Avertissement. Ici est abordé essentiellement l’aspect neurobiologique de l’action des principales drogues. La prise en charge médicale des toxicomanes ou des over-doses ne sera pas traitée, ni les effets de stupéfiants sur les femmes enceintes et sur le développement des enfants, ni le dopage dans le sport. Enfin, il ne sera pas pris en compte les facteurs socio-économiques liés au problème de la drogue.
INTRODUCTION
I NEUROANATOMIE ET CARACTERISTIQUES COMMUNES DES DROGUES.
1) Les systèmes dopaminergiques cérébraux.
La dopamine et ses récepteurs. La
dopamine agit sur deux classes de récepteurs "D1-like" et "D2-like"
qui sont tous deux métabotropiques mais qui ont des effets presque
inverses : les D1-like (D1 et D5) sont couplés via Gs à l'adénylate
cyclase et permettent la production d'AMPc qui déclenche de nombreuses
réponses métaboliques dépendantes de la protéine
kinase A. Les D2-like (D2, D3, D4) sont couplés à Gi/o et
inhibent la synthèse d'AMPc ce qui en particulier facilite l'ouverture
de canaux K+ hyperpolarisant.
Les deux noyaux dopaminergiques. Les neurones à
dopamine sont principalement rassemblés dans deux noyaux mésencéphaliques.
L’un est le tegmentum ou aire tegmentale ventrale (ATV, ou aire mésencéphalique
A10) dont les projections axonales innervent le cortex (surtout la
partie antérieur), le système limbique (surtout le septum
et l’amygdale) et des noyaux de la base (putamen et noyau accumbens). L'essentiel
de ces fibres passent par le faisceau médian télencéphalique
(FMT) et sont impliqués dans le traitement d'informations d'ordre
cognitivo-affectif. En fait, ce câblage neuronal appartient au système
de récompense/renforcement qui produite de très forte stimulation
encéphalique afin de faire éprouver du plaisir (action hédonique)
lors de comportement essentiel à la survie de l’individu ou de l’espèce.
Ce circuit de motivation qui est détourné par les drogues.
Ainsi celles-ci, en produisant du plaisir motive l’individu vers un comportement
compulsif où l’usage de la drogue remplace les comportements de
survie.
L'autre noyau dopaminergique est la substance noire (= locus niger=
substancia nigra = aire mésencéphalique A9) émettant
des axons vers le striatum (noyau caudé et putamen) et participe
au contrôle de la locomotion. Les drogues qui modifient le niveau
de libération de dopamine dans le striatum bouleversent la motricité.
(Enfin, un dernier faisceau dopaminergique innerve l'axe hypothalamo-hypophysaire
influençant les sécrétions endocrines et les comportements
commandés par l'hypothalamus.)
Parenthèse sur le striatum. Le striatum (noyau caudé
+ putamen = néostriatum + globus pallidus= striatum) est donc une
cible de l’innervation dopaminergique. Il est la principale structure contrôlant
la programmation et l'exécution des comportements moteurs. Les signaux
excitateurs d'origines corticales périlimbique et sensori-motrice
et thalamique y convergent, sont intégrés et redistribués
vers les autres ganglions de la base également impliqués
dans le contrôle de la locomotion (substance noire, globus pallidus,
noyau sousthalamique). Au sein des ganglions de la base, la régulation
de la motricité est due à un équilibre entre des stimulations
(glutamate et dopamine) et des inhibitions (GABA) qu’exercent, les uns
sur les autres, les différents noyaux. De surcroît, cet équilibre
est modulé « à la baisse » par les endocannabinoïdes.
(voir figure de l'action des cannabinoïdes
sur le striatum)
2) La tolérance ou accoutumance.
Les agents psychoactifs élèvent directement ou
indirectement la stimulation des récepteurs des neuromédiateurs.
L’activation excessive et souvent chronique des récepteurs est compensée
par une régulation à la baisse du nombre de récepteurs
fonctionnels soit par le découplage du système de transduction,
soit par ralentissement de leur renouvellement (turn-over) ou soit par
leur internalisation. Cette réponse adaptative physiologique vise
à conserver l’homéostasie en maintenant la neurotransmission
et la fonction cérébrale normales malgré une activation
anormale des récepteurs par des molécules exogènes.
La réduction du nombre de récepteurs fonctionnels
diminue l’efficacité de la molécule psychotrope. C’est le
phénomène de tolérance qui incite le toxicomane à
augmenter la dose de drogue afin d’obtenir un effet constant. Avec le temps,
la dose de stupéfiant devra être de plus en plus importante.
Le risque de surdosage s’ajoute alors à la toxicité propre
de la drogue.
3) la dépendance ou l’addiction
D’après la définition de l’OMS, la dépendance/addiction
est un syndrome où la consommation d’un produit devient une exigence
supérieure à celle d’autres comportements auparavant d’importances
maximales. La dépendance s’installe avec la répétitions
des prises de drogues et se caractérise par un besoin impérieux
de la drogue qui conduit à sa recherche compulsive. La dépendance
a deux facettes : physique et psychique.
La composante physique impose au toxicomane de consommer de
la drogue sous peine de ressentir des douleurs spécifiques du syndrome
de manque (qui, sauf cas exceptionnel, n’est pas mortel malgré l’amplitude
des douleurs ressenties). Elle peut disparaître après quelques
jours.
La composante psychique est l’envie du toxicomane de recommencer,
elle est associée à une forte stimulation de l’encéphale
par le système de renforcement/récompense ; et elle ne doit
pas être à négliger car elle est la cause de nombreuses
rechutes dans la toxicomanie. Elle persiste jusqu'à plusieurs années.
Au niveau neurologique, on sait que la dépendance implique le
noyau accumbens du système de renforcement/récompense. En
effet, les molécules addictives comme la cocaïne, les opiacés,
les amphétamines, le cannabis, le tabac et l’alcool stimulent la
libération de dopamine dans le noyau accumbens ce qui serait, au
moins en partie, responsable de la dépendance. Il est noter que
les hallucinogènes qui n’affectent pas le noyau accumbens, n’ont
pas de pouvoir addictif évident.
4) Conditionnements environnementaux.
L’usage de la plupart des drogues dures (= présentant une dépendance
physique), s’accompagne du développement de phénomènes
de conditionnement environnementaux qui stimulent le circuit de renforcement/récompense.
Ce circuit déclenche alors de très puissantes réponses
tant physiologiques que psychologiques qui poussent, de manière
insurmontable, le toxicomane à récidiver/rechuter. Ces conditionnements
associent l’environnement où la drogue est consommée à
la drogue elle-même. Ils sont installés de manière
durable chez les grands toxicomanes, à tel point, que même
après avoir décroché, ces conditionnements déclenchent
des syndromes de manque violent chez des ex-toxicomanes complètement
sevrés, s’ils sont mis en contact avec des situations liées
à la prise de drogue. L’impact du conditionnement environnemental
participe de manière non négligeable à la rechute
de l’ex-toxicomane dans la consommation des stupéfiants et démontre
de manière « criante » que la dépendance psychologique
est un phénomène majeur dans la toxicomanie. La très
forte motivation, engendrée par l’association de l’environnement
à la consommation de drogue, implique évidemment la structure
clef de la dépendance qu’est le noyau accumbens, où le mécanisme
moléculaire de renforcement passerait par l’activation des récepteurs
dopaminergiques D3. Cette hypothèse est basée sur l’observation
qu’un agoniste partiel de ces récepteurs inhibe le comportement
de recherche de drogue en régulant, vraisemblablement, le niveau
d’activation de ces récepteurs (en effet, un agoniste partiel peut
soit réduire soit accroître la stimulation reçue par
le récepteur D3 (un D2 like) en s’opposant soit à un agoniste
complet soit à un antagoniste).
