Entomologie, écologie, aimons les guêpes

écologie, nature, animaux, entomologie : découvrons la guêpe, ce charmant insecte hyménoptère.

http://www.multimania.com/resister/Auteur : Aloïs Durand
alduranXWX@XWXfree.fr
(ôter les XWX antispam pour écrire)
Sommaire Général

Pourquoi protéger les guêpes?

La guêpe n'est pas un danger
Mieux : elle défend l'homme et ses cultures
En conclusion

Contrairement à une croyance répandue, la guêpe n'est ni agressive, ni dangereuse. En effet, elle ne pique que si elle se sent menacée. Et cette situation n'arrive que dans trois situations :

  1. Elle est réellement en danger.
    Exemple : un abruti l'aperçoit qui volait innocemment et tente de l'écraser. Évidemment, la pauvre petite bête va chercher à se défendre. En pareille situation (à la place de la guêpe), n'agiriez-vous point de même?

  2. Elle n'est peut-être pas en danger, mais ne le sait pas.
    Exemple : une guêpe est attirée par le parfum apétissant d'un individu de l'espè ce humaine. Elle n'a nullement l'intention de l'agresser, mais simplement elle veut voir ce qui sent si bon, et éventuellement le léchouiller comme un bon fruit mûr gorgé de sucre. Las, le gros animal qui sent si bon a peur de la petite guêpe. Or la peur a une odeur que sent fort bien la guêpe. Et c'est là que débute un quiproquo. En effet, un animal qui a peur ou un autre qui va attaquer exhalent des parfums similaires, car ils produisent alors des substances telles que l'adrénaline. Lorsque la guêpe perçoit l'odeur de l'adrénaline, elle sait qu'elle doit se tenir sur ses gardes, car il peut s'agir d'un danger potentiel. Et si, en plus, le gros animal commence à s'agiter, à lancer de grands gestes en direction du petit, celui-ci prend peur et se croit menacé. Il pique alors pour se défendre. Fin du drame. À la place de la guêpe, n'eussiez-vous point agi de même?

  3. La guêpe est en danger, par la faute involontaire de l'homme.
    Cas typique : Totor mange des mirabelles* qu'il ramasse au pied de l'arbre qui les a portées. Il n'est pas le seul à se régaler de ces fruits délicieux, typiques de cette belle région de France qu'est la Lorraine** : comme lui, une guêpe se goinfre des fruits sucrés. Mais Totor est un étourdi. Il ne la voit pas. Et dans instant tragique, il saisit de ses énormes doigts un fruit dans lequel la petite bête s'était installée. Elle se sent soulevée et croit sa dernière heure venue. Mais elle ne mourra pas sans combattre… et pique un doigt du pauvre Totor. Qui oserait la blâmer?
    Autre cas : vous avez pulvérisé dans votre jardin des pyréthrinoïdes, naturels (autorisés en agriculture bio) ou de synthèse (répandus en culture chimique), puis vous vous étonnez de l'agressivité des guêpes lorsque vous récoltez votre persil. Or ces produits attaquent le système nerveux des animaux à sang froid et les rend fous furieux avant de les tuer. Le seul responsable de cette situation, c'est vous. D'autres produits ont des effets similaires.
En dehors de ces trois cas, la guêpe — animal pacifique — n'attaque jamais l'Homme.

Quand à la dangerosité de la piqûre de guêpe, elle relève plus du mythe que de la réalité. En dehors de très rares cas d'allergie, celle-ci est parfaitement innofensive, juste un peu douloureuse. En théorie toutefois, une piqûre sur une partie sensible du corps, tel le palais, présente un risque. Mais, franchement, pour arriver à se faire piquer en un tel endroit il faut le vouloir! Car, nous l'avons vu plus haut, le charmant hyménoptère à rayures n'attaque pas l'Homme si celui-ci ne le menace pas.
Voici une chose incroyable pour certains, mal-informés : par exemple, manger des cacahouètes (arachide) est bien plus dangereux que côtoyer des guêpes. En effet le fruit de l'arachide contient des substances allergènes qui peuvent provoquer la mort précèdée d'un choc anaphylactique très grave.
Or les occidentaux sont assez sensibles aux allergènes de cet oléagineux. Et pourtant, personne n'appelle les pompiers pour leur demander de détruire les paquets de cacahouètes dans les rayons des supermarchés! On ne détruit pas plus — et c'est bien dommage — les chasseurs, qui — pourtant — causent chaque année, en comparaison, une véritable hécatombe! (la chasse ne tue pas seulement le gibier)
N'y a-t-il pas là quelque contradiction ?
(Si le sujet des allergies vous intéresse, allez donc voir sur ce site le Guide des additifs alimentaires. Vous y découvrez de vrais risques, contre lesquels personne ne fait rien, et pourtant le danger est bien réel).
Si vous avez la malchance d'être allergique aux piqûres de guêpes, je vous conseille vivement d'aller voir un allergologue, car vous souffrez d'une des allergies les plus faciles à guérir! (ce n'est pas du tout le cas de l'allergie à l'arachide!). En outre, en attendant votre désensibilisation complète, votre médecin peut vous prescrire un kit de 1er secours adapté à votre cas et disponible en pharmacie.

