœud rythmique » pour Mallarmé, le Centre-nœuds, indicible noyau paralysant de l’être, devient encombrement total, s’il n’a pas de réelle chance de métamorphose pour Artaud. L’existence même de cette pulsion énergétique, ce « nœud de la vie où l’émission de la pensée s’accroche. Un nœud d’asphyxie centrale [1]  » est la raison même de son écriture. La prospection interne dirige les premiers textes d’Artaud, poète alors de « l’ombilic », à la recherche du point central, d’un centre de gravité émotionnel.

« Et il y a un point phosphoreux où toute la réalité se retrouve, mais changée, métamorphosée, - et par quoi?? - un point de magique utilisation des choses. Et je crois aux aérolithes mentaux, à des cosmogonies individuelles. [2]  » . Centre-nœuds, Centre pitère et potron chier, Centre mère et patron minet révélations a posteriori de l’Ombilic des limbes lui-même revendiqué en Pèse-Nerfs « cette sorte de station incompréhensible et toute droite au milieu de tout dans l’esprit [3]  ». En somme, la présence de ce relais du réseau de l’être, cette perception d’une ponctualisation du flux de l’âme est insupportable, parce qu’inexprimable, intraduisible.

                L’être - le sujet -ne peut s’auto-déterminer sans représentation, qu’elle soit externe, ce qui se manifeste la plupart du temps par le recours à Dieu, ou bien interne et là, le lexique ne suffit plus. Et même si bien souvent la question est éludée, quand la fantasmagorie d’un symbole intra psychophysique déborde, se fait trop entendre, il faut bien le nommer. Artaud parle d’« états d’esprits », de « raclures de l’âme » etc. C’est-à-dire une concentration de souffrances, ou plus exactement, un bouillonnement concentré de l’existence. Tous ces « centres » sont l’embarras de l’être organiquement clos, et c’est d’ailleurs le corps, l’enveloppe épidermique, qui appelle le centre.

Artaud ne perdra jamais de vue cette énigme du centre.

 

                               « Les êtres n’ont jamais eu de corps à eux et c’est ce que je leur ai                          toujours seriné qu’ils n'ont jamais eu de corps à eux ni une                                     conscience propre

                               et je ne vais pas finir par le savoir mais je le sais que

                               il n’y a jamais eu d’êtres immanents en moi et que les hommes                                                 auraient bien du mal à déterminer le point où ils se déduisent de tel                       ou tel être car ni l’être, ni eux, n’a jamais existé et ils vont se                                         décomposer. [4]  »

Artaud s’exclut volontairement des êtres mais, il le souligne lui-même, il est « homme », en proie à toute péremption. D’avance anéantis, les hommes biologiques, incapables de « déterminer le point », ne peuvent prétendre être. En attendant, Artaud poursuit en décrivant leur décomposition :

 

                               « Point du sommeil,

                               nœud corde,

                               point du corps

                               corde,

                               nœud. »

Décomposition sonore, « corps à eux » devient « nœud corde », à son tour fragmenté, par la disposition textuelle, pour que subsiste l’inextricable nœud, « corps sans organes » revendiqué ou plutôt désiré, en désir de réalisation. Un envers corporel, une chambre noire du corps, une négativisation du sujet qui en serait le positif. L’écriture d’Artaud sera cette éternelle recherche d’un renversement de tendance par l’expulsion même du « Centre-nœuds », une implosion du corps par abstraction du vide. Se vider pour apparaître.

                Parmi les étapes d’une possible expulsion, le théâtre, celui dont parle Artaud aurait pu anesthésier l’intolérable surplus, puisqu’il « est fait pour vider collectivement des abcès [5]  ». C’était sans compter sur la réussite ou non d’une telle entreprise. Mais l’essentiel est là, la volonté farouche de passer du en vers le hors, de « la breloque interne [6]  » à un externe ci-devant englobant. Depuis la prison délétère, anticiper la finalité infinitésimale enfin en apparition, « se placer hors/ pour être sans, / avec,- [7]  ». La force vindicative toujours présente du sujet aidera à la propulsion inespérée du magma-Artaud, ce sera le tremblement sonore du corps. Et que détonne alors la libération des particules depuis trop longtemps captives, ce sera l’émergence du cri, l’ultime aspiration-expiration d’une parole qui ne peut plus supporter le veuvage du corps.


