Tuyau
tuyau.jpg (10960 octets)
tuyau.jpg (10960 octets)
tuyau.jpg (10960 octets)
tuyau.jpg (10960 octets)
Accueil Qui vive web/Clochemerle
Juin 1998

Le maire de Sèvres a-t-il un " bon tuyau " ?

FKM ne parle plus que de ça, impossible d’ouvrir un numéro du Sévrien sans que l’on nous raconte le gigantesque collecteur qui est en cours de construction sous l’avenue de l’Europe et qui doit nous sauver des inondations. A chaque assemblée de quartier, François nous sort son exposition spécialement réalisée pour que chacun se souvienne de ces jours maudits où Sèvres eut les pieds dans l’eau...
Ce collecteur, pour ceux qui ne le savent pas encore, doit aboutir à un bassin de stockage des eaux de pluie. Le maire de Sèvres en a signé le permis de construire le 11 mai 98
. C’est contre ce permis de construire qu’un recours a été déposé, Erwan Minvielle, président de Val de Seine Vert nous dit pourquoi.

QVW : Erwan, le tuyau du maire de Sèvres est très contesté, Val de Seine Vert vient de déposer un recours contre le bassin de rétention. Quel est le lien entre tous ces travaux en sous-sol ?

Il y a un gros tuyau, un collecteur, qui sera branché d’une part sur les tuyaux du SIAAP (Syndicat interdépartemental d’assainissement de l’agglomération parisienne) qui aboutissent à la station d’épuration d’Achères et d’autre part sur un bassin de stockage implanté dans le lit de la Seine au port de Sèvres.

Il est prévu de déverser jusqu’à trois mètres cubes par seconde dans les tuyaux du SIAAP et au-delà de remplir le bassin.

Aujourd’hui le débit versé dans les tuyaux du SIAAP correspond au débit de temps sec, soit un peu plus de 0,6 mètre cube par seconde.

Ce projet augmente donc les déversements dans les tuyaux du SIAAP et donc la charge polluante par temps de pluie vers Achères.

QVW : Combien coûte cette opération et surtout, combien coûte-t-elle à chacun d’entre nous ?

Le coût du projet, collecteur et bassin, sera d’environ 350 millions de francs. Le coût pour chacun d’entre nous dépend de la part du projet qui restera à financer par le consommateur. Si l’on retient le chiffre du syndicat de la vallée du ru de Marivel, c’est 216 millions de francs qui resteront à la charge du consommateur d’eau.

Aujourd’hui, les habitants de la vallée consomment environ 8 millions de mètres cubes d’eau par an, pour chacun de ces mètres cubes, on paie au syndicat du ru de Marivel 1,05 francs. Les ressources annuelles du syndicat dépassent donc un peu les 8 millions de francs.

L’équation est très simple, comment peut-on financer un projet de 216 millions de francs avec un budget de 8 millions de francs par an qui est déjà utilisé ?

La réponse est aussi très simple, il faut au moins tripler le budget, donc tripler la redevance versée par le consommateur au syndicat du ru de Marivel, ce qui porterait cette redevance à trois francs par mètre cube.

Une des questions que soulève ce projet est celle de l’inéquité du financement. En effet, lorsque je consomme de l’eau, je ne suis en rien responsable du ruissellement des eaux pluviales, alors que les opérations d’urbanisme qui contribuent par l’étanchéification des sols à augmenter le ruissellement ne sont même pas taxées !

QVW : Le maire dit partout que l’opération est bouclée financièrement, qu’en est il ?

Lorsqu’une collectivité locale décide une dépense, elle doit l’inscrire à son budget et elle doit prendre une délibération pour engager la dépense, le maire connaît cela par coeur. Pourtant, dans une lettre adressée aux Sévriens, il assure que la Région participe au financement du projet...

Je n’ai pas trouvé trace d’une délibération en ce sens.

Un courrier récent du président du conseil régional précise même que " les aides régionales ne pourront en aucun cas concerner un dispositif de dépollution incomplet contribuant à augmenter la charge polluante à Achères en temps de pluie ".

QVW : Comment faudrait-t-il s’y prendre pour élaborer une solution alternative et à quoi pourrait-elle ressembler ?

Ce dossier pose de bonnes questions :

Peut-on et à quel coût limiter les risques d’inondation dans Sèvres ?

Peut-on et à quel coût limiter les rejets polluants en Seine ?

La réponse à la première question exige une analyse précise des inondations passées. Je n’ai rien vu de tel. Imaginons que l’eau ruisselle au-dessus de la voirie, sans rentrer dans les égouts, même avec de très gros tuyaux souterrains on n’évitera rien puisqu’il y a une cuvette dans le bas de Sèvres au niveau de la passerelle qui ne demande qu’à se remplir.

La seconde question impose une analyse globale de la situation. En effet, il ne sert à rien de seulement déplacer les rejets. Mettre nos eaux usées dans les tuyaux du SIAAP n’est pas une fin en soi, ces eaux doivent être épurées. Aujourd’hui dès qu’il pleut les eaux sont rejetées à la Seine car les capacités d’épuration ne correspondent qu’aux rejets de temps sec.

Une solution alternative doit permettre de retenir les eaux de pluie à la source pour éviter les ruissellements et les concentrations brutales. De plus le traitement des eaux doit se faire localement et non pas dans de très grosses usines comme Achères. La vallée du ru de Marivel devrait avoir sa propre station d’épuration locale, c’est la conclusion de l’étude globale d’assainissement en zone centrale d’Ile-de-France, commandée par la Région, l’Etat, l’Agence de l’eau et le SIAAP.