L'auteur de ces lignes a plusieurs fois et durant plusieurs mois partagé son toit avec un gros nid de guê pes, tantôt les gros et calmes frelons, tantôt les petites et calmes guêpes saxonnes et même une fois avec les familières et nerveuses guêpes dites germaniques.
Et personne n'a été piqué! Mieux : certains visiteurs, qui craignaient les guêpes, ont perdu cette peur absurde, après avoir constaté combien celles-ci peuvent vivre en parfaite harmonie avec l'homme, se laissant même toiletter par celui-ci sous le robinet après avoir imprudemment plongé dans un verre de jus de fruit sucré mais visqueux et collant.

Autre exemple : en Allemagne, le frelon (Vespa Crabo), est protégé! C'est ainsi que l'on y constate de nombreux lieux publics, dont des écoles, où nid de frelons et hommes cohabitent parfaitement, en respectant une règle simple : pas d'agression contre les insectes et ne pas s'approcher trop près du nid autrement que lentement et sans s'y attarder.

En france, on est encore loin d'un telle situatation de cohabitation harmonieuse. Mais heureusement, les pompiers font maintenant payer les opérations de destruction des nids de guêpes, car ils estiment à juste titre que leur mission est d'intervenir pour sauver la vie des gens et non pour flatter des phobies imbéciles. Car pendant qu'ils perdent leur temps à de telles futilités, il ne peuvent assurer leur mission de secours.

* Mirabelle : attention aux contrefaçons insipides que l'on vend hélas depuis quelques années sous ce nom. Ces vagues prunes jaunes n'ont rien à voir avec la vraie « Mirabelle de Nancy », qui se reconnaît à ses petites taches rouges sur sa belle robe jaune. Si vous ne voyez pas de taches, n'achetez pas, il y a tromperie sur la marchandise, à fortiori si l'étiquette précise qu'elle vient de Lorraine (la variété Mirabelle de Lorraine ou de Nancy pousse dans tout le Nord- Est de la France, donc ne pas confondre origine géographique et nom de variété). La « Mirabelle de Nancy », aussi appelée « Mirabelle de Lorraine » est surnommée « la reine des prunes » par des nombreux gastronomes et son goût exquis n'a rien à voir avec celui de ces erzatz que l'on tente de faire passer pour elles et que des lorrains peu scrupuleux cultivent sans vergogne. Sachez aussi que la mirabelle est rarement mûre avant le 10 Août, et encore seulement sur les côteaux les plus ensoleillés (on la trouve jusque début Septembre).
** Lorraine : belle région que des technocrates et des politiciens criminels (dont les faux écologistes du Parti Vert lorsqu'ils étaient au gouvernement) veulent transformer, ainsi que la Champagne, en gigantesque poubelle nucléaire :-< Voir : Les pages du CIDRA.

Image ci-contre : guêpe Vespa 
Crabo (le frelon)Vespa Crabo, le frelon, la plus grosse guêpe d'Europe. (dessin de Dominique Chambettaz, www.naturimages.fr.st). Cet impressionnant animal est pourtant, vis-à-vis de l'homme, le plus pacifique des vespidés. Et si sa piqûre est réputée plus douloureuse, son venin n'est pas plus dangereux que celui d'une banale abeille domestique ou d'une autre guêpe. En plus, contrairement à ses proches cousines plus petites, comme la guêpe germanique, il s'invite rarement à table pour goûter vos aliments ou vous faire des bisous et des « léchouilles », car il est craintif. Protégé en Allemagne, y compris les nids

La guêpe n'est donc pas notre ennemie. Mieux elle est notre amie. Nous l'allons voir au chapitre suivant.

Biologie, écologie et éthologie de la guêpe

Après avoir étudié son comportement vis-à-vis de l'espèce humaine, faisons plus ample connaissance avec la jolie bestiole et voyons en quoi elle peut être notre alliée.

