Patriot Act ou la tentation du totalitarisme
Ci-dessous
vous trouverez un historique du Patriot Act de son origine au mois de juillet 2005. A
cette date le processus de prolongation du Patriot Act a été enclenché. |
Nous espérons que ce texte composé
d'extraits de presse et d'analyse constitue, en français, un résumé, une synthèse de
l'historique de l'USA Patriot Act, cette menace pour la démocratie, la plus complète
possible.
L'USA Patriot Act voulu par l'administration Bush et promulgué dans la foulée du 11
septembre 2001 est la base des atteintes aux libertés individuelles dénoncées par de
nombreuses associations américaines.
Vous trouverez à la fin du billet le lien vers des pages de ce site qui
présentent, en version française, un discours réalisé par le Démocrate Al Gore en
Novembre 2003 et des rapports sur l'érosion des protections des droits humains
(Lawyer Comittee For Human Rights - Amnesty International, etc...). Ces textes, par des
exemples concrets nous montrent à quel point certains américains sont à juste titre
alarmés par les dérives de l' US PatriotAct et à quel point les libertés sont
menacées.
De plus, suite aux attentats du 11 mars 2004 en Espagne, l'Union européenne met
en place des procédures tout aussi préoccupantes que celles adoptées par le Patriot
Act. C'est pour cette raison que parfois est utilisé le terme "Euro Patriot
Act". Les attentats de Londres en juillet 2005 remettant dans l'actualité la
mise en oeuvre de ces mesures contestées notamment par le Parlement européen.
Nous explicitons ceci sur une page spéciale : l'Europe et le
Patriot Act
Note 1 : nous avons eu l'occasion de lire un texte très
documenté sur le Patriot Act, rédigé en février 2005. Ce texte, sur le site e-juriste.org
ne contient cependant pas les même informations que celles reprises dans notre page... en
effet pour nous le projet Patriot Act 2 de 2003 n'a jamais été voté (voir paragraphe
"La Chambre et le Sénat US résistent au Patriot Act II"). Il nous semble que
le texte de Maya GHOZALI laisse entendre le contraire. A vous de comparer et de rechercher
d'autres sources... Le texte : USA Patriot Act ou lavènement des prédictions
dOrwell
Note 2 : nous remercions les rédacteurs de l'encyclopédie libre
Wikipedia qui ont mis la présente page dans leurs "liens
externes" avec la mention "Le Patriot Act, de sa naissance à
aujourd'hui..". Nous essayerons de faire en sorte que les pages que nous
consacrons au Patriot Act restent digne de leur confiance ;-). L'article "USA Patriot Act" de Wikipédia
Le Patriot Act fut
adopté le 26 octobre 2001 par le Congrès des USA
Tout dabord lintitulé de l'USA Patriot
Act. :
"Uniting and Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to
Intercept and Obstruct Terrorism" (Unir et renforcer l'Amérique en
fournissant les outils appropriés pour déceler et contrer le terrorisme).
Voir le texte, en anglais, de la loi Patriot Act présenté par l'Electronic Privacy Information Center
Cet intitulé indique très précisément sa nature et son esprit. Cette loi
autorise l'arrestation, la déportation et la mise à l'isolement de suspects. Elle
supprime toute délégation judiciaire [l'autorisation préalable d'un juge] pour
procéder à des perquisitions, à des écoutes téléphoniques ou contrôler le courrier
et les communications par internet." (1).
Qui sy oppose, en 2001 : " Un seul sénateur, Russel Feingold, s'est opposé à son adoption en déclarant : " En vertu de cette loi, l'État fédéral peut fouiller dans la vie privée de n'importe quel citoyen au motif qu'il a travaillé dans la même entreprise, qu'il habite dans la même rue ou qu'il a voyagé dans le même avion qu'une personne sur laquelle la police mène une enquête. " (1)
Le vote final : 98 voix contre 1 au
Sénat, et 357 contre 66 à la Chambre des représentants
Seize dispositions du Patriot Act viendront à expiration le 31 décembre
2005.
Et les dérives commencent dès novembre 2001 :
"Poussant plus loin la dérive "sécuritaire", par décret-loi, John
Ashcroft a autorisé le 2 novembre, l'écoute et l'enregistrement, sans
autorisation judiciaire préalable, des conversations entre les avocats et les personnes
faisant l'objet d'une accusation d'activités terroristes. C'est là une atteinte
sans précédent dans un " État de droit ", aux droits de la défense."
(1)
Et dès le 13 novembre 2001, " le président Bush a signe un décret qui instaure des
tribunaux militaires d'exception réservés aux étrangers. Il n'est pas de
circonstance où l'instauration par un État de tribunaux d'exception, civils ou
militaires, ne représente une atteinte aux règles de droit de ce pays." (1).
