| La misère et le manque d'eau dont souffrait Paris après les mois terribles du siège et de la Commune, touchaient bien évidemment d'abord les plus démunis qui ne trouvaient que rarement de quoi se désaltérer gratuitement. De fait, l'eau qui était déjà d'un prix élevé en temps normal, devenait en cette période de pénurie dûe à la mise hors service de différents aqueducs, était devenue inaccessible. Sans travail, sans logement, nombre de familles ne pouvaient dès lors même plus s'offrir cette nécessité. S'ajoutait de plus la tentation de ceux que l'on appelait alors "les marchands de vin", distributeurs de ces alcools qui permettaient aux plus pauvres d'oublier provisoirement leur condition misérable. Le pas pouvait être rapidement franchi et c'était un devoir moral que de les aider. Apporter le nécessaire aux indigents, mais aussi leur éviter de devenir des ivrognes, tel est le but de ces fontaines. Le public visé n'était toutefois pas limité aux clochards ou aux vagabonds. Il s'agissait au contraire de toucher un maximum de personnes disposant de revenus très modestes : ouvriers, colporteurs, vendeuses et autres midinettes. Nul n'était d'ailleurs exclu même s'il était riche, le but premier étant de désaltérer tout passant, qu'il fut fortuné ou indigent. |
| La Mairie de Paris accepta bien volontiers cette offre qui la soulageait d'une lourde dépense dans une période où le budget était déjà fortement amputé par le paiement du colossal tribut exigé par l'Allemagne de Bismarck. Le financement était en effet presqu' entièrement fait par Sir Richard Wallace qui ne laissait à la commune que les frais d'aménagement et de plomberie nécessaires à l'alimentation en eau ainsi que l'entretien à perpétuité. Le choix des endroits les plus appropriés pour disposer les fontaines étant laissé à la discrétion de la municipalité. Ainsi, après un accord rapide des autorités, Eugène Belgrand (Ingénieur hydrologue, Directeur des Eaux et Egouts de Paris, il travailla énormément avec le préfet Georges Haussmann) reçut comme instruction d'établir des fontaines "sur les points les plus utiles pour permettre aux passants de se désaltérer". Les besoins urgents accélèrent la mise en place qui commença durant l'été 1872, comme témoignage de la célérité du relèvement français au lendemain du désastre de 1870. |
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