Polémiques
"Le Forum"
Tout d' abord, ce forum n'en est pas vraiment un, puisque je n'ai pas de script permettant de gérer l'ajout de messages par les internautes (si vous en avez un, soyez gentils, envoyez le moi). Il faudra donc avoir recours à l' e-mail pour donner votre avis.
Les premiers messages
font suite à un message concernant l'évolution graphique de
Pratt que j'avais posté sur le forum de
Bd Paradisio
.
Les commentaires sont triés du plus ancien au plus récent.
BriarD
Je crois qu'à la fin, Pratt ne se souciait plus du tout de dessin.
Son truc c'était de raconter des histoires et le plus vite possible.
Cela explique l'état presque repoussant de Mû (désolé),
et aussi la prolifération des assistants, sans qu'il se soucie de
l'adéquation des styles.
Je trouve scandaleux que l'on mette Pratt en couleur. Surtout Fables de
Venise, c'est criminel. C'est peut-être la preuve que beaucoup de
gens ne comprennent rien à ce graphisme aujourd'hui.
Pratt avait aussi besoin de reconnaissance en tant que conteur tout court,
ce qui explique la novélisation des Corto Maltese. Est-ce-que quelqu'un
les a lu ?
Donc, pour moi, la meilleure période de Pratt, c'est les deux tiers
des Corto, jusqu'à Tango, en fait. Mon préféré
étant Les Celtiques.
Pour terminer, un bon indicateur de l'évolution du style de Pratt,
c'est Fort Whelling 2, qu'il a dessiné à toutes les périodes
de sa vie.
Sophie
Tout a fait d'accord pour dire que Pratt se moquait éperdument
du dessin a la fin. J'ai lu le roman 'Corto Maltese' et je dois dire que
j'ai été déchue. Je pensais avoir une histoire différente,
ou en tout cas racontée sous un angle différent... En fait
il s'agit de La Ballade de la Mer Salée sans les dessins. Les dialogues
sont exactement les mêmes... En bref ca vaut pas le coup.
Au sujet du coloriage (ca fait un peu école primaire ce mot...)
je trouve que ceux de "La Ballade..." et de "Sous le signe..." sont pas mal.
Par contre pour les albums plus récents ca gâche tout. Les
dessins sont trop suggères pour supporter la couleur.
Enfin ca n'est que mon avis (et je le partage).
A+
Sophie
Pascal
C'est vrai que le dessin de Pratt a subi de nombreuses évolutions
tout au long de sa carrière et Fort wheeling II le résume
en effet bien. Je trouvais son dessin au début trop charge, puis
celui ci s'est simplifie pour être plus lisible dans des albums comme
Les celtiques, les helvétiques, tango, Fables de Venise. Le problème,
c'est qu'au lieu de s'erres la ou il me semble qu'il avait trouve le juste
équilibre, Pratt a continue pour finir par bâcler son dessin
comme dans les derniers albums parus. Il est vrai que Pratt a toujours privilégie
le texte au dépend du dessin, il suffit de voir des originaux, les
rares que j'aie pu voir etaient a la limite du torchon ! Heureusement la
force de ses albums réside dans ses histoires empreintes d'ésoterisme
et de légendes dans lesquelles il nous promène. Concernant
ses livres, j'ai eu l'occasion de lire récemment le roman de la ballade
de la mer salée, cela ne m'a pas apporte beaucoup par rapport a la
BD, je conseillerai plutôt de lire le livre qui lui est consacre :
Le désir d'et inutile, cela permet de mieux comprendre qui est le
grand Hugo Pratt.
Antoine
D'accord pour dire que Mû ne constitue pas le sommet de l'œuvre
de Pratt, mais il n'empeche que je le trouve loin d'être repoussant,
la simplification du trait est peut être exagérée dans
certains cas, mais certaines images sont sublimes.
Le Pratt des débuts annonçait à mon sens celui qu'il
allait devenir, c'est a dire un de dessinateurs et conteurs les plus expressifs;
et on retrouve dans certains albums de ses débuts (Ernie Pike par
exemple)malgré une prédominance de dessins trop chargés
à mon goût,certains dessins presque abstraits, notamment pour
les explosions ou les scènes dans la brume, que l'on retrouvera plus
tard chez Corto ou autres.
Quant au livre de la Ballade, je pense aussi qu'il n'apporte strictement
rien.