LACLU (American Civil Liberties Union) active dès le départ la sonnette dalarme
et appelle à la vigilance et à la résistance, précisant que lappareil
législatif existant avant le Patriot Act lui semble bien suffisant comme cela
.
"Les libertés civiles et la sécurité n'ont pas à être mises en conflit, affirme
l'ACLU. Les lois actuelles donnent aux autorités de maintien de l'ordre une confortable
marge de manuvre pour leurs investigations - y compris le pouvoir de surveiller les
communications internet et le téléphone. De fait, avec les lois en vigueur, les juges
n'ont rejeté que 3 demandes d'écoutes fédérale ou d'état pour motif criminel dans les
dix dernières années.
L'ACLU fait état de 5 préoccupations majeures concernant les dispositions légales
touchant à la surveillance"[
Les cinq points sur le site lsijolie.net] : (2)
[Note : les USA, avant le 11 septembre 2001, étaient déjà confrontés au
terrorisme. Un terrorisme à la fois intérieur et extérieur. Intérieur car exercé par
des extrémistes américains, auteurs de plusieurs attentats meurtriers dont la
"fameuse" destruction du bureau fédéral dOklahoma City en 1995.
Extérieur car un premier attentat au World Trade Center avait déjà été attribué en
1993 (!) à Oussama Ben Laden. Au 10 septembre 2001, les USA possédaient donc déjà tout
un corpus de mesures anti-terroristes, lAnti-Terrorism Act. Et ce que les enquêtes
parlementaires post 11 septembre révèleront c'est la mauvaise utilisation de ces textes,
le manque de coordination des différents services chargés de la lutte antiterroriste. Ce
ne sont pas les mesures antiterroristes existantes avant le 11 septembre qui seront
remises en cause mais le traitement des informations que ces textes avaient permis de
collecter !]
(1) astm.lu
(2) lsijolie.net
Projet Patriot Act II (2003)
En 2003, les choses saggravent encore
avec des propositions damendements du Patriot Act, Patriot Act 2, visant à
abroger une loi de 1947 et à autoriser la CIA à espionner les citoyens états-uniens en
échappant au contrôle des magistrats
Sous le titre "Démolisseurs des libertés américaines" voici comment
le journal "Le Monde" présentait en mars 2003 le projet "Patriot Act
deux" :
"|Avec ce ] projet « Patriot Act II », nommé Domestic Security Enhancement Act,
ils sattaquent cette fois aux murs extérieurs et aux fondations. Le projet parle de
lui-même. Outre le fichage ADN des étrangers soupçonnés de certains
délits, ou des citoyens américains soupçonnés de terrorisme, il prévoit les points
suivants :
un citoyen américain pourra être expulsé des Etats-Unis. Et cela
« si, avec lintention de se défaire de sa nationalité, il
devient membre de - ou fournit un soutien matériel à - un groupe que les Etats-Unis
auront qualifié d"organisation terroriste" » (section
501) ; un juge pourra donc décider [si le projet était voté] quun Américain
ne mérite plus de lêtre si sa conduite « démontre son
intention » de ne plus lêtre ; lévaluation des risques
en cas de catastrophe industrielle, que les mouvements écologistes et les communautés
avaient réussi à imposer, contre la volonté des industries chimiques, restera
obligatoire - mais laccès des citoyens aux « scénarios du pire » sera
strictement encadré (section 202) ; labandon des procédures judiciaires
qui encadraient les activités de surveillance des nationaux (section 312).
Le projet, sil était adopté - ses quelques opposants se recrutent autant à la
gauche du Parti démocrate quà la droite du Parti républicain, officialiserait
aussi les détentions secrètes dans le cadre denquêtes antiterroristes,
en mettant la liste des noms des personnes arrêtées hors de portée du «Freedom of Information Act» -
la loi qui permet à chaque citoyen américain de consulter nimporte quel document
officiel (section 201). (3)
Lavis dAmitai Etzioni professeur de
Sociologie américain qui défend lesprit du Patriot Act mais met en garde contre
les dérives (mai 2003) :
"Amitai Etzioni est professeur de sociologie à la Georges Washington
University. Il est l'auteur de The Limits of Privacy. Il a été membre de la Task
Force on National Security in the Information Age, groupe financé par la Markle
Foundation, qui regroupe les principales sociétés de hautes technologies et des
représentants des agences de renseignement des États-Unis.
