Ne crains pas

Ne crains pas! Al Tirah!

Nous trouvons parfois, dans le texte biblique, des mots dont le sens, apparaîssent contradictoire, nous échappe un peu. Tel est le cas du verbe "craindre" : Dieu rassure l'homme, lui enjoignant de ne rien craindre, et dans le même temps lui intimer l'ordre de le craindre!
Qu'est-ce à dire? Comment ne pas avoir peur...en ayant peur?
Il est des subtilités dont il faut lever le voile qui nous en dérobe le sens!

Qui d'entre nous porrait prétendre n'avoir jamais peur? Nous avons peur devant le danger, c'est normal; nous éprouvons de la crainte devant certaines personnes, en présence d'animaux parfois, face à certains évènements, et nous pourrions même avouer être l'objet de craintes totalement irrationnelles. Il n'est pas question pour nous, dans cet article, d'analyser toutes les causes de ce sentiment, ni ses effets dans nos vies respectives. Soyons seulement honnêtes : nous connaissons tous, un jour ou l'autre, ce sentiment redoutable. Peur de la mort? Sans doute. Peur de la vie? Peut-être, tout simplement. Peur de Dieu également? N'avez-vous jamais ressenti une sorte de vertige, de crainte, en songeant à ce que Dieu si puissant, créateur du ciel et de la terre, de tous les êtres vivants, de notre galaxie, de toutes les galaxies, de l'univers?


J'ai eu peur

La peur est donc un sentiment universel. Nous osons ajouter qu'elle l"est "devenue". Il est significatif qu'elle soit dépeinte pour la première fois, dans le texte biblique, au moment même où l'homme et la femme viennent de se rendre coupables d'une grave faute envers Dieu. La tentation de connaître le bien et le mal, d'être "comme Dieu", d'être Dieu, a trouvé prise dans le coeur d'Eve et d'Adam.
Une fois acceptée, et consmmée, cette pensée a plongé le premier couple humain dans l'angoisse. L'homme n'est pas fait pour être Dieu, pour convenir lui-même, seul, de ce qui est bien ou ml...Il a besion d'un Père. Et avouer sa peur, ce n'est pas nécessairement faire preuve de faiblesse, mais plutôt reconnaître ce besoin.

De nombreux exemples attestent que l'homme éprouve de la crainte devant Dieu. Quand Dieu vint à sa rencontre, après la faute, Adam eut peur; il se cacha dans un buisson! Mais nous pourrions encore citer le cas d'Abraham, de Josué, de Gédéon, de David, des Prophètes, des disciples du Messie. Il est d'ailleurs intéressant de noter que le Seigneur a répété au moins six fois à Josué (un hommede guerre pourtant et courageux) : "Al Tirah! Ne crains pas!"...Dieu se révèle aux hommes, et il commence par leur dire : "N'aie pas peur!" (1) Il désire nous communiquer sa paix, et non la terreur...

Pourtant, ce Dieu de paix, nous ordonne aussi de craindre! "Craindre Dieu, c'est le commencement de la sagesse" disait le sage Salomon. Et juste avant qu'il ne lui demande de "l'aimer de tout son coeur", Dieu ordonne à son peuple de le "craindre" (2).
Cette crainte de Dieu, bien sûr, n'a rien à voir, a priori, avec la peur. Cette "crainte" est plutôt un sentiment de respect envers Dieu : l'ETERNEL est vivant, je tiens compte de sa présence, et donc de ses exigences, je le respecte, je le crains, soit. Mais la peur est-elle totalement absente de cette crainte respectueuse? Théoriquement : oui.
Mais soyons encore une fois honnêtes : nous avons peur, parfois...

Sans peur, et sans reproche?

Contemplons un instant la Loi de Dieu, le premier commandement d'abord, si bien restitué dans le "Shema" (Deut.6.4) : "Tu aimeras l'ETERNEL ton Dieu de tout ton coeur!" Avons-nous su aimer Dieu de tout notre coeur, toujours? Avec des actes pour le prouver? Avons-nous aimé notre prochain, comme nous l'ordonne la Thora (Lév.19.18), avec autant de zèle et de sincérité que nous l'eussions espéré d'une autre personne envers nous-mêmes? Car ces deux commandements résument à la perfection les exigences de Dieu : si j'aime Dieu, je n'irai pas en adorer un autre (un faux); si j'aime mon prochain, je ne le tuerai pas, je ne lui raconterai pas de mensonge, ni le volerai, je ne chercherai pas à conquérir l'épouse qu'il aime...

Or la Loi, la Thora, déclare "maudit" quiconque ne met pas en pratique tous les commandements ordonnés par Dieu, et consignés par écrit par Moïse (3).
Quiconque, c'est vous et moi... La Loi commande, mais nous sommes souvent impuissants à obéir; et nous avons peur. Car notre obéissance produit en nous la peur, inévitablement. Nous éprouvons la peur d'un coupable, une peur que les médecins de l'âme ne manqueront pas de vouloir guérir. Mais cete peur ne se guérit pas en niant la cuplabilité qui l'engendre, comme le font aujourd'hui, hélas, bon nombre de ces médecins.