Biologie : Il s'agit d'un insecte ailé, ordre des hyménoptères (2 paires d'ailes membraneuses, plus ou moins translucides, la seconde étant souvent difficile à voir car souvent plus petite. En outre, selon leur sexe, certains hyménoptères, cpe les fourmis, ont ou non des ailes), sous-ordre des apocrites (abdomen & thorax finement resserrés à leur jonction), groupe des aculéates (ovipositeur transformé en aiguillon, fonctionnel ou non).
Il y a de nombreuses variétés de guêpes (comme par exemple le frelon, qui est juste une grosse guêpe ou les euménidés, très proches des vespidés, mais solitaires et aux nids, très petits, faits avec de la boue).
Nous nous intéressons ici aux guêpes sociales (qui vivent en groupe) les plus communes, car ce sont elles qui souffrent de l'injuste destruction volontaire des nids; on les appelle les vespidés ou vespoïdés. Les plus communes sont les vespinées. Leur nid est celui que l'on connaît généralement : en papier mâché (que les guêpes fabriquent en mâchant de la cellusose qu'elles récoltent en rognant de façon très superficielle la surface de vieux bois), de forme ovoïde et protégé par une enveloppe qui masque les rayons. Elles ont pour proches cousines les guêpes polistes qui se différencient d'une part par leur abdomen plus effilé côté thorax et par leur nid, beaucoup plus petit, car toujours constitué d'un seul rayon, en forme de champignon inversé et jamais recouvert d'une enveloppe (cf image). Chaque année, ces guêpes abandonnent leur ancien nid de papier et en recontruisent un nouveau.

nid de guêpes polistes
Nid de guêpes polistes
photo x,
XWX@XWX.fr avec son aimable autorisation
(ôter les XWX antispam pour lui écrire)
guêpe poliste et vespa
guêpe poliste (à gauche) et vespa (à droite)

Comportement : Comme les autres aculéates (fourmis, abeilles et bourdons), les vespidés vivent en groupe non-hiérarchisés. Les individus que l'on appelle improprement les reines sont en fait des femelles fertiles; la majorité de la société se compose d'individus qui ne se reproduisent normalement pas, auxquels s'ajoutent quelques mâles. À l'Automne, les femelles reproductrices hibernent, le reste du groupe meurt. Au Printemps, les survivantes fondent de nouvelles colonies. Certaines variétés choisissent un nouvel endroit pour s'établir, d'autres non (plus rarement).
Si un jour vous entendez parler de guêpes parasites, ne vous inquiétez pas, vous ne risquez rien, on désigne seulement ainsi certaines guêpes (peu nombreuses) qui ne se fatiguent pas à se fabriquer des nids, mais vont pondre dans celui de leurs cousines. Il peut s'agir aussi de guêpes solitaires qui pondent leurs œufs dans les chenilles d'insectes qu'elles capturent, mais le terme de parasite est alors impropre.

Alimentation : C'est par leur alimentation que les guêpes se ré vèlent des alliés de l'homme. En effet, les larves sont carnivores et les individus matures se nourrisent de nectar et autres produits sucrés. Pour nourrir les larves, les adultes capturent des quantités très importantes de mouches, chenilles et autres insectes (moustiques…) qui s'attaquent aux cultures ou directement à l'homme et au bétail, tel le varron, qui pond dans le dos des bovins. Ainsi, elles vous débarrassent des taons qui vous sucent le sang ou des chenilles qui mangent vos choux! D'autres guêpes sont de grandes dévoreuses de charançons (guêpes dites Odynère et Ansistrocère, notamment) ou de Tordeuse du chêne (guêpe Lestica, en voie de disparition!), et même de pucerons (hé oui, comme les sympathiques coccinelles, les effrayants aphidiidés, des guêpes solitaires de couleurs foncées, avec un impressionnant aiguillon bien visible, ne mangent que cela!). En outre, lors de la floraison, les jolis vespidés adultes participent à la pollinisation en léchant le nectar des fleurs pour s'en nourrir (certaines guêpes fabriquent même du miel!). Ainsi leur devez-vous une part des fruits et légumes de vos jardins. Sans elles, les fruits et légumes seraient moins nombreux et moins beaux, à l'inverse des autres arthropodes qui mangent vos plantes à votre place.

En conclusion : Ne détruisons pas les jolies guêpes! Non seulement elle ne sont pas dangereuses, mais en plus elles se nourrissent d'insectes qui s'attaquent à nos cultures, à nous-mêmes et au bétail, et améliorent ainsi la productivité de nos vergers & jardins. Les guêpes sont donc nos amies : aimons-les!

Et si vous n'appréciez guère la compagnie de Vespula Vulgaris ou de Vespula Germanica, qui ont tendance à vouloir partager vos repas et à se servir de votre visage comme d'une piste d'atterrisage, allumez-donc une ou deux bougies à la citronnelle sur votre table. Et les importunes s'éloigneront s'en allant plutôt chasser les mouches à merde et domestiques, qu'elles consomment en grandes quantités. Les autres guêpes, elles, sont rarement assez hardies pour aller importuner des animaux aussi gros et impressionnants que vous.

Retour à l'accueil


Document créé le 02/09/1998
avec SimpleText sur ordinateur ni Intel ni Windows, en pur HTML 3.2 valide, pour un web libre.
Modifié pour la dernière fois le 18/05/2005 sur le même ordinateur (oui, il manque encore des illustrations après 7 ans!)
Créé sur un vrai Macintosh non Intel