Ce conditionnement est particulièrement important chez les alcooliques,
les fumeurs et les héroïnomanes. A titre d’exemple, pendant
la guerre du Vietnam, une énorme proportion des GI est devenu héroïnomane
au point que le gouvernement américain prévoyait un programme
spéciale de désintoxication à grande échelle.
Mais de retour chez eux, les GI drogués ont perdu le conditionnement
environnemental et le nombre d’héroïnomane s’est réduit
notablement. A l’inverse des héroïnomanes rechutent à
la vue d’une seringue et les cocaïnomanes à la vue du talc.
II LA NICOTINE
Le tabac est la cause de 20% des morts dans les pays industrialisés et 60 000 morts/an en France. A ce titre c’est certainement l’une des drogues les plus dangereuses, si ce n’est la drogue la plus dangereuse. La nicotine, son principe actif, provoque de la tolérance très rapidement (d’une prise sur l’autre et en moins d’une heure) et de la dépendance tant psychique que physique.
1) Mode d’action cellulaire.
La nicotine a pour cible initiale la neurotransmission cholinergique.
Elle se fixe à la place de l’acétylcholine sur les récepteurs
nicotiniques cholinergiques, des récepteurs canaux. La liaison de
l’agoniste sur le récepteur nicotinique provoque un changement de
conformation de l’architecture protéique du récepteur qui
ouvre le canal ionique pendant quelques millisecondes. Le canal est sélectif
pour les cations (surtout le sodium), son ouverture provoque dépolarisation
brève. Puis, le canal se referme et le récepteur nicotinique
devient transitoirement réfractaire aux agonistes . C’est l’état
de désensibilisation, qui est suivi soit d’un retour à l’état
de repos fermé et sensible aux agonistes. En cas d’exposition continue
à l’agoniste (même à faible concentration), l’inactivation
du récepteur devient chronique (long terme inactivation).
2) Effet psychostimulant.
La nicotine affecte l’intégralité du système cholinergique
cérébrale qui se compose de plusieurs noyaux (figure
du système cholinergique cérébral). De part la
large distribution de l’innervation cholinergique cérébrale,
la propriété psychostimulante du tabac passe par la stimulation
de toutes les structures porteuses de récepteur nicotiniques. Un
effet supplémentaire de la nicotine est qu’elle inhibe une enzyme
de dégradation des catécholamines (NA, DA, 5HT) qu’est la
monoamine oxydase B. Si cette inhibition ne semble pas jouer un rôle
important dans l’addiction nicotinique. Elle renforce la neurotransmission
catécholaminergique de l’ensemble du système nerveux et participe,
en plus de l’activation du système cholinergique, à l’effet
psychostimulant de la nicotine.
3) Tolérance et dépendance à la nicotine.
La propriété addictive de la nicotine tient à
son effet sur les récepteurs nicotiniques du système dopaminergique
mésocorticolimbique. Ces récepteurs sont présents
sur les corps cellulaires des neurones de l’ATV et sur leurs terminaisons
dans le noyau accumbens. Des stimulations nicotiniques intermittentes excitent
les neurones de l’ATV renforçant la libération de dopamine
dans le noyau accumbens. Cependant une exposition longue réduit
l’efficacité de la nicotine entraînant la tolérance
(FIGURE 6). En effet, le fumeur chronique
maintient, entre chaque cigarette, une concentration faible de nicotine
dans son cerveau mais croissante avec l’addition des prise pendant la journée.
Cette faible concentration est suffisante pour désactiver les récepteurs
qui restent à la surface des neurones et pour ralentir leur renouvellement.
Le phénomène d’inactivation se traduit par une tolérance
rapidement installée (d’une cigarette sur l’autre) et d’une réduction
du plaisir ressenti. Après une brève période d’abstinence
(le sommeil par exemple) la concentration basale de nicotine redescend
(FIGURE 7) et autorise une partie des récepteurs
à retrouver leur sensibilité (soit parce qu’ils ont été
renouvelés, soit parce qu’ils sont passés du stade désensibilisé
au stade de repos). Le retour de tous ces récepteurs à un
état fonctionnel hausse la neurotransmission cholinergique à
un niveau anormal affectant l’ensemble du système cholinergique
central. Le toxicomane éprouve de l’agitation et de l’inconfort,
illustration du manque tabagique, qui le conduit à fumer une nouvelle
cigarette. Cette cigarette, étant la première après
la période d’abstinence (souvent la première de la journée),
procure un plaisir maximum car la sensibilité des récepteurs
nicotiniques dans le circuit de renforcement culmine à ce stade
de la journée. A la suite de cette première intoxication,
les récepteurs se désensibilisent rapidement, la tolérance
se développe et le plaisir diminue. C’est le cercle vicieux du tabagisme.
Enfin, il faut aussi retenir que la nicotine provoque une forte dépendance
et un conditionnement environnemental coriace qui fait qu’un ex-fumeur,
abstinent depuis de long mois, éprouvera toujours l’envie de fumer
dans des conditions particulières comme par exemple la fin d’un
repas. Ici la fin de repas est associée à la cigarette, le
conditionnement réveil le manque révélateur de la
dépendance psychologique.
III L’ALCOOL (éthanol)
L’alcool produit de nombreux effets dans le cerveau. Certains sont récréatifs
(euphorie, convivialité, levée d’inhibition sociale), d’autres
légèrement anxiolytiques, mais lorsque l’imprégnation
devient supérieur à 0,5g/l la toxicité alcoolique
se manifeste par des perturbations motrices (ataxie), de l’inattention
et une réduction de réflexes bien connus pour être
la cause d’accidents. A partir de 1,5g/l, sa neurotoxicité apparaît
sous forme d’amnésie puis devient létale vers 3 g/l par détresse
respiratoire dû au dysfonctionnement des centres respiratoires bulbaires.
Tous les effets alcooliques sont bien plus corrélés à
des interactions avec les systèmes de neurotransmissions excitatrices
et inhibitrices du cerveau qu’avec la propriété liposoluble
de l’alcool qui désorganise non spécifiquement les membranes
neuronales.
1) L’alcool et le GABA.
La neurotransmission inhibitrice dans le cerveau est majoritairement
médiée par la mise en jeu des récepteurs GABA A qui
laissent entrer du chlore dans les neurones lorsqu’ils sont activé
par le GABA. Il en résulte une hyperpolarisation inhibitrice. Certain
des récepteurs GABA A, possédant l’isoforme longue de la
sous unité gamma 2, sont sensibles à l’alcool qui potentialise
l’inhibition GABAergique. Dans cette sous unité se trouve une sérine
(un acide aminé) qui joue un rôle déterminant dans
la sensibilité du récepteur vis à vis de l’alcool
puisqu’elle doit être phosphorylée pour autoriser la potentialisation
alcool de l’hyperpolarisation GABAergique. De plus, cette sérine
serait impliqué dans la tolérance à l’alcool dans
la mesure où la perte de son état phosphorylé serait
à la base de cette adaptation à l’imprégnation alcoolique
qu’est la tolérance.