Aie confiance!

Un disciple juif du Messie Jésus, Jean, a écrit plusieurs livres et lettres regroupés dans la Bible. Il est l'auteur d'un récit de la vie de Jésus (le 4ème évangile), du livre de l'Apocalypse, et de trois courtes lettres adressées à des disciples de Jésus. Ces lettres n'ont rien perdu de leur actualité!

Jean nous est présenté comme "le disciple que Jésus aimait", et plus simplement comme le disciple de l'amour. Que l'on compte combien de fois ce mot "amour" revient sous sa plume, et nous constaterons qu'il mérite bien ce surnom!
Pourtant, il fut aussi de ceux qui demandérent à Jésus de faire "tomber le feu du ciel" sur des hommes refusant d'entendre leur message, ou d'être à la première place dans le royaume du Messie. Nul n'est parfait...
Mis Jean, en son temps, après qu'il eut mieux compris ce qu'était le jugement de Dieu et son royaume, a dû faire face a de nombreuses difficultés; d'autant plus nombreuses qu'il vécut, dit-on, très vieux!
A lire ces lettres, nous voyons qu'il éprouvait un souci majeur : demeurer ferme dans une saine approche de Dieu et de son plan pour l'humanité. Aux hommes qui voulaient sonder le mystère du mal, à ceux qui furent prêts à incorporer ce mal à Dieu lui-même, Jean répondit simplement : "Dieu est amour". Nous le supposons, comme Habaccuc, un des prophète de l'Ancienne Alliance, à l'écoute de Dieu qui seul peut donner la juste réponse à nos questions parfois hardies. Et la réponse vient, raisonnable et déroutante : "Mon juste vivra par la foi"...(4)

Parfait amour

Quel rapport, me direz-vous, avec notre sujet?
Tout cela est profondément actuel, à l'heure où les notions de bien ou de mal ont subi le coup de rabot relativiste que l'on sait. Ces notions, nous dit-on sans cesse, sont relatives dans le temps et dans l'espace : ce qui est bien aujourd'hui ne l'était pas nécessairement autrefois, ce qui est mal ici ne l'est pas ailleurs etc...
Cette façon de voir atteint des proportions inquiétantes dans le domaine moral. A trop vouloir casser les angles, nous en arrivons doucement à confondre les deux notions : comme au temps d'Esaïe le prophète, les hommes ne saven plus distinguer leur droite de leur gauche (5), et la confusion ne fait qu'augmenter lorsqu'ils désirent encore parler de Dieu, ou sur Dieu.

Face à de telles pensées, nous osons tout simplement réaffirmer que le monde existe parce que Dieu est amour. L'amour, chacun le sait, est source de vie, il est toujours constructif (s'il est sain et vrai). Cet amour, pour qu'il soit amour, souffrirait de n'être absolu. Dieu est amour, et son amour est absolu, vrai, lumineux, sans l'ombre d'une ombre, ou d'un mensonge. Sinon, Dieu ne serait pas Dieu... D'ailleurs, nous aurions du mal à comprendre que le DIEU qui attend de ses créatures un peu d'amour, ne soit pas lui-même rempli d'amour.
Pour vous en convaincre, relisez le seul livre du Deutéronome (Dvarim) et comptez combien de fois le mot "aimer" revient dans ce texte. Qu'il soit également un Dieu juste, cela coule de source, de cette même source : l'amour ne peut pas être injuste. Or, dès le commencement, Dieu s'est toujours opposé à l'injustice, au mal sous toutes ses formes (6).
Le prophète Habaccuc n'a finalement pas compris ce que Dieu seul sait. Mais au moins a-t-il su, et compris, que Dieu "est trop pur pour voir le mal" (7). Et devant ce Dieu infiniment pur, saint, ne sommes-nous pas tentés de crier, craintifs, comme Esaïe : "Malheur à moi, je suis perdu, car je suis impur, j'habite au milieu d'un peuple impur, et mes yeux on vu l'ETERNEL" (Es.6).

Dieu l'a prouvé!

L'apôtre Jean a su admirablement contrer ses adversaires. Dieu est amour, a-t-il affirmé, certes. Mais le disciple "bien-aimé" sut aussi le démontrer : "Dieu nous a ainsi aimés : il nous a donné son Fils comme "kappara", comme victime expiatoire, pour couvrir nos fautes..."
Tout devient clair alors : si Dieu a donné le meilleur de lui-même pour combattre le mal, le mal ne peut venir de Dieu. C'est simple, non? Trop simple? Que l'on accepte cet amour absolu manifesté en Jésus le Messie, et la peur disparaît. Car, nous dit l'apôtre, "la crainte vient de ce que nous supposons l'application d'un châtiment (en juste rétribution à notre faute), mais l'amour bannit la crainte..."

