introduction
Bernard  Bolzano : L' homme et l'oeuvre.
 

Table des matière :

introduction.
Première partie   :  La vie de Bernard Bolzano.
Deuxième partie : Les fondements rigoureux de l'analyse.
Troisième partie : Les paradoxes de l'infini.
Conclusion.
 

 



 

Introduction :

        Bolzano est un personnage fascinant. Homme d'une immense culture, il était à la fois théologien, philosophe, mathématicien et scientifique. Les mathématiciens allemands du XIXe siècle ont reconnu son importance, parmi eux étaient Dedekind, Weiestrass et Cantor. En logique et en philosophie son oeuvre a été ignoré, à part par Husserl qui en fut grandement influencé.
  Bolzano est né quelques années avant la révolution française et est décédé la même année que la révolution de 1848. Il traverse une époque bouleversée par les révolutions et par l'évolution de la pensée scientifique et sociale. En tant que philosophe, il est parmi les premiersà suivre ce nouveau courant de pensée, en tant que mathématicien il sera à l'écart de la société scientifique.
         Dans le travail que nous vous présentons, nous allons essayer de vous donner un aperçu global de la vie de ce mathématicien tchécoslovaque, et de son oeuvre très dense mais peu connue.
     Nous présenterons, dans une première partie, les faits qui ont marqués la vie de Bernard Bolzano. Dans une seconde partie, nous exposerons, en quoi l'apport de Bolzano en analyse est important. Nous verrons comment il a consacré son travail à l'établissement des fondements de la logique, et par là à établit les fondements de toute science. En particulier, nous traiterons de ses apports à l'analyse réelle. Finalement, nous vous exposerons sa théorie sur l'infini qu'il énonce dans les ''Paradoxes de l'infini'', qui fut le dernier traité qu'il rédigea pendant l'été précédant son décès.

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Suite :
Première partie   :  La vie de Bernard Bolzano.
Deuxième partie : Les fondements rigoureux de l'analyse.
Troisième partie : Les paradoxes de l'infini.
Conclusion.
 


Première partie :  La vie de Bernard Bolzano.
 

    Bernard Placidus  Johan Nepomuk Bolzano est né à Prague le cinq octobre 1781. Il est de langue et de culture allemandes. Son père, Bernard Bolzano un émigré italien, marchand d'art, était une personne très engagée socialement, qui se sentait responsable du bien-être d'autrui. Il est un des fondateurs d'un orphelinat à Prague. Sa mère, Caecilia Moreau, était autrichienne. Elle épousa Bernard Bolzano à l'âge de vingt-deux ans. C'était une femme très pieuse. Bernard Bolzano est le quatrième de douze enfants, malgré sa santé fragile il est un des deux enfants à survivre jusqu'à l'âge adulte.
     Le milieu familial de Bernard Bolzano va énormément l'influencer dans sa vie et dans son oeuvre. Il hérite de son père une conscience sociale et un souci d'autrui qui auront une grande répercussion sur sa vie et sa conduite. Sa mère  lui transmet son goût de la religion.
 
    De 1791 à 1796 Bolzano était élève du Gymnasium Piarist à Prague. C'est en 1796, qu'il entreprend ses études à l'université de Prague.  Il va d'abord entrer à la faculté de philosophie, puis poursuit des études de théologie et enfin de mathématiques.  Ce n'est donc qu'à la fin de ses études qu'il découvrît les mathématiques et il recherchera dans cette science ce qu'il n'a pu avoir dans les autres, c'est à dire, des réponses claires aux questions qu'il se pose.
Il doit sa formation mathématique autant à ses professeurs qu'à ses lectures personnelles. Il fut très influencé et séduit par les traités d'Abraham Kastner, essentiellement les Mathematische Anfangrunde , parce que l'auteur démontrait toutes les propositions dont il se servait et n'en posait aucune comme évidente. A se propos il dit dans Lebensbeschreibung, 19 :  ''Lorsque j'ai ouvert une fois par hasard une page dans le traité de Kastner, des astérisques ont incité ma curiosité à relire ce passage et j'ai décidé immédiatement d'étudier les mathématiques, espérant trouver dans cette science ce que j'avais depuis longtemps cherché en vain. Car Kastner y démontre ce qu'on passe en général tout à fait sous silence, parce que tout le monde le sait déjà...''. Il étudie également les Éléments d'Euclide, les oeuvres de Leonhard Euler et les mémoires de Joseph-Louis Lagrange. En philosophie, il découvre Leibniz  dont il sera très proche et Kant  auquel il s'opposa entièrement.
En 1804, Bolzano publie sa première thèse ''Considérations sur certains objets de la géométrie élémentaire''. Un an plus tard, il entre dans les Ordres. La même année il obtient son doctorat en philosophie et est nommé au poste de professeur de philosophie de la religion  à l'université de Prague . Il a seulement 24 ans. Son poste à la chaire de philosophie ne sera reconnue qu'en 1807 par Vienne.
    En 1815, il devient membre actif de la Société des sciences de Bohèmes. C'est durant cette période qu'il va écrire les cinq mémoires de mathématiques publiés de son vivant :

  1.  1804 :   ''Considérations sur certains objets de la géométrie élémentaire.''
  2.  1810 :  ''Contribution à une exposition des mathématiques de meilleurs fondements.''
  3.  1813 :   ''Discours édifiants.''
  4.  1816 :   '' Le théorème du binôme.''
  5.  1817 :  ''Démonstration purement analytique du théorème : entre deux valeurs quelconques qui donnent deux résultats de signes opposés se trouve au moins une racine réelle  de l'équation.''
  6.  1817 :   ''Les trois problèmes : ceux de la rectification, du calcul des aires et du calcul des volumes.''
    Son enseignement et sa prédication trouvent un profond écho parmi ses auditeurs. En effet, Bolzano était un précurseur en mathématiques et dans tous les domaines auxquels il a touché. Mais ce sont  ses remarques critiques sur l'organisation de la société qui  lui vaudront d'être destitué de son poste de professeur et d'être interdit de publication le 24 décembre 1819. Il était également surveillé par la police. Pendant cinq années il est poursuivi pour hérésie et refusera systématiquement de se rétracter publiquement. Grâce au nationaliste Dobrovsky, les poursuites sont abandonnées en 1825.
    Bolzano appartient au nouveau courant de pensée qui apparaît en Europe. Un courant rationaliste qui prône la liberté de pensée et d'expression. Il s'est battu comme l'a fait son père contre les injustices sociales et nous pouvons comprendre aisément que ses idées politiques et sociales ne pouvaient plaire au régime, qui régnait en Autriche à cette époque, ni concorder avec la doctrine qu'il devait propager. Ses convictions religieuses également n'étaient pas des plus conservatrices. Il croyait qu'une doctrine ne pouvait être acceptable seulement si l'on pouvait prouver que le fait d'y adhérer apporte un profit moral. C'est ainsi qu'il choisira la religion chrétienne car elle lui paraîtra la plus acceptable des religions disponibles. Nous pouvons comprendre maintenant pourquoi son statut de professeur de philosophie de la religion n'a pas été reconnu immédiatement par Vienne.
    Suite à ces événements, Bolzano va se replier sur lui même et se consacrer à ses grandes oeuvres : Wissenschaftslehre ( Théorie de la science ), qui paraîtra en Allemagne en 1837, et Grossenlehre ( Théorie de la grandeur ).
A partir de 1823, où il rencontre Anna Hoffmann , il passe plusieurs séjours chez les Hoffmann  a Techobus et s'y installe à partir de l'année 1830. Il passe son temps à remplir des pages de ses réflexions sur des sujets très variés allant de la sociologie à l'esthétique, en passant par les mathématiques, la physique, la logique, et la religion. Il rentrera à Prague en 1842 après la mort de Mme  Hoffmann. Il rencontre Cauchy à plusieurs reprises à Prague.