La potentialisation de l’effet du GABA se manifeste à
des doses d’alcool inférieures à 0.1g/l, mais l’augmentation
de l’intoxication par des concentrations sanguines supérieures à
2.5g/l s’accompagne d’un effet indépendant de la présence
du GABA sur le site de liaison du récepteur GABA A. Il y a alors
une prolongation de l’ouverture du canal chlore du récepteur GABA
A induisant une hyperpolarisation très forte des neurones. Ce phénomène
explique la gravité des overdoses alcooliques où l’hyperpolarisation
« paralyse » les neurones des centres respiratoires bulbaires
et provoque l’asphyxie.
2) L’alcool et la neurotransmission glutamatergique.
En plus d’augmenter l’efficacité de la neurotransmission inhibitrice
cérébrale, l’alcool réduit le niveau d’excitation
des neurones encéphaliques en perturbant le principal système
excitateur du cerveau qu’est la neurotransmission glutamatergique. Au sein
de ce système de neurotransmission, l’alcool a pour cible le récepteur
NMDA qui est un récepteur ionotropique s’ouvrant sous l’action du
glutamate, uniquement lorsque le neurone est déjà très
excité (dépolarisé). Une fois ouvert, le canal du
récepteur NMDA permet un influx important de calcium. Le calcium
déclenche des modifications à long terme de la plasticité
et du fonctionnement synaptique (comme la LTP) impliqué en particulier
dans la mémoire. Cependant l’influx calcique via le récepteur
NMDA est sous haute surveillance (blocage par le magnésium), car
un excès de calcium dans le cytoplasme est neurotoxique.
L’alcool s’avère être un bloqueur du récepteur
NMDA par un mécanisme encore mal connu n’impliquant pas les sites
connus du récepteur (site de liaison du glutamate, site modulateur
de la glycine et des polyamines, site de blocage par le magnésium).
Ce blocage est particulièrement marqué dans le locus coeruleus,
l’hippocampe et le noyau accumbens. La perturbation de la neurotransmission
glutamatergique dans le locus coeruleus serait associé à
l’euphorie alcoolique (impliquant aussi la dopamine et la 5HT), alors que
l’altération de la neurotransmission dans le noyau accumbens explique
la dépendance éthylique, enfin l’impact sur l’hippocampe
contribue à l’effet amnésiant et aux déficits cognitifs.
A propos de l’amnésie alcoolique, elle peut être
transitoire et relativement bénigne à la suite d’intoxications
massives et aiguës. Ces « trous noirs » sont appelés
des lacunes ou ictus mnésiques est sont réversibles. Par
contre, les troubles de la mémoire sont aggravés dans l’éthylisme
chronique où ils deviennent permanents. C’est le syndrome de Korsakoff
traduisant une lésion cérébrale étendue qui
affecte le cortex frontal, le gyrus cingulaire (partie interne du cortex
entourant le système limbique) et le système limbique. La
lésion mnésique antérograde (oubli au fur et à
mesure) se complique d’une désorientation spatio-temporelle et d’illusions
mnésiques. Ces illusions sont des fausses reconnaissances et des
fabulations (imaginations prises par l’alcoolique pour des souvenirs véritables)
3) L’alcool et les canaux calciques.
A l’instar de son effet sur les récepteurs NMDA, l’alcool block
aussi une autre voie d’entrée calcique que sont les canaux calcique
de type L. Par ce blocage, l’alcool induit une dépression globale
de la fonction neurale car quasiment tous les neurones possède de
tels canaux nécessaire au processus de libération de neurotransmetteurs.
Comme pour les récepteurs NMDA, les neurones essayent de surmonter
la toxicité en augmentant le nombre de canaux L, ce qui contribue
aussi à la tolérance et au syndrome de sevrage alcoolique.
4) L’alcool et la sérotonine.
L’administration de l’ondansetron, antagoniste du récepteur
5HT3 bloque l’effet euphorisant de l’éthanol suggérant que
la neurotransmission sérotoninergique est aussi affectée
par l’alcool au niveau de ce récepteur. En fait, des données
électrophysiologiques ont montré que l’alcool se comporte
comme un agoniste 5HT3 et dépolarise les neurones. Ce type de dépolarisation
(induite par l’alcool via les récepteurs 5HT3) pourrait stimuler
les neurones du complexe cortico-limbique et participer aux effets euphorisants
et délétères sur les fonctions cognitives et mnésiques.
De plus, l’activation des récepteurs 5HT3 concerne en particulier
les neurones du nerf vague qui, une fois excités excessivement,
induisent des nausées et les vomissements typiques des grandes concentrations
d’alcool dans le sang.
5) La tolérance et dépendance à l’alcool.
L’alcoolisation chronique cause non seulement de la dépendance
(action sur le système opiacé et sur le noyau accumbens)
mais aussi de la tolérance.
Le mécanisme de l’adaptation tolérante concerne la modification
des caractéristiques biochimiques des récepteurs GABA A (Cf.
plus haut , état de phosphorylation) conduisant à leur désensibilisation
et à leur disparition dans divers régions incluant le cortex
et le cervelet. Inversement, le cerveau tente de compenser les effets délétères
frappant la très importante neurotransmission glutamatergique en
augmentant l’expression des récepteurs NMDA. L’accroissement du
nombre de récepteurs NMDA fait remonter la fonction glutamatergique
vers un niveau normal. Enfin, il y a aussi une élévation
du nombre de canaux calciques L (Cf. plus haut). Ces adaptations réduisent
l’impact de l’alcool et incite l’alcoolique à augmenter sa consommation.
La dépendance alcoolique serait vraisemblablement reliée
aux opiacés car l’éthanol accroît la libération
des opiacés endogènes tel que les endorphines dans le circuit
de récompense. De plus, les récepteurs opiacés mu
et delta sont impliqués car leurs antagonistes naloxone et naltrexone
réduisent l’addiction éthylique. Il s’agirait plus particulièrement
des récepteurs présents dans l’ATV (voir plus loin le paragraphe
sur les opiacés).
FIGURE DE L’ACTION DES PSYCHOTROPES SUR
LE CIRCUIT DE RENFORCEMENT
Le sevrage alcoolique. L’abstinence chez un alcoolique chronique
révèle le phénomène de manque (ou sevrage)
qui reflète l’adaptation du cerveau à l’imprégnation
éthylique. En d’autres termes, le syndrome de sevrage est dû
à un hyperfonctionnement glutamatergique et un hypofonctionnement
GABAergique acquis lors des phénomènes compensatoires de
la tolérance. Il en résulte une hyperexcitation cérébrale
pouvant conduire à des convulsions ou crises épileptiques
(décharge motrice violente provoquant des contractions fortes et
involontaires des membres). Ces convulsions alcooliques disparaissent généralement
dans un délais de 6 heures après le début du sevrage.
Pendant les 24 premières heures de sevrage peuvent apparaître
des hallucinations visuelles et auditives transitoires associées
à une désorientation dans le temps. A la différence
des hallucinations psychotiques, il n’y a pas d’obscurcissement de la conscience,
c’est à dire que l’alcoolique sait qui vit des hallucinations. L’hyperexcitation
s’exprime aussi sur les neurones noradrénergiques du locus coeruleus
et sur le système sympathique. La sur-stimulation de ce dernier
est à l’origine d’hypertension, de tachycardie, de tremblements
et de transpiration apparaissant pendant le manque.
