
| À l'instar d'un Terry Gilliam, d'un Tim Burton ou d'un David Cronenberg, David Lynch appartient à la trop petite famille des réalisateurs nord-américains indépendants et développant (presque) sans concession leur propre univers. Il l'a prouvé maintes fois. Alors pourquoi a-t-il accepté d'adapter une vision qui n'est pas la sienne ? Question que je ne me lasserai jamais de poser... et qui semble ne pas avoir de réponse définitive. Pourtant, peu de temps avant la proposition mercantile de di Laurentiis, il refuse l'opportunité de réaliser L'Empire Contre-Attaque que lui offre George Lucas ! Lynch n'ose pas bâcler le meilleur film de la trilogie Star Wars (1) et il a bien fait. Que lui passe-t-il donc par la tête lorsque le médiocre producteur lui propose Dune ? Rien, à mon avis. Ou plutôt, l'espoir de pouvoir financer des projets personnels en anticipant une réussite commerciale et, par conséquent, une certaine reconnaissance de la part des grands pontes hollywoodiens. Ô ! Roi Dollar$ quand tu nous tiens ! Vous allez me rétorquer ( surtout si vous avez eu la curiosité d'aller surfer plus loin sur ces pages ) : « Oui, mais visiblement Jodorowsky n'avait pas plus l'intention de respecter le roman ! Il a pris certaines libertés avec l'histoire originale qui feraient hurler à la mort n'importe quel fanatique de Dune ! » Vous n'avez pas tort. Vous avez même raison. Personne ne peut - et ne pourra jamais - présumer de la qualité du long métrage final. Et pour cause... la production n'a jamais abouti. Ceci dit, il existe quelques films très librement adaptés de chefs-d'oeuvre et qui ont atteint le statut envié de « film-culte ». Je pense notamment au Blade Runner de Ridley Scott (2), inspiré de Les Androïdes Rêvent-ils de Moutons Électriques ? (3). Même si les « intégristes dickiens » continuent de crier à la trahison, le résultat force le respect !... J'arrête, je suis hors-sujet. :-) Mais - et c'est un grand MAIS - ce qui différencie les deux projets tient au fait que Jodorowsky a une vision personnelle du roman, une réelle volonté d'en réaliser l'adaptation, un besoin de nous révéler SA version de Dune, et surtout il ne veut vendre ni son âme, ni son rêve en acceptant les compromis hollywoodiens ! Jodo : 1 - Lynch : 0 Lors d'une interview, Sadoul demande à Giraud (4) : « Comment as-tu trouvé Dune par David Lynch ? - Pas vraiment génial. Par contre, il a trouvé des solutions ingénieuses à certains problèmes que je me posais. - Il n'a gardé que l'ossature de la narration, poursuit Sadoul, le squelette de l'histoire, en supprimant toute la dimension onirique et métaphysique. » Mœbius acquiesce puis enchaîne : « Et on se rend compte que, privé de cette dimension, ce n'est qu'une aventure de SF. Ce qui est extraordinaire dans Dune, c'est la vie intérieure des personnages au moment de l'action, la différence entre leurs pensées et leurs actes, et la tension, le jeu intellectuel. » Les propos échangés dans cette entrevue résument assez bien les réflexions qui m'ont traversé l'esprit suite à la vision du film à sa sortie. Depuis, mon point de vue n'a guère évolué, au grand damne des aficionados du Lynch ! :-) A part le contenu, je n'ai rien de spécial à reprocher à ce film. C'est une bonne série B de S.F, d'excellente facture... Quoique les effets spéciaux laissent un peu à désirer en regard de ce qui se faisait à l'époque, pour des productions de cette ambition. Mis à part la réalisation des boucliers, ils ont un p'tit arrière goût d'amateurisme... |
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Sarfa Ruh, dont les propos n'engagent que lui. |
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P.S. perso : je sens que je vais encore attirer les foudres de mes amis Sardaukars de la salle Léonardo... |
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