    Dans l'histoire de la logique il figure parmi les grands noms qui ont innové dans ce domaine, tels Aristote, Leibniz et Frege. Il a voulu reconstruire la logique pour assurer ses fondements et la poser comme base aux mathématiques. Bolzano a construit un système logique complet et très vaste. Il expose ce système dans son oeuvre :  Wissenschaftslehre. Il forme sa logique dans une langue naturelle mais très technique qui la rend peu abordable. Elle est extrêmement novatrice, complète et avec des particularités parfois déconcertantes.
    En mathématiques il touche à plusieurs domaines. Il se consacre essentiellement à la reforme de l'analyse. À partir du dix-septième siècle, avec Descartes et d'autres mathématiciens, nous assistons à une transformation analytique et algébrique de cette science. Cependant ce n'est qu'au dix-neuvième siècle que l'analyse prend son essor et que l'on abandonne ou évite d'utiliser la construction géométrique pour tirer des conclusions sur les propositions que l'on fait. C'est à ce sujet que Bolzano s'opposera à Kant . Celui-ci énonce que les mathématiques doivent  être fondées par des constructions sur l'intuition pure. Nous avons des connaissances à priori sur les vérités et nous ne pouvons découvrir que ce qui existe. Nous pouvons le construire mais nous ne créons rien.
    Pour Bolzano, il s'agit d'abandonner les conjectures à partir de la géométrie et d'essayer de démontrer de façon  analytique tout résultat trouvé. Il redéfinit tout axiome utilisé et démontre, ou du moins essaye de démontrer, chaque théorème dont il se sert. Il s'efforcera de construire une première théorie des nombres réelles, et sera avec Weiestrass un des créateurs de la théorie des fonctions réelles. Il  étudie les fonctions continues, dérivables et les suites de fonctions. Il proposera une doctrine des ensembles  et de l'infini et est un des premiers, sans doute le premier, à réhabiliter l'infini actuel. Il est le premier à s'être consacré à la recherche,  à la mise en place des fondements des mathématiques au sens moderne du terme.
    Il a eu un apport très considérable aux mathématiques, son oeuvre est imposante mais cependant n'aura pas de grandes répercussions sur ses contemporains. Ses travaux sont peu connus et n'ont été publié que très tard ( certains dans les années 1970 ). Nous avons dit précédemment qu'il a été interdit de publication et donc n'a pu tout publier de son vivant Il n'a pas eu, non plus, le temps de finir ses travaux. De plus, son travail, très axé sur la rigueur mathématique et la réforme de l'analyse, a fait s'éloigner  de lui les scientifiques de ce siècle qui étaient plus tournés vers les théories avancées et vers les applications. Bolzano meurt le 18 décembre 1848, laissant derrière lui la majorité de ses travaux non publiés.  Une oeuvre considérable qui  n'aura malheureusement  pas apporté grand chose au développement des mathématiques.
 

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Première partie   :  La vie de Bernard Bolzano.

Suite :
Deuxième partie : Les fondements rigoureux de l'analyse.
Troisième partie : Les paradoxes de l'infini.
Conclusion :
 
 



 
   Deuxième partie : Les  fondements rigoureux de l'analyse.
 

    Le premier mémoire de Bolzano ''Considérations sur certains objets de la géométrie'' consistait à essayer de démontrer, ainsi que l'ont fait ses prédécesseurs,  le postulat des parallèles d'Euclide. Un peu plus tard, il se consacrera à l'élaboration et à la mise en place des fondements de la science en général, des mathématiques et de la logique en particulier. Il commence ce travail par la publication du ''Rein Analytischer Beweis...'' (Démonstration purement analytique...) en 1817 et la rédaction de ''Wissenschaftslehre'' (la théorie de la science) pendant sa retraite forcée. Il poursuivra ses travaux dans ''Grossenlehre'' (théorie de la grandeur), et dans ''Functionelehre'' ; travaux qui ne seront publiés qu'un siècle après sa mort. Les ''Paradoxien des Unendlischen'' ( Paradoxes de l'infini ) est son oeuvre la  plus remarquable, publiée juste après son décès, en 1851. Nous en parlerons plus en détails dans notre troisième partie.

I- La ''Wissenschaftslehre'' ou  théorie de la science :
Bolzano entreprit de rédiger la théorie de la science pendant les années qu'il a passées chez les Hoffmann. Pour lui,  la logique est une théorie des théories, une théorie de la science. Son but est de prescrire aux autres sciences la structure à avoir.
La science, selon Bolzano, consiste en un certain ensemble de vérités en soi. L'auteur avait une conception platonicienne de la science. Celle-ci n'est qu'un ensemble de vérités en soi, qui existent hors du temps et hors de nous (nous verrons d'ailleurs plus loin qu'il utilise cette idée pour prouver l'existence de l'ensemble infini des vérités en soi). C'est un monde idéal, où la science a une objectivité propre. Elle doit être discernée de ses diverses réalisations dans des traités scientifiques qui sont relatifs à un certain état des connaissances à une époque donnée. Il faut faire une distinction entre la science, qui
est la somme de toutes les vérités en soi, et les traités produits qui ne forment qu'une partie de ce que nous connaissons de la science.
Bolzano explique les différentes branches de la science par le fait que nous rassemblons certaines vérités en fonction de l'utilité que leur réunion particulière peut nous procurer. Une science n'est pleinement science que sous forme d'exposé complet et définitif. C'est pour cela qu'il s'efforcera dans chacun de ses traités d'être le plus précis, complet et global possible. Mais si la science est un système complet de vérités en soi comment peut-on expliquer le progrès scientifique, les découvertes et l'histoire de la science. Bolzano dira que les vérités en soi sont immuables et toujours là, existantes,  mais notre connaissance de cette science n'est pas encore complète. Ce qui se trouve dans les traités scientifiques n'est que la partie connue de la science. Le progrès scientifique se déroule sur un champ donné qui est celui des vérités en soi et les différentes sciences découlent du découpage que fait l'humanité de ce fond global et universel que forment les vérités en soi. Nous ne connaissons qu'une partie de ce qui existe et notre travail consiste à découvrir et à organiser ses vérités ensembles.
Jean Cavaillès souligne l'importance et l'originalité de la théorie de la science bolzanienne :
''Pour la première fois peut-être la science n'est plus considérée comme simple intermédiaire entre l'esprit humain et l'être en soi, dépendant autant de l'un que de l'autre et n'ayant pas de réalité propre, mais comme objet sui generis, original dans son essence, autonome dans son mouvement.'' (Sur la logique et la théorie de la science, 21.)
  Ce qui reste le plus important comme apport de Bolzano dans la théorie de la science c'est le système logique qu'il y développe et qui est à la base de la logique moderne. La science, est entièrement démonstration c'est à dire logique. La logique est universelle et absolue, c'est elle qui permet d'organiser, de hiérarchiser et de répartir la somme du savoir humain en sciences distinctes, en systèmes particuliers de vérités. Après avoir construit son système logique et sa théorie de la science, il va se tourner vers une autre étape : la construction du système mathématique.