Dans le Christian Science Monitor , Amitai Etzioni s'élève contre le projet d'USA
Patriot Act II. Le célèbre sociologue, théoricien du contrôle social et de
l'humiliation des délinquants, rappelle que les services de police doivent rester soumis
au contrôle démocratique, faute de quoi, il n'y aura plus de démocratie. Cette tribune
est publiée au moment où les associations de défense des libertés civiques viennent de
révéler qu'un article discret du projet de loi vise à abroger une loi de 1947 et à
autoriser la CIA à espionner les citoyens états-uniens en échappant au contrôle des
magistrats .
"J'ai des raisons personnelles pour m'opposer à l'élargissement du champ du
Partriot Act. En 1964, j'ai été la victime d'un test de ma loyauté organisé par le FBI
suite à des prises de positions publiques dans lesquelles j'avais critiqué la Maison
Blanche. Un faux espion polonais me proposait de trahir mon pays ou sinon il aurait
révélé que je vivais avec une femme avec laquelle je n'étais pas marié, ce qui était
choquant à l'époque. J'avais refusé et j'avais prévenu le FBI qui n'avait rien fait.
J'avais appris en 1990 qu'il s'agissait dun test organisé par un agent du FBI. Une
société ne reste pas libre très longtemps si ceux qui critiquent le gouvernement sont
traités comme des traîtres. Je comprends cependant que, depuis le 11 septembre,
nous devons adopter de nouvelles mesures pour assurer notre sauvegarde. Je soutiens
beaucoup d'entre elles, mais rien n'apprend plus que l'expérience. Or, être
traité comme un suspect uniquement à cause de mes opinions m'a beaucoup
appris. C'est pourquoi il faut créer un organe de contrôle
chargé de surveiller les forces de sécurité des États-Unis, composé par des citoyens
respectables et indépendants. " (l'article en anglais)(4)
Autres commentaires :
- "Faisant fi des protestations, le gouvernement américain
cherche maintenant à rendre le Patriot Act permanent, ainsi qu'à introduire toute une
série de nouvelles mesures - ce que plusieurs considèrent comme un "Patriot Act
II". Parmi ces nouveaux pouvoirs: les autorités n'auraient maintenant plus à
obtenir de mandat avant de mettre qui que ce soit sur écoute (téléphonique et
Internet), et ce pour une période de 15 jours; les citoyens américains pourraient se
voir enlever leur citoyenneté pour avoir fourni une aide matérielle à une organisation
jugée terroriste par le gouvernment; les résidents permanents [carte
verte par exemple], quant à eux pourraient se voir déportés immédiatement,
sans preuves ni procès, si le bureau du procureur général estime qu'ils représentent
une menace à la sécurité nationale. Ce n'est ni plus ni moins qu'une attaque
en règle contre le principe de l'habeas corpus, pourtant protégé par la
constitution américaine... " (5)
- Et même des organes comme le conservateur "Capitalisme
Magazine" sémeuvent de la tournure des évènements. Comme le souligne le
très libéral blog "Liberté, Une voix libérale sur la toile, par Vincent
Bénard." :
"Pour que le très pro-républicain "capmag"[Capitalisme Magazine] dénonce
en termes aussi forts la dérive actuelle des Etats-Unis vers une société Orwellienne,
c'est que la menace est bien réelle. L'American Civil Liberties Union,
plus proche de la gauche américaine, tient également un dossier très documenté sur le
sujet. [en Anglais]"
(
.) Une telle évolution "à la soviétique" des USA serait un
désastre pour le monde entier. Elle tendrait à faire accroire que même la première
puissance mondiale ne peut lutter contre le terrorisme que par une dérive totalitaire, ce
qui réjouirait moult tyranneaux et bureaucrates sécuritaires de la planète. Or ce n'est
pas seulement un territoire, c'est bel et bien la liberté qu'il faut protéger de ses
ennemis. Et on ne protège pas la liberté en la détruisant. " (6)
(3) monde-diplomatique.fr
(4) usgohome.free.fr
l'article en anglais : Christian Science Monitor
(5) archie.homelinux.net
(6) u-blog.net
Mais des réactions sur le terrain, s'organisent ...

EDDY Cartoon page -Bill of rignts = Charte des droits
Réactions sur le
terrain contre le Patrot Act (de 2003 à 2005)
Avril - mai 2003, lAlaska et
Hawaï, refusent dappliquer le Patriot Act
"L'Alaska, État fédéré des États-Unis, vient d'adopter une résolution
s'opposant à l'application de l'USA Patriot Act. Concrètement, le parlement d'Alaska
interdit aux administrations locales le fichage des citoyens sur des critères raciaux,
ainsi que la création de fichiers de renseignement sur les opinions sociales, religieuses
et politiques des individus et organisations (excepté pour les enquêtes criminelles).