Jeff
Un amoureux de Corto et d'Hugo Pratt m'a fait decouvrir la BD en me faisant
decouvrir Les Celtiques (peut-etre le plus accessible pour un non averti).
J'ai tout de suite accroche et me suis passionne pour Corto. Les histoires
fabuleuses ou il nous entraine, soit disant malgre lui, continuent a me
faire rever, et en lisant Le desir d'etre inutile, c'est vrai qu'on retrouve
ces ambiances parce que elles font partie de la vie d'Hugo Pratt.
Quant aux dessins, je suis toujours reste subjugue par les visages, les
postures et les mouvements si subtilement suggeres. Les sourires en coin
de Corto face au Moine ou a Raspoutine sont fabuleux car on parvient a y
lire toute l'ironie, la moquerie et la tendresse qu'il n'exprime pas par
les mots. Comment ne pas tomber amoureux de Pandora ou de Banshee O'Connor
? En
ce sens (seulement) Mu, est le moins abouti des albums de Corto, car Pratt
privilegie le cote "fantasmagorique" de 'histoire, un peu comme dans les
Helvetiques, non?
Ernie Pike, Fort Wheeling, Cato Zoulou, Jesuit Joe (adaptation cinema
fabuleuse) etc... m'ont moins passionne car aucun heros n'y est pour moi
de la trempe de Corto !! mais les histoires restent particulierement bonnes.
Il faut lire le roman de Pratt ayant donne El Gaucho (avec Manara) : le
roman est fabuleux, la BD un resume Tres bien illustre. Mais evidemment,
le roman Corto Maltese m'a decu aussi...
salut
JEFF
Emir
salut briard, je ne suis pas du tout de ton avis sur fable de Venise:au
contraire, je trouve la couleur merveilleuse dans ce bouquin, elle retransmet
fidèlement je trouve, le caractère onirique de cette BD (
il n'y a qu'a voir la scène de l'incendie: c'est beau!). L'as tu
vraiment vu?
C'est vrai que pratt a probablement fait les plus beaux noir et blanc
de la BD, mais il a pensé "fable de Venise" pour la couleur, car,
justement, c'est un conte! (cf "de l'autre coté de corto"). En plus,
la version Casterman (c'est a dire française) de Fable, a été
bâclé ! (certains dessin sont pointillés ... l'effet
n'était pas voulu). Bref, pour ces raisons, j'ai vraiment redécouvert
un corto avec cette version couleurs, on est loin du crime! .Mais j'admet
que les autres sont bien moins réussis (a mon goût). peut être,
corto en Sibérie en couleurs ?
Quand a MU: j'adore malgré tout ce que vous avez dit: je le préfère
même a certains épisodes des celtiques! Et oui! il y a (presque)
tous les personnages de corto en amérique, raspoutine dit des trucs
délirants, c'est plein de niveaux de lecture différents ...
bref, j'adore.
Pour les celtiques le dessin est un peu trop chargé (comme a dit
pascal) et les histoires peut être un peu trop "réelles".
Pour moi, le juste milieu, mon "corto fétiche", c'est corto en
Sibérie!
Allez, a+ !
Emir
Fred
Salut j'admire le trait de Hugo Pratt depuis
peu de temps ainsi que ses récit (mon préféré
est d'ailleurs Mü, beau mélange de légendes). ce qui me
ferait plaisir c'est de trouver qqs affiche dessinées par Pratt (pas
des originaux biensûr, quoique) à bas prix, voire gratuit! où
puis-je en trouver, qui peut m'en fournir?
Merci :-)
Gaël
Tout d´abord me présenter : Je m´appelle Gaël
Portanguen et suis Breton.
Très tôt j´ai découvert Hugo Pratt et
son ombre Corto Maltese par mon père qui a tous les albums de Corto
et qui y tient comme à la prunnelle de ses yeux.Je n´ai commencé
à m´y intéresser il n´y a que 3 ou 4 ans (j´ai
maintenant 19 ans) mais je suis finalement tombé sous le charme de
ce si fameux coups de crayon (que je ne peux d´ailleurs m´empecher
de rapprocher avec un certain mouvement surréaliste du début
du siècle) et de ces contes si poétiques et perspicaces à
la fois. Ainsi,j´ai été réellement heureux de
constater que des sites étaient consacrés à mes dessinateur
et personnage préférés mais malheureusement je n´ai
jusqu´à maintenant trouvé aucun croquis à imprimer.Cela
peut paraître être une injure pour un dessinateur mais quand
on voit les prix sur le marché de chaque dessin signé,on peut
facilement comprendre qu´un étudiant comme moi n´a pas
vraiment les moyens de se les payer.