Une aggravation de l’alcoolisme tient au fait que pendant les passages
de manque, les neurones sont soumis à des influx calciques excessifs
et toxiques (à cause de l’augmentation du nombre de récepteurs
NMDA et de canaux L) qui conduisent à la mort neuronale.
Enfin lors d’un arrêt brutal de la consommation après
une longue période d’excès le Delirium Tremens risque de
se développer, il témoigne de la sévérité
de la dépendance physique. Cette détérioration mentale
se caractérise par un état de confusion extrême (perte
de la notion du lieu, du temps, voir de l’identité de l’alcoolique),
d’idées délirantes (persécution, mysticisme, mégalomanie)
de grande agitation et par des hallucinations visuelles constantes et effrayantes
qui sont d’autant plus terrorisantes que le patient n’a pas conscience
d’être aux prises d’hallucination. Cette inconscience différencie
le Delirium Tremens des hallucinations alcooliques transitoires et le rapproche
des psychoses. Le délire s’aggrave de fièvre, tremblement,
hypertension, sueur et déshydratation qui en font une urgence clinique.
Le delirium tremens est heureusement rare (5% de la population alcoolique)
mais entraîne une mortalité de 20 % chez les alcooliques délirants
non soignés. Son traitement est avant tout préventif.
IV LE CANNABIS
Actions neurophysiologiques. Grâce à ces différents mécanismes d’actions intracellulaires, les endocannabinoïdes peuvent réduire la libération des neurotransmetteurs par l'inhibition des canaux Ca++, s'opposant ainsi à l'entrée de calcium pendant la dépolarisation de la terminaison nerveuse. De plus, l'inhibition de l'adénylate cyclase au niveau présynaptique active des canaux potassiques (de type A) qui également inhibe l'effet du potentiel d'action dans la présynapse (FIGURE). Au niveau postsynaptique, l'activation des canaux K+ (inward rectifier) atténue la dépolarisation induite par les neurotransmetteurs et la possibilité de déclencher un nouveau potentiel d'action. Dans les conditions physiologiques, le système endocannabinoïde sert (1) de régulateur de l'activité motrice impliquant le cortex et le cervelet (inhibition de la neurotransmission glutamatergique médiée par les récepteurs NMDA), les noyaux de la base (inhibition dopaminergique et glutamatergique, et renforcement GABAergique) (2) de modulateur de la fonction mnésique de l'hippocampe (modulation de la neurotransmission glutamatergique et cholinergique dans l’hippocampe) (3) de régulateur de l’axe hypothalamo-hypophysaire (stimulation dopaminergique et inhibition noradrénergique) (4) de régulateur du système neurovégétatif (inhibition de la libération acétylcholine (parasympathique) et de noradrénaline (orthosympathique) (5) de modulateur des processus cognitifs impliquant le système limbique et le cortex.
Les endocannabinoïdes sont des neuromodulateurs particuliers car ce sont des lipides. Leurs libération dépend de la stimulation/dépolarisation des neurones, de l’entrée de Ca++ et elle résulte en un clivage Ca++ dépendant, réalisé par la phospholipase D, d’un phospholipide membranaire (N-arachidonyl-phosphatidyléthanolamine). Une fois libéré, ils sont recaptés par les neurones et les astrocytes et détruit par hydrolyse (action de l’amidohydrolase). Cette dégradation fait que l’effet des endocannabinoïdes est bref, processus auquel semble échapper le THC. Comme on l'a vu, les endocannabinoïdes ont principalement une action présynaptique de régulation de la libération des neurotransmetteurs, mais ceux-ci ont en retour un effet sur la libération de l'anandamine. C'est en particulier le cas dans le striatum où la dopamine favorise la libération de endocannabinoïdes en agissant à travers des récepteurs "D2 like" (D2, D3 et D4). En retour, les endocannabinoïdes réduisent la libération de dopamine.
2) Les impacts neurologiques du THC
Les effets ressentis. La consommation de cannabis est hédonique
car elle apporte de l’euphorie, des fous rires, de la loquacité,
de la sédation, de l’asthénie, et elle est anxiolytique (effet
sur le système limbique). Le cannabis fait « planer »,
induit une dépersonnalisation (se sentir étrange, détaché
de soi), une distorsion de la perception temporelle, un accroissements
de certain sens (audition), provoque de la tachycardie (effet sur le SNV),
stimule l’appétit (effet sur l’hypothalamus), est analgésique
(effet sur la moelle et les DRG), réduit la motricité volontaire
(effet cataleptogène, actions sur le cervelet, les ganglions de
la base et le cortex) et provoque des difficultés de concentration
des troubles de la mémoire (effet cortico-hippocampique) et de la
confusion dans des cas extrêmes.
Effets neurotoxiques en usage aigu. En raison de sa forte lipophilie,
le THC a une action perturbatrice sur les membranes qui s’ajoute à
son rôle d’agoniste des récepteurs cannabinoïdes. Toujours
à cause de sa lipophilie il reste très longtemps dans l’organisme.
Il faut attendre 3 jours pour qu’il atteigne un niveau négligeable,
mais détectable, dans l’organisme à la suite d’une seule
prise de cannabis. Les cannabinoïdes psychoactifs provoque une activation
des neurones dopaminergiques du système de récompense/renforcement
(ATV-Mésocorticolimbique). Cette stimulation sous-tend le comportement
d’abus, toxicomaniaque des consommateurs de THC. De part cet impact sur
le circuit de récompense, le THC s’apparente à d’autres drogues
comme la morphine, l’alcool et le tabac (nicotine).
FIGURE DE L’ACTION DES PSYCHOTROPE SUR LE
CIRCUIT DE RENFORCEMENT.
Le THC active aussi les neurones à dopamine de l'ATV appartenant
au faisceau médian télencéphalique innervant le cortex
préfrontal . Dans cette région la dopamine facilite les processus
de mémoire à court terme (mémoire de travail) via
des récepteurs D1, mais la surstimulation de ces récepteurs
à cause de l'effet du THC provoque des altérations de la
mémoire à court terme. Compétition CB1/D1like pour
contrôler l’activité de l’adénylate cyclase.
Dans l'hippocampe, le THC agit sur des interneurones en inhibant la
libération de leurs neurotransmetteurs GABA et CCK. De fait, le
traitement hippocampique de l'information est perturbé (en particulier,
une désynchronisation du codage en fréquence) et l'apprentissage
et la mémoire sont altérés.
Par contre, dans le striatum, l'activité GABAergique est accrue
par le cannabis induisant la dépression motrice. (FIGURE
CB1 et MOTRICITE)
Effets neurotoxiques en usage régulier. Au niveau macroscopique
(imagerie cérébrale), la toxicomanie chronique au cannabis
(10 « joints » par semaine) cause une augmentation de la taille
des cavités cérébrales caractéristique d’une
atrophie cérébrale. Au niveau cellulaire, l’usage de cannabis
modifie aussi l’activité dopaminergique des neurones de l’aire tegmentale
ventrale (ATV) qui projettent leurs axons sur le noyau accumbens et sur
le circuit fronto-ponto-cérébelleux. Il y a une diminution
de la décharge (firing) des neurones dopaminergiques de la substances
noire et de l’ATV (par contre, un usage aigu de THC stimule ces neurones).
