
Monologue composé au milieu des
années soixante-dix, Marie-Jeanne est l'un de ces prodigieux pièges
à rêves que Ferré
aimait à poser comme des collets. Figure métaphorique du poète,
cette jeune femme mystérieuse
flotte comme un hologramme dans le clapotis des méninges.
Son territoire de parole coïncide avec le seul espace
libre concédé à l'homme moderne.
Pirate des ondes hertziennes, Marie-Jeanne n'apparaît, en effet,
qu'à la fin des émissions de télévision, au moment
du décrochage.
Quand l'écran s'ensable et met la poésie à l'ordre du jour
à moins que ce ne soit, selon le mot de Cocteau,
" à la merci de la nuit". A ce moment précis où
le téléspectateur
cesse d'être un récepteur bipède pour retrouver sa propre
chorégraphie mentale délestée de l'encodage culturel et
de la
bourre du prêt à penser.
" C'est l'instant, écrit Ferré,
qui ne s'arrête plus d'être l'instant
béni, parfumé comme une cigarette cachée".
.../...
Ami lecteur, si tu croises
Marie-Jeanne,
file-lui une taffe qu'elle te
réclame et suis-la,
surtout suis-la !
La vie commence
dans le
" bleu de sa voix".
Patrick BUISSON
MARIE-JEANNE
Format 130X170
Edition La Mémoire et la Mer
Date de parution : 15 février 2001