En espérant vous avoir été utile,je vous félicite
pour ce geste envers Hugo et m´apprête à me replonger
dans "Les Celtiques" (mon préféré).
Bonne continuation
Gaël Portanguen
Marc
Salut, tout comme vous je suis un fan de Corto et de Pratt. Mes remarques
rejoinent les votres: un corto se lit en noir et blanc. Bien que le premier
que j'ai achete " la balade de la mer salée " fut en couleur, mes
préférés sont ceux en noir et blanc et dont les scenarios
sont long: Corto en Sibérie, La Maison Dorée de Samarkand.
Ce que j'admire dans ces 2 albums c'est l'expression rendue par les personnages.
Ils sont fabuleux. Les dernières pages de corto en siberie sont là
pour nous le démontrer.l'aventure y est rendue excellemment en bref
j'adore.....
A+ Marc
Mustapha
Salut!
Canadien d'adoption,j'ai découvert Corto et Hugo (Quoique pour
moi ils sont une seule personne!!)dans un journal algérien qui passait
chaque jour une planche de "la Ballade de la mer salée" ,c'etait
en 1970;j'avais 15 ans et c'était l'Algérie d'avant les "Barbus".
Depuis,l'exil aidant,je n'ai jamais cessé de "rever" et de "bourlinguer"
avec Corto,Cush,Raspoutine,Bouche-Dorée,Tirfixe... et tous les autres...
Il m'arrive meme-Quand j'ai le "bleus"(Prononcez le "blouz" comme mes
amis Québécois :c'est a dire quand j'ai le cafard!)-de chausser
mes raquettes et de faire de grandes ballades dans la neige au nord de Montréal,et
alors des fois j'ai l'impression d'entendre Jésuit-Joe marcher a
coté de moi et me parler!!!et je me sens mieux!!!
Voila la magie de Hugo Pratt.nous ne le remercierons jamais assez!!!
Parole de reveur!!!
Cordialement.
Mustapha.
Patrick
Salut !
Grand consommateur de bandes dessinées depuis mon plus jeune âge,
je considère évidemment que Pratt est l'un des meilleurs :
j'ai tout, tout, tout (ou presque) de lui.
Néanmoins, après une rapide lecture des points de vue exprimés
ici, je voudrais faire deux remarques. D'abord, qui peut croire que c'est
vraiment Hugo Pratt qui a écrit les romans ? Tout le monde se reconnaît
à dire que
son style s'est peu à peu dépouillé pour aller à
l'essentiel : l'histoire. Aussi, pourquoi Hugo Pratt aurait-il passé
son temps à écrire une histoire qu'il avait déjà
racontée trois décennies plus tôt en images, alors qu'il
avait de nombreux autres projets en cours (et notamment la fin de Wheeling).
Pour ma part, il n'est absolument pas question d'aller perdre mon temps
et mon argent sur des produits dérivés de Corto et qui ne
doivent pas grand-chose à Pratt... A ce propos, Hugo Pratt lui-même
était assez cynique (voir les entretiens avec Petitfaux).
Ensuite et surtout, concernant la mise en couleurs des albums de Corto,
il est évident que les dernières histoires ont été
réalisées pour être mises en couleur. L'album Mû
est bien meilleur en couleur et la version noir et blanc n'a aucun intérêt
si ce n'est commercial. Et si certaines histoires plus anciennes semblent
plus fortes dans leur version noir et blanc, elles gagnent parfois en finesse
avec la couleur. Par exemple, si j'ai longtemps pensé que les Celtiques
ne pouvaient être racontés qu'en noir et blanc, j'ai
changé d'avis avec la version couleur. Depuis, je lis une fois
les histoires en noir et blanc et une fois en couleur!!
Finalement, je pense que ce qui est déplorable, c'est la politique
des
éditeurs de Pratt qui publient tout et n'importe quoi pour faire
vendre.
Aussi, je reste très prudent sur certaines sorties récentes...
Merci.
