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André BINET

3 e Dan

La voie du sabre Le Kendo est l’escrime au sabre japonais. Le mot Kendo est formé du caractère Ken qui signifie sabre ou épée et du caractère Michi qui signifie route, chemin, voie. C’est la raison pour laquelle il est souvent traduit par la “Voie du Sabre”. - L’origine de cet art martial se situe tout d’abord dans les combats auxquels se livraient les guerriers japo-nais sur les champs de bataille, combats qui jalonnent l’histoire du Japon du XI e au XVII e siècle ; puis dans les innombrables écoles (Ryu) ou se perfectionnaient les Bushi (aussi appelés Samuraï), réduits à l’inactivité guerrière pen-dant la période de paix que les shôgun Tokugawa firent régner jusqu’au milieu du XIX e siècle. Pour la pratique du Kendo, le sabre est rem-placé par le Shinai composé de quatre lames de bambou (on utilise aussi parfois des maté- riaux synthétiques) reliées entre elles par des pièces de cuir. Cette arme est suffisamment souple pour ne pas causer de blessures aux pra-tiquants. Sa longue poignée, Tsuka, permet le maniement de l’arme avec les deux mains. On utilise aussi le sabre de bois, le Boken, en par-ticulier pour l’exécution des Kata. Le Shinai est une réplique inoffensive du sabre, Katana, utilisé jadis par les guerriers japonais. - La tenue que revêtent les Kendoka (ceux qui pratiquent le kendo) se compose d’une veste Keikogi et d’un large pantalon Hakama traditionnel au Japon. Cette tenue est complétée d’une armure de protection Bogu composée : - d’un masque appelé Men ; - de deux gants rembourrés, à crispins, les Kote ; - d’un plastron, le Do ; - d’une protection du ventre et des hanches, le Ta r e . - Les apports du Kendo Le Kendo favorise la prise de conscience de son propre corps. Les impératifs de l’as-saut mettent en oeuvre des mécanismes très fins de concentration, de vigilance, de percep-tion et d’ajustement des réponses aux sollicita-tions de l’adversaire. Les séquences gestuelles effectuées au cours de l’apprentissage ou du perfectionnement, de par le rythme et le volume exigés, représentent une réelle et intense activité physique et sportive. Le Shinai - Le Boken

L’habitude de "se confronter aux autres concrè-tement" (et jusqu’à un âge avancé, puisque la pratique non traumatisante du Kendo permet une longévité sportive exceptionnelle) apparaît comme un facteur très intéressant de maîtrise des émotions, de capacité à gérer une opposition, et de canalisation de l’agressi-vité. Le Kendo, au-delà du formalisme ou du folk-lore, a conservé une “étiquette” spécifique, indispensable témoignage du respect mutuel qui est l’aboutissement de la pratique de cette disci-pline. Il suffit d’assister à des championnats de Kendo pour constater que compétiteurs et spectateurs font preuve d’un comportement exemplaire ; pour tous, le “fair play” est naturel.