II- Rein Analytischer Beweis :
Le ''Rein Analytischer Beweis des Lehrsatzes, dass zwischen je zwey Werthen, die ein entgegengesetztes resultat gewahren, wenigstens eine reelle Wurzel der Gleichung liege.'' est publié en 1817 à Prague. C'est le quatrième mémoire que Bolzano publie en mathématiques. Il se propose de démontrer de façon ''purement analytique le théorème : entre deux valeurs quelconques qui donnent deux résultats de signes opposés se trouve au moins une racine réelle de l'équation''. Avant de démontrer ce théorème il va reprendre en premier lieu cinq des  preuves fournies a ce théorème et montrer du doigt chaque erreur contenue dans ces preuves. Il dénonce ainsi le manque de rigueur ou les erreurs de logique auxquelles ne s'attardaient pas les mathématiciens de l'époque. Ceci va l'amener à exposer sa théorie sur la démarche scientifique. Il insiste sur la rigueur en mathématiques et sur les erreurs qu'une preuve s'appuyant sur l'évidence géométrique peut  induire. Il va donc s'appliquer à tout démontrer de façon rigoureuse et  sans omettre aucune évidence qui ne saurait être démontrée. Pour réussir à prouver le théorème des valeurs intermédiaires il  utilise des ressources de l'analyse seule, sans recourir aux concepts étrangers, géométriques ou cinématiques et surtout pas à l'évidence intuitive.
À partir d'un énoncé en apparence banal, Bolzano décompose le problème et construit peu à peu les outils qui lui serviront à aboutir à une démonstration rigoureuse et ''purement analytique''. En effet, il a besoin du concept de suite, de continuité et du concept de limite. Il se servira également de théorèmes que nous appellerons intermédiaires, du fait qu'il ne les a démontrés que dans le but de prouver le précédent : le critère de Bolzano-Cauchy et le théorème de la borne supérieure.

1- Les suites et les séries :
Bolzano défini le concept de série comme une ''somme de termes qui sont formés selon une loi déterminée, qui ne sont pas tous nuls à partir d'un certain rang, en particulier si l'on peut augmenter arbitrairement leur nombres''. Il pose les bases de la théorie de la convergence des séries. Lui qui sera le défenseur de l'infini actuel il éliminera du calcul des séries tout ce qui a un rapport avec l'infini actuel. Il va utiliser les sommes partielles, et les limites et se débarassera des infiniments petits et des suites divergentes. Son étude des suites et des séries consistera en l'étude de leur convergence.

a)- La divergence des suites :
Après avoir défini les suites, Bolzano examine ''la variation'' de cette série. Il classe les séries selon leurs comportements : divergentes, convergentes ou bornées.
Nous avons dit plus haut que Bolzano travaillait avec les sommes partielles d'une série. Si S n est une série de n termes, V n + 1 = S n + 1 ? S n    est une suite qui peut être soit croissante ou décroissante, soit quelconque. Si cette variation { V n + 1 } n ? ?  est constante  ou croissante, la série diverge vers l'infini. Bolzano montre que nous pouvons rendre ''la valeur de cette série plus grande que toute valeur donnée si l'on prolonge la série suffisamment loin''.
Démonstration :
Si l'accroissement S r +  n   ? S- r  est supérieur ou égal à une certaine valeur d, alors on peut rendre la série supérieure à tout nombre donné D.
Si l'on prend un entier k supérieur ou égal  à D/d. En prolongeant la série de k.n termes on a :
  S r + k. n      ? S r  =  S r + k.n   ? S r + ( k-1). n   + S r + (k-1) .n  ? S r + (k-2) .n  ?... ? S r + n   ? S r
Or chaque  S r +  n   ?S r     ?     d           d'après l'hypothèse.
On a k fois  S r +  n  ? S n     et donc
             S r +  k n    ? S r       ?        k.d
De plus on a choisi k  =  (D/d)
=>         S r +  k n   ?  S r           ?       (D/d) . d   =  D
  on obtient bien    S r +  k n   ?    S r     ?    D.

On voit bien que si la variation est plus grande qu'un certain nombre nous pouvons toujours rendre notre suite aussi grande qu'on voudra en choisissant le rang approprié.
  Bolzano parle ensuite de séries bornées qui ne dépasseront jamais une certaine valeur. L'exemple qu'il donne est celui de la série alternée :
               a? a + a - a + ...
cette série ne dépassera jamais  a  si  a  est positif ou  0  si  a  est négatif.
Nous avons déterminé jusqu'à présent deux classes de séries : les séries divergentes et les séries bornées cependant il en existe une troisième et non la moindre une classe de séries ''particulièrement remarquable'' telles que ''la variation qu'éprouve leur valeur par un prolongement des termes poussé aussi loin que l'on veut reste toujours plus petite qu'une certaine grandeur, qui peut être à son tour prise aussi petite que l'on voudra, si on avait déjà prolongé la série suffisamment loin''. En ces termes Bolzano exprime de façon littérale le critère de Cauchy.
 

b)- Le critère de Bolzano-Cauchy :
 l'énoncé du théorème est de façon plus formelle :
la série    ? Sn    converge si et seulement si elle satisfait à la condition suivante :
pour tout   ?   positif ,   il existe  un entier   N   tel que dès que   n    et    m    dépassent    N    alors   la valeur absolue de     S n   ? S m       est inférieur à     ? .
 En premier lieu, l'auteur donne deux exemples de séries satisfaisant à cette condition :
1- toutes les séries dont les termes sont nuls à partir d'un certain rang.
 En effet, si   ?S n  ?  est une suite quelconque telle que pour   N  ?    ?     on a  ?  k  ? ? S N +  k   =  0.
Alors  ?  S n   =  S 1   +   S 2   + ... + S N      + S N + 1    +... + S N +  k   + ...
Or        S N    + S N+1   +  S N+2   +... = 0
Donc    ?  S  n   =   S 1  + S 2  + ... + S n   =  S   la série est convergente et elle vérifie le critère de Bolzano-Cauchy :
On a bien pour    n, m  ? N         ? S n   ?  S m   ? =  ? 0 ? 0 ? <  ?    ? ?  > 0 .
 

2- ''toutes les séries dont les termes décroissent soit exactement comme dans une progression géométrique dont la raison est une fraction proprement dite, soit encore plus rapidement''.
Soit une série d'une progression géométrique :
 
S n   =  a +  a e +a e? + ... + a e? =  a (1 -e  (1+n))/ (1 -e )     telle que   ?e?  ?  1.

la variation de cette série :
S n +  r  ? S n   =  a e     +a e     + ... + a e      = a e     (1 -e   )/(1 -e )
On a   par hypothèse ?e?  ?  1 ; on a donc  quel que soit l'entier positif  r,
          ae     (1 -e   )/(1 -e )    <    ae    ( 2 / (1 -e ))
et lim ? ae    ( 2 / (1 -e )) ? = 0 lorsque  n ?  ?  .
 Bolzano tente de donner une démonstration du théorème pour les suites mais n'y arrivera pas vraiment. Son raisonnement est le suivant :

