TIBOU THERAPIE (1987)
LA THÉRAPIE DÉCHANGES ET DE DÉVELOPPEMENT.
Modèle théorique et pratique quotidienne en psychiatrie infantile.
Sommaire.
Introduction.
Autisme et thérapies comportementales.
Tableau clinique. La thérapie :
Pavlov: Le conditionnement classique. Skinner: Le conditionnement opérant.
Déroulement dune thérapie déchanges et de développement.
Lobservation : Anamnèse. Lenfant dans le service. Synthèse préliminaire
Protocole de la T.E.D : Organisation matérielle. Déroulement de la séance. La réunion de synthèse des thérapies.
Analyse dune T.E.D.
TIBOU : Lenfant. Le service. La ligne de base. La synthèse préliminaire et le protocole.
Conclusion sous la forme dune analyse.
Annexes et Bibliographie.
LA THÉRAPIE D ÉCHANGES ET DE DÉVELOPPEMENT.
INTRODUCTION.
Au cours de ce thème libre de stage déducateur (2° année), je tenterai de présenter la TED ( Thérapie dÉchanges et de Développement) telle quelle est pratiquée dans le service de psychiatrie infantile dun centre hospitalier. Après un court rappel théorique sur lautisme selon Kanner et quelques auteurs, le lecteur pourra trouver une approche succincte du Behavior thérapies selon le modèle Skinnerien. Ensuite le déroulement dune TED suscitera éventuellement des réflexions en rapport avec lanalyse personnelle de la prise en charge de TIBOU.
Cette étude sera illustrée de quelques graphiques et comptes rendus en annexe.
Il se peut que des réflexions personnelles ( qui nengagent que moi) soient lobjet de surprise pour le lecteur ; elles poseront alors une question ouverte à sa curiosité, avertie ou non de la méthode thérapeutique selon le comportementalisme. Cela demeurera ma propre conclusion.
LA T.E.D.
La thérapie déchanges et de développement est une méthode thérapeutique inspirée des techniques déjà anciennes. Alliant la rééducation psychomotrice et le conditionnement opérant dont lélément essentiel est le renforcement (positif ou négatif) des réponses aux stimuli et des comportements. Le but de cette prise en charge est de modifier les comportements posant problèmes de lenfant autiste, afin de lui permettre détablir le contact avec le monde environnant. (social et familial).
AUTISME ET THÉRAPIES COMPORTEMENTALES.
Bleuler, en 1911, a employé le mot autisme pour décrire " la coupure avec la réalité " des schizophrènes adultes.
Kanner, en 1943, reprend ce terme pour décrire un syndrome " Early infantile autisme ", forme clinique de la schizophrénie de lenfant comportant deux troubles de base :
Lisolement autistique " Autistic aloneness ". Lexigence que tout reste inchangé " Sameness ".
Ce syndrome apparaît au cours des 2 premières années de la vie, caractérisant lincapacité précoce à établir des relations interpersonnelles.
Kanner reconnaît une altération ou labsence de langage, accompagnée de bonnes capacités cognitives, perceptives et de mémorisation qui placent lenfant autiste hors du champ de la déficience. Margaret Mahler en 1957 parlera de la psychose autistique précoce des premiers mois de la vie, " venant de labsence de création de liens entre lenfant et la mère ".Ainsi, soit la mère en labsence de réaction de lenfant, entame un processus de rejet (inconscient ou non). Soit lenfant est dépossédé de léquipement sensoriel ou est porteur de difficultés congénitales, de sorte quil " nenregistre pas les stimulations ".
Debray Ritzen et Heuyer définissent lautisme sous le regard de lorganogenèse :
Ils décrivent lorigine de la maladie, résultant de lésions du cerveau, des anomalies de fonctionnement du métabolisme. Lautisme est rattaché à la psychose, quoique les diverses manifestations en soient très spécifiques. Ainsi, selon Bruno Castet, Maud Mannoni et le courant Lacanien :" lorigine de la psychose réside dans le rejet total de lenfant par la mère ".Lenfant na pas accès au langage ni aux réalités symboliques, sans " la référence au nom du père ".Cette référence impliquant la castration symbolique (la privation), qui est le moteur de la vie (le désir). Si la castration na pas lieu, Lacan parle de " la forclusion du nom du père " ou forclusion de la castration doù la psychose prend naissance. Or le père est toujours parlé par la mère (introduit dans le discours), on peut donc concéder la responsabilité de cet état à la mère.
Cest à partir de la description de Kanner et des observations de Lorna Wing que le tableau clinique des comportements autistiques a été dressé.
2 TABLEAU CLINIQUE DES COMPORTEMENTS AUTISTIQUES.
Recherche lisolement :Désintérêt, indifférence aux sollicitations " Aloneness ". Peu ou pas dimitation gestuelle.
Besoin dimmuabilité de lenvironnement :" Sameness ". Toute modification dans lagencement des objets, des personnes, des repères, engendre des manifestations danxiété. (Cris, agitation, stéréotypies, agressivité, automutilation.) Échange de regards inadéquats : Anormal, périphérique, bref. Évitement du regard dautrui.Utilisation de lautre (adulte, enfant) comme dun objet. Action de saisir la main pour prolonger la sienne dans le but de prendre ou demander.
