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Voici
un des nombreux messages des entités directrices de l'univers
animal à l'homme, recueillis par Anne & Daniel Meurois-Givaudan,
auteurs du livre "Le peuple Animal ", ouvrage
qui apporte un éclairage nouveau sur l'intelligence animale.
Puisse ce message vous conduire à une prise de conscience
et à un émerveillement total.
- -
Le Maître-Lièvre -
- "... Nous
vous observons dans les fourrés, lorsque vous parcourez
les monts et les champs, et au premier pas que vous faites, vous
dévoilez votre être tout entier. Si je vous offre
ma demeure, c'est pour que ceux d'entre vous qui ne respirent
pas la cruauté et le mépris rejoignent en pensée
les miens durant ces terribles jours de l'année où
l'homme déverse le tonnerre sur eux. Ceci n'est pas la
supplique d'un peuple de faibles face à une race de dieux
qui maîtrise le feu et cent mille autres choses. C'est
l'appel à la simple raison qu'un peuple pacifique lance
à un autre peuple qui, croyant dominer le monde, amoindrit
chaque jour un peu plus son propre souffle et abîme son
corps.
-
- Lorsque, avec vos armes crachant
le feu, vous parcourez les garrigues et que vous nous traquez
jusque dans nos abris, vous ignorez à quel point nous
pleurons sur ce qui vous habite. Ne croyez pas que ce soient
nos corps qui tremblent. C'est ce quelque chose en nous sachant
capter et lire la flamme qui, en vos yeux, vous consume. Cette
dernière n'est pas la flamme de celui qui doit vivre mais
celle de celui qui a enraciné en lui le besoin de détruire.
-
- Se hausse-t-on en abaissant
autrui ? Je vous le dis au nom de mon peuple. En vérité,
c'est moins nous que vous faites saigner que cette Force au-dedans
de vous dont vous semblez tout ignorer. Lorsque par les bois
et entre les rochers marchent des hommes nimbés d'une
coquille de lumière où la grisaille et les rouges
paraissent eux-mêmes se livrer un combat, je sais la souffrance
que ces hommes portent en eux, au-delà même de celle
qu'ils nous infligent. Car j'enseigne à mon peuple que
celui qui tue et se repaît de son emprise sur l'autre,
a d'abord entrepris de se détruire, d'abîmer son
propre poitrail (son coeur). Avant de faire les victimes
que l'on voit, la souffrance ravage celui qui la génère,
à son propre insu. J'ai trop bien vu, frères humains,
que cette souffrance coule dans les veines de votre race.
-
- Aujourd'hui, le signe que je
vous adresse au nom de mon peuple est motivé par un espoir,
celui de générer un sursaut de paix chez le plus
grand nombre de vos semblables. Non seulement pour le genre dont
je suis issu mais pour l'ensemble des êtres non-humains
de ce monde.
-
- Cette graine de paix, je suis
conscient qu'elle ne pourra pleinement germer que si le souvenir
d'un certain Soleil de l'âme est ravivé dans le
coeur humain. Elle ne peut en effet venir à maturation
si elle est alimentée par la pitié. L'univers de
mes frères animaux ne veut pas de la pitié des
hommes. Nous savons trop bien qu'un tel sentiment n'a jamais
élevé un seul être parce qu'il se gorge en
silence des notions d'infériorité et de supériorité.
-
- La pitié n'a jamais été
la compassion... et c'est peut-être nous, animaux, qui
étrangement en ces jours, visitons plus que l'homme le
monde de la compassion... car nous voyons à quel point
votre semblable est pris au piège d'un filet de mépris
et d'ignorance. Frères de la terre que nous partageons,
entendez dans mes paroles une douleur répondant comme
un écho à votre propre douleur.
-
- Même si les mots par lesquels
mon âme communique avec les vôtres vous semblent
parfois teintés de fiel, n'y voyez aucune condamnation,
aucun jugement dont je serais l'interprète au nom des
miens. Le peuple animal est incapable de jugement au sens où
le pense le peuple humain. Il ne juge pas. Simplement, il ne
comprend pas ce qui, en l'homme, s'acharne à contredire
l'ordre supérieur des choses. Alors, il fuit ou tente
de se défendre pour rétablir l'équilibre
qu'il voit nenacé.
-
- Cette notion d'équilibre
est présente en tout coeur animal, voyez-vous. Elle en
constitue sans doute le pivot. Elle est une façon de traduire
la présence de l'Esprit Universel qui entend prolonger
Sa vie à travers lui. Ainsi, elle dépasse infiniment
ce que vous appelez vie et mort. C'est par elle que nous acceptons
pleinement les deux visages de la Force, lorsque ceux-ci s'inscrivent
dans la loi d'harmonie.