Jérôme
Je suis de façon générale d'accord sur :
- le manque d'intérêt de Pratt en couleur,
- le caractère dommageable de la récupération et
de la publication à outrance de tout et n'importe quoi de Pratt (faire
un roman de Jesuit Joe alors que l'intérêt de la bd réside
dans sa concision).
Pour ma part, Pratt n'est bien en couleur que dessiné par Manara
(L'été
indien, El Gaucho)
Jérôme
Jean-Charles
Pour moi Corto est un homme épris de liberté, il est plutôt
anarchiste, et participe aux moments historiques qu'il traverse presque malgré
lui. Il tiens alors à y jouer un rôle, pour infléchir
le cours des événements, mais de manière totalement
désintéressée. Il aime l'aventure, le risque, les grands
espaces, le voyage, les femmes. Il ne supporte pas l'injustice.
C'est en tout cas ce que je retiens de mes lectures assidues de l'oeuvre
de Pratt, que je classerais dans la catégorie des romans historiques
autant que dans celle de la BD, près de 15 ans après ma première
découverte des albums de Corto. Je reste convaincu que la colorisation,
tout comme pour lecinéma, n'apporte rien à l'oeuvre, voire
la dénature, sa seule justification étant sans doute purement
commerciale.
Jean-Charles
Eric
De retour parmi les fans de Corto, je vois avec bonheur que nous
sommes nombreux à détester la couleur ou plutôt la colorisation
des albums de Pratt, pourtant fameux coloriste. Je n'ai d'ailleurs jamais
acheté les helvétiques ne l'ayant jamais trouvé en
noir et blanc (s'il existe que quelqu'un me fasse signe). Le noir et blanc
rend beaucoup mieux les ombres et les contrastes liés à l'univers
de Pratt, qu'il s'agisse des nuits de Venise ou des sables du Sahara. Jérome
nous dit que Pratt n'est bien que dessiné par Manara, pour moi ce
n'est déjà plus totalement du Pratt ou plutôt c'est du
Pratt dénaturé. Le récit est bien là, mais manque
quand même le trait, tout cela sans dénaturé L'été
indien qui est ajbum magnifique au demeurant.
D'accord aussi pour dire que Mû m'a laissé sur ma faim et
m'a quelque peu déçu. je ne connais par contre pas la novelisation
des Corto, mais la ballade est en soi un roman que l'on lit presque sans
les images. pour moi les plus beaux albums sont sans contextes, la ballade,
les celtiques et fables de Venises. La ballade parce que c'est le premier,
le plus beau et que je lisais Pratt pour la seconde fois et découvrais
Corto, les celtiques parce que c'est le plus proche de nous, on y retrouve
des contes et des personnages de notre enfance, fables parce que c'est l'esotérisme,
le mystère, la franc maçonnerie, c'est tout le coté
mystique de Corto qui ressort.
Pour répondre à Jean Charles, Corto est un anarchiste comme
en témoigne sa boucle d'oreille et l'oreille à laquelle il
la porte, de plus c'est aussi un pirate, enfin un gentilhomme de fortune
comme il le dit, un pirate romantique, il ne court pas comme Raspoutine après
l'or pour la richesse, mais plutôt pour son propre plaisir, pour l'aventure.
Je ne pense pas non plus que Corto participe malgré lui aux évènements
historiques puisque Pratt l' fait mourrir pendant la guerre d'espagne où
il s'était engagé volontaire contre Franco (il me semble que
Cush doit l'évoquer dans les Scorpion ou je l'ai lu ailleurs), pour
moi il tient à participer aux évènements mais plus
par gout de l'aventure que par idéal politique, d'ailleurs en a-t-il
un ?
Eric
Celia
Je suis d'accord pour dire que Corto en couleur ça ressemble
à du gachis malgré tout les sarcasmes que j'entends "C'est
du coloriage ?" . Mais ce qui m'agace encore plus c'est tout le coté
commercial (sac, pull etc.. ) qui premièrement sont hors de prix et
deuxièmement dénaturent la BD . Enfin le fric passe avant tout
on le sait bien . Ce que j'aime chez Corto, c'est sa façon de prendre
les gens comme ils sont sans jugement, l'exemple que je prefère étant
la rencontre avec Ungern dans Corto en Sibérie . Etant une bédéphile
assidue depuis l'âge de 9/10 ans, j'avoue que Pratt est mon préféré.