Le comportement moteur se caractérise par des stéréotypies et gestes bizarres. Jeux de mains (théâtralisme) et de doigts devant les yeux. Stimulation lumineuse par les contrastes ombres- lumières. Tapotements des objets ou parties du corps. Marche sur la pointe des pieds. Mouvements dailes des bras, tournoiements. Manipulation dobjet dans des activités répétitives stéréotypées :Transvidage (sable, eau, objet). Faire tourner les roues dune voiture jouet en les fixant de très près. Signe du cube brûlant : Lenfant avance la main pour saisir un objet et la retire brusquement.
Réaction paradoxale aux stimuli sonores ou lumineux. Fascination lumineuse. Regard vide. Nystagmus. Indifférence aux sons forts ( pétard) mais réaction aux froissements de papier. Création de sons intérieurs. Grincement des dents, se frapper les oreilles.
Modification de la sensibilité à la douleur par retard ou indifférence. Troubles du langage. Écholalie, persévération. Absence, retard ou sans valeur communicative. Refus dutiliser le " je ", le " oui ", la négation étant acquise. Faible compréhension du langage parlé, mutisme. Absence de mimique, ton monocorde.
Aptitudes particulières :Agilité physique. Capacité visuospatiale (puzzle) , mémoire photographique (détails). Liste des noms et dates (sans interprétation). Plaisir musical, oreille juste.
Problèmes typiques de lautiste :Absence dinteraction sociale. Intolérance à la frustration et aux changements. Absence de jeux imaginatifs (activité répétitive sans but créatif). Pas dabstraction et incapacité à construire une réserve didées sous forme symbolique fondée sur lexpérience. Absence de peur du danger réel. Peur paradoxale de linoffensif.
Comportements gênants en public : Cris, colères, fugues, destruction, escalade dangereuse. Encoprésie, énurésie. Troubles des conduites alimentaires : Rejet, minutie dans le triage. Aliments immuables, ordre de succession. Auto agressivité. Hétéro agressivité. Masturbation répétitive, exhibitionnisme, jeux fécaux.
LA THÉRAPIE COMPORTEMENTALE.
Les découvertes de lécole Pavlovienne ont exercé une grande influence sur le développement de la psychologie expérimentale américaine ( Watson 1916).
Cependant, cest après la seconde guerre mondiale que les " Behavior thérapies " révèleront le rôle joué par le milieu dans les comportements de lindividu. Citons pour mémoire les travaux de Eysenck repris par Yates en 1970 pour lécole anglaise, de Wolpe en Afrique du sud, tandis que Skinner élaborait sa théorie du conditionnement opérant, base de lactuelle méthode des thérapies comportementales.
PAVLOV et le conditionnement classique.
Le physiologiste russe Pavlov étudia principalement les modifications des réflexes innés chez le chien, comme la salivation.Le principe Pavlovien repose sur lassociation dun stimulus conditionnel (un son) à la représentation de la nourriture. Il sagit alors dune " réponse conditionnée ".Notons toutefois que le stimulus conditionnel présenté de façon répétitive sans apport de nourriture associée, perd de son importance et, à la longue, ne déclenche plus de réaction. On parle alors " dextinction du conditionnement ".
SKINNER et le conditionnement opérant.
Laméricain Skinner étudia, sur le principe de Pavlov, les modifications du comportement de lanimal dans une cage. Dans la cage de Skinner, lanimal, au cours de ces déplacements, en venait à appuyer sur un levier libérant de la nourriture. Après quelques temps, lanimal finit par déclencher délibérément ce levier pour obtenir de la nourriture (le renforcement). On parle alors " de conditionnement opérant ".Cependant, cest lanimal qui agit sur le milieu, tandis que dans lexpérience de Pavlov , il répondait à une stimulation provoquée par le physiologiste.
La thérapie comportementale est donc issue de ces expériences, associées aux études faites sur la communication et le développement psychologique de lenfant. Elle a pour but essentiel de favoriser les échanges de lenfant vers le milieu extérieur ( lentourage).Cette méthode fait appel à limitation vocale et gestuelle, renforcée par des encouragements immédiats après lexécution de léchange ou du geste, suggéré ou induit par le thérapeute. Ce renforcement est basé sur la voix, le regard, le contact physique. Avec le temps et suivant les progrès de lenfant dans ce domaine, laction du thérapeute deviendra plus discrète pour en arriver à un jeu libre où lenfant doit venir avec plaisir.
LE DÉROULEMENT DE LA T.E.D.
Lobservation de lenfant. Cest la première étape dans la mise en place du protocole de soin. Léquipe pluridisciplinaire, associée aux parents, tente de déterminer, le plus minutieusement possible, les possibilités et les problèmes de comportement de lenfant, compte tenu de son handicap. Les éléments importants de lhistoire de lenfant sont recueillis auprès de la famille, étayés par un rapport circonstancié du médecin traitant ou spécialiste de première consultation. La famille est activement associée à la prise en charge dans le service, est tenue informée de toute démarche de soins et des décisions thérapeutiques.
