Qu'est ce que le Lavedan ?

LE LAVEDAN HISTORIQUE


QU'EST CE QUE LE LAVEDAN ?

Le Lavedan est un ensemble de 7 vallées qui constituent la partie sud-occidentale de la Bigorre (la Bigorre est aujourd'hui représentée par le département des Hautes-Pyrénées). Elle est limitée au Sud par l'Espagne (l'Aragon), à l'Ouest par le Béarn (le département des Pyrénées-Atlantiques), au Nord par le bassin de Lourdes, et à l'est par la Vallée de l'Adour.
Ces vallées sont isolées par de hautes motagnes et des ravins encaissés, leur désenclavement est assez récent (voir page spéciale).


UN PEU D'HISTOIRE ...

 

Les origines

Ce qui deviendra par la suite le Lavedan fut habité dès la Préhistoire, on a ainsi retrouvé de nombreux vestiges archéologiques attestant de la présence humaine dans les vallées 2000 à 3000 ans av JC. Au cours de la phase subboréale qui suivit les grandes glaciations, le climat pyrénéen était beaucoup plus chaud qu'aujourd'hui, la végétation étant présente même à des altitudes importantes. Le pastoralisme et la chasse étaient très développés. Les vestiges que l'on retrouve aujourd'hui sont les traces laissées par une civilisation dite"chasséenne" et attestent de la présence d'activités de transhumance. Une hache polie a ainsi été découverte dans la haute vallée d'Ilhéou, au dessus de Cauterets. Par ailleurs, plusieurs cromlechs, des tumulus et des dolmens ont été identifiés dans les vallées lavedanaises, avec notamment une concentration de cromlechs dans la vallée du Marcadau, grand point de passage vers les vallées aragonaises.

Les Ligures peuplent cette région durant la Protohistoire, mais il sont peu à peu refoulés et assimilés par des tribus Ibères arrivant du Sud par les cols. Ce sont ces Ibères que les Romains vont soumettre lors de leur conquête de la Gaule au Ier siècle av JC.

L'Antiquité

Les Romains s'installent très tôt au Lavedan. Le balcon de l'actuel Saint-Savin, site privilégié avec sa position dominante sur la vallée du Gave, est occupé par un camp fortifié, et par une grande propriété, le Palatium Aemilianum, demeure d'un riche personnage, Aemilius. Sur l'emplacement du village actuel se trouvait une villa, puis un bourg, Bencer ou Bencus. Les sources thermales sont déjà exploitées, des bains aménagés ont notamment été découverts près de Cauterets.

La fin de la période romaine est marquée par les troubles des invasions barbares. La Bigorre et le Lavedan sont ravagés par les Vandales, les Wisigoths et les Francs. Le Lavedan devient finalement une terre mérovingienne sous Clovis. Cependant la domination de ces peuples fut légère, laissant aux vallées une relative indépendance. C'est aussi durant cette période du Haut Moyen-Âge que se déroule la christianisation du Lavedan, avec notamment l'établissement des ermites Saint Savin et Saint Orens, et plus tard la fondation de deux abbayes à leur nom.

Le Lavedan "indépendant"

La Vicomté du Lavedan fut créée au début du Xème siècle par les Comtes de Bigorre. Les vicomtes résidèrent tout d'abord au château de Castelloubon, puis à Beaucens. La dynastie des Lavedan perdura jusqu'au XVème siècle en lignée directe. Pratiquement indépendant, Le Lavedan fut tout d'abord placé sous la suzeraineté des Comtes de Bigorre, puis des Rois d'Aragon, et enfin des Rois de France. Pendant la Guerre de Cent Ans, le Traité de Brétigny (1360) l'attribua aux Anglais, mais les Lavedanais les chassèrent au début du XVème siècle après une longue lutte. La Vicomté passa alors sous la suzeraineté du Comte de Foix.

Les Guerres de Religion marquèrent peu le Lavedan, épargné par les troupes protestantes alors que la Bigorre était à feu et à sang. Avec l'annexion de la Bigorre à la France par Henri IV le 18 juillet 1607, le Lavedan devient définitivement français, c'est la fin de l'indépendance, c'est aussi la fin théorique des républiques valléennes.