Lors de toxicomanies chroniques, des changements s’opèrent au
niveau des récepteurs CB1, ce qui entraîne aussi des modifications
dans le système dopaminergique et du flux sanguin cérébral
en particulier dans le cortex frontal et dans le cervelet.
L’activation physiologique des récepteurs CB1 induit une vasodilatation
des artérioles cérébrales. Or, l’usage régulier
du cannabis provoque une adaptation de l’organisme à la stimulation
anormale des récepteurs CB1, c'est la tolérance. Elle se
traduisant par une diminution de la concentration ou/et la sensibilité
des récepteurs CB1 due à une diminution de la synthèse
des récepteurs, à un découplage avec le système
de transduction et à la réabsorption des récepteurs
présents dans la membrane. Cette disparition de récepteurs
CB1 a été observée en particulier dans le cervelet,
le striatum et l'hippocampe. La perte de fonction « CB1 » au
niveau des artérioles cérébrales des consommateurs
chroniques provoque la réduction du flux sanguin (par absence de
la vasodilatation induite normalement par l’anandamide via l’activation
des récepteurs CB1 vasculaires). En conséquence, l’apport
en glucose et oxygène indispensable au métabolisme cérébral
est réduit. Les symptômes de ces troubles circulatoires et
métaboliques s’illustrent principalement par des troubles de l’attention
mais aussi par une diminution des capacités d’apprentissage et un
déficit mnésique qui persistent après la désintoxication.
La neurotoxicité du cannabis a très longtemps sous-estimée
mais il est maintenant démontré que le THC provoque la mort
de neurone par apoptose dans l’hippocampe. Ceci expliquerait en particulier
le caractère définitif des déficiences mnésiques.
Les lésions neuronales et les troubles cognitifs sont d’autant plus
« installés » que la consommation de cannabis à
débuter tôt, comme on l’a constaté chez des sujets
toxicomanes depuis l’âge de 16 ans.
Les séquelles cognitives sont aussi dues à une altération
globale de tous les systèmes de neurotransmetteurs dont l’activité
est physiologiquement normalement modulée par les endocannabinoïdes
cérébraux. Le THC entraîne en plus d’un déficit
du métabolisme cellulaire, une dérégulation de la
modulation de la transmission synaptique particulièrement évidente
dans le système dopaminergique de l’ATV qui innerve le circuit fronto-ponto-cérébelleux,
le striatum le système limbique et le noyau accumbens.
Le mécanisme d'intoxication au cannabis fait aussi intervenir
des processus visant à compenser la perte de fonction des récepteurs
CB1 due à leurs surstimulation. La plus connue de ces compensations
est un renforcement de la neurotransmission opiacée (enképhaline)
dans le striatum (noyau caudé et putamen). Cette élévation
de l'activité "enképhaline" ne correspondant pas un besoin
physiologique, mais découlant de l'intoxication au THC, participe
à la perturbation du fonctionnement cérébral liée
à l'usage du cannabis.
Il apparaît donc que le cannabis provoque de la tolérance par désensibilisation des récepteurs CB1, mais également de la dépendance par son action sur l’ATV, car les fumeurs chroniques se plaignent, lorsqu’ils sont abstinents, d’anxiété, de déprime, de trouble du sommeil et de perte d’appétit. Il est à noter que le processus neuronal de la dépendance au cannabis est commun avec les drogues dures, mais on considère le cannabis comme une drogue douce car le THC n'induit pas de dépendance physique importante (pas de syndrome de manque invalidant)
3) Les psychoses cannabiques.
Lorsque la consommation est très forte et prolongée des
psychoses peuvent être induites. Il existe 2 formes aiguës réversibles
rapidement (moins d’un mois) grâce à un traitement avec des
anxiolytiques et/ou des neuroleptiques. Il s’agit du syndrome confusionnel
aigu et du syndrome schizophréniforme. Le premier se manifeste par
des altérations sensorielles, des amnésies des faits récents,
des idées délirantes à thèmes de persécution,
de l’incontinence affective et émotionnelle et de l’agressivité.
Le second est marqué par une tendance à la paranoïa
avec une méfiance et attitude de défense même vis à
vis de l’entourage ; il n’y a pas d’agressivité ou d’amnésie.
En plus de ces syndromes aigus, existe le trouble psychotique
chronique dont les manifestations cliniques sont la paranoïa ou la
mégalomanie avec des délires de persécution ou de
grandeur, accompagnés de passage à l’acte violent. De plus,
on note un appauvrissement intellectuel, des déficits mnésiques
et cognitifs (attention et concentration) ainsi que de la léthargie,
de la distractibilité et de la négligence de soi. Cette complication
du cannabisme évolue de manière cyclique pendant des mois
ou des années et nécessite le traitement aux neuroleptiques.
Le rôle du cannabis dans les psychoses est surtout un rôle
inducteur de la pathologie essentiellement chez des personnes prédisposés
aux psychoses. Le THC serait un révélateur, un facteur favorisant
de schizophrénies latentes plutôt que l’origine des troubles
déstructurants. En cela, il ne faut pas amalgamé les effets
du THC à ceux d’autres drogues psychotogéniques comme les
psychédéliques et les psychostimulants (LSD, cocaïne,
amphétamines...)
4) Le cannabis thérapeutique.
L’effet analgésique du cannabis a incité
certains médecins à préconiser l’usage de cette drogue
pour soulager des patients subissants des douleurs importantes. On sait
maintenant que l’effet analgésique des cannabinoïdes diffère
des manifestations psychotropes car c’est en agissant au niveau de la moelle
épinière que ces molécules réduisent la perception
douloureuse (alors que l’effet stupéfiant est dû à
l’action cérébrale du THC). Dans la moelle épinière,
les cannabinoïdes stimulent des récepteurs CB1 présent
sur des terminaisons de neurones GABAergiques et interagiraient aussi avec
les systèmes opiacés (enképhaline, endorphine et dynorphine).
La mise en jeu des récepteurs CB1 inhibe la neurotransmission GABAergique
médullaire impliqué dans le transfert de l’information douloureuse.
Si le THC est le principal agent psychotrope du cannabis, il n’est
pas le seul composé de cette plante à posséder des
effets antinociceptifs. Parmi les cannabinoïdes, il existe les acides
cannabinoïques qui, sans être psychoactifs, sont analgésiques.
L’avenir thérapeutique du cannabis passe donc plutôt par les
acides cannabinoïques que par une prescription hâtive du THC.
Une autre propriété thérapeutique du cannabis est son effet anti-inflammatoire, vraisemblablement médié par l’activation des récepteurs CB2 porté par les cellules de la lignée hématopoïétique (les cellules immunitaires impliquées dans la défense de l’organisme contre les infections). La mise en jeu des récepteurs CB2 réprime l’activité des cellules immunitaires ce qui calme l’inflammation. Au vu de cet effet dépressif sur la fonction immunitaire, il apparaît que la prescription de cannabis pour soulager les souffrances et stimuler l’appétit des malades du SIDA est absolument à proscrire puisque l’effet anti-inflammatoire aggrave la déficience du système immunitaire caractéristique de ce syndrome.