Lenfant dans le service: La période dobservation sétale sur un mois. Léquipe est constituée de psychiatre, psychologue, orthophoniste, psychomotricien, pédiatre, neurologue, infirmiers et éducateurs.
Léquipe évalue les possibilités de lenfant au moyen de tests sur la base des stades du développement de Piaget. (Brunet- Lezine, pour le domaine psychomoteur. Seibert- Hogan, pour le domaine de la communication. Uzgiris- Hunt, pour le domaine cognitif).
Pendant cette période des examens seront effectués en laboratoire. Systématiquement on recherchera les composés chimiques du sang et des urines : Acide homovanillique, dopamine, sérotonine. Ces composants chimiques sont modifiés ou en excès chez lenfant autiste (selon les résultats des travaux du professeur Lelord).Un électroencéphalogramme (associé à une imagerie au scanner) sera pratiqué avec un examen auditif des potentiels évoqués.
Sur le groupe: Lenfant est observé pendant les moments clés de la vie quotidienne (repas, activités). Léducateur référent et léquipe rédigeront un rapport dobservations. Il sera pris en compte tous les comportements particuliers de lenfant, ses activités préférées et le mieux réalisées. Ce sera les éléments clés " de la ligne de base ".
La réunion de synthèse préliminaire: Une ligne de base est élaborée par léducateur du groupe, pressenti pour la prise en charge thérapeutique. Cela consiste à produire un document filmé en vidéo, en situation de TED. On y met en uvre des activités manuelles pendant lesquelles ladulte et lenfant tentent de communiquer et déchanger sur le mode ludique. La réunion de synthèse préliminaire regroupe ainsi lensemble des personnes qui interviennent auprès de lenfant. Pendant une heure ou plus, les spécialistes présentent lenfant à partir des documents élaborés (écrits, vidéo). A ce stade de la mise en commun, après analyse, léquipe va être en mesure de sélectionner le ou les comportements " gênants " qui seront traités en priorité. Ces comportements, nommés " cibles ", sont déterminés à partir de léchelle des comportements autistiques ( voir annexe).Cest à partir des résultats de cette réunion que sera établi le " protocole de la thérapie déchanges et de développement ".
Le protocole de la T.E.D.
Léquipe thérapeutique. est choisie en fonction des affinités de ladulte et de lenfant .
Le thérapeute homme ou femme doit être initié, formé de façon théorique et pratique à cette prise en charge. Léquipe comprend au moins 3 personnes : 2 thérapeutes prenant alternativement lenfant et un observateur qui rédige les notes au cours de la séance. Il effectue les cotations des activités selon une fiche hebdomadaire (annexe).Il est impératif que lun des thérapeutes soit un membre de léquipe du groupe de vie de lenfant.
Lorganisation matérielle: La durée de la séance est de 15 à 25 minutes sur un rythme de 2 à 5 fois par semaine, selon les besoins spécifiques. La salle de thérapie est attribuée pour lannée scolaire. Elle comporte une table adaptée à lenfant et 2 chaises. La caméra vidéo est fixée au mur, hors de portée. Léquipement denregistrement et de visualisation (son et image) se trouve dans la pièce voisine. Une glace sans tain permet le regard direct de lobservateur. Par définition, les jours, lheure et les intervenants sont immuables. Les jeux choisis en réunion sont assez restreints (4 ou 5) mais ce choix et le mode dutilisation peuvent changer au fil des séances, en fonction de lévolution de lenfant et des ajustements de la technique de ladulte avec lexpérience acquise.
Léquipe détermine à lavance le type de renforcement adéquat à utiliser : verbalisation, caresse
Déroulement de la séance: Le matériel est préparé dans un panier, puis léquipement vidéo est mis en fonctionnement. Lorsque tout est prêt, le thérapeute va chercher lenfant sur le groupe et le conduit dans la salle de thérapie. Ladulte et lenfant sont assis (en principe) en face à face, de chaque côté de la table. La séance commence par un échange, une parole, une parole associée à une caresse. Le thérapeute propose alors divers exercices dans lordre prévu par le protocole (toujours le même). Le jeu le plus plaisant est généralement réservé à la fin de séance. Lenfant doit se sentir bien, venir avec plaisir, ne jamais être mis en situation déchec.
Lexercice est réalisé devant lenfant puis proposé ; la consigne est verbalisée chaque fois de manière identique. Pour déclencher son action, le thérapeute attend léchange du regard venant à linitiative de lenfant, ou le provoque en déplaçant lobjet à hauteur du visage . Le geste ainsi accompli est renforcé par lapprobation, le sourire, lencouragement ou un geste affectueux de ladulte. Au fur et à mesure des séances, le renforcement sera de plus en plus discret et espacé. Face à un comportement inadéquat (cris, agitations), le jeu est arrêté. Le thérapeute rompt le contact en baissant la tête ou en retirant lobjet, demeure silencieux pendant quelques secondes. Il reprend le contact quand lenfant marque un changement dattitude. Le " non " ne doit être employé que très rarement, en situation difficile. Quelquefois il sera nécessaire de quitter la salle et de mettre fin à la séance.