Comme disait je ne sais plus trop qui, l'oeuvre de Pratt est un souffle
de liberté
Célia
Merci Antoine d'avoir crée ce site où je peux enfin avoir
des point de vue sur l'oeuvre de Pratt . Quelqu'un pourrait-il me dire ce
qu'il pense des autres BD ( Les Scorpions du Désert ...)?
Eric
En réponse à Celia
Les autres BD de Pratt sont pour moi à l'image de celles de Corto.
Il faut quand même enlever la série de L'as de pique, œuvre
de jeunesse découpée en petites images de format identique
très proche de la BD américaine type The spirit dans sa construction
et sa narration, ça ressemble au Frelon vert série télé
mythique : un justicier masqué suivi par son fidèle homme
de main un prince asiate qui combat le crime. Autrement dans les autres
BD : Les scorpions du désert, Ann de la jungle, Conversations mondaines,
Jesuite joe.... on retrouve l'univers de Corto, ce souffle de liberté,
d'anarchie, de révolte et d'anticonformisme. En cherchant bien on
peut même y retrouver Corto d'une certaine façon. Je pense que
c'est tout simplement une autre façon qu'a Pratt de se mettre en scène.
J'ai même l'impression d'une foule de références explicites
ou non dites à Corto dans Les scorpions qui fait pour moi, malgré
mon antimilitarisme latent, partie des meilleurs album
de Pratt : Koinsky ne serait-il pas un Corto plus moderne à bien
y regarder ? Dans Ann de la Jungle, on retrouve même l'ébauche
de celui qui deviendra plus tard Corto et sans doute Ann est-elle l'ébauche
de Pandora ?
La force de Pratt a été de créer un genre BD différent
ce n'est plus des images racontant une histoire mais un roman mis en image.
Je n'ai encore jamais trouvé de BD qui ont cette atmosphère
et donne envie de rèver et de continuer l'aventure. Peut-être
chez Comes où l'on retrouve un dessin en noir et blanc, un trait
épuré. Quelqu'un pourrait-il me dire ce qu'il en pense ?
De plus les personnages sont tous travaillés qu'ils soient héros,
faire valoir, ou fugace. On y retrouve la dualité du bien et du mal
selon Pratt, les bons ceux qui véhiculent ses idées, les méchants
ceux contre quoi il se bat ; mais je suis surement très réducteur
par ce raccourci. Ecouter une interview de Pratt, c'est lire Corto, c'est
plonger dans l'aventure, dans une vie riche et pleine de rencontres tout
comme celle de Corto. Mais finalement les aventures de Corto ne sont-elle
pas juste le prétexte à des rencontres de personnages que parfois
tout oppose...
Eric
Emmanuel
Amitiés à tous les hugolâtres et cortophiles
de cet univers sublunaire!
Merci d'abord pour ce site (superbe!) consacré à ces vieux
et chers compagnons que sont Corto, Raspoutine, Bouche Dorée, Tir-Fixe,
Sant'Ambrogios Belle de Milan, Cush et tous les autres gentihommes de fortune,
aventuriers au long cours, belles dames sans merci et filles de plaisir
facile.
Merci aussi de la qualité des interventions de la rubrique "Polémiques".
Pour répondre à Célia, je l'encourage à lire
"Les Scorpions du désert". Koïnsky est un double de Corto, plus
"moderne" comme le dit Eric, en ce sens qu'il est plus cynique, plus pessimiste,
moins romantique. Et qu'il n'a pas en fait la liberté de Corto, sur
qui l'Histoire n'a pas de prise. Koïnsky lui est un soldat de carrière,
un tueur professionnel et a plus d'affinités avec Cush qu'avec Corto
Maltese. Pratt pousse très loin le refus de désigner des bons
ou des méchants; chacun des personnages des "Scorpions...", héros
ou salaud, protagoniste ou figurant, a ses raisons d'agir comme il agit.
Sont elles bonnes, mauvaises? Pratt ne tranche jamais. Koïnsky, Cush,
Stella ou Mario sont tous des personnages ambigüs, tour à tour
sympathiques et odieux.
Je signale à Eric un détail rapporté par le signor
Pratt lui-même: si Corto porte un anneau à l'oreille gauche,
c'est parce qu'il est 1- un marin de la marine marchande et 2- qu'il a passé
le Cap Horn. Un anneau à l'oreille droite aurait indiqué un
matelot de la marine de guerre. Le port de l'anneau permettait d'identifier
tout de suite les capacités du marin à la recherche d'un engagement.