Enfin, deux dernières applications médicales possibles sont (1) le pouvoir antiémétique des cannabinoïdes qui trouve une application dans le traitement des effets secondaires des médicaments anticancéreux comme le cisplatine ; (2) l’effet dépressif sur la motricité qui pourrait ouvrir la voie vers des thérapies des troubles moteurs telle que la maladie de Huntington (perte de sites CB1 dans la substance noire).
V LES OPIACES
Les opiacés regroupent la morphine et ses dérivés
tels que l'héroïne et la méthadone.
En dehors des effets psychotropes, l'usage des opiacés provoque
de la constipation, sécheresse de la bouche, démangeaison,
règles irrégulières et à un niveau plus grave
des troubles gastro-intestinaux et de la dépression respiratoire.
Ces drogues entraînent de la dépendance et de la tolérance.
Le syndrome de sevrage (= le manque) comprend des insomnies, douleurs musculaires
et articulaires, des nausées, diarrhées, tremblements, sueurs.
1) Au niveau thérapeutique
La méthadone est utilisée pour se substituer à
l’héroïne, elle sert de transition entre l’héroïnomanie
et l’abstinence car c’est un opiacé plus « doux » que
l’héroïne. Quant à la morphine, c’est le meilleur analgésique
connu, mais sa toxicité en limite malheureusement l’usage (réservé
au traitement des grandes douleurs). Un autre dérivé de l’opium,
la codéine est employée comme analgésique (10 x moins
puissant que la morphine) et comme antitussif. Ce médicament, autrefois
en vente libre en pharmacie, est maintenant délivré sur ordonnance
car les héroïnomanes l’utilisent comme drogue d’appoint.
2) Au niveau moléculaire
La morphine et ses dérivés agissent sur les récepteurs
métabotropiques des opiacés endogènes (enképhalines,
dynorphines et endorphines). Ces récepteurs sont couplée
à l’adénylate cyclase négativement via Gi/o, ils modulent
aussi la probabilité d’ouverture de canaux ioniques ce qui leur
permet de contrôler l’excitabilité des neurones. Il existe
3 sortes de récepteurs : mu, delta et kappa très largement
distribués dans le cerveau. Avec leurs ligands endogènes
ces récepteurs modulent plusieurs fonctions dont la réponse
à la douleur, au stress et le contrôle limbique des émotions.
Les actions psychotropes des opiacés passent par l’inhibition
de l’adénylate cyclase et, par voie de conséquence, conduisent
à la déphosphorylation des canaux sodiques et calcique. De
plus, par l’intermédiaire de la protéine de couplage Gi/o,
les opiacés activent des canaux potassiques. Il s’en suit une hyperpolarisation
inhibante des neurones par ouverture des canaux potassiques et fermetures
des canaux sodiques et calciques (Figure de
l'activation des récepteurs mu). L’effet euphorisant des opiacés
est médiés par les récepteurs mu et delta. Par contre,
l’activation des récepteurs kappa est aversif et entraîne
des troubles de l’humeur (FIGURE : CONTROLE
DU CIRCUIT DE RENFORCEMENT PAR OPIACES ENDOGENES)
.
3) la Tolérance et la dépendance
La dépendance est principalement causée par la
stimulation des récepteurs mu des interneurones inhibiteurs (gabaergiques)
de l’ATV. Des souris mutantes mu-/- ne développent pas de dépendance
à la morphine ni de syndrome de sevrage ni d’analgésie. Le
locus coeruleus est également particulièrement affecté
par les opiacés et son dysfonctionnement serait à l’origine
de la dépendance physique en se répercutant indirectement
sur le système neurovégétatif. La gravité de
l’addiction aux opiacés est aussi due au conditionnement environnemental
qui est très puissant dans le cas de ces drogues et générateur
de rechute. Ce conditionnement implique la stabilisation de certaines connexions
neuronale impliquée dans la mémorisation, ainsi que la modification
de l’expression génique dans les neurones (voir plus bas).
La tolérance se développe avec la répétition
des prises d’opiacés et tend à ramener le fonctionnement
neuronal à un niveau homéostatique malgré l’exposition
chronique aux opiacés. La compensation pourrait faire intervenir
la désensibilisation des récepteurs par réduction
de leurs renouvellement (turn-over) et/ou par internalisation. Cependant
le processus de tolérance aux opiacés le plus connu est une
augmentation d’activité basale du système de transduction
de l’AMPc, constatée dans le locus coeruleus et le noyau accumbens
. Pour cela, le nombre d’adénylate cyclase et de protéine
kinase A augmente alors que le nombre de protéines Gi inhibitrices
de l’adénylate cyclase diminue. Ce mécanisme de tolérance
est aussi déclenché dans le noyau accumbens par l’alcool
et la cocaïne.
(FIGURE de l'impact des opiacés
sur le système de transduction de l'adénylate cyclase)
Le « manque » résulte d’une hyperactivité neuronale causé par l’hypersensibilité réactionnelle de la synthèse de l’AMPc. En effet, les opiacés inhibent via leurs récepteurs l’adénylate cyclase productrice d’AMPc, à long terme cette inhibition est compensée par l’élévation de la capacité cellulaire de synthèse de l’AMPc, à la base de la tolérance. Cette capacité accrue est dévoilée lors du manque. Il y a alors une phosphorylation importante des canaux sodiques par la protéine kinase A (dépendante de l’AMPc) ce qui les active et produit l’hyperactivité neuronale.
Altération de l’expression génique. Les variations affectant le système de transduction de l’AMPc dans la toxicomanie aux opiacés (inhibition en usage aigu, élévation en usage chronique) ont des répercutions sur l’expression des gènes ce qui pourrait expliquer les phénomènes à long terme de cette toxicomanie que sont la dépendance et le conditionnement environnemental. L’activation de l’adénylate cyclase permet la synthèse de l’AMPc, ce second messager active la protéine kinase A qui induit, par phosphorylation de protéines, de nombreux événements cellulaires. Parmi ceux-ci se trouve la phosphorylation du facteur de transcription CREB qui active l’expression de certains gènes et modifie à long terme le fonctionnement du neurone (FIGURE de l'impact des opiacés sur le système de transduction de l'adénylate cyclase). C’est donc en faisant varié la phosphorylation de CREB que les opiacés provoque la dépendance et le conditionnement à long terme. Pour cela, CREB pourrait participer à des processus de plasticité synaptique comme il le fait lors de son renforcement de la mémoire à long terme.
VI LES HALLUCINOGENES PSYCHEDELIQUES
Cette catégorie de drogue regroupe des excitants comme la mescaline
(une phényléthanolamine), la psilocine (principe actif de
la psilocibine générée par la dégradation de
celle-ci) et le LSD (ces deux derniers étant des indolamines comme
la 5HT). Sous l’emprise de ces molécules, les utilisateurs ont l’impression
d’être plus lucide et que les altérations sensorielles qu’ils
ressentent reflètent une réalité supérieur
à celle de l’état de conscience normale. Ces drogues révéleraient
pour leurs prosélytes un niveau de perception sur-humain. Finalement,
c’est à cause de ces « mirages cognitifs » que l’on
appelle ces drogues des psychédéliques, c’est à dire
« qui manifeste l’esprit ».