Pendant ce temps, lobservateur note sur la fiche hebdomadaire les divers exercices et leurs cotations. De zéro pour le refus dactivité à 5 pour " réalise seul ". (voir annexe).A chaque séance, le thérapeute consigne sur un cahier au nom de lenfant, les éléments de sa propre analyse de contenu. Les comportements cibles seront plus tard étudiés en réunion de synthèse. Toutes les cotations et remarques sont chiffrées sur un graphique qui permet de visualiser lévolution de lenfant sur lannée scolaire. Ce graphique permet également de comparer le profil des comportements de lenfant en thérapie à celui de la vie de groupe. Par principe, toutes les cotations sont évaluées par léquipe sous le contrôle de la psychologue, formée spécialement à ce type de thérapie.
Théoriquement, chaque semaine (ou à chaque séance) observateur et acteurs se rencontrent pour une critique et des remarques constructives sur le déroulement de la TED. Le comportement de lenfant et celui de ladulte sont analysés pour apporter des corrections éventuelles au protocole.( le soucis permanent est déviter de mettre lenfant en situation déchec).
LA RÉUNION DE SYNTHÈSE DES THÉRAPIES.
Tous les 2 mois, léquipe au complet se réunie pour analyser les informations recueillies.
Lobjectif principal de cette synthèse est dévaluer le plus objectivement possible la qualité des échanges et de contact entre lenfant et les autres personnes du milieu. (enfants, adultes).Léquipe note tout changement dans les comportements ou lapparition de symptômes nouveaux. Ainsi, le programme de la thérapie peut être modifié selon lévolution de lenfant (type de jeux, nombre de séances, technique utilisée.)Enfin, à lissue de cette réunion, les membres de léquipe prennent la décision (si besoin) de recourir à une thérapie secondaire ou fait appel aux médicaments spécifiques .(neuroleptique, Fenfluramine, vitamines, oligo éléments.)
La famille est consultée ensuite et léquipe lui présente le bilan de lévolution de lenfant tout en prenant en compte les remarques ou questionnement des parents. Ainsi, la famille peut se sentir soutenue pour faire face aux problèmes posés par lenfant à la maison. Cest la mise en commun des connaissances sur lenfant qui permettra par la suite de mieux ajuster laction éducative et thérapeutique. Souvent les conseils pratiques donnés aux parents deviennent des actions thérapeutiques à domicile où les parents sont acteurs et partie prenante.(après une courte formation et un accompagnement préalable par un spécialiste du service.)
Il est temps maintenant daborder lanalyse de la TED pratiquée avec Tibou. Je ne renouvellerai pas ici la présentation de la famille, déjà abordée dans le sujet précédent : Analyse clinique
ANALYSE DE LA THÉRAPIE D ÉCHANGES ET DE DÉVELOPPEMENT : TIBOU.
Dès les premiers jours de mon stage de 9 mois à lhôpital (1986), je me suis pris dintérêt pour la thérapie TED. Jai donc assisté en observateur pendant 2 mois aux séances de thérapie avec Tibou. Jai ainsi rapidement acquis la technique " comportementaliste " tout en étant léducateur référent de Tibou sur le groupe de vie dans le service de psychiatrie infantile.
La ligne de base:
Cest au cours dune réunion de groupe que léquipe me demande délaborer la ligne de base nécessaire à létude des capacités relationnelles de Tibou. Je dois devenir un des thérapeutes de lenfant et dispose dune semaine pour consolider ma technique. Me voilà promu thérapeute en blouse blanche. Je conduis donc Tibou en salle vidéo avec une inquiétude terrible face à mon inexpérience dans le domaine de la psychose infantile (au secours Dolto ! ! !).Je propose demblée à Tibou un échange sous la forme dactivités ludiques :
Reconnaître les formes (rond, carré, triangle) associées aux couleurs du jeu de la " boîte aux lettres " en encastrement. Jeu de cubes en mousse pour construire des tours et des ponts par imitation. Livres dimages où nommer les images reconnues. Élaborer un jeu libre à laide danimaux, créer une situation. Habiller un pantin en carton de divers vêtements pour le schémas corporel. Échanger des balles en mousse. Parvenir à établir des contacts physiques avec lautre. Mamamia ! Cette première expérience est éprouvante, tant sur le plan physique quémotionnel.
Contrairement au modèle théorique si prisé dans la maison, je suis seul, désespérément seul (comme dirait Johnny, ma rock star préférée). Ben oui, faute dobservateur, de disponibilité du personnel, je me suis retrouvé seul avec un Tibou déchaîné, sans aucun contrôle. Bon daccord, je suis caméraman donc à laise avec le matériel vidéo.(sauf que jai pas lhabitude de passer de lautre côté de la caméra). Jai heureusement pris cette précaution (honnête cest vrai) de mauto enregistrer. Cela sera utile lors de la critique de la séance et de la mise au point du protocole futur avec léquipe.