La discussion couleurs, noir et blanc me semble, quoique intéressante,
un peu vaine. Personnellement je lis et les versions noir&blanc, et
les versions couleur. Chacune m'emmène dans un voyage un peu différent.
Les versions couleur (à l'exception des horribles Casterman des années
70) ne me semblent pas a priori inintéressantes: voir le rêve
de Corto dans "La maison dorée de Samarkand" ou le trés beau
"Fables de Venise" (d'accord avec Emir). Dans ce dernier cas, j'aime beaucoup
l'album en noir&blanc mais il y manque l'extraordinaire rouge de la
cape des carabiniers.Cela dit, je crois que les premiers Corto rendent mieux
en noir&blanc.
Je ne suis pas certain que Pratt ne se souciait plus du dessin à
la fin de sa vie. Il dessinait autrement. Comme Turner, à la fin, peignait
autrement (les derniers tableaux de Turner ne sont pratiquement plus que
de la lumière). Ou Bonnard. Dans "Mu" (dont certaines cases, voire
pages, sont effectivement traitées par dessous la jambe, soyons honnêtes),
je trouve quand même trés intéressante la façon
dont tout se mélange, réalité et rève, mayas
et vikings, hommes et statues, et dont le dessin change, devient plus ou
moins réaliste, se déforme, se transforme, se métamorphose.
A propos de Corto Maltese et de la politique, ces phrases de Hugo Pratt:
"Corto a une option de la politique. Vis à vis de la politique, il
est un libertaire. Quand il se promène avec des révolutionnaires,
ça devient rigolo. Parce qu'il y a des communistes qui aiment Corto
Maltese, des socialistes qui aiment Corto Maltese, même des fascistes.
Corto a des amis partout. L'ammitié, c'est autre chose. Je peux avoir
des amis qui pensent différemment l'un de l'autre, mais ce sont mes
amis. (...) Je pense que c'est important, la liberté."
Je crois que Hugo Pratt est un des grands auteurs de ce siècle,
de la trempe d'un Stevenson et "La Ballade de la Mer Salée" un des
plus beaux livres qui soient. Un peu de ma vie est restée entre les
pages de Pratt avec Corto, Raspoutine et les autres. Et je ne le regrette
pas. Il faudrait aussi parler du talent de dialoguiste de Pratt. Dans "La
Maison dorée de samarkand", deux turcs servent une mitrailleuse, l'un
dit à l'autre: "Tu tires bien toi. Tu me rappelles maman." Et Raspoutine
déclarant: "J'ai l'âme imprégnée d'une sorte
de tristesse, de lassitude devant les misères de la vie, de douce
nostalgie, de tendresse en somme. Tout compte fait aujourd'hui, je m'adore".
Plutôt que de lire les "novelisations", médiocres, publiées
par Gallimard, je conseillerai de faire les bouquinistes et d'y chercher
le beau roman qu'Alberto Ongaro a consacré à Pratt, "Une Vie
d'Aventure". Avec un peu de chance...
Pour citer moi aussi mes albums préférés: "La Ballade
de la Mer Salée", "Fables de Venise" (à cause de Louise Brooks
et du Baron Corvo, deux vieux amis), "Corto en Sibérie" (Ungern et
Nino Ferrer en un étrange compagnonnage au delà des ans) et
"La Maison Dorée de Samarkand".
Et tous les autres.
Amitiés à tous et longue vie à Corto.
Emmanuel Pollaud-Dulian
Albert
Salut à toi Antoine,
Je suis Albert de Nice et j'ai 39 ans, j'ai connu Corto Maltese depuis
Pif Mag, c'est à dire lors de sa premiere diffusion en France de manière
Grand Public. Depuis cette date, je suis un fervent de Corto. Sur le Forum
et en particulier sur les polémiques qui naissent ça et là
autour de quelquonques graphismes couleurs ou noir et blanc, je trouve cela
dérisoire, non pas que l'on ne puisse pas avoir un avis bien précis
sur la question, mais je laisse cela aux "pignoleurs" et aux "intellectuels"
de tous poils.
