Sentier des Coteaux
Sentier des Coteaux
A celui qui désire partir à la recherche de coins peu connus de Liège, un sentier touristique, frayé dans des propriétés naguère privées, offre la joie de la découverte.
Au-delà du musée de l'Architecture, lorsque l'on continue à gravir l'impasse des Ursulines, une porte s'ouvre dans le haut mur de gauche. Un vaste parc, fleurant bon la terre et l'herbe, s'étend à flanc de coteau. Le sentier y invite à la promenade. Suivons-le sous les frondaisons. Un moment, il longe les jardins des habitations perchées au dessus de la cour des Mineurs. En avançant quelque peu, on jouit d'une vue remarquable sur les anciens bâtiments conventuels occupés par
le musée de la Vie wallonne. On peut détailler tout particulièrement le beau pignon de la maison Chamart, qui apparaît fort élevé et assez sévère, malgré les blasons et cartouches dont il est orné, mais notre parcours continue. II faut franchir à nouveau une porte et passer près d'une école installée dans ce lieu privilégié. A nos pieds, l'ancien palais des princes-évêques déploie ses immenses toitures et aligne ses deux cours. La façade de l'aile septentrionale bordant la rue du Palais n'a guère été remaniée et est restée très simple. En face, les toits vétustes des maisons datant pour la plupart des XVIIe et XVIIIe siècles et jusqu'aux bruits du centre de la ville pourtant si proche qui parviennent assourdis, tout concourt à nous plonger dans un autre âge et ce n'est pas la tour des Vieux-Joncs pointant, sur la gauche, qui démentira cette impression. Elle rappelle la présence à Liège, dès le Xllle siècle, d'une maison de l'ordre teutonique relevant de la commanderie des Vieux-Joncs, près de Tongres. Mentionnée déjà au XVe siècle, elle comporte les éléments typiques de ce genre de construction au moyen âge : forme circulaire avec partie supérieure de plan octogonal, en encorbellement, posée sur des corbeaux de pierre et toiture pyramidale. Elle atteste la vocation à la fois militaire et religieuse de l'ordre dont l'importante propriété s'étageait en terrasses où les jardins et vignobles étaient idéalement exposés au midi. II est à noter que la viticulture fut pratiquée d'une manière intensive sur tout le versant sud de la colline jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.
Le chemin se poursuit vers un escalier qui donne accès à un passage resserré entre deux murailles. Cette venelle débouche dans la cour des Minimes dont le nom perpétue le souvenir du couvent de cet ordre, bâti à cet endroit en 1625, et démoli en 1797. Un calme prenant règne dans l'enclos ombragé de marronniers où le mot charitas, devise des humbles religieux, est inscrit sur le linteau d'une porte.
Nous nous éloignons à regret pour retrouver la rue du Péri puis la pittoresque rue Pierreuse qui reliait primitivement Liège à Tongres. L'escapade s'achève avec le retour dans la rue du Palais.
Source: Office du tourisme de la ville de Liège.