Soit une suite ?a  n  ?,  qui verifie le critère de Bolzano-Cauchy,c'est à dire que
         ? ? > 0      ?   N ? ?tel que  n, m > N    ? a n   ?  a m   ?  <  ?
Il suppose qu'il existe une grandeur X  aussi proche que l'on veut des termes de la suite pour un  n  suffisement grand.
         Soit  d > 0  ? N ?  ?    ?  n  ?  N ,  ? lim a n   ?X ?  <  d
On suppose ici que la limite s'approche d'une grandeur X.
Par hypothèse on a ? a n  ?  a  n +  r ?  <    d       ?  r > 0.
Et si on augmente  r      ? a n +  r   ?   lim a  n ? < ?    pour   ?    positif  aussi petit que l'on veut.
Donc on a   ?a n   ?  lim a n    ?  ?   ? a n  ?  a  n +  r?   +  ? a n +  r   ?   lim a  n ?  d'après             l'inégalité  du triangle.
                                                   ?       d                       +             ?      .
or  ?  est aussi petit que l'on veut pour r asssez grand donc :
             ?a n   ?  lim a n    ?  <  d
Nous avons montré  que si   ?a  n  ?  verifie le critère de Bolzano-Cauchy  a n   peut s'approcher aussi prés que l'on veut de sa limite mais nous n'avons pas démontré que cette limite existe vraiment.
La preuve de Bernard Bolzano contient une deuxième partie qui prouve l'unicité de la limite si celle-ci existe et cette fois la preuve est correcte :
Supposons que     lim a n  =  X     et   lim a n  =  Y soit qu'il existe deux grandeurs différentes
X ? Y  qui sont limite de cette suite.
On a alors    ? X ? a n ? <  ?   et   ?Y ?  a n?    <   ??    où    ?  et   ??   sont aussi petit que l'on veut pour n assez grand.
Alors ,
         ? X ? Y? = ? X ? a n + Y ?  a n  ? ?    ? X ? a n ? + ?Y ?  a n?  d'après l'inégalité
                                                                                                                             du triangle.
         ? X ? Y?   <     ?  +  ??  et donc   puisque  ?  et   ?? sont aussi petit que l'on veut Alors,
                                  X  =  Y.

Bolzano ne démontre que la possiblité de l'existence d'une limite et non son existence. Il lui manque pour cela, une théorie des nombres réels sur laquelle il travaillera 15 ans plus tard dans ''Grossenlehre''  (la théorie de la grandeur). Il conclut cette partie sur les séries en nous mettant en garde contre les séries dont le terme général tend vers zéro mais qui ne converge pas. Il donne le contre-exemple de la série harmonique    1 + (1/2) + (1/3) + ... +(1/n) +...
Bolzano énonce donc  le critère de Cauchy avant celui-ci, les historiens ont émis des hypothèses sur le fait que Cauchy aurait eu accès aux travaux de Bolzano, d'ailleurs ils se sont rencontrés à plusieurs reprises à Prague.

2- Le concept de borne supérieure :
a)- L'énoncé du théorème :
Le concept de borne supérieure est un des concepts analytiques les plus importants établis dans le Rein analytischer Beweis. Mais Bolzano le pose uniquement dans le but de s'en servir comme moyen afin de prouver le théorème des valeurs intermédiaires. Il l'énonce comme suit :
''Si une propriété M  n'appartient pas à toutes les valeurs d'une grandeur variable x, mais appartient à toutes celles qui sont plus petites qu'un certain u : alors il existe toujours une grandeur U qui est la plus grande de celles dont on peut affirmer que toutes les valeurs inférieures x possèdent la propriété M.''
       Le théorème était connu à l'époque mais la démonstration que Bolzano donne est la première  correcte et complète à être publiée. Cependant une vingtaine d'années plus tôt  Gauss rédige une démonstration de ce théorème qui ne sera pas publié. Une fois définies les notions préliminaires, Gauss construit les concepts de majorant et de borne supérieure :
''Si une suite a' , a'' , a'''  etc. ( R )  dans laquelle, pour tout indice, le terme    correspondant reçoit une valeur réelle finie, est telle que, aussi loin qu'on la prolonge, elle ne contienne aucun terme supérieur à une grandeur donnée ?, on peut appeler ? une borne supérieure pour la suite. En revanche, si aucune grandeur n'est suffisamment grande pour pouvoir être appelée borne supérieur conformément à ce concept, ou, en d'autres termes, si l'on peut, dans cette suite, parvenir aux grandeurs aussi grandes que l'on désire ou aux grandeurs encore plus grandes lorsqu'on la prolonge suffisamment loin, on dit que la suite n'a pas de borne supérieure.''
Gauss était arrivé au même résultat que Bolzano mais il y avait quelques différences entre les deux auteurs. Bolzano définit son concept de borne pour un ensemble, alors que Gauss le fait pour une suite. La méthode de Gauss est plus élégante et plus naturelle, celle de Bolzano est plus longue et plus ardue.
Le ressemblance des deux travaux est plus importante, ils soulignent tous les deux que le théorème ne dit pas si la borne appartient ou non à l'ensemble (ou à la suite), ils soutiennent la possibilité des deux cas.

b- Démonstration de Bolzano:
La démonstration est fondée sur l'approximation de la borne par une suite d'intervalles obtenus par dichotomies successives et dont la longueur a pour limite zéro. Il utilise une méthode qui est neuve dans le fait qu'elle soit entièrement arithmétique.
Elle se présente en cinq étapes :
i)_ On a une propriété M qui tient pour toutes les valeurs de x qui sont inférieures à u  mais qui ne tient pas pour tous les x donc il existe un  V =  u + D   où D  est un réel positif tel que la propriété M ne tient plus pour tous les x  inférieurs  à   V.
 Il s'agit de savoir maintenant pour quelles valeurs de m a-t-on :
M tient pour tous les x inférieurs à  u +  ?   ?
Pour m = 0 on a  M tient-il pour tous les  x  inférieurs à  V = u + D ce qui est faux par hypothèse.
Si pour tout  m ?  ?, on a M  ne tient pas pour tous les  x < u +  ?  , alors le U cherché est le u.
Car par le principe d'Archimède, s'il existe un  d  tel que  M  tient pour tous les                x  <  u + d  alors on peut toujours trouver un m, tel que   ?  <  d et on aurait M tient pour tous les  x  < u +d et  M  ne tient pas pour tous les  u +  ?   qui est plus petit  que u + d  ce qui est une contradiction.

ii)_ Maintenant s'il existe  un  m  tel que  M  tient pour tout  x  inférieur à u +  ?  et si  m  est le plus petit entier qui vérifie cela alors  M  ne tient pas pour  x   <  u +  ?
on a  u +  ?    ? ( u +  ?  )  =  ?
à ce moment on cherche pour quels entiers  n   on a :
M tient pour tous les  x  <   u +  ?  + ?
De nouveau deux cas se présentent :
Soit   M  ne tient pas pour tous les   x   <    u +  ?  + ?   pour tout entier n  alors
U  =  u +  ?  .
iii)_  Soit   il existe un  n tel que M  tient  pour tous les  x  <  u +  ?  + ?  mais pas pour
x  <  u +  ?  + ?     à ce moment on répète le procédé.

iv)_ En continuant ainsi nous avons deux résultats possibles :
? Soit  on trouve la valeur  U  qui sera de la forme  u +  ?  + ?  +  ...   + ?.
? Ou alors on trouve un  certain   r  tel que   M  tient pour tous les  x   <    u +  ?  + ?  +  ...   + ?.  Mais   M ne tient plus pour tous les  x   <   u +  ?  + ?  +  ...   + ?    et il faudra répéter le procédé en augmentant le nombre de termes dans la série.
v)_ Dans ce dernier cas, la série est une série de Cauchy, elle satisfait au critère de convergence qu'a posé Bolzano plus haut.
      ?  ?    ?   ?  ?  <  ?   pour tout   ?  > 0  et n, m suffisamment grand.
Cette série converge vers une certaine valeur réelle U qui sera notre borne supérieure cherchée.
Ce qui achève la démonstration.