Cette résolution interdit également à la police d'État la participation à des
enquêtes, filatures, détention, saisie de matériel, documents ou fichiers en l'absence
de sérieux soupçons d'activité criminelle telle que définie dans la loi de l'État
d'Alaska même si le Patriot Act les autorise.
En 2003 cent soixante collectivités, dont des grandes villes
comme Philadelphie ou Cleveland, avaient voté contre l'application du Patriot
Act sur leur territoire.
Avec la résolution de l'État d'Alaska, il y avait, début 2003, 13 millions de
citoyens états-uniens dont les collectivités locales refusaient d'appliquer la loi
fédérale de l'USA Patriot Act. (6).
En janvier 2005 (!) le conseil municipal de Los Angeles défiait
ouvertement le président G. W. Bush en votant en faveur d'un texte largement symbolique
visant à annuler des dispositions du «Patriot Act» (7)
L'American Civil Liberties Union recense les collectivités locales exigeant une
révision du Patriot Act. En août 2005, il pointait "plus de 400 communautés
locales et 7 Etats" (voir leur page Reform the Patriot Act )
Plaintes individuelles
Parallèlement à cette fronde institutionnelle des
plaintes sont déposées contre les abus commis au nom du Patriot Act. Ainsi,
"à la suite des attentats du 11 septembre 2001 (
..) 1073 plaintes [ont été]
déposées par des personnes soupçonnées, arrêtées ou détenues" (8)
Seulement quatorze enquêtes ont été ouvertes
"Le
département américain de la justice a ouvert pour le moment quatorze enquêtes portant
sur les mauvais traitements et les insultes dont auraient été victimes des personnes
arrêtées aux Etats-Unis à la suite des événements du 11 septembre 2001, selon un
rapport du gouvernement rendu public le 21 juillet 2003."
L'ouverture de ces enquêtes, selon le rapport, ne couvre qu'une partie infime des 1,073
plaintes reçues par les autorités judiciaires américaines (
)Les plaintes
dénoncent notamment l'usage excessif de la force par des agents correctionnels, le
harcèlement verbal par des membres du personnel carcéral, le comportement violent de
certains inspecteurs de l'immigration, les fouilles illégales de résidences privées
menées par des agents du FBI ou encore la menace de mort de prisonniers, en passant par
le non-respect de la religion musulmane" (8)
[Note de mars 2006 : Pour régler un premier cas de
plainte, le gouvernement US a accepté de payer 300.000$. Voir à la page Patriot Act
version 2005-2006, le paragraphe "300.000 $ pour une détention illégale
suite au 11 septembre"]
(6) reseauvoltaire.net
(7) cyberpresse.ca (durée de vie lien
cyberpressse ?)
(8) bintjbeil.com
La Chambre et le Sénat US
resistent au "Patriot Act II" (2003)
Voici ce que l'on pouvait lire en septembre 2003 dans le
journal "Le Monde" : " En janvier [2003], quand le
ministre de la justice [Ashcroft] a commencé à approcher les parlementaires en vue de
prolonger cette loi par un "Patriot Act II", son projet a vite
été transmis à des opposants, qui l'ont publié sur Internet [voir Centre pour
lintégrité publique (CPI)].
Les présidents des commissions des affaires judiciaires de la Chambre et du Sénat, tous
deux républicains, ont fait savoir à M. Ashcroft que ce n'était pas la peine
d'insister. (9)
(9) lemonde.fr
Quel est létat de
lopinion publique aux USA en 2003 ?
En Mars 2003 au sujet du projet Patriot Act II
: "Au lieu des torrents dencre, des mobilisations et des débats de fond
attendus après la diffusion de ce document préparatoire, le 7 février, par le Centre pour
lintégrité publique (CPI) , cest un silence quasi
total qui accueillit la nouvelle dans les médias. « Linformation
na fait guère plus quune vaguelette dans les médias américains », commente
le groupe danalyse des médias FAIR , qui recense - hormis une interview de
Charles Lewis, du CPI, sur la chaîne de radio PBS - une mention télévisée sur Fox News
et un traitement correct dans le Washington Post ; les grands
réseaux de télévision ont brillé par leur silence, et les journaux nationaux par un
traitement minimal en pages intérieures (10)
Plus géneralemnt en ce qui concerne la dérive sécuritaire : "Un
sondage de l'institut Gallup montrait, en janvier 2002, que 49 % des
Américains approuvaient les initiatives du gouvernement pour lutter contre le terrorisme
à condition qu'elles respectent les libertés fondamentales, mais que 47 %
d'entre eux étaient prêts à soutenir ces mesures même si elles violaient les libertés.