Désolé de te dire ce que je ressent vraiment, mais lorsque
je suis fatigué, cassé, détruit, et j'en passe et des
meilleures, eh bien j'ouvre un récit, car ce sont des récits,
de Monsieur HUGO PRATT, et là je renaît et je devient tout
à coup Corto Maltese, je prends sa place, Corto c'est moi. Ne t'ais
tu jamais demandé ou plutôt ne t'ais tu jamais rendu compte
de l'environnement dans lequel tu vivais? eh bien cher Antoine, j'invite
tous les internaute de ton site à regarder et à ouvrir grand
les yeux et ils verront que tout est grisaille, couleurs délavées,
je parle de leur environnement direct et non pas de ce qu'ils peuvent vivre
d'exaltant quelquefois.
Alors aller construire des thèses sur le fait que Hugo Pratt, ne
faisait que des textes et non pas des planches à partir des deux tiers
de sa collection, cela est un phantasme de névrosé, ou pour
reprendre une phrase bien connue de tous les publivores " surtout ne pas être
un daltonien de la vie".
On peut aimer ou ne pas aimer CORTO MALTESE, mais de grâce laissez
Hugo tranquille là où il est, j'ai déjà assez
de peine de l'avoir perdu en 1995, pour le juger, REVEZ PLUTOT et laissez
vous emporter par ce doux chant et fermez les yeux un instant, vous sentirez
une douce brise d'embruns marins vous caresser le visage, laissez vous guider
la Ballade de la mer salée commmence, et une voix vous interpelle,
vous vous retournez et vous reconnaissez votre ami cush, qui vous invite
à venir boire le thé mais jamais avant cinq heures de l'après
midi. Sentez-moi cette odeur de thé, celui-là a le goût
de l'amitié, derrière le soleil se couche et d'autre aventures
vous attendent, alors reposez vous bien, car demain ne meurt jamais..................................................
Inventez la suite........ Corto c'est NOUS.
Ton site est bien imagé et bien fait, mais pour moi la rubrique
polémiques est de trop, quand on aime on ne compte pas .
A te lire peut être, je ne suis pas souvent libre car j'ai une aventure
qui commence chaque jour.
Elucubrations Fanatiques
Albert.
Emmanuel
Pour répondre à Albert: d'accord avec vous, le
débat "couleurs - noir & blanc" est assez artificiel. Une façon
comme une autre de passer le temps. N'oublions pas le principal: la rencontre,
la fusion de deux imaginaires, celui de Pratt et celui de son lecteur/sa
lectrice. D'ailleurs, pour liquider (?) la question, Hugo Pratt lui-même
veillait à la mise en couleurs. Ainsi, dans les "Scorpions du Désert",
où la couleur est obtenue par juxtaposition de gros points, il s'agit
d'un effet voulu par l'auteur: "Ces gros points correspondent à la
technique qui était utilisée à l'époque des
Scorpions du désert. J'ai voulu la trame des des grands quotidiens
de cette période. A l'imprimerie, ils avaient du mal à comprendre
cela."
A propos des divers assistants et plus particuliérement de Guido
Fuga qui dessina les trains de "Corto Maltese en Sibérie", Pratt explique:
"Il y a des gens qui trouvaient que cela n'était pas juste que j'aurais
du faire les trains moi-même... Mais je m'en fiche, ce qui m'intéresse
c'est que les trains soient bien. J'y ai fait des ombres, je leur ai donné
du mouvement, mais les roues étaient si belles que je les ai laissées
comme cela, comme un instantané d'un photographe, sans leur mettre
du mouvement." Quant à l'opposition entre texte et image, roman bande
dessinée, Pratt y répond aussi: "Pour moi, la bande dessinée
est une écriture. Je raconte une histoire et les images, c'est mon
style. (...) Pour 'Corto Maltese' il faut un texte, mais je pourrais raconter
toute une histoire sans aucun texte. Ce serait possible car la bande dessinée
a son code."
Enfin, une dernière précision de la bouche du maestro: "Tout
le monde continue à dire que Corto Maltese meurt pendant la guerre
d'Espagne! Il disparait pendant la guerre d'Espagne mais il ne meurt pas."
Une question de ma part: quelqu'un a-t-il lu (et aimé comme moi)
"Fort Wheeling"?
Les citations de Pratt sont extraites du bouquin de D. Petitfaux, "De
l'autre côté de Corto".
Amicalement & viva Hugo!