3- Le théorème des valeurs intermédiaires :
a)_ L'énoncé du théorème :
Nous arrivons à la fin du mémoire ''Rein Analytischer Beweis...'' où Bolzano énonce le dernier théorème celui des valeurs intermédiaires. Ce théorème est annoncé dans le titre il le formule de manière très générale :
''Si deux fonctions de x,  f(x) et  ?(x), varient suivant la loi de continuité ou bien pour toutes les valeurs de x, ou bien au moins pour toutes celles qui sont situées entre   ?  et  ?   ; si de plus f(?)  <   ?(?)   et  f (?)   >   ?(?)  : alors il existe toujours une certaine valeur intermédiaire de x  entre  ? et  pour laquelle  f(x)  =  ?(x).''

A fin de montrer ce théorème Bolzano a besoin du théorème de la borne supérieure et du concept de continuité. Dans sa définition de la continuité il n'utilise pas les infinitésimaux ce qui est une nouveauté pour l'époque il dit :
   '' f(x) varie de façon continue pour tous les x qui sont situés  entre  a et b  si pour tout    ? > 0  tel que   x + ?  est situé entre a  et b  f(x + ? ) -f(x)  est aussi petit que l'on veut  lorsque on prend  ?  suffisamment petit.''
Pour la preuve de ce théorème il va procéder par quatre cas suivant le signe de ?  et celui de ?.
Étudions-la pour   ?  <  0  <  ? .

b)_ Démonstration :
a) Nous avons supposé ?  <  0  <  ? alors il existe un réel  ?  positif  tel que  ? =  ? + ?..
D'autre part    f    et   ?   sont deux fonctions  continues entre   ?  et   ?,  donc pour tout
0 < t < ?  on a    f    et   ?  continues  en  ? + t .
     toujours par continuité de   f    et   ?  , et comme  f(?)  <   ?(?), il existe un   t  compris entre   0   et   ?  tel que si   h   est inférieur à   t   alors       f(? + h) - f(?)  =  A    et
 ?(? + h) - ?(?)  = B.
où  A  et  B  peuvent être aussi petit que l'on veut si   t  est suffisamment petit.
     On  a   ?(? + h) -  f( ? + h)   =   ?(?) - f(?) + A - B  .
Or par hypothèse   ?(?) - f(?)  > 0  et est fixée . donc  ?(? + h) -  f( ? + h)  > 0 pour h<t.
Ou encore  f( ? + h)   <   ?(? + h)   pour h < t .
Notons M cette propriété et utilisons le théorème de la borne supérieure :
   M ne tient pas pour  h  =  ?  car on aurait  f (?)   <   ?(?)  ce qui est faux par hypothèse on a le contraire.
Les conditions du théorème sont respectées donc il existe un réel  U  >0    tel que :
U =  sup?h : f(? + h) < ?(? + h)?.

b) On a 0 <  U < ?
On a déjà  U > 0 ,
si U  =  ?   alors on  a   f(? + h) < ?(? + h)     pour  h aussi près que l'on veut de ? . Mais on a supposé f (?)   >   ?(?)  donc par continuité de  f  et   ?   on  a  aussi
 f (? ? h )   <   ?(? ? h)  pour h suffisamment petit. Donc f (? + ? ? h)   >   ?(? + ? ? h)   ce qui est contraire à la définition  de U car    ? + ? ? h  est inférieur à   ? + ?  et donc  on devrait avoir  f (? + ? ? h)   <   ?(? + ? ? h)
Supposons maintenant que U >  ?  alors f (?)   <   ?(?)  ce qui est contraire à l'hypothèse.

c) Considérons maintenant la valeur  x  =  ? + U.
Supposons que  f(x) <  ?(x)  alors  f( x + h) <  ?(x + h) par continuité de f et de ?  et pour h suffisamment petit et donc a + U n'est pas la plus grande valeur de x pour laquelle   f(x) <  ?(x) ce qui contredit la définition de U.
Supposons que f(x) >  ?(x)  alors f(x -h ) >  ?(x -h ) par continuité de   f   et de  ?    pour h suffisamment petit et donc M n'est pas vraie pour tous les h < t .
On en conclut que   f(x)  =  ?(x)  .
Bolzano fait la remarque que la valeur de x qui égalise f  et  ?  n'est pas forcément unique.
Il poursuit son texte par la démonstration de la continuité des fonctions polynomiales puis utilise le dernier théorème pour montrer qu'une fonction polynôme s'annule losqu'elle change de signe.
III- La théorie des fonctions :
Dans la logique de créer une science globale, qui regroupe toutes les vérités particulières à  cette science, Bolzano étudie les fonctions de variables complexes et présente une théorie des fonctions réelles pratiquement complète. Le traité ''Functionenlehre''  est rédigé vers 1833-1834, mais ne sera découvert et  publié qu'un siècle plus tard dans les années 1830. Ce traité contient des résultats important sur la théorie des fonctions réelles, plus particulièrement le premier exemple d'une fonction continue en tout point mais nul part dérivable. Il proposera également des définitions de chaque concept lié aux fonctions : notion de fonction à variables réelles, continuité, dérivabilité et convergence de série de fonctions.

1- Le concept de fonctions de variables réelles :
Au début du XIX siècle, nous assistons à la transformation du concept de fonction. En effet Euler donne une définition de cette notion qui reste très restrictive :
''une fonction de quantité variable est une expression analytique composée, de quelque manière que ce soit, de cette même quantité et de nombres, ou de quantités constantes.'' (Introduction à l'analyse infinitésimale(1748))
Nous remarquons assez directement que cette définition est trop étroite pour contenir les fonctions que nous connaissons aujourd'hui. A cette époque se pose le problème de certaine fonction que l'on ne pouvait représenter graphiquement et qui ne pouvaient être définies par une expression analytique. Un exemple assez simple est donné par Dirichlet c'est la fonction suivante, connue maintenant sous le nom de la fonction de Dirichlet :
 
                                           d           si   x  est rationnel.
                       F(x)   =                                                    où  d  et   c sont des constantes.
                                           c          si   x   est irrationnel.
On voit bien que cette fonction est discontinue en tout point, elle n'est pas susceptible d'une représentation géométrique, et n'est pas définie par une expression analytique. Cette fonction illustre parfaitement le problème auquel on se heurtait avec la définition de Euler. Suite à cela, Dirichlet va élargir le concept de fonction à une correspondance arbitraire comme suit ;
''Il n'est point nécessaire que  y  dépende de  x  dans tout cet intervalle selon la même loi, et on n'est même pas tenu de penser à une dépendance exprimable par les opérations mathématiques.''(Repert. Math. und Phys. ,I (1837)).
Bolzano parvient au même concept général de fonction, dans la même période. Il oppose au concept d'expression données contenant une représentation de grandeurs variables, de Bernoulli, Leibniz, Euler et Ohm, ce lui de ''grandeur quelconque dépendantes des autres, que le mode de sa dépendance, et par là aussi une expression, soit donné ou non.''. Il dit que ce concept est présent chez Cauchy, Lacroix et Kastner, entre autres. Il croit utiliser la conception de Lacroix dans sa définition mais en réalité il va beaucoup plus loin que ce dernier essentiellement losqu'il parle de dépendance et de déductibilité :
''Lorsque la chose variable  W  qui dépend de certaines autres choses variables  X, Y, Z, est une grandeur (que ce soit une grandeur vraie ou seulement imaginée ), et lorsque les choses X, Y, Z, sont des grandeurs (vraies ou imaginées), j'appelle la grandeur W  fonction des grandeurs  X, Y, z. Je dis donc que la grandeur variable W est une fonction d'une ou de plusieurs grandeurs variables X,Y,Z losqu'on  a certaines propositions de la forme : la grandeur W a les propriétés ?1,?2 qui sont déductibles de certaines propositions de la forme : la grandeur X a les propriétés ?',?'',?''', -la  grandeur  Y  a les propriétés ?, ?', ?'',-la grandeur Z a les propriétés ?, ?', ?'' etc.''
La suite des travaux de Bolzano porte sur la notion de continuité et celle de dérivabilité.
 