Cependant, du fait de leur isolement, en particulier pour les hautes vallées, les communautés des villages vont garder longtemps encore une autonomie, ou tout au moins un esprit de résistance contre les tentatives centralisatrices du pouvoir royal, défendant fièrement leurs particularismes. Révoltes contre la gabelle, contre l'impôt, assassinat d'un procureur jeté du haut d'une falaise (l'endroit s'appelle aujourd'hui "le Saut du Procureur"), seul l'envoi de troupes en armes saura faire plier les farouches montagnards. Avec la Révolution et la centralisation jacobine, c'en est réellement fini de l'autonomie. Avec l'intégration du Lavedan dans le département des Hautes-Pyrénées, une page d'histoire vieille de 2000 ans est tournée.

Le Lavedan "moderne", XIXe - XXe - XXIe

Le thermalisme commence à revenir à la mode peut de temps avant la Révolution, mais c'est surtout grâce Napoléon III et l'impératrice Eugénie qu'il va véritablement prendre son essor. Les grandes stations thermales du Lavedan connaissent alors leur "âge d'or" (Argelès-Gazost, Saint-Sauveur, Barèges, Cauterets). Le chemin de fer en plein développement permet à la foule des curistes d'atteindre leurs lieux de villégiature.

C'est aussi à cette époque empreinte de romantisme que le Lavedan reçoit quelques uns de ses plus illustres touristes : Georges Sand, Lamartine, Alfred de Vigny, Victor Hugo. Impressionnés par la grandeur et la perfection des paysages, ils écriront certaines de leurs plus belles pages.

La fin du XIXe est aussi l'âge d'or du Pyrénéisme, le Comte Russel, Brulle, Schrader, Packe, Bazillac, Chausenque, et tant d'autres, marchent sur les traces de Ramond de Carbonnières. Ils mutliplient les ascensions et font partager au public leur passion, tant sur les plans sportif et géographique que scientifique, historique, écologique et philosophique.

Le Lavedan attire aussi les foules des pélerins de Lourdes qui profitent de leur séjour dans la ville mariale pour découvrir la vallée qui s'ouvre à eux.

Le début du XXe voit un renouveau industriel de la Vallée (en particulier la zone Soulom-Pierrefite-Villelongue) utilisant les gisements métallifères du massif et la force de l'hydoélectricité exploitée par un savant système de barrages d'altitude, de captages et de conduites forcées. La dernière moitié du XXe voit le développement des stations de sports d'hiver, et un renouveau du tourisme vert estival. La création du Parc National des Pyrénées Occidentales et de la Réserve du Néouvielle est un atout supplémentaire donné à la Vallée pour une exploitation harmonieuse de son extraordinaire capital écologique.


Le Lavedan est un ensemble composé de 7 Vallées latérales du gave de Pau. Chaque vallée a pendant longtemps formé un système indépendant et presque autarcique, retranché dans son isolement montagnard, vivant surtout de l'élévage et d'un peu d'agriculture, chaque communauté valléenne formant une sorte de petite République.

L'ESTREM DE SALLES (Estrem = Vallée latérale)

Argelès (anciennement Ourout et Vieuzac, devenu Argelès-Gazost en 1897), Ayzac-Ost, Agos-Vidalos, Ouzous, Salles, Sère-en-Lavedan, Gez.

L'ESTREM DE CASTET-LOU-BON (ou Castelloubon)

Juncalas, Geu, Ger, Lugagnan, Saint-Créac, Antalos et Justous, Ousté, Berbérust-Lias, Ourdis-Cotdoussan, Germs, Chéous, Gazost, Ourdou.

LA RIBIERA DE SEN-SABI (ou Rivière de Saint Savin) (Rivière = Vallée)

Saint-Savin, Lau-Balagnas, Adast, Pierrefite-Nestalas, Soulom, Uz, Cauterets, Arcizans-Avant.

LE VAL D'AZUN

Arrens, Marsous, Aucun, Gaillagos, Arcizans-Dessus, Arras, Sireix, Bun, Estaing, Arbéost, Ferrières, Haougarou, Aucun.

LA VALLEE DE BAREGES (ou Pays TOY)

Luz-Saint-Sauveur, Sassis, Sazos, Grust, Saligos, Chèze, Viscos, Vizos, Esquièze-Sère, Esterre, Viella, Betpouey, Barèges, Sers, Viey, Saint-Martin, Gèdre, Gavarnie.

LE DABANT-AYGA (ou Dabantaygue)

Préchac, Boo-Silhen, Asmets, Saint-Pastous, Senta-Maria, Ayros-Arbouix, Vier-Bordes, Artalens-Souin, Beaucens, Villelongue, Ortiac, Saint-Orens.

LA VALLEE DE BAT SURGUERES (ou Batsurguère) (Bat = Vallée)

Ségus, Aspin, Ossen, Omex, Viger.