Un an et demi plus tard [09/2003], le climat a changé : il n'y a plus
que 29 % des Américains pour approuver des dispositions qui enfreindraient les
libertés, tandis que 67 % d'entre eux les refusent. Selon le même institut,
55 % des Américains estiment que le gouvernement a respecté l'équilibre entre
sécurité et liberté, mais les élus, les militants des droits de l'homme,
les avocats, ne partagent pas, en général, cette quiétude." (11)
Comme on le voit, majoritairement, le peuple américain n a pas encore compris
à cette époque ce qui se passe
. Mais les mentalités évoluent dans un sens plus
respectueux des valeurs démocratiques.
(10) monde-diplomatique.fr même article que celui cité en (3)
(11) lemonde.fr même article que celui cité en (9)
Des Sénateurs démocrates et
républicains réagissent officiellement (10/2003)
Des sénateurs, tant démocrates que
républicains, ont pris conscience que la loi antiterroriste ne respecte pas suffisamment
les libertés individuelles. Le sénateur républicain Larry Craig a transmis au Congrès,
en octobre 2003, une proposition de loi, le Security and Freedom Ensured Act (SAFE), qui
annule certaines mesures du Patriot Act. Cet amendement revient à la situation
antérieure à septembre 2001 concernant la saisie dinformations dans les bases de
données des bibliothèques et des ordinateurs sur les lieux de travail, remettant en
place les garde-fous nécessaires à la protection des données personnelles.
Ladministration Bush semble cependant décidée à sopposer à ladoption
du SAFE Act. Le ministre de la Justice a quant a lui déjà demandé aux sénateurs de
voter contre ce projet de loi. (12)
A notre connaissance tout ceci est resté sans suite
(12) Reporters sans frontières et e-juriste.org
Janvier 2004 : Kofi
Annan (ONU) réagit également!!
Extrait du discours de Kofi Annan, Secrétaire
Général des Nations Unies, au sommet de Davos le 23 janvier 2004 (Centre de nouvelles ONU)
" Sur le plan économique, les investissements se réduisent comme une peau de
chagrin dans les parties du monde en développement où ils sont les plus nécessaires,
tandis que les négociations commerciales n'ont rien fait, jusqu'ici, pour mettre fin aux
pratiques discriminatoires choquantes dont sont victimes les pays en développement
", a-t-il poursuivi, tandis que, sur le plan de la sécurité, "la
guerre contre le terrorisme peut parfois aggraver ces tensions et faire naître des
préoccupations en ce qui concerne la protection des droits de l'homme et des libertés
civiles."
A bon entendeur M. G.W. Bush ! ! !
Quant la Chine fait la leçon aux
USA (04/2003 puis 04/2005)
Un texte (avril 2003 ?) de l'Agence
de Presse Xinhua, constitue une
réponse "aux diffamations et critiques sur la
situation des droits de l'homme en Chine dans le rapport annuel des droits de l'homme
publié le premier avril par le Département d'Etat américain."
Ce texte chinois est surréaliste (si on réfléchit à "qui parle"). Mais ce
qu'il évoque nous semble fondé. Nous avons mis en ligne (lien ci-dessous) la version
2005 de ce texte qui est en fait le copié collé de la version 2003...
Mis en cause par les Etat-Unis, les Chinois leur font le coup de "la paille et la
poutre" ;-)
Extrait concernant le Patriot Act : "La loi antiterroriste USA Patriot Act, entrée en vigueur le 26 octobre 2001, a
accordé un plus grand pouvoir d'investigation aux agences chargées de l'application des
lois. Ce pouvoir comprend l'enregistrement des appels téléphoniques des gens impliqués
dans le terrorisme et la surveillance de leurs courriers électroniques. Cela a suscité
une grande inquiétude parmi le public américain qui s'inquiète de ce que le
Département de la Justice viole leur droit à la vie privée."
L'intégralité du texte
d'avril 2005 sur la page : Quant la Chine fait la leçon aux States !!!
Des écrivains contre le Patriot
Act (04/08/04)
Le 4 août 2004, la branche américaine du PEN Club, le PEN
American Center, dirigé par Salman Rushdie, a tenu une lecture publique dans l'un des
hauts lieux de la contre-culture américaine, Cooper Union.
Devant une salle comble, les écrivains Laurie Anderson, Paul Auster, Russell Banks, Don
DeLillo, Eve Ensler, ont lu des textes choisis, rassemblés autour d'un titre : "Etat
d'urgence".
"Le terrorisme est le grand test de civilisation de notre temps", a
affirmé M. Rushdie, et les Etats-Unis "sont en train de le rater".