Ces drogues entraînent donc d’importantes distorsions perceptuelles
et cognitives recherchées par les toxicomanes. A ce titre et en
toute rigueur, on ne devrait pas qualifier ces drogues d’hallucinogènes
puisqu’elles ne créent pas de perceptions artificielles (comme le
font les amphétamines et la cocaïne dans les psychoses et l’alcool
dans le delirium tremens). Le LSD et ses analogues causent aussi des distorsions
affectives ainsi que des troubles psychiatriques s’approchant de la schizophrénie.
Aussi, devrait-on qualifier ces drogues de psychotomimétiques ou
psychotogéniques : qui mimiment ou induisent des états psychotiques.
Des terreurs et des confusions mentales apparaissent sous l’effet de
ces drogues qui dans certains cas ont poussé des toxicomanes à
sauter par la fenêtre. Mais l’une des plus graves séquelles
de cette forme de toxicomanie est qu’elle déclenche des maladies
mentales durables même lors de la première prise. En effet
on connaît des centaines de cas de schizophrénie résultant
d’un seul « bad trip ».
Dans le système nerveux central, les hallucinogènes
produisent leurs manifestations psychédéliques en affectant
le fonctionnement du locus coeruleus et les neurones glutamatergiques du
néocortex par des mécanismes impliquant la neurotransmission
sérotoninergique centrale.
1) Action sur les récepteurs 5HT1a.
Les
structures moléculaires de la mescaline, de la psilocine et du LDS
présentent des analogies avec celle de la sérotonine
qui confèrent à ces drogues un potentiel sérotonino-mimétique.
Ainsi le LSD et la psilocine sont des puissants inhibiteurs de l’activité
électrique des neurones du raphé. L’inhibition est due à
une action directe sur le soma des neurones sérotoninergiques du
raphé où le LSD et la psilocine activent les autorécepteurs
5HT1a. Cependant, la seule activation des autorécepteurs 5HT1a est
insuffisante pour le développement des hallucinations, car les anxiolytiques
sérotoninergiques comme le buspirone agissent sur les autorécepteurs
5HT1a du raphé sans être hallucinogènes. D’autre part,
la mescaline n’est qu’un faible agoniste des autorécepteurs 5HT1a
mais elle est hallucinogène.
2) Action sur les récepteurs 5HT2.
Par contre, tous ces psychédéliques ont en commun d’activer
un autre type de récepteurs de la sérotonine : le récepteur
5HT2 (et plus particulièrement le sous type 5HT2a). A la différence
des autorécepteurs 5HT1a présysnaptiques et inhibiteurs,
les récepteurs 5HT2 sont postsynaptiques et excitateurs et ils sont
présents dans de nombreuses structures cérébrales
(dont les noyaux du tractus solitaire et accumbens) avec une forte concentration
dans les neurones du néocortex.
Les hallucinogènes agissent via les récepteurs
5HT2 sur le néocortex et sur le locus coeruleus principalement.
Ce dernier est le noyau regroupant l’essentiel des neurones noradrénergiques
centraux (seulement 3000 neurones innervant 30 à 50% des neurones
cérébraux). Il est constitué de 2 parties localisées
dans le pont de Varole (mésencéphale) de part et d’autre
du 4eme ventricule. Il reçoit des influx sensoriels, somatiques
et viscéraux qu’il transmet à l’ensemble de l’encéphale
grâce à ces axones très divergeants. Les hallucinogènes
inhibent les influx somatiques et viscéraux afférent au locus
coeruleus, tout en facilitant les influx sensoriels. Cet effet double est
réalisé par l’intermédiaire des récepteurs
5HT2 portés par des interneurones GABAergiques et glutamatergiques
qui modulent le fonctionnement du locus coeruleus (FIGURE
action des hallucinogènes). Ainsi, la stimulation des interneurones
GABAergiques augmente la libération de GABA dans le locus coeruleus
ce qui inhibe, via des récepteurs GABA A, les influx somatiques
et viscéraux. Inversement, l’activation des interneurones glutamatergiques
renforce les influx sensoriels, par l’intermédiaire de récepteurs
NMDA, et participe au développement des hallucinations. Il en résulte
que le locus coeruleus envoie au néocortex des informations sensorielles
altérées et amplifiées.
Au sein du néocortex, les psychédéliques perturbent
la neurotransmission glutamatergique impliquant des interneurones qui établissent
des synapses sur des neurones pyramidaux (neurones également glutamatergiques).
Les interneurones possèdent des récepteurs 5HT2 sur leur
terminaisons qui modulent normalement, par des axones sérotoninergiques
issus du raphé, la libération de glutamate. Les hallucinogènes
activent les récepteurs 5HT2, accroissant la libération de
glutamate par les interneurones et stimulant ainsi les neurones pyramidaux
dont l’activité devient alors anormale (FIGURE
action des hallucinogènes). La perturbation de la libération
de glutamate par les neurones pyramidaux, dans le néocortex induits
les hallucinations et les troubles cognitifs ainsi qu’une neurotoxicité
glutamatergique nommée excitotoxicité. A cet effet direct
sur le néocortex, s’ajoute la répercussion de l’activation
du locus coeruleus par le LDS et ses analogues, car ses neurones libèrent
de la noradrénaline sur des récepteurs a1 portés par
les terminaisons des interneurones glutamatergiques (FIGURE
action des hallucinogènes). La stimulations des récepteurs
noradrénergiques a1, accentue à l’instar des récepteurs
5HT2 la libération de glutamate sur les neurones pyramidaux.
VII LES PSYCHOSTIMULANTS
Cette catégorie de stupéfiants regroupe la cocaïne et le crack (son dérivé basique free-base, la cocaïne étant un sel) d’une part et les amphétamines et leurs dérivées (éphédrine, MDMA = ecstasy) d’autre part. Ces diverses molécules ont des modes d’actions légèrement différents mais elles développent des puissants effets psychotropes de la même manière, à savoir, une augmentation de la quantité de catécholamines dans la fente synaptique.
Les effets. Les toxicomanes recherchent l’euphorie, l’élévation de la vigilance et l’accroissement de la force et l’abolition de la perception de la fatigue procurées par ces excitants (speed), certains peuvent même utiliser les amphétamines pour empêcher le sommeil. Ces effets psychotropes durent plus longtemps avec les amphétamines (3 à 6 heures) qu’avec la cocaïne (environ 1 heure), c’est la phase de « rush » qui est suivi par une phase d’abattement avec irritabilité, anxiété et dépression, c’est « le crash ». Ces actions psychiques s’accompagnent de manifestations somatiques comparable à l’excitation du système orthosympathique (action sympathicomimétique) : accélération des rythmes cardiaque et respiratoire, hyperthermie et mydriase (dilatation des pupilles).
Une petite histoire sur la cocaïne. L’usage de la cocaïne fut développer en Europe vers 1878 à l’instigation de Freud qui fut cocaïnomane pendant une 15aine d’années mais qui, en tant que neurologue, en avait noté la propriété anesthésique. Il se fit le promoteur de cette drogue en pensant que cet alcaloïde serait un outil pour comprendre les maladies mentales et pour désintoxiquer les drogués aux opiacés. Mais en tentant de sevrer, avec de la cocaïne, un ami morphinomane il provoqua sa mort. Malgré ce drame, Freud continua à promouvoir la cocaïne jusqu’en 1887 quand il reconnu s’être trompé (dans Cocaïnomanie et Cocaïnophobie).
1) Mode d’action.
