Nécéssité d'une réaction mesurée
Les attentats du 11 septembre 2001, perpétrés contre les Etats Unis et qui ont detruit les Twins Towers à New York et une partie du Pentagone à Washington, mobilisent aujourd'hui toute la communauté internationale. Leur violence spectaculaire a en effet suscité l'émotion générale. Cet affront a ébranlé une fois pour toutes l'image de la toute puissante Amérique et dévoilé aux yeux du monde la vulnérabilité de ce système. L'Amérique touchée en ses points nevralgiques, en sa fierté, se donne aujourd'hui le droit d'une riposte militaire dirigée contre les instigateurs présumés de ces attentats et ceux, états et individus, qui les soutiendraient. L'Occident qui se met aux cotés des Etats Unis par l'application des principes de l'Alliance doit pourtant mesurer son soutein et réfléchir, avant d'engager toute action, sur les véritables motivations et les conséquences de telles représailles :
1- Le discours du président américain G.W. Bush a ouvertement proclamé le début d'une " guerre du bien contre le mal ". Ces paroles sont justement celles tenues par les islamistes radicaux à l'encontre du régime américain qu'ils qualifient de " satanique ". Elles font parfaitement échos au concept de la guerre sainte. Or, comment prétendre à éradiquer le fanatisme s'il l'on s'approprie ses modes de raisonnement et d'expression, par la violence de surcroit ?
2- Les représailles militaires qui seraient dirigées contre l'état afghan auraient pour conséquence le massacre de civils et l'anéantissement d'un pays que déchirent de violents conflits internes. Le peuple afghan opressé par un régime extrémiste doit-il faire les frais de la politique menée par ses dirigeants?
3- Le régime afghan aujourd'hui en place a bénéficié par le passé des largesses et du soutien des Etats Unis. Lorsqu'il y a quelque mois, le général Massoud est venu solliciter l'appui de l'Occident contre le régime taliban, celui-ci n'a pas été en mesure de le soutenir. Aujourd'hui, ce régime ne sert plus les interêts politiques de l'Amérique ; il est montré du doigt comme responsable des attentats terroristes. En tant que nations civilisées, l'Amérique et ses aliés doivent mener une action diplomatique efficace et distinguer, avant le choix de toute cible potentielle, entre un peuple et le régime auquel il est soumis .
4- L'Amérique a souvent été la base des extrémistes radicaux qui ont gangréné des pays comme ceux du Maghreb ou de l'Orient. Aujourd'hui que le terrorisme se retourne contre elle, elle a le devoir de réviser sa propre politique vis à vis de certains conflits, où elle se trouve parfois indirectement parfois directement impliquée.
5- Le drame qui règne en Palestine, dans les territoires occupés, a fait l'objet d'une indifférence jamais égalée de la part du nouveau gouvernement américain, tandisque l'importance d'une telle médiation est largement proclamée.En se retirant du processus de paix, en boycottant le sommet de Durban, les Etats Unis n'ont fait qu'alimenter les sentiments de haine et de vengence de ceux qui vivent l'injustice au quotidien.
6- Malgrè la grande pression médiatique, la violence et l'horreur de ces attentats ne font pas l'opacité sur d'autres violences de part le monde. Une réaction demesurée ne ferait qu'aggraver la situation.
La communauté européenne qui a assuré son soutien aux Etats Unis doit se garder de plonger dans un conflit international qui serait pour la Nème fois encore une démonstration de force au detriment du droit des peuples à la Vie. Sa réaction doit demeurer mesurée et proportionnée.
Le drame continue en Iraq... . La mémoire, la conscience du droit humanitaire empèchent l'enchainement dans un nouvel engrenage de destruction et d'animosité qui n'abolira en rien les idéologies extrémistes.
H.B
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