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II - Du Jaillissement Contrôlé au Pulsionnel en Extraction

 

Nous ne sommes qu’un seul magma,

il faut renverser le problème.

(O.C. TVII p.342)

 

                Après l'essai du Théâtre de la cruauté et son semi- échec, Artaud aurait très bien pu suivre le parcours de Rimbaud et se taire définitivement - mais aussi de Nietzche mais aussi de Nerval, hommes auxquels il aime à se comparer (et à cause de cela, nous l'accuserons d'avoir créé son propre mythe de poète maudit). Mais le besoin d'expulser ce qu'Alain Virmaux appelle son « conflit intérieur permanent [8]  », persiste bien trop pour rejoindre le silence et le suicide « est encore une hypothèse [9]  » et en aucun cas une solution. Le théâtre de la cruauté était avant tout un palliatif. Quelle était en effet la raison d'une théorie d'un tel théâtre si ce n'est pour le réaliser lui-même, apporter un crédit à la mise en scène de son cri?

                Il n'a jamais été question de faire n'importe quoi dans l'œuvre d'Artaud. Il s'agit au contraire d'ambitions démesurées, contradictoires en nombreux passages, excessivement calculées et difficultueuses. Pour ne garder que les textes « qui lui rappellent une suffocation, un halètement, un étranglement dans je ne sais quels bas fond parce que ça c'est vrai [10]  », il faut user à la fois de pugnacité, de violence et de travail. « Ce jaillissement de verve, à quoi nous assistons, n'est pas niable mais c'est un jaillissement calculé, contrôlé, maîtrisé et laborieux à l'occasion et cent fois remis sur le métier. Dira-t-on que la puissance du cri s'en trouve amortie? Il est évident que non [11]  ». Ultime paradoxe qui semble être le générateur même de l'écriture d'Artaud : une volonté d’exclure de soi des mots authentiques, assorti d'un acharnement et d'une mise à l'œuvre difficiles. Cette revendication se rapproche de « l'immense et raisonné dérèglement de tous les sens [12]  » du voyant rimbaldien, alors qu'elle a été considérée à propos d'Artaud comme un déraisonné règlement de tous les sens, pendant neuf ans et même plus. L'écriture dans un tel cas ne peut se faire que sous tension énergétique, tension elle-même savamment maîtrisée pour être validée, c'est constamment « se retrouver dans un état d'extrême secousse [13]  ».

 

                Artaud ne peut que faire ce constat aberrant : il existe des frontières infranchissables qui sont le corps et le langage. Survient alors un effort double qui ne consiste donc pas seulement à freiner le jaillissement mais qui demande aussi le processus presque inverse : puiser dans son potentiel pulsionnel. Le renvoi perpétuel de sa projection interne, causé par l'inscription même de cette projection, ne peut qu'accentuer l'étrange sélection qu'Artaud produira. Il y aura toujours des mots dans l'œuvre d'Artaud. Il ne se résoudra pas aux seules glossolalies. Il existera toujours un aller-retour qui justifie en lui-même le non-silence d'Artaud. Le désir poétique aura persisté au-delà de la souffrance. Avec une poésie qui ressemble à ce qu'Artaud en dit dans Héliogabale « Il y aura dans toute poésie une contradiction essentielle. La poésie c'est de la multiplicité broyée et qui rend des flammes. Et la poésie qui ramène l'ordre, ressuscite d'abord le désordre, le désordre aux aspects enflammés; elle fait s'entrechoquer des aspects qu'elle ramène en un point unique : feu, geste, sang cri. [14]  »

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III - Transcrire le Cri

 

                Que reste-t-il de l’engagement poétique d’Artaud ? Ses écrits et uniquement eux. Le sacrifice est trop important pour laisser de côté la marque inscrite. Du cri il ne reste généralement rien, il se perd dans son amuïssement, il n’est qu’échappée d’air. C’est l’émission sonore du corps, qui provient de l’intérieur du corps, en ce sens il est la reconstitution d’un corps virtuel éphémère. À la différence de la merde, il n’est pas palpable en tant que déchet. Le cri est la seule provenance du corps qui ne pourra être considérée comme telle, bien qu’il demeure une projection de soi qui atteint l’autre mais qui n’a pas la marque du corps. Le cri est la marque vaporeuse de l’être.