A mon grand désarroi, je prend conscience des erreurs que ma " débutante té " a générées :
Cest ce " sale môme " qui dirige la séance. Il se lève, jette tout au sol avec violence. Je ne contrôle plus rien car jai introduit trop dobjets à la fois et sur un rythme que Tibou ne peut supporter. De plus, je nimpose pas de consignes strictes Cest la débandade mon général. Bref, jarrive à men sortir sans trop de dégâts apparents pour lenfant qui rigole du bon tour quil a joué à ce Stroumffissime nul.
Quelques jours plus tard, une autre ligne de base est réalisée par linterne du service qui sera mon co-thérapeute. Ouf ! Cette fois la séance est filmée et observée par la psychologue et je me sens un peu moins nul.
Les comportements cibles de Tibou.
Après une analyse assez fine des documents filmés et rapports écrits concoctés en vitesse, il apparaît que Tibou présente des comportements quil faut traiter en priorité :Instabilité, agitation, attention difficile à fixer, intolérance à la frustration et aux changements, écholalie sévère(Tibou..tibou..tibou..), regards inadéquats, pas de communication, stéréotypie gestuelle, utilisation irrésistible des objets. (ben mon pauvre ! !tas la totale).Nous portons donc notre choix sur 4 activités de base qui faciliteront léchange avec ladulte et le contrôle de linstabilité.
Il sagit de jeux simples : Boîte à encastrement, écrous à visser sur une tige, échange de balle et de voiture, production de bulles de savon, association dimages du jeu de Loto.
Ma première séance avec Tibou.(Décembre 1986)
Malgré une semaine dobservation du protocole réalisé par la psychologue, je débute cette thérapie avec une certaine crainte. Il me faut veiller à contrôler Tibou, sans devenir négatif. En effet, le but des renforcements est de permettre à lenfant de réaliser la consigne sans jamais se trouver en situation déchec. En cas de difficulté, il est nécessaire de stopper le jeu, de baisser la tête sans pour autant dire " non " à lenfant. Je remarque alors que Tibou réagit avec de lanxiété dans la voix, " rester tranquille Tibou ".
Pendant les 4 premières séances Tibou est instable, jette les objets, crie, frappe la table. Lécholalie est importante et cela gêne considérablement les échanges entre nous. Les regards sont inexistants. Je narrive pas a croiser ses yeux à quelques centimètres de son visage dur dur !Je constate tout de même que jai passé le cap de " la hantise de la caméra " à la cinquième séance. Cependant je vis très mal cet il inquisiteur, indiscret, gênant .Quelquefois il marrive doublier denlever le cache devant lobjectif ou dallumer la lumière. Je fuis ainsi ce " viol " que je ne supporte pas toujours.
Pour faire face aux problèmes importants de linstabilité de lenfant, nous décidons de porter la thérapie à 3 séances par semaine. Je propose un élément supplémentaire en introduisant le langage et le chant avec mime.(Tu peux pas me conseiller Marceau ?).
Au cours de la première réunion de synthèse (janvier 1987), je me retrouve à nouveau unique interlocuteur face aux grands patrons du service. Hélas, linterne est souvent absent pour raison de service et lexterne en remplacement na pas eu le temps de sinitier à cette pratique.(Noir cest noir !).Je suis donc de nouveau seul pendant les séances, face à la caméra (qui me sort par les yeux), cest de plus en plus difficile de prendre des notes objectives, de reconnaître ses erreurs ou de ne pas les oublier dans mon rapport. Toutefois la psychologue après avoir visionné les bandes vidéo peut me conseiller et orienter mes actions dans lintérêt de lenfant. Je présente une rétrospective à léquipe à laide du montage de toutes mes séances et films pris sur la vie quotidienne.
Nous constatons tous quen lespace de 10 séances, les progrès de Tibou sont spectaculaires dans le domaine de la stabilité, du maintien de lattention à lautre, de lacceptation de lalternance dans les échanges. Nous décidons donc de poursuivre les mêmes objectifs et, lorsque les capacités déchanges de Tibou seront plus affinées et stabilisées, de nous retrouver dans 2 mois pour une nouvelle synthèse. Mon objectif personnel est de réorienter le protocole vers la sphère du langage (jy tiens dur cest la faute à Françoise Dolto).
DESCRIPTION DE LA SÉANCE TYPE (février 1987).
Progrès de lenfant et " le risque de leffet blouse blanche " (qui nengage que moi).
Quelques minutes avant la séance je madresse à Tibou. Je lui verbalise ce que nous devons faire, que je viendrai le chercher dans 5 minutes pour aller jouer en salle vidéo et ce que jai prévu comme activités.
Jestime que chaque acte entrepris avec lenfant doit être parlé. Lenfant est une personne, pas un objet dexpérience que lon peut " trimbaler " sans mots pour le dire.