2- Les notions de continuité et de dérivabilité :
Dans la deuxième partie des ''Functionenlehre'' on trouve un travail absolument remarquable qui contient une théorie complète, construite avec rigueur de la continuité des fonctions ayant une infinité d'oscillations. Nous allons exposer en premier lieu la définition que donne l'auteur de la continuité puis nous donnerons ses résultats les plus importants contenus dans cette deuxième partie des ''Functionenlehre''.
Bolzano commence par construire des exemples de fonctions discontinues :
                 ax   si x est de la forme   ?    (  m, n = 1,2 ,3,4 ,....)
W(x)  =
                           ax - b  si x n'est pas de la forme  ?      ( b ?  0).
Est un des exemples fournis par Bolzano. L'explication qu'il donne est la suivante :
''Étant  donné que pour toute valeur de x qui n'est pas de la former  ?  , il  y en a d'autres qui sont de cette forme et qui peuvent l'approcher d'aussi près de telle sorte que la différence ?x peut être rendue plus petite que tout ? donné, on voit facilement que pour tout x et pour tout ?x , aussi petit qu'on le prenne, il devrait y avoir un ?x encore plus petit pour lequel le ?W  correspondant serait égal à  a?x + b ou  à a?x - b ; il ne pourrait donc certainement pas diminuer indéfiniment.'' (Funct. 13-14)
Il en résulte donc que la fonction n'est nul part continue. Par la suite, Il définit la continuité et cette fois encore sa définition est novatrice. Dans le Cours d'analyse de Cauchy, celui-ci définit la continuité d'une fonction pour voisinage, Bolzano va la définir pour un point. Ensuite seulement, elle pourra être étendue à un ensemble de points ou à un intervalle. Il va définir de la même méthode la discontinuité, seulement pour un point. Il donne la continuité en ces termes :
 ''Lorsqu'une fonction uniforme F(x) d'une ou de plusieurs variables est telle que la variation quelle subit losqu'une de ses variables x passe d'une valeur déterminée à une autre valeur x+?x , diminue indéfiniment lorsque ?x diminue indéfiniment ; si donc la différence  F(x+?x) - F(x) devient et reste  en valeur absolue inférieure à toute fraction donnée  ?  lorsqu'on prend ?x suffisamment petit (et pour tout ?x inférieur à celui-ci), je dis que la fonction F(x) varie pour la valeur x de manière continue.''(Funct.14)
En transcrivant en symbole l'énoncé de Bolzano nous obtenons l'énoncé précis de la définition moderne :
          ? N ,   ?  ?    (   ??x? ?  ?  ? ?F(x + ?x) - F(x)?  ?  ?  ).
   Bolzano mentionne dans son traité la continuité à droite et à gauche et il parlera même d'une forme de continuité uniforme.
Parmi les théorèmes importants qui se trouvent dans ce traité , il y a le théorème de Bolzano-Weiestrass. Celui-ci affirme que tout ensemble infini borné admet un point d'accumulation. Bolzano ne le démontre pas mais donne des références  à d'autres de ses travaux, mais on ne retrouvera jamais de manuscrit contenant cette démonstration. Il énonce  aussi le résultat suivant : que toute fonction continue sur un intervalle fermé est bornée et atteint ses bornes. Et donc que toute fonction réelle non bornée sur un intervalle fermé borné n'est pas continue. Il remarque la propriété importante que toute fonction continue possède la propriété des valeurs intermédiaires mais que la réciproque est fausse. Il énonce un théorème sur les fonctions monotone : si f(x) croît ou décroît sur
 ? a , b ?  alors elle est continue sur ? a , b ?  sauf sur un ensemble isolé de valeurs fini ou infini (dénombrable).
Il termine son exposé sur les fonctions par le fameux exemple d'une fonction partout continue mais nulle part monotone ni dérivable. Cette fonction est la limite d'une suite de fonctions continues. Bolzano va construire cette suite puis montrer que sa limite existe, puis qu'elle est continue mais non dérivable et non monotone.
Cet exemple est très complexe et demande une explication approfondie de chaque étape de la construction, c'est pour ces raisons que nous allons nous limiter à vous donner un aperçu graphique de ce que représente cette fonction.
 

Retour :
Introduction .
Première partie : la vie de Bernard Bolzano.
Deuxième partie : Les fondements rigoureux de l'analyse.

Suite :
Troisième partie : Les paradoxes de l'infini.
Conclusion.
 



 
             Troisième partie :  Les paradoxes de l'infini :
 

I    L'infini avant Bolzano :

    La question de l'infini est aussi ancienne que celle de l'être. Elle fut, d'abord posée sous une forme ontologique où l'infini représentait ''l'être tel qu'on n'en saurait concevoir de plus grand''(''ens quo majus concipi non potest''). Vu sous un autre aspect moins métaphysique, l'infini était seulement la possibilité de continuer un processus opératoire qui ne contient aucun principe qui le limite. L'infini mathématique a toujours oscillé entre ces deux bornes. Peu à peu il va évoluer pour se séparer du concept ontologique.
    Le concept d'infini a toujours apporté des contradictions, depuis les grecs jusqu'à Leibniz. C'est à partir de Bolzano que ces contradictions n'ont plus lieux d'être et laissent place à des paradoxes qui sont des propriétés de l'infini.

1) l'infini chez les grecs :
    Les grec ont été en contact très tôt et de manière assez directe avec l'infini et ses contradictions. En effet l'école de Pythagore s'est heurtée au problèmes des irrationnels (ces grandeurs réelles, qui existent dans la réalité et qui ne sont pas déterminables par des nombres rationnels.). Cette crise des  nombres a d'ailleurs provoqué la chute de l'école de pensée de  Pythagore. La légende raconte que celui qui a découvert l'irrationalité de  ??2  aurait péri noyé dans un naufrage. Cela reste tout de même du domaine du mythe mais cela nous montre bien à quel point l'infini dérangeait. Ce n'est qu'avec Eudoxe que les nombres irrationnels algébriques seront reconnus.
    Un peu plus tard Zénon d'Élée, expose le paradoxe de la grandeur. Si l'on prend une ficelle de longueur L , et que nous la divisons en deux parties égales, et si à chacune des parties nous appliquons le processus et ainsi de suite à l'infini. Dans le cas ou nous supposons la ficelle infinie nous devrions être dans la possibilité de la diviser jusqu'au minimum qui est nul. Mais dans ce cas cet élément ne peut être élément de la ficelle car si on l'ajoute à lui même on n'arrivera pas à avoir la ficelle. Si on la suppose finie, elle devrait être composée d'éléments indivisibles et séparés par des intervalles à leur tour indivisibles et distincts. Mais la ficelle est continue. Une fois encore on tombe dans une contradiction due à l'infini. C'est à Zénon que nous devons d'avoir reconnu le piège de la composition du continu et de sa divisibilité à l'infini. Cependant sa conclusion constitue une impasse pour les mathématiques.
    Un siècle plus tard, avec Aristote la notion d'infini évolue encore. Celui-ci par opposition à Archimède nie entièrement l'existence physique d'un infini. Il lui reconnaît une utilité mathématique, et ce sera lui qui parlera le premier d'un infini potentiel.
    En effet il écrit, dans son texte la Physique, ''Ma théorie, n'enlève rien aux considérations des mathématiciens, en supprimant l'infini selon l'accroissement qu'on ne saurait parcourir ; car les mathématiciens n'ont pas besoin de l'infini et ne l'utilisent pas : ils ont simplement besoin d'une grandeur finie, choisie aussi grande qu'ils le veulent.''
Donc les grecs butent contre cet infini qui noie les écoles de pensées les unes après les autres, et ils réussissent à le contourner parce qu'ils n'en ont pas besoin comme infini actuel.