Le centre américain du PEN Club mène campagne contre le Patriot Act. Comme les
associations de bibliothécaires ou les librairies indépendantes, il demande la
révision de la section 215, qui permet au FBI de s'informer de ce que lisent les citoyens
ou de ce qu'ils empruntent à la bibliothèque pour les besoins d'une enquête
antiterroriste. Le ministre de la justice, John Ashcroft, souligne régulièrement que cet
article n'a encore jamais été utilisé. Raison de plus pour le révoquer, estiment
Salman Rushdie et ses amis.
Interrogé sur la raison d'une telle mobilisation d'écrivains, Paul Auster
répond que " C'est en effet la première fois depuis le Vietnam.
Pendant la guerre du Vietnam, il y avait eu beaucoup d'interventions, de réunions
d'intellectuels et d'écrivains. Et puis plus rien. Mais maintenant ça va si mal, tout
est si sombre qu'on se sent vraiment une obligation.
D'après deux articles du Monde ;
lemonde.fr 10/08/04
lemonde.fr 10/08/04
Des bibliothécaires américans contre le
Patriot Act
Le site, en anglais, des
"bibliothécaires contre Bush" : librariansagainstbush.org
Les bibliothèques françaises s'émeuvent aussi (juin 2004)
Le bulletin des bibliothèques de France a
publié, en juin 2004, un article de Nancy Kranich : "Le USA Patriot Act,
conséquences sur la liberté dexpression"
Sa conclusion : "(...) dans une société libre et ouverte, les
bibliothèques sont plus nécessaires que jamais. En période troublée surtout, elles
sont à la clef de la libre circulation des informations en direction des individus, des
institutions, des collectivités. Pour citer William O. Douglas, juge à la Cour suprême
[américaine], «la restriction apportée à la liberté de penser et à la liberté de
parole est la plus dangereuse des perversions. Cest par excellence lacte non
américain le plus susceptible de nous détruire»
Article
de Nancy Kranich juin 2004
Le FBI menacerait les opposants aux
conventions (17/08/04)
Août 2004 :"Le FBI frappe aux portes des
militants politiques", titre le New
York Times. Au début de l'été ont été lancéés des investigations à
travers le pays pour collecter des informations pouvant indiquer la préparation
de manifestations potentiellement violentes qui pourraient perturber le bon
déroulement de la campagne et de l'élection présidentielle. Ces enquêtes sont
censées anticiper les délits, mais certaines personnes interrogées partagent le
sentiment davoir été abondamment questionnées sur leur activité politique.
Cest ce dont témoigne Sarah Bardwell, 21 ans, stagiaire dans un comité antiguerre
de Denver : "Jai senti quils étaient en train dessayer de nous
intimider et de nous inciter à ne pas nous joindre aux manifestations [anti-Bush]."
"Cette pratique inhabituelle découle dun avis du ministère de la
Justice rendu lan passé", révèle le quotidien new-yorkais.
Le FBI avait alors été autorisé à réclamer aux polices locales quelles
rapportent aux équipes du contre-terrorisme les agissements suspects des groupements
politiques et antiguerre.
Dans les semaines précédant la convention démocrate de Boston, les interrogatoires se
sont multipliés. Très variées, les méthodes utilisées peuvent aller
jusquà la filature et lassignation à comparaître. Ainsi, trois
jeunes gens du Missouri ont été contraints d'annuler leur voyage à Boston pour prendre
part aux manifestations. "Je les ai sentis extrêmement troublés par cette
affaire", affirme leur représentante, Denise Lieberman, de lUnion américaine
des libertés individuelles. Daprès elle, le message délivré ne fait
aucun doute : "Si vous pensez participer à des manifestations, attendez-vous à
être arrêtés ou à recevoir la visite du FBI."
Courrier international rubrique amériques 17/08 courrierinternational.com
Des élus démocrates
demandent l'ouverture d'une enquête
Trois démocrates de la commission
judiciaire de la Chambre des représentants ont critiqué les interrogatoires menés par
le FBI et ont demandé au département de la Justice l'ouverture d'une enquête
sur ce qu'ils qualifient de "possibles violations du Premier amendement sur la
liberté d'expression et le droit de rassemblement"
AP 19/08/04 yahoo.com [les liens yahoo ne restent actifs que quelques semaines]
Sous la botte du
terrorisme (09/2004)
Septembre 2004 : Un des concept défendu par les
néo-conservateurs de l'administration Bush est celui de la "mobilisation patriotique
permanente". Pour eux en toute circonstance il faut maintenir le peuple
américain "en alerte". Vieille technique utilisée par bien des états
totalitaires. L'ennemi est à l'extérieur... il ne faut pas trop se préoccuper de ce qui
se passe à l'intérieur de ses frontières, accepter de réduire ses libertés à cause
de l'ennemi extérieur... Parfois certaines dictatures mettent en avant l'"ennemi
intérieur" (les communistes, les juifs, les tziganes, les homosexuels pour
l'Allemagne nazie). Les néo-conservateurs ont choisi "l'option ennemi
extérieur"...[pour une vision globale du phénomène néo-conservteur voir notre
page Les néo-conservateurs américains]
Ainsi la mise en pratique de cette doctrine de "mobilisation patriotique
permanente" aboutit-elle, notamment, à la mise en place d' "un mois
d'alerte nationale", bienvenu à quelques semaines de l'élection présidentielle de
novembre... que la population panique un peu c'est bon pour le candidat Bush !