                Artaud a pris de sérieux risques en ne renonçant pas à la transcription de son cri. Ne perdons pas de vue l’étrange continuité qui s’opère dans le parcours littéraire de l’auteur de l’Ombilic des limbes dans lequel se faufile déjà une voracité absolue quant au but de ses écrits. « Je ne conçois pas d’œuvre comme détachée de la vie [15]  » y énonce t-il. Pas de la biographie. De la vie. Artaud s’engage à établir une œuvre qui lui corresponde; une multitude d’enjeux textuels qui, si différents soient-ils, forment un ensemble étonnement proche d’un seul et unique cri. « Je voudrais faire un livre qui dérange les hommes [16]   », ce livre, ne serait-il pas ce que l’on a insidieusement nommé ses Œuvres Complètes ? Un livre au sens mallarméen du terme, bien que la majeure partie de sa publication envisagée du vivant de l’auteur fut posthume. En ne se séparant pas de la vie, Artaud se déchaîne à l’arrimage de son cri, il se consume jusqu’au retour d’Irlande. L’absence de cohésion ne devient plus tolérable pour « les hommes » qu’il dérange. Artaud n’a plus rien à perdre lorsqu’il est à Rodez, il est allé en quelque sorte au terme de son expérience, les plus grands risques ont été pris. L’intolérable - les électro chocs - surmonté, l’exigence du cri n’en sera que plus puissante, de là, la quantité impressionnante des écrits d’Artaud à la fin de sa vie [1]  . Et si Artaud a dérangé les hommes c’est parce que la trace inscrite soulève des paradoxes et que l’on hésite aussi à considérer le texte d’Artaud comme un texte. Entendons-nous, une fois relevé qu’« Artaud n’est pas un texte, le texte, s’il existe, n’est qu’un pis-aller, un produit de remplacement, à l’encontre de ce blanc (ou de ce noir, si la densité est sombre), que l’on ne peut transcrire » comme l’exprime Jean Michel Heimonet [17] , il ne reste plus qu’à ne plus lire Artaud et mettre à l’amende les vingt-six tomes de ses Œuvres Complètes. Il y a une certaine hypocrisie a défendre une telle attitude, d’autant plus qu’elle contribue à auréoler Artaud, à gratifier ses œuvres d’un mythe qui réduit leur portée.

                Par delà la perturbation créée, excusée par les apologistes artaudiens, comment alors aborder le texte d’Artaud, sachant que les gloses jusqu’ici parues offrent un choix de lectures assez large ? Nous pensons qu’il est temps de s’attarder un peu plus sur les moyens qu’utilisa Artaud pour exprimer son cri-écrit. Quels sont les protocoles de l’apparition dans le texte d’une voix qui chercherait à se faire entendre ? Une voix qui ne s’est pas perdue dans l’espace assourdissant mais qui aurait pu se retrouver dans l’espace de la page. Un texte-Artaud qui n'est plus totalement texte, mais qui ne se résume pas non plus en un seul souffle sonore résultante d'un auteur-œuvre. D’où notre revendication pour une lecture-écoute des textes d’Artaud. Tentons de déterminer l'agencement des mots du corpus-Artaud, afin d'entamer un dialogue avec le texte. Comment Artaud procède à son écriture, transcrivant les cris (qui se) turent par la mise en textuelle ?

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[1] O.C.TI* p. 113

[2] Ibid. p. 92

[3] Ibid. p. 101

[4] XIV** p. 129

[5] Le théâtre et son double p. 45

[6] O.C. TXII p. 46

[7] Ibid. p. 30

[8] Antonin Artaud et le Théâtre p. 34

[9] O.C. TI** p. 21

[10] O.C. TXIV** p. 28

[11] Alain Virmaux Antonin Artaud et la violence, in Europe  n° 687-688 p. 45

[12] Lettre du 15 mai 1871 à Paul Demeny Arthur Rimbaud O.C. p.251

[13] O.C. TI* p. 87

[14] O.C. TVII  p. 106 Nous soulignons

[15] O.C. TI* p. 49

[16] Ibid.

[17] Obliques n°10-11 p. 96


 

 

 

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©Pascal Raux