-
- La tâche me revient donc
de raviver votre mémoire, frères humains. Il me
faut ramener celle-ci jusqu'en un temps si lointain que ce monde
où nous vivons offrait un autre visage, d'autre courbes,
d'autres couleurs. C'était un monde infiniment chaud,
un monde où les brumes étendaient souvent leurs
bras sur des immensités car, constamment, le Soleil rencontrait
l'Eau... Et son rayonnement était tel que la mémoire
animale le décrit comme forçant presque les êtres
à une incroyable croissance. Ecoutez bien maintenant ce
qui était en ces temps...
-
- En ces temps de Soleil et d'Eau,
nos deux peuples se côtoyaient sans peur ni agression.
Nos apparences respectives étaient autres qu'aujourd'hui.
Vos corps étaient plus forts, plus grands et les nôtres
se montraient également infiniment plus développés.
Une sorte de spontanéité et de simplicité
vous habitaient et que, depuis, vous avez perdues. Celles-ci
faisaient que vous pouviez plonger en notre conscience et que
la vôtre nous était beaucoup plus proche qu'aujourd'hui.
-
- Vous nous saviez issus de la
même Force que vous et la réalité de notre
âme nous était évidente. En rêve ou
tout au moins ce que vous appelez rêve, vous consultiez
les plus sages d'entre nous. Car, voyez-vous, de tous temps,
le peuple animal dans son ensemble a eu pour mission d'incarner
sur Terre, à travers ses capacités, certains grands
principes issus de l'Esprit Universel. Ainsi donc, nombre d'entre
nous sont des attributs, des représentations de qualités
divines qui viennent s'offrir au monde des hommes. Voilà
pourquoi votre frère l'animal a souvent été
porteur d'un message venu de l'Infini.
-
- Les hommes et les femmes que
vous étiez en ces temps-là le savaient. Il en résultait
un respect et une complicité mutuels. Parfois, lorsqu'il
arrivait que nos âmes ne puissent communiquer, nous nous
croisions simplement, sans autre désir que celui de laisser
l'autre aller là où il le voulait, sans intention
de le dominer ou d'en tirer profit.
-
- Et puis, quelque chose se passa...
Quelque chose que nous ne vîmes pas arriver mais qui changea
la flamme de votre regard. Alors, tous les guides-animaux de
ce monde s'assemblèrent dans cet Univers du milieu où
l'âme est libre de toute entrave. Partout, leur constat
était le même : un poison lent mais terrible semblait
vouloir faner le coeur de l'homme. Ce poison le coupait non seulement
d'eux mais aussi d'avec ses semblables. Il se montrait si subtil,
si pernicieux qu'il paraissait ne pas vouloir se contenter de
couler dans les veines humaines mais se répandre beaucoup
plus loin. Nous ne savions quel visage lui donner... orgueil,
envie, jalousie... Et à chaque fois que nous lui en trouvions
un possible, c'était comme si son concept prenait naissance
en nous et nous fanait aussi un peu.
-
- Nous comprîmes vite que
toute la race de l'homme était malade et que sa maladie
pouvait gagner le monde aussi rapidement que le vent se déplace.
C'était une onde toxique qui embrumait le poitrail et
qui faisait que rares devenaient les êtres conservant dans
leur regard ne fût-ce qu'une étincelle de ce qu'ils
avaient été. Alors, les hommes commencèrent
de semer la mort partout où ils posaient le pied... et
les guides de nos peuples comprirent qu'il n'y avait que la fuite
pour toute réponse.
-
- C'est ainsi que le fossé
entre ce qui devait devenir deux mondes différents se
creusa jour après jour. Lorsque la violence et l'agression
sont semées, hélas, on ne les retient pas dans
le périmètre d'un champ. Leurs graines s'envolent
et s'implantent en chacun. Voilà pourquoi à notre
tour, nous fûmes touchés par la maladie. Nous apprîment
les lois de la violence et de l'emprise sur autrui, tout d'abord
en nous défendant, puis par une sorte d'imitation car
il y avait une pulsion qui voyageait d'âme à âme
et qu'aucun ne pouvait stopper.
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- Un nouvel agencement du monde
se mettait en place où chacun se retranchait derrière
d'invisibles mais effrayantes barrières. Ce fut le temps
où l'humain commença à découvrir
qu'il pouvait aimer la chair et en tirer une force insoupçonnée.