"A la veille du 3e anniversaire des attaques du 11 septembre 2001, les Etats-Unis ont
déclaré jeudi [09/09/04] "un mois d'alerte nationale" pour encourager
tous les Américains à mieux se préparer à un éventuel attentat.
Il s'agit d'"une coopération unique entre les secteurs public et privé pour
encourager les Américains à prendre de simples précautions" en
cas d'attaque terroriste mais aussi de catastrophe naturelle, a précsé Tom
Ridge, le secrétaire à la sécurité intérieure, entouré de parlementaires démocrates
et républicains ainsi que de représentants des scouts et des services d'urgence.
"Se préparer ne signifie pas pour autant vivre dans la peur mais seulement faire
preuve de bon sens", a déclaré le sénateur démocrate Joseph Lieberman.
Outre le département de la sécurité intérieure, "the Homeland Security",
plus de 80 organisations et sociétés privées ainsi que l'ensemble des cinquante Etats
et territoires de l'union "vont encourager les Américains à prendre, dès
maintenant, de simples mesures de précaution pour qu'ils se préparent avec leur famille
à faire face à toute situation d'urgence", a expliqué Tom Ridge. L'enseigne
de cafés Starbucks, le géant de la grande distribution Wal-Mart et celui de l'internet
America Online comptent parmi les sociétés participant à cette vaste opération
nationale avec, entre autre, la Croix-Rouge et le groupement national de chef de police.
Une brochure intitulée "Se préparer est utile, faites-le sans
attendre" explique les mesures à prendre et invite aussi les Américains à
consulter le site internet www.ready.gov.
Avec un extrait AFP 10/09/04 yahoo.com [les liens yahoo ne restent actifs que quelques semaines]
De la restriction des
droits civils des musulmans américains (17/12/04)
Décembre 2004 : Selon un sondage
mené par la prestigieuse université Cornell, près de la moitié des Américains (44%)
estiment que le gouvernement des États-Unis devrait imposer des restrictions de droits
civils aux musulmans américains, contre 48% qui pensent que les libertés ne devraient
être entravés en aucune façon
Selon cette enquête, 27% des personnes interrogées sont pour que tous les
musulmans américains soient inscrits sur des listes du gouvernement fédéral dans le
lieu où ils habitent.
De même, 32% des Américains se disent favorables aux enquêtes fondées sur la
race et la religion pour identifier des menaces terroristes potentielles, et 29%
des sondés pensent que des agents secrets devraient infiltrer les organisations
musulmanes pour surveiller leurs activités et leurs modes de financement.
Par ailleurs, seuls 37% des Américains pensent qu'une attaque terroriste pourrait avoir
lieu aux États-Unis au cours des 12 prochains mois, contre 90% en novembre 2002.
Les étudiants de l'université Cornell, chargés de ce sondage, ont mené des entretiens
téléphoniques avec 715 personnes cet automne, avec une marge d'erreur estimée à 3,6
points.
AP 17/12/04 cyberpresse.ca (durée
de vie lien cyberpresse ?)l
[Eh bien voilà les
ravages de l'idéodologie mise en place par les néo-conservateurs américains... A quant
le "croissant jaune" à coudre sur les vêtements ?]
Le FBI aurait renoncé
à son système d'interception de mails (19/01/05)
Le FBI (police fédérale) n'a pas utilisé en 2002 et 2003
son système controversé d'interception de courriels, appelé Carnivore,
selon des rapports officiels, a indiqué l'Electronic Privacy
Information Center (EPIC).
"Le FBI n'a pas utilisé le DC 1000 (appelé aussi Carnivore) pour procéder à une
surveillance autorisée par la justice" lors des années fiscales 2002 et 2003,
peut-on lire dans des extraits de rapports soumis par le FBI au Congrès américain et
publiés sur le site web de l'EPIC.
Selon ces rapports, la police fédérale a préféré utiliser
"des logiciels disponibles dans le commerce" pour procéder à des interceptions
de courriels.
