L'Hôtel de Ville
Hôtel de Ville
Intégré dans un ensemble architectural homogène, l'hôtel de ville de Liège domine la place du Marché et ses anciennes maisons aux étroites façades.
C’est en fait au XIIIe siècle, que les magistrats chargés de l'administration communale, désireux d'affirmer leur indépendance à l'égard du prince-évêque, choisissent pour y tenir leurs réunions une maison bourgeoise de la place du Marché, désignée par son enseigne La violette.
C'est la première Maison de ville, sise non loin du palais princier et face au Perron, le fier symbole des libertés liégeoises. Détruite et reconstruite à plusieurs reprises, elle va cependant rester fidèle à cet emplacement privilégié. En effet, ne l'ont épargnée ni la vengeance incendiaire de Charles le Téméraire en 1468, ni le bombardement du maréchal de Boufflers en 1691, lors de la guerre de la Ligue d'Augsbourg. Appauvrie, la Cité doit attendre d'avoir récolté les deniers suffisants pour réédifier sa maison communale, l'administration et ses
services étant hébergés provisoirement dans divers locaux des environs.
Le 14 août 1714 voit enfin la pose de la première pierre. D'Auberat, l'architecte de Joseph-Clément de Bavière, l'ingénieur Sarta et le frère dominicain Colomban délaissent le style gothique régional de l'ancienne bâtisse pour une construction classique aux lignes strictes et rationnelles, basée sur un plan en U
et s'appuyant sur des substructions voûtées. De nombreux artistes, liégeois pour la plupart, consacrent leur talent à la décoration dans un esprit baroque. Aux peintures se rattachent les noms de Plumier, Riga, Smitsen, Counet,
Fisen, Dumoulin, Juppin, Coclers; aux sculptures, ceux de Hans, Hallet, Panhay de Rendeux; aux boiseries, ceux de Delpaire et de Pirotte; à la ferronnerie, celui de Tilman. L'habile stucateur italien Vasalli intervient dans l'exécution des plafonds tandis que Termonia assure le rehaussement coloré des stucs.
Les travaux durent quatre années pour donner au nouvel Hôtel de Ville une image digne de ses importantes fonctions qui sont toujours les siennes aujourd’hui.
Sources :
L’hotel de ville de Liège, Francine Dawans, Ville de Liège, 1978.
L’hotel de ville de Liège, M. Laffineur-Crepin, 1977.