2) Leibniz :
Avec la ''découverte'' du calcul infinitésimal la question de l'infini va se poser de façon plus explicite et plus pressante. En effet Leibniz utilise des éléments infinitésimaux ''dx'' qui déclenche une incroyable polémique. Le calcul en lui même n'était pas remis en question , on voyait bien que cela fonctionnait, mais la question ontologique sur la définition de ces entités se posait. Leibniz va contourner ces questions sur le statut ontologique de ses quantités fluentes que sont les infiniments petits et les infiniments grands en les représentant comme des fictions. Elles ne sont que des instruments de calcul sans existence ontologique. A partir de là il crée un calcul pour ces fictions, où il néglige un infiniment petit additionné ou soustrait à une grandeur finie, il néglige
un infiniment petit d'ordre supérieur additionné ou soustrait à un infiniment petit d'ordre inférieur (par exemple d2x  ou d3x par rapport à dx ), et néglige un infiniment grand d'ordre inférieur par rapport à un infiniment grand d'ordre supérieur, etc.
Le problème avec ce calcul infinitésimal c'est qu'on ne sort pas d'un infini contradictoire. Par exemple, si l'on prend S un infiniment petit tel que S soit la borne supérieure de l'ensemble des infiniments petits. S a la propriété que tout multiple de lui même est un infiniment petit. S appartient à l'intervalle borné( 0 , 1 ) . Par la définition de S , 2S est aussi un infiniment petit mais  2S  >  S donc S n'est pas la plus petite borne supérieure de notre ensemble, nous arrivons à une contradiction avec notre hypothèse.
     En 1851, trois ans après la mort de Bernard Bolzano, Fr. P?ihonsk? publie les ''Paradoxien des Unendlischen'' ( Paradoxes de l'infini ). Dans ce texte, comme nous l'avons dit précédemment, l'infini cesse d'être contradictoire et devient paradoxale, mais essentiellement il devient infini actuel.

II   L'infini actuel.
      Bolzano va s'intéresser à la question de l'infini avant tout d'un point de vue mathématique, puis , parce que les mathématiques commandent la métaphysique et la physique, il va en déduire un concept plus général de l'infini.
 Jusqu'à présent les philosophes et les mathématiciens ne parlaient que d'infini potentiel. Effectivement, nous avons vu plus haut avec Aristote, que les mathématiciens n'ont besoin que d'une grandeur qui peut être prise aussi grande que voulue. Il s'agit là d'un infini potentiel. Pour utiliser un langage imagé, l'infini potentiel est une source inépuisable permettant de prendre ou de construire de nouveaux éléments à partir d'éléments déjà présents. Si nous analysons de plus près le concept ontologique d'infini, nous verrons qu'un infini actuel ne pouvait immerger de la conception temporelle des êtres et des objets qu'avaient les grecs. Dans la philosophie grecque tout est mouvement et transformations successives. Il fallait donc une idéologie du tout, de l'acte créateur pour voir se constituer la notion d'infini actuel. À la manière du Dieu dans l'une des grandes religions monothéiste ( le judaïsme, la chrétienté et l'islam), le mathématicien va créer une totalité achevée qui est infini. Cette idée du tout en soi, infini, existe donc dans la religion mais en mathématiques nous en sommes restés à l'idée aristotélicienne de l'infini.
Le passage à un infini actuel, autre que Dieu, est dûe au mathématicien et théologien Bolzano. L'infini devient un réservoir contenant la totalité des objets d'une certaine espèce. Bolzano commence par reprendre et critiquer les définitions précédentes de l'infini. Il s'attaque directement à la notion d'infini potentiel des mathématiciens de l'époque.
Comment peut-on parler d'infini là où il n'est question que d'une grandeur variable et de limites? Pour l'auteur l'infini potentiel n'est pas une grandeur infinie individuelle mais une grandeur variable qui prend des valeurs contenus dans un ensemble infini. L'infini actuel n'est en aucun cas à chercher dans un processus éternellement inachevé. Si une suite ou une variable peut prendre des valeurs de plus en plus grandes ou de plus en plus petites cela suppose que l'ensemble qui contient ces valeurs est actuellement infini. D'autres philosophes définissent l'infini par ce qui est indéterminable. Ce que nous entendons ici par indéterminable est l'indétermination des opérations arithmétiques appliquées à l'infini. Voici un exemple que donne J. Schulze :
                                             infini  +  1 =  infini
                                              2 infini    =  infini
                                                 infini    =  infini
Mais pour Bolzano l'indéterminable n'est pas une explication possible de l'infini et il donne un exemple semblable au précédent avec des ensembles finis : ( E représente un ensemble fini)
                                                E + 1  =  E
                                                  2 E   =  E
                                                    E    =  E
    Ce qui veut dire pour la deuxième expression, par exemple, que  deux fois un ensemble fini ca reste toujours un ensemble fini.
 Pour résumer l'infini chez Bolzano est pris dans une totalité, présente, actuelle qui n'émane pas d'un procédé infini inachevé. C'est une négation du fini. Un ensemble  fini est un élément d'une suite qui est formées des nombres naturelles. À chaque ensemble fini nous pouvons faire correspondre un nombre naturel. Un ensemble infini est la négation d'un ensemble fini.
 
    Nous pouvons objecté à Bolzano le fait qu'on ne peut penser et concevoir un ensemble infini qui peut être ramasser en un tout. Le prédicat infini et le prédicat tout peuvent être pensé comme contradictoire et dans ce cas ne pouvant coexister ensemble.Cependant l'auteur répond à cette objection au paragraphe 14 des ''Paradoxes de l'infini'':
''Cette affirmation est tout simplement erronée, et l'erreur est provoquée par la fausse opinion qu'on doit, pour penser un tout constitué d'objets déterminés a, b, c, d ...s'être fait des représentations de chacun de ces objets en particulier. Il n'en est absolument rien. Je peux imaginer l'ensemble, la collection, ou si l'on préfère la totalité des habitants de Prague ou de Pékin sans me présenter chaque habitant en particulier''
    Il démontre l'existence en soi d'un ensemble infini. Au paragraphe 13 des ''Paradoxes de l'infini'' il pose la question : ''y a-t-il des ensembles que nous pouvons, à bon droit, nommer infinis,...?''
    Il démontre l'existence de l'ensemble des vérités en soi et qui est infini. Il considère une vérité quelconque, et prend pour exemple la proposition : ''il y a en général des vérités'', qu'il désigne par A. Ensuite il remarque que la proposition ''A est vraie'', qu'il nomme B, est différente de A elle-même, celle-ci a un tout autre sujet que celle-là. Il réitère le procédé le procédé qui la amené à la proposition B, et il obtient une troisième proposition C et ainsi de suite indéfiniment. Le rapport entre deux propositions consécutives reste toujours le même, chacune est construite en prenant celle qui la précède et en énonçant qu'elle est vraie. La collection de ces propositions est plus grande que tout ensemble fini, car pour tout nombre associé à un ensemble fini nous pouvons construire une collections de ces propositions contenant un nombre d'éléments plus grand que ce nombre. Cette collection est donc une pluralité plus grande que tout nombre, i.e. infinie.
Nous remarquons que Bolzano parle uniquement d'ensembles infinis et de grandeurs infinies.