Le système Carnivore avait été critiqué par l'EPIC et d'autres associations de
défense des libertés individuelles qui lui reprochaient d'intercepter d'autres courriels
sans en avoir l'autorisation, en violation de la vie privée.
Ces associations estimaient que Carnivore permettait au FBI d'avoir un accès direct aux
réseaux de données des fournisseurs de service internet.
AFP 19/01/2005 yahoo.com [les liens yahoo ne restent actifs que
quelques semaines]

libertyandjusticeforall.ws - repeal = abroger
Drapeau américain inversé = signe de contestation
Le FBI demande au
Congrès une extension de ses pouvoirs (24/05/05)
La police fédérale américaine (FBI) a demandé formellement au Congrès une
extension de ses pouvoirs d'investigation et de surveillance dans la lutte contre le
terrorisme provoquant un tollé de protestations parmi les défenseurs des libertés qui
craignent que ces nouvelles mesures violent les droits individuels.
Valerie Caproni, la conseillère générale du FBI a fait cette demande lors d'une
audition au comité chargé du renseignement du sénat. Le FBI veut dorénavant que ses
pouvoirs d'investigation soient permanents et étendus afin de lutter plus efficacement
conte le terrorisme.
Cette demande appellée «assignation administrative» devrait permettre au FBI
d'obtenir des informations sur des individus et avoir ainsi la possibilité de les
rechercher même dans les hôpitaux, les cabinets médicaux, les bibliothèques les
banques ou les hôtels sans auparavant obtenir l'autorisation d'un juge.
«Ce type d'assignation permettrait aux enquêteurs d'obtenir des informations rapidement
dans leurs investigations sur le terrorisme, où souvent le temps est compté», a
souligné Valerie Caproni.
Les pouvoirs spéciaux octroyés aux divers organismes chargés de lutter contre le
terrorisme sont définis par le «Patriot Act»
Extrait AFP 25/05/2005 cyberpresse.ca (durée de vie lien
cyberpresse ?)
[Le lecteur attentif n'aura pas manqué de lire le titre de cette page
"Patriot Act ou la tentation du totalitarisme"... Le FBI reste tout à
fait dans la lignée de cette appréciation de départ.]
Bush défend le bilan
du Patriot Act en vue de sa prolongation (09/06/05)
Le président américain George W. Bush a affirmé
que le "Patriot Act" avait aidé à reconnaître la culpabilité de plus de 200
terroristes, et il a démenti les accusations selon lesquelles cette législation a violé
les libertés civiles.
George W. Bush, qui s'exprimait devant des militaires dans l'Ohio, a décrit des
scénarios catastrophes qui, selon lui, ont été contrecarrés par des agents des
services de renseignement travaillant avec des pouvoirs renforcés, grâce à cette
législation qu'il a signé six semaines après les attentats du 11 septembre 2001.
Le président américain a utilisé ces exemples pour faire pression sur les
parlementaires américains afin de rendre permanentes les dispositions de cette
législation anti-terroriste. Sinon, elle expirera à la fin de l'année. Mais George W.
Bush fait face à des opposants à cette loi qui en dénoncent les dérives.
AP 09/06/2005 yahoo.com [les liens yahoo ne restent actifs que
quelques semaines]
Pour
la suite des évènements |
_________________________________________________
La Constitution des USA en Français
Voici un site qui présente la constitution des Etat-Unis d'Amérique en français... Il s'agit
du site "droitshumains.org"...
a toute fin utile...
_________________________________________________
Discours d'AL Gore - Erosion des
droits humains
Comme annoncé plus haut, voici les
liens vers deux pages de ce site qui constituent le prolongement naturel de ces textes
A
un an de lélection présidentielle , Al Gore met les points sur les i !! (vous trouverez dans ce texte des exemples précis de l'application
du Patriot Act)
Rapports
sur l'érosion des protections des droits humains
_________________________________________________
Quant l'Europe copie le
Patriot Act
Nous avons regroupé toutes les informations
sur ce que d'aucuns appellent l'Euro Patriot Act à la page l'Europe
et le Patriot Act
_________________________________________________
Autres textes à lire,
notamment, sur ReturnLiberty :
- Les néo-conservateurs américains
- In God we trust ( En Dieu, nous
croyons )
- Avortement,
homosexuels, les agressions de Bush
- L'administration
Bush II au jour le jour
- L'économie des
USA sous Bush II
- Justice, guerre
et Etat de droit
- L' Europe face aux USA
- La Chine face aux USA
- "Preemptive action", la
guerre impériale américaine
- Bush se met les scientifiques à dos
Vous êtes sur ReturnLiberty : "L'Amérique post 11/09. De Bush I à Bush II"