La salle est préparée par le thérapeute (joubliais que cest moi), équipement vidéo Ok !, panier de jeux disposé au pied de la table Ok ! Toutes les conditions de la thérapie sont optimum. Ah ! jomettais de dire que je me suis mis en auto contrôle car lobservateur prévu est retenu ailleurs par une réunion concernant un autre enfant. Cest ma 28 eme séance, 9 heure du matin, durée prévue de 25 minutes.
Tibou vient en me tenant la main. Il est un peu plus anxieux que les autres jours, sans doute à cause de la sieste de 13 heure où il a horreur de rester sage sur un coussin. Je lincite à exprimer cette inquiétude ce qui le détend progressivement. Nous prenons place face à face, la table entre nous. Le contact se fait rapidement à laide de quelques mots de mise en confiance et une caresse sur la joue.
CONCLUSION DE LA SÉANCE.
La fin dune séance est, à mes yeux, un moment important. Lenfant doit revenir sur son groupe, reprendre contact avec un environnement vécu sur le mode de lagression. Je tente alors de le préparer au mieux en laccompagnant jusquau contact avec les autres enfants. Parfois , Tibou explose sur le groupe dans un débordement de cris ou dactes agressifs. Cette transition nous demande beaucoup de dépense dénergie. Nous constatons maintenant que Tibou est beaucoup plus stable et attentif. Ses progrès sont remarquables dans le domaine du langage et des échanges (regards, contact physique).Il marrive parfois (même souvent) de me sentir énervé par ce " sale gosse ", avant ou pendant la séance. Aussi ai-je pris le parti den parler à Tibou, le considérant comme un collaborateur de la thérapie.
Je pense que lenfant, le sujet psychotique, est en mesure dentendre et de comprendre le langage de lautre.
Je sais bien évidemment que cela ne se fait pas dans un service de psychiatrie infantile à dominante " comportementale ". Contre tout avis (qui nest jamais venu à mon encontre, et cest dommage je crois ) Je reste persuadé et maintiens le langage au premier plan de ma thérapie (Tout est langage écrit Françoise Dolto). Léquipe na jamais remis en cause ma démarche " psychanalytiquement influencée " alors quelle était à contrario de la théorie comportementaliste en vigueur dans cette prise en charge. Mais, est-ce la prérogative du stagiaire que de mener sa quête du Graal hors des chemins balisés ?
Il est indéniable que Tibou évolue rapidement et positivement, selon les critères du service.(voir annexe et graphiques). Dans tous les domaines que nous avons explorés, Tibou est mieux, tant sur le groupe de vie quen thérapie individuelle. La mère de Tibou prend à cur de suivre son enfant à lhôpital et parle de lui et de ses propres ressentis au cours de nos entretiens. Elle se dit soulagée, heureuse de constater les progrès de Tibou sur les bandes vidéo et au domicile familial.
Cependant, une prise de conscience se fait jour en moi même :
La défection des co thérapeutes est lourde à supporter car il arrive que 3 séances se déroulent à la suite, sans un seul observateur. Je suis alors seul à assumer cette lourde responsabilité de la prise en charge dun enfant psychotique (autiste). Jentrevois alors le risque que je nomme :" leffet blouse blanche ".
En effet, à ne plus se sentir observé, épaulé, critiqué, ne peut-il y avoir une tendance à prendre ce rôle de thérapeute à la légère ? Le risque, à mon avis, est grand de devenir " neutre " face à un cobaye, un objet dexpérience de qui on se retranche par lintermédiaire du masque, de la blouse blanche symbolique (et réelle dans la pratique). Se déresponsabiliser, pire ne plus voir en face de soi un enfant, un semblable parce que humain, et se cacher ses propres failles et erreurs. Je me pose cette question de la non implication de ladulte grâce au miroir artificiel du travail sans contrôle. Fuir ses réactions primaires, la réalité de soi même révélée par lautre, lenfant. Risque de ne sélectionner au montage que les images de faire valoir de limage de soi.
Le modèle théorique est ainsi contredit par la simple réalité quotidienne des faits. Le rôle de thérapeute est serte valorisant sur le papier. Cependant je pense quun stagiaire, moins averti ou moins scrupuleux dans ce contexte là, est un danger potentiel pour léquilibre et les progrès de lenfant.
La réunion de synthèse de mars 1987 (celle qui dérange).
Au cours de cette réunion, peu de temps avant la rencontre avec la famille, je me trouve encore une fois investi de linitiative de " ma présentation " des documents à léquipe au complet. Cette fois, je me sens vraiment mal à laise car je dois bousculer le protocole et remettre les pendules à lheure, dans lintérêt de lenfant. Je suis tenté depuis des semaines darrêter cette prise en charge et cest sans doute loccasion unique de parler devant les professeurs et spécialistes venus dautres pays en observateurs.
Je commence par faire le résumé de mes observations et enchaîne avec les preuves sur bandes et les graphiques qui soutiennent mon point de vue sur cette thérapie. Sur le groupe, nous pouvons constater la nette amélioration des échanges, qualitativement et quantitativement. Le regard est soutenu dans un but communicatif, lenfant accepte linterdit , est moins agressif. En thérapie, nous assistons à un double comportement : Avec moi, Tibou est stable, respecte les consignes et lalternance. Il y a une nette amélioration des échanges, pas ou peu décholalie, une utilisation adaptée du langage où le " je " est toujours présent. Avec le co-thérapeute (quand il peut être présent), ou un remplaçant occasionnel, Tibou est instable, opposant, se lève sans cesse, jette les objets, crie et manque dattention.
