Le Piquet
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Le Piquet

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2 joueurs - 1 jeu de piquet (32 cartes)

Le Piquet est un jeu vénérable, qui remonte au XV° siècle. La légende veut qu'il fut inventé pour distraire Charles VI, le roi fou. Le Piquet a connu une grande vogue jusqu'à la révolution. Rabelais et Molière le cite. Mais surtout, le Piquet est à l'origine du jeu de 32 cartes, appelé par ailleurs « jeu de Piquet ». Difficile de trouver pour le Piquet une règle identique d'un ouvrage à l'autre. La règle que nous vous proposons ici est celle que nous pratiquons. Certains points de procédure obscurs ont été simplifiés ou ignorés. Mais ils concernaient uniquement la marque, le mécanisme du Piquet a été scrupuleusement respecté.

 

Présentation

Le Piquet se joue avec un jeu de Piquet, c'est à dire un jeu de 32 cartes. L'ordre des cartes est l'ordre classique : as, roi, dame, valet, dix, neuf, huit, sept.

L'as vaut 11 points ; le roi, la dame, le valet et le dix valent 10 points chacun ; le neuf vaut 9 point, le huit 8 points et le sept 7 points. La valeur des cartes n'a de l'importance qu'à un seul moment de la partie.

Les joueurs fixent au début le nombre de points à atteindre pour gagner la partie, 100 généralement.

Le jeu de Piquet se décompose en trois temps :

Les joueurs sont alternativement donneur et premier joueur.

Pour plus de commodité, chaque joueur dispose de sa propre feuille de marque.

 

L'écart

Le donneur distribue douze cartes à chacun deux par deux. Les huit cartes restantes constituent le talon.

Le premier joueur a le droit d'écarter de son jeu les cartes qui l'intéressent le moins et de les remplacer par autant de cartes tirées du talon. Il est obligé d'écarter au moins une carte et il ne peut pas en écarter plus de cinq.

Le donneur procède de même. Il est obligé d'écarter au moins une carte et il ne peut pas en écarter plus qu'il n'en reste au talon. Ainsi, si le premier joueur a écarté cinq cartes, le donneur peut en écarter trois au maximum et s'il en a écarté deux, le donneur peut écarter jusqu'à six cartes.

A la fin de l'écart, les joueurs doivent toujours avoir douze cartes en main.

L'écart sert à se débarrasser des cartes les plus mauvaises en espérant qu'il en montera de meilleures du talon.

Un joueur qui ne possède ni roi, ni dame, ni valet avant de faire son écart marque immédiatement 10 points. Ce sont les « dix de blanc ».

 

Les annonces

Après l'écart, les joueurs comparent leurs annonces. Elles sont de trois types :

  1. le point,
  2. les séquences,
  3. les brelans et carrés.

Les annonces sont résolues dans cet ordre. C'est à dire que les joueurs commencent par regarder lequel des deux le remporte au point. Ensuite, ils comparent leur meilleure séquence. Puis, ils comparent leus brelans et carrés. Ainsi, un joueur peut l'emporter au point et aux séquences alors que l'autre l'emporte aux brelans et carrés.

Le point

Chaque joueur additionne la valeur des cartes de la plus longue couleur de sa main. Les valeurs sont celles données plus haut (as 11 points, roi 10, etc.).

Exemple : un joueur a trois carreaux, quatre piques et cinq trèfles dans sa main ; il additionne les valeurs de ses trèfles. L'autre joueur a quatre cœurs, trois carreaux, quatre piques et un trèfle ; il prend le meilleur total entre les cartes de cœur et celles de pique.

Le joueur qui a le plus fort total l'emporte. Il marque autant de points qu'il a de cartes dans cette couleur. L'autre joueur ne marque rien. En cas d'égalité, aucun des joueurs ne marque de points.

Exemple : en l'emportant avec cinq trèfles, le joueur marque cinq points.
 

Les séquences

Les séquences, ce sont des cartes de même couleur qui se suivent. La hierarchie des séquences est la suivante (dans l'ordre croissant) :

  1. tierce : trois cartes qui se suivent,
  2. quatrième : quatre cartes qui se suivent,
  3. quinte : cinq cartes qui se suivent,
  4. seizième : six cartes qui se suivent,
  5. dix-septième : sept cartes qui se suivent,
  6. dix-huitième : les huit cartes de la couleur.

Chaque joueur annonce quelle est sa séquence la plus longue. Entre deux séquences de même longueur, la plus forte est celle qui commence par la carte la plus haute.

Exemple : un joueur possède le roi, la dame et le valet à cœur et le dix, le neuf et le huit à trèfle ; ce sont ces seules séquences ; il annonce « tierce au roi ».

Le joueur qui possède la séquence la plus forte l'emporte et marque les points correspondant à cette séquence. Il ne tient pas compte des autres séquences de son jeu. L'autre joueur ne marque rien. En cas d'égalité ou si les joueurs n'ont aucune séquence, ils ne marquent rien tous les deux.

Les séquences rapportent :

  1. tierce : 3 points
  2. quatrième : 4points
  3. quinte : 5 points
  4. seizième : 16 points
  5. dix-septième : 17 points
  6. dix-huitième : 18 points

 
Les brelans et carrés

Les joueurs annoncent s'ils possèdent un brelan (trois cartes identiques) ou un carré (quatre cartes identiques). Les carrés l'emporte sur les brelans. Entre deux carrés ou entre deux brelans, le plus fort est celui avec la carte la plus haute. Les carrés et les brelans de 7, 8 ou 9 ne comptent pas.

Exemple : un carré de valet l'emporte sur un brelan de roi qui l'emporte sur un brelan de dix.

Le joueur qui a le plus fort carré ou brelan l'emporte et marque les points correspondant : 3 pour un brelan, 14 pour un carré. Il ne tient pas compte des autres carrés ou brelans dans son jeu. L'autre joueur ne marque rien. Si aucun n'a de carré ou de brelan, aucun ne marque.

 

Jeu de la carte

Le jeu de la carte se fait de manière classique. Le premier joueur entame le premier pli. Il n'y a pas d'atout. On est obligé de fournir la couleur demandée.

Le joueur qui remporte la majorité des plis remporte 5 points. Le joueur qui remporte le dernier pli marque 2 points.

Un joueur qui fait tout les plis (« capot ») marque 20 points en tout.

Si les deux joueurs font le même nombre de plis, ils ne marquent rien.

 

Exemple de partie

Pour voir l'exemple d'une donne de Piquet, cliquez ici :Exemple d'une partie

 

Commentaires

L'intérêt du Piquet vient du nombre de combinaisons possibles. Au moment de faire son écart, le joueur fait face à un choix : quelles combinaisons va-t-il privilégier ?

S'il a deux cartes du même type, il est tenté de les conserver au cas où lui monterait un brelan. Il écarte plutôt les cartes basses dans une couleur où il en a peu en espérant remporter le point grâce à une autre couleur. Il regarde les séquences potentielles ou existantes dans l'espoir de les compléter. Et il ne doit pas non plus négliger les 5 points du jeu de la carte. On intègre facilement les combinaisons possibles mais cela ne veut pas dire que l'on arrive toujours à faire les bons choix.

Le Piquet était un jeu d'argent pratiqué par l'aristocratie mais il ne perd pas son intérêt s'il n'y a pas d'enjeu financier.


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Auteur : Vincent Calame
vendredi 5 mars 1999