La réponse accordée à Habaccuc devient du même coup plus claire : nous pouvons placer notre entière confiance, nous reposer tout à fait sur ce Dieu dont l'amour est absolu. Cet amour ne nous dispense pas d'aimer Dieu et nos semblables : au contraire, débarrassés de toute crainte, nous pouvons d'autant mieux aimer!
Le sage Zacharie, père de Jean le Baptiste annonça avec reconnaissance que la venue et l'oeuvre du Messie nous permettraient "de servir sans crainte, après qu'il nous eut délivrés de tout nos ennemis, et de lui rendre un culte dans la sainteté et la justice en sa présence, tous les jours de notre vie..." (8).
Nous pouvons donc "craindre Dieu", d'une manière plus parfaite encore, par amour. Craindre également une juste correction si l'on enfreint les lois de Dieu : qui aime bien châtie bien, dit-on, mais savons-nous que ce proverbe est directement issu de la Bible (9)?
Nous admettons très bien, par exemple, que quiconque néglige les règles do code de la route, risque gros. Brûlez un feu rouge, doublez sans respecter la ligne continue, filez à la vitesse qui vous convient, et vous verrez (peut-être n'en aurez-vous pas le temps!) ce qu'il advient... Personne ne contestera que les signes et les panneaux sont là pour nous préserver du danger.
Reconnaissez aussi que le bien, dans ce domaine, c'est respecter cette signalisation (pour vivre), et le mal, la négliger (et risquer la mort). Il est donc une saine crainte : celle de faire le mal et d'en subir les conséquences, celle de déplaire à Dieu. La Loi de Dieu se résume donc à l'amour, et nous savons que l'amour conduit à la vie : voilà ce qui est bien (et possible à mettre en pratique par l'unique grâce de Dieu).

L'amour vaincra

Nous avons vu quie Dieu est amour, et qu'il est juste. Le prophète Habaccuc et l'apôtre Jean l'ont proclamé, à plusieurs siècles de distance. Malgré les horreurs, les injustices dont ils furent les témoins en leur temps, leur certitude n'en fut pas pour autant ébranlée. Et nous l'affirmons encore aujourd'hui, en nous appuyant sur leurs paroles inspirées. Qu'il nous soit permis ici d'emprunter une image à la technique : Jésus a joué pour nous le rôle d'un paratonnerre sur le toit d'une maison! Il a reçu la foudre du jugement que nous méritions, et l'a endossé sur lui-seul, conformément à ce qu'avait annoncé Esaïe le prophète (10).

Or si Dieu nous offre aujourd'hui le pardon, la paix, la réconciliation avec lui-même, par amour, en rançon pour nous absoudre : la foi en lui devient donc la seule possiblité d'échapper à la condamnation. Mais le jugement viendra, pour tous, et la condamnation frappera les incrédules. Il n'est pas très populaire de l'affirmer encore aujourd'hui! Mais les prophètes l'ont annoncés (11), et il serait vraiment déroutant que tant d'injustices commises dans notre monde ne reçoivent pas un jour leur juste rétribution. Ne jugeons-nous pas, dans ce monde, les criminels, les voleurs, les fraudeurs de tous poils? Quand nous les attrapons! Mais personne ne peut échapper au regard de Dieu (*).

Plutôt qu'un désordre, un chaos infernal et épouvantable, le mot "Apocalypse" signifie "révélation". Ce titre, à l'instar des titres hébraïques donnés aux livres de la Thora, est issu de la première phrase de ce dernier livre de la Bible : "Révélation de Jésus le Messie..."
Certes, le Messie reviendra au sein du fraces final de nos mésententes multi-séculaires, parvenues à leur paroxisme après que l'on eut espéré, en vain, la paix.
Il reviendra en particulier pour ceux qui l'attendent en vue d'être sauvés. Il apparaîtra aux yeux des hommes du monde entier, pour sceller définitivement la victoire de l'amour sur le mal. A ceux qui croient en Jésus le Messie, dès aujourd'hui, au sein des détresses ou des joies, des peurs aussi car nous n'en sommes pas exempts, l'ETERNEL, le Dieu juste et redoutable, le Dieu d'amour redit sans cesse : "Al Tirah! Ne crains pas !". Frédéric Baudin

(*) Nota : il n'est pas trop tard, aujourd'hui, pour échapper à cette dernière et irrémédiable condamnation; il suffit de croire au Messie Jésus qui par sa mort, et son retour à la vie, peut nous rendre juste devant Dieu, et nous communiquer ainsi son amour, sa paix.
(1) Gen.3.10; Gen.26.24; E.14.13; Ex.20.20; Deut.31.21; Jos.8.1; Jug.4.18; Es.41.8-10; Dan.10.19; Mat.28.5; Marc 6.50 (2) Prov.9.10; Prov.8.13; Deut.6.1-9 (3) Deut.27.26 (4) Hab.2.4 (5) Esaïe 5.20; et 29.7-16 etc...(6) Deut.32.4-6 (7) Hab.1.13 (8) Luc 1.74-75 (9) Prov.3.11-12 (10) Es.53 (11) Dan. 12.2

Le Webmaster RB le 21/04/98

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