Je soumets donc ma réflexion à léquipe, suite logique de mes arguments :Je pense que la TED est remise en cause par les interventions trop disparates des co-thérapeutes occasionnels. Lenfant est perturbé par ladulte qui na pas le temps matériel de sadapter à la technique et daffiner ses propres comportements. Cest à mon sens la contradiction du modèle théorique de ce protocole. De même, depuis 15 jours nous remarquons une recrudescence de linstabilité et des symptômes cibles (sauf le regard inadéquat). Ce changement est intervenu depuis lintroduction dun traitement par la Lévogyre-Fenfluramine. Ce médicament a une influence négative sur lenfant. Ce mal être est vivement ressentie sur le groupe de vie, en thérapie, et dans la famille.
Note : Ces symptômes ont dépassé la côte dalerte la première semaine davril, période de la dose maximum reçue. Lélectroencéphalogramme très perturbé corrobore cet état. Notons un retour à la normale avec larrêt du traitement à la mi-avril.
Ma question est simple et directe, et dans ce contexte, je demande un changement dans la procédure : Quel est le bien fondé dun essai thérapeutique pendant un mois si les résultats sont aussi désastreux ? Dans lintérêt de lenfant et face à ma difficulté à assumer seul cette thérapie, je demande quun co-thérapeute soit désigné à titre permanent. Léquipe prend alors une décision qui me laisse perplexe : " Nous continuons la Lévogyre Fenfluramine et nous chargeons la psychologue de prendre Tibou en thérapie une fois par semaine, dêtre observateur à toutes les séances réalisées par le stagiaire, un bilan sera fait dans un mois "
CONCLUSION SOUS LA FORME DUNE ANALYSE.
Le principe de base de la thérapie déchanges et de développement, fondé sur le conditionnement et le renforcement, me semble souffrir dune lacune sévère qui nest jamais abordée en réunion. Le candide stagiaire qui suggère sa réflexion sur cette lacune se voit poliment éconduit ou nobtient quune réponse évasive. Pourquoi dérange t-il ?
Selon mon expérience et les moments intenses vécus avec Tibou, je me sens en droit de poser des affirmations :
Une thérapie TED est indissociable de la prise en charge sur la vie du groupe de vie au quotidien. Cest une Lapalissade sans doute ! mais cette réflexion peut aller plus loin. Sans laccompagnement quotidien et la relation affective née du faire avec lenfant, il ne me semble pas pensable de mener à bien toute forme de prise en charge thérapeutique
Pourquoi parler à la pause café de la relation à lautre et locculter en synthèse officielle ? Jai eu souvent loccasion dobserver et danalyser les bandes vidéo (grâce au ralenti et arrêt sur l'image). Jy ai constaté que chaque intervenant auprès de lenfant travaille sur le mode émotionnel. La caresse, le sourire, le mot affectueux, le ton de la voix, le mouvement dhumeur, lénervement à cause de ce " sale gosse qui nous en fait baver " tout cela fait partie de la thérapie.
Si, selon le modèle théorique prôné par le service, toute cette partie là était enlevée de la TED, alors oui, effectivement, on peut parler de conditionnement Skinnerien (ce qui est beaucoup).(bon d'accord le jeu de mots était facile)
On placerait ainsi lenfant au rang de lanimal. Quant à cet adulte thérapeute, il serait le parfait robot exécutant, froid, impersonnel, non impliqué. (leffet blouse blanche madame).Jai trouvé très dommage que ce type de réflexion ne puisse faire lobjet dun débat avec les spécialistes et ceux de bonnes volonté qui uvre pour la recherche médicale en psychiatrie infantile. Je nai pas usé de toutes les ressources de ma curiosité et de ma sensibilité à la cause des enfants pour porter plus loin mon questionnement. La crainte peut-être des sommités médicales, mes limites de stagiaire de deuxième année ?
Malgré lavis contraire de quelques uns, je nai jamais eu lintime conviction que le système institutionnel soit prêt à permettre ce genre de déviation et de marche à contre courant de lordre établi. Loin de moi lidée de remettre en cause une méthode, un traitement chimique.(au nom de quel savoir ?) Cependant je ne peux que constater des faits et en parler. Je remercie dailleurs(cest paradoxal) linstance supérieure de ce service de psychiatrie qui ma donné carte blanche et sa confiance pour mener jusquau bout " ma thérapie et mes observations ". La minorité que représente le stagiaire face au poids de linstitution ne peut être que reconnaissante.
Peut-on dire (comme certains)que la TED est inutile tout comme les essais médicamenteux ? Je nirai pas dans ce sens. Je constate, pour lavoir vécu, que cette thérapeutique apporte des améliorations extraordinaires pour les problèmes de comportements de lenfant autiste.