III   Notion ensembliste de l'infini.
 
    Bolzano parle d'ensembles et de grandeurs infini. Comme Leibniz il ne reconnaît pas les nombres infinis. Il remarque au début de son traité que l'ensemble des nombres naturelles est infini. En effet par une construction semblable à celle qu'il utilise, plus haut, pour l'ensemble des vérités en soi il incrémente l'unité pour créer les nombres naturels par un processus répétitif et infini.
    Il va se heurter à un premier paradoxe ou plutôt une première objection. Si chacun des nombres naturel est fini comment est-ce que l'ensemble de ces nombres peut être infini? Cette question peut se poser si l'on considère par exemple l'ensemble  (1,2,3,4...,8 )  des nombres naturels. Nous pouvons dire que  8 est le nombre d'éléments de l'ensemble en question, et donc nous voudrions conclure que le nombre d'éléments d'un ensemble (1, 2, 3, ..., n) est n ce qui nous mènerait à dire que  l'ensemble des naturels  est aussi grand que son dernier terme. Or nous avons démontré plus haut que cet ensemble est infini et donc ne peut être représenté par un nombre, nous nous retrouvons avec une contradiction. Cependant cette contradiction est levée à partir du moment où nous précisons que l'ensemble des nombres naturels n'a pas de dernier terme.
 L'auteur remarque deux propriétés importantes des ensembles infinis :
1- un ensemble infini doit contenir une infinité de partie. INcontient un nombre infini de nombre.
2- Il y a une bijection entre un ensemble infini et une de ses parties.
 Il donne l'exemple de l'ensemble des nombres naturels IN et l'ensemble des nombres pairs 2IN. En effet :
                          IN =   1,  2,  3,  4,  ...  , N,  ....
        Et            2IN  =   2,  4,  6,  8,  ...  , 2N,  ...
A chaque élément de ? nous pouvons associer un seul élément de 2IN . Nous sommes bien en présence d'une bijection entre IN et sa partie 2IN.
    En apparence il y a le même nombre de naturels que de nombres pairs, cependant l'ensemble des nombres naturels contient les nombres pairs et les nombres impairs. La conclusion de Bolzano est que cette propriété des ensembles infinis n'est pas une contradiction  mais une caractéristique des ensembles infinis. C'est là que réside l'originalité des propos de Bolzano.
Après s'être aperçu de cette propriété des ensembles infinis, il va essayer de faire un calcul infini. Il a remarqué que la partie est en bijection avec le tout et en déduit que même si la partie est infinie, du fait qu'elle soit contenue dans le tout, il existe des infinis plus petit que d'autres. La bijection entre deux ensembles infinis n'est pas suffisante pour que ces deux ensembles soient égaux en cardinal. Si  A  et B  sont deux ensembles infinis tels qu'il existe une bijection entre les éléments de  A  et  de  B  alors  A = B si et seulement si les deux ensembles sont ''engendrés de la même façon''. Bolzano ne va pas plus loin pour expliquer ce qu'il entend par ''engendrer de la même façon.''. Il refuse d'admettre que les deux ensembles sont égaux s'il y a une bijection entre eux, parce que pour lui cette déduction ne peut se faire que pour des ensembles finis. Nous ne pouvons  appliquer cette propriété des ensembles finis aux ensembles infinis.
 À cause de cette restriction trop forte, qu'il se donne, Bolzano va se retrouver avec une infinité d'infinis différents et un calcul de l'infini devient très vite extrêmement compliquée.
      Bolzano définit également des grandeurs infinis. Une grandeur infiniment grande est une grandeur plus grande que tout nombre d'unités, i.e. celle dont tout sous ensemble fini d'unités ne constitue qu'une partie. Inversement une grandeur infiniment petite est celle dont tout multiple reste inférieur à l'unité. Ces grandeurs ne sont pas des réels, selon les propos de Bolzano une grandeur ne s'exprime ni par un entier, ni par un rationnel, ni par un irrationnel. C'est quelque chose de plus grand ou de plus petit que tout nombre. Cette définition s'approche de l'idée des ipetit et des igrands présents dans l'analyse non standard. Malgré le fait qu'il définit ces grandeurs, Bolzano élimine l'infini dans l'analyse et remplace les infiniments petits par des variables que l'on peut prendre aussi petites que l'on veut, et les infiniments grands par des variables susceptibles d'être plus grandes qu'un nombre donné. Il réintroduit, en pratique, l'infini potentiel qu'il a tant critiqué.

     La théorie que Bolzano développe dans les ''Paradoxes de l'infini'' est original. Elle ouvre la voie à une nouvelle interprétation de l'infini mathématique et métaphysique. Cette nouvelle conception influencera Cantor qui crée la théorie des ensembles et qui va plus loin que Bolzano en créant le transfini.

Retour :
introduction.
Première partie   :  La vie de Bernard Bolzano.
Deuxième partie : Les fondements rigoureux de l'analyse.
Troisième partie : Les paradoxes de l'infini.

Suite :
Conclusion. 


Conclusion :
 
    Bolzano est le premier mathématicien à s'être consacré à la recherche des fondements de la logique et des mathématiques. Son oeuvre est considérable par son originalité et sa précision. Il a créé un système logique vaste et complet qui lui permettait de poser les fondements de la science en général et des mathématiques en particulier. Nous avons vu à plusieurs reprises toute l'importance qu'avaient ses travaux, cependant la majorités de ces travaux ne sont restés qu'à l'état de manuscrits ou alors n'ont pas attiré l'attention de ses contemporains.  Nous pouvons nous demander pourquoi une oeuvre de cette ampleur n'a pas eu les répercussions qu'elle aurait dûe avoir ? Il a fallu attendre que d'autres mathématiciens, souvent plus tard, découvrent ces même théorèmes pour qu'on les remarque. La réponse se situe sans doute dans la vie que Bolzano a mené, avec le procès qu'il a subi et sa retraite anticipée, mais aussi et peut être surtout  dans la nature des ses recherches. En effet pendant que Bolzano posait les bases de l'analyse et de la logique, ses contemporains s'occupaient de problèmes beaucoup plus appliqués. De plus il utilisait un langage assez complexe qui éloignait les scientifiques de lui.
     Depuis le début de ce siècle, nous redécouvrons Bolzano, grâce aux multiples publications de ses oeuvres. Aujourd'hui ces travaux ne servent plus à faire avancer les mathématiques mais plutôt à comprendre une période de l'histoire des mathématiques dépassée.

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