Alors, son corps et son coeur entrèrent définitivement
en mutation (1), préférant l'amnésie à
la lucidité. Il y avait l'homme d'un côté
et l'univers de l'autre, qu'il sentait hostile à force
de le nourrir de sa propre agressivité.
-
- (1)- L'appendice est un vestige de
l'appareil digestif humain qui, en ces temps très lointains,
recevait une nourriture exclusivement végétarienne.
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- Tout ceci n'est pas un conte,
frères humains, et c'est un peu pour cela que demeure
en vous une vieille, vieille nostalgie qui vous fait souffrir.
Il y a si longtemps que vous vous êtes pris au collet que
vous avez tendu et que vous êtes ligotés dans vos
propres pensées... Voilà pourquoi il vous faut
maintenant beaucoup de simplicité et d'humilité
pour réapprendre à écouter, à voir,
à parler.
-
- Pourtant, sachez-le, mon peuple
ne cherche pas à donner de leçon au vôtre.
S'il le redoute toujours, il en connaît aussi toute la
richesse et c'est en cette puissance-là, en celle qui
est étouffée, qu'il veut croire malgré tout.
La pureté ne disparaît jamais... elle peut juste
se laisser recouvrir d'écailles. Ainsi, vous n'accomplirez
pas un retour vers votre propre source sans accepter de retrouver
en nous les compagnons de route d'autrefois... car nous sommes
une des clés par lesquelles votre coeur s'ouvrira.
-
- Laissez-moi vous dire encore
ceci : depuis fort longtemps, l'âme animale a compris que
tout ce parcours n'est pas une erreur au sens où vous
l'entendez. Une chute n'est ni totalement une erreur, ni réellement
le fruit d'un oubli de quelque chose. Elle ressemble à
un chemin de traverse cahotant ; elle est un méandre de
l'âme qui expérimente sa liberté. Vous vous
êtes brûlés mais essayons de voir ensemble
au-delà de cette brûlure... En elle, en sa douleur,
se cache un maître de sagesse. Et celui-là vous
enseigne, nous enseigne, bon gré, mal gré ! Il
parle en silence à nos âmes tandis que nous étouffons.
Il parle et répète sans cesse sa leçon jusqu'à
ce que nous en intégrions les joyaux, les uns après
les autres, durant des temps infinis s'il le faut.
-
- Avec bon nombre de mes frères,
je vois trop bien que si vous êtes les artisans du mal
qui asphyxie ce monde, vous pouvez également en devenir
les rédempteurs. A chaque fois que l'un de nous meurt
sous les coups de l'homme ou est écrasé par son
mépris, l'homme lui-même se retranche de la Nature
et, ce faisant, se coupe en peu plus de son essence... car la
race humaine, voyez-vous, est simplement un élément
de cette Nature... parmi d'autres. Que diriez-vous de votre main
si, sans cesse, celle-ci frappait et blessait le corps qui l'a
générée ? Elle serait l'instrument d'un
lent mais permanent suicide.
-
- Si je vous dis "apprenez
à nous aimer", c'est aussi une manière de
vous dire "apprenez à vous aimer". De vous à
nous, de nous à la Création et de la Création
à vous il n'y a qu'un pas que le coeur franchit allègrement.
-
- Vous vouliez prouver ou vous
prouver que vous êtes les maîtres de ce monde. Voilà
qui est fait d'une certaine manière. La liberté
vous en a été donnée durant des millions
d'années. Mais de quelle maîtrise s'agit-il ? A
chaque fois que votre doigt presse une détente ou qu'un
scalpel nous dépèce dans un laboratoire, ce n'est
pas de maîtrise dont il est question mais d'eclavage, car
si la soif de pouvoir est à ce point inextinguible en
vous, elle ressemble bien à ce boulet que vous tirez.
-
- Sans doute êtes-vous surpris
que l'âme d'un lièvre, au fond de son terrier, puisse
ainsi s'exprimer. Sans doute placera-t-on la réalité
de mes paroles au rang des fantaisies. En effet, comment un animal
pourrait-il à ce point connaître l'univers et le
coeur des humains ? Par le seul fait que la Vie n'a pas tout
dit à travers votre peuple... et par le fait également
que l'Amour fait fleurir une intelligence dont vous n'avez pas
idée. Cette intelligence ne nous rendra jamais homme,
certes. Elle fait mieux que cela. Elle transforme notre souffle
et lui apprend à être tout simplement... humain."
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