Tibou, de lavis du chef de service, " est la réussite de lannée "
Cest vrai et cela me réconforte quelque part. Tibou en 7 mois de prise en charge thérapeutique et éducative, est devenu un garçon stabilisé, ne présentant plus que des troubles mineurs. Il a décuplé ses possibilités et utilise le langage communicatif. Ce n est plus le même enfant. Pour la famille cest le soulagement évident et un sujet despoir.
Toutefois, je reste persuadé que ce travail là na été possible que par la prise en charge globale, autre quen thérapie. Parce que, à mon sens, il a été introduit une autre notion : la prise en compte du dire et du faire avec lenfant, lacceptation dune action éducative basée sur le mode relationnel et émotionnel sans lequel Tibou naurait été que lenfant objet, le cobaye de laboratoire, la négation dun enfant. (Et de l adulte ).
Je pense que cette méthode comportementale a des limites que lon ne peut franchir sans risque :
Tout est fonction de lenfant, de ses possibilités et de son handicap, de ladulte qui entre en relation avec lenfant selon sa propre personnalité, de la famille, sans laquelle rien ne peut aboutir car elle reste lacteur privilégié dans la continuité de la vie de lenfant.
Certains dans le service ont posé une question sans la formuler ouvertement. Elle se fait insidieuse dans mon esprit : Quand lenfant quittera le service pour une orientation en institution spécialisée après ce lieu de remise en condition (cette gare de triage aurait fait tache dans le discours). Qui peut nous affirmer que les effets positifs dune TED pure et dure ne se perdront pas avec le temps qui passe ?
Lenfant qui nest plus stimulé par cette méthode, avec tant de moyens matériel et humain, peut-il connaître " lextinction " selon Pavlov ? Je nai pas les moyens danalyser les nombreux dossiers denfants après la sortie, ni aucune statistique connue à ce jour. Je ne puis donc rien affirmer mais cela peut poser un problème éthique à léducateur qui accepte de jouer dans ce jeu de la TED.
Ainsi, une lourde responsabilité est tacitement conféré à un stagiaire lorsquil prend ce titre valorisant de " Thérapeute ". Mais peut-on affirmer que le risque pour lenfant nexiste pas ?
Je sui venu, jai vu, jai vaincu ma crainte institutionnelle , jai parlé Ai-je été entendu ?
Seul TIBOU pourrait un jour le dire. Où est-il maintenant après plus de dix années ? Il me reste le souvenir des mois passés ensemble, avec ses joies, ses peines, et ce " sale gosse " , il ma bien appris une chose : Que Tout est langage. Que Rien nest trop inaccessible quand cest pour la cause des enfants.
Merci à Françoise Dolto qui ma inspiré pour le mémoire déducateur.(le sujet suivant si vous le voulez bien J )
Bibliographie
Coleman M. Syndromes autistiques (North Holland co éditeur 1976)
Dolto F. Tout est langage (Carrère-vertiges Paris 1987)
Fontaine O . Introduction aux thérapies comportementales (Pierre Mardaga Bruxelles 1978)
Sauvage D/Hameury L. Diagnostic de lautisme avant 2 ans (colloque Arapi/Inserm Paris 1985)
Ferrari P. Approche pluridisciplinaire de lautisme et psychoses infantiles précoces. (numéro 5 et 6 de Neuropsychiatrie de lenfance et de ladolescence 1983).
ANNEXE:Cotation:
Zéro: jamais ou pas du tout. 1 : rarement ou un peu. 2 : parfois ou moyennement. 3: souvent ou beaucoup.4: pratiquement toujours ou énormément.
Décembre: Base de début . Mars: Base de stabilisation. Avril: traitement à la Lévogyre Fenfluramine (sur 4 semaines)
Juillet: Base acquise en fin de séjour.
| Période de décembre 1986 à juillet 1987 | Décembre | Janvier | Février | Mars | Avril | Mai | Juin | Juillet |
| Écholalie. Émission vocale stéréotypée | 4 | 4 | 3 | 1 | 3 | 2 | 1 | 1 |
| Utilise les objets de façon ritualisée | 3 | 2 | 1 | 1 | 2 | 1 | 1 | 1 |
| Intolérance à la frustration et au changement | 3 | 2 | 1 | 1 | 3 | 1 | 1 | 1 |
| Agitation et turbulence | 4 | 3 | 1 | 1 | 4 | 2 | 1 | 1 |
| Petits signes d'angoisse | 2 | 2 | 1 | 0 | 3 | 1 | 0 | 0 |
| Attention difficile à fixer | 3 | 3 | 2 | 1 | 3 | 1 | 1 | 1 |
| Recherche l'isolement | 2 | 1 | 0 | 0 | 1 | 0 | 0 | 0 |
| Difficulté de communication avec l'autre | 4 | 3 | 1 | 0 | 2 | 1 | 0 | 0 |
| Trouble des conduites alimentaires | 4 | 4 | 2 | 1 | 3 | 2 | 1 | 1 |
| Regard inadéquat | 3 | 3 | 2 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 |