La cocaïne inhibe les transporteurs nécessaire à
la recapture présynaptique des catécholamines (DA, NA...).
Il s’en suit une élévation de la concentration catécholaminergique
dans la fente synaptique et une surstimulation postsynaptique (Figure
de l'action de la cocaïne).
Les
amphétamines accroissent la concentration de catécholamines
par un mécanisme distinct de celui de la cocaïne. Les amphétamines
diffusent dans la terminaisons, et du fait de leur similitude avec la dopamine
et la noradrénaline (figure ci-contre) elles provoquent la vidange
des vésicules synaptiques en faisant fonctionner, en sans inverse,
les transporteurs des catécholamines.(Figure
de l'action des amphétamines)
Les innervations noradrénergiques (locus coeruleus) se projetant
sur toutes les principales structures télencéphaliques et
diencéphaliques, il est facilement concevable que l’augmentation
de la quantité des catécholamines dans le cortex, le système
limbique, les noyaux de la base et l’hypothalamus est responsable de la
psychostimulation (euphorie, accroissement de l’acuité mental) médiée
par la cocaïne et les amphétamines.
De même, l’impact sur le locus coeruleus expliquent l’accroissement
de la force car les neurones noradrénergiques possèdent des
projections médullaires sur les motoneurones qui régulent
l’activité musculaires.
Lorsque l’inhibition de la recapture ou la vidange des vésicules
présynaptiques affecte la dopamine libérée dans le
noyau accumbens par les terminaisons du faisceau mésocorticolimbique,
alors l’accroissement de dopamine dans ce noyau provoque la dépendance
aux excitants.
2) Effets néfastes.
Sur le plan somatique. En dehors de la dépendance, la cocaïne
et les amphétamines induisent de l’arythmie cardiaque (Cf. le cas
de Maradona) et une vasoconstriction intense qui provoque de l’hypertension
et une nécrose par ischémie des muscles striés (rabdomyolyse),
des cloisons nasales, des extrémités (doigts, orteils), des
intestins, du foie, des reins et des tissus nerveux. Il y a aussi des hémorragies
méningées et des convulsions résistantes aux antiépileptiques
souvent rencontrés avant les décès des cocaïnomanes.
Les amphétamines tuent par arrêt cardiaque, hémorragies
cérébrales ou pulmonaires. Des décès peuvent
aussi survenir dans les cas d’intoxication à l’ecstasy à
la suite de déshydratation associée à une hyperthermie
maligne et à de la rhabdomyolyse.
Toujours à propos de l’ecstasy, en plus du risque létal
énoncé ci-dessus et de troubles bénins (nausées,
sudation, anorexie, tremblement hypertonie, mydriase), un danger supplémentaire
relatif à ces drogues de synthèses est leur caractère
frelaté puisqu’une étude sur plus 700 échantillons
collectés dans des « rave » montre que seulement 30%
contiennent de l’ecstasy (MDMA = méthylène dioxymétamphétamine),
le reste allant de cocktail de vitamines à des anesthésiques
vétérinaires.
Sur le plan psychique. On observe de l’anxiété, de l’agitation
psychomotrice avec de la confusion, de l’angoisse, des idées délirantes
et paranoïaques, de l’amnésie et de la dysphorie (grande instabilité
de l’humeur) et des psychoses (ayant des similitudes avec la schizophrénie
puisque les toxicomanes ont des hallucinations auditives, « ils entendent
de voies »). Une autre hallucination très spécifique
de la psychose induite par les stimulants est l’hallucination tactile.
Elle se manifeste au début par des démangeaisons et de fourmillements,
le toxicomane examine sa peau et se gratte, il explique sont comportement
par des idées délirantes (présence d’animaux sous
sa peau, vers ou poux).
Comme ces psychoses toxicomaniaques peuvent être traitées
par les neuroleptiques et que ces derniers agissent par blocage des récepteurs
dopaminergiques, il est vraisemblable que l’hyperactivité dopaminergique
induite par les excitants soit à l’origine des troubles mentaux.
3) dépendance et tolérance
Ces psychostimulants n’entraînent pas de dépendance physique,
mais une dépendance psychique très forte qui peut perdurer
plusieurs années après l’arrêt de la consommation.
De plus, il n’a pas été constaté de tolérance
des effets psychostimulants des amphétamines.
Par contre, il y a une tolérance des effets euphorisants et
anorexigènes de la cocaïne qui incitent à augmenter
les doses. A contrario, la cocaïne induit à la longue une tolérance
inverse, appelée sensibilisation, des actions cardiostimulantes.
La sensibilisation concerne aussi la paranoïa induite pas la cocaïne
et les amphétamines qui peut réapparaître même
à faible dose et après sevrage. Les manifestations cardiostimulante
et paranoiaques deviennent de plus en plus importantes avec la réitération
de l’exposition de l’organisme à la drogue. La sensibilisation peut
persister après le sevrage (à l’image du conditionnement
environnemental) et résulte de la réponse neuronale à
la déplétion de catécholamines par une augmentation
du nombre de récepteurs postsynaptiques. Il semble que les récepteurs
postsynaptique D1 jouent un rôle primordial dans la sensibilisation
à la cocaïne. En fait, c’est l’efficacité du couplage
entre le récepteur D1 et l’adénylate cyclase qui est renforcée
en particulier dans le noyau accumbens. Il en résulte une élévation
de la synthèse d’AMPc, de l’activité de la protéine
kinase A et du facteur de transcription CREB. On peut concevoir que CREB
activerait l’expression de gènes nécessaire à l’installation
du processus de sensibilisation. Un tel mécanisme d’altération
de l’expression génique est comparable à ce qui a été
décrit avec les opiacés. Il peut explique la dépendance
psychique à long terme des excitants car l’activation de la voie
de CREB est induite dans le système dopaminergique mésolimbique
par ces molécules et bloquée par des antagonistes D1
4) application thérapeutique
Les amphétamines sont utilisés médicalement parfois
(de plus en plus rarement) pour traiter des dépressions (effet dynamisant)
et plus souvent l’obésité (effet anorexigène). Les
amphétamines entrent aussi dans la prise en charge d’une maladie
rare la narcolepsie (sorte de maladie du sommeil). Enfin, ces molécules
sont utiles pour traiter les enfants victimes du trouble du déficit
de l’attention (ou syndrome d’hyperactivité de l’enfant ou dysfonction
cérébrale à minima). Pour cette pathologie il ne s’agit
pas d’un effet paradoxale des amphétamines mais de leur classique
action d’élévation de l’acuité mentale. En effet ces
enfants sont hyperactifs car ils sont incapable de fixer leur attention.
Les amphétamines en augmentant leur acuité mentale, permet
aux enfants de se concentrer, ils deviennent alors calment et restent «
en place ». les formes médicamenteuses sont la benzédrine,
la méthédrine et le maxiton. L’importance de leur usage dépend
des pays.
En ce qui concerne la cocaïne, sa propriété anesthésique
par blocage de la conduction des influx des fibres sensitives (constatée
en particulier par Freud) a conduit à l’élaboration d’analogue
propre à une application médicale dans l’anesthésie
locale. Il s’agit de composé comme la lidocaïne, la procaïne
et la tétracaïne.
FIGURE RECAPITULANT LES EFFETS DES DROGUES SUR LA TRANSMISSION SYNAPTIQUE
POUR ALLER PLUS LOIN