--
Emmanuel
Nicolas
Je voudrais avant tout exprimer tout le bonheur que j'ai eu à découvrir
ce site sur l'un des grands héros de ce siècle. J'ai également
beaucoup apprécié l'émission les 13 vies de Corto Maltese
diffusée sur la cinquième. Par contre, je n'arrive pas à
me connecter sur le site "les 13 vies". Quelqu'un en connait-il la raison
?
J'aimerais aussi vous faire part de mes impressions sur deux albums.
Tout d'abord, j'adore Fables de Venise pour l'atmosphère à
la fois mystèrtieuse et symbolique qui y règne. J'aime également
beaucoup Mû dont j'ai lu pourtant plusieurs critiques dans le Forum.
En effet, j'apprécie particulièrement le fait de retrouver
de nombreuses figures rencontrées au fil des lectures précédentes.
Chaque personnage est en effet inscrit dans une histoire particulière
et suit son destin comme il le peut. Tous gravitent autour de Corto qui
s'est rendu maitre de son existence en traçant lui-même sa
ligne de chance. Sans doute Mû peut-il être lu dans cette perspective.
Cordialement,
Nicolas.
Skeweek
Il me semble que le plus bel album de Pratt soit "les Helvétiques"
bien que certains n'apprécient pas le coté "phantasmagorique".
C'est celui qui me fait le plus réver et après tout c'est
bien le plus important...
Emmanuel
Prattophiles et Cortolâtres, bonsoir.
De nouvelles (si j'ose dire, mais il faut bien que les éditeurs
vivent) parutions: "Tango" en couleurs chez Casterman, agrémenté
de quelques dessins et textes collectés ici et là, et chez Vertige
Graphic la réédition de "L'homme de Somalie" (paru, du temps
que nous étions encore jeunes et vachement larges d'épaules,
dans une collection fourre-tout mais bon marché qui rassemblait divers
dessinateurs italiens, sous le titre de "A l"ouest d'Eden"). Même
façon de procéder que chez Casterman: (trés) belle
couverture cartonnée, quelques aquarelles récupérées
ici et là et un texte de présentation dû à Jean-Claude
Guilbert.
Quelqu'un sait-il où en sont les projets (dramatiques) de portage
à l'écran de Corto Maltese sous les traits de Christophe "Tarzan"
Lambert? Dieu existe-t-il et a-t-il balancé huit ou dix plaies sur
l'industrie cinématographique pour nous épargner ce désastre?
On promet aussi une adaptation en dessins animés pour la télé
(celle qui nous lave et nous rend beaux). Un ami en a vu la bande-annonce
et n'a pas été horrifié. Je doute néammoins.
Si l'un de vous, gentilhommes de fortune ou belles dames sans merci, possède
des renseignements sur l'une ou l'autre de ces entreprises?
Amicalement.
--
Emmanuel
Mathieu
L'album Mû, signe le détachement psychique de Pratt,
sa volonté de vivre dans le monde des songes, plutôt que dans
celui de la réalité, est démontrée par l'insouciance
de son dessin , les traits sont fuides, épurés dans un style
unique qui donne à Pratt son envergure et son titre de déssinateur
poête . Mû n'est pas repoussant, il est différent, est
refléte l'image de Pratt avant sa mort.
Enfin pour moi le plus sublime et le plus enivrant des albums de Pratt
(mis à part la série des Corto), demeure Jesuit Joe.
Thierry
Un ami m'a fait découvrir Ernie Pike récemment.
Je trouve cette BD prodigieuse: elle traduit parfaitement le mélange
de dégoût et de fascination que de nombreux témoins
de la guerre ont éprouvé à son contact. (j'ai repensé
notammment à un bouquin d'un journaliste de LIbé, Jean Hatzfeld,
sur la guerre de Bosnie). Hugo Pratt part de l'anecdote pour révéler
les innombrables attitudes, mesquines, héroïques, dramatiques
des hommes plongés au cœur de la guerre. On n'est pas si loin de
Corto Maltese: le même regard teinté d'ironie qui dépasse
les longs discours, le même étonnement face au monde et à
ses errements.
C'est vraiment un excellent bouquin sur la guerre, à ranger à
côté de Barbusse, Dorgelès, Hemingway ou Guilloux. Je
trouve vraiment étonnant que cette Bd soit bien moins connue que
fort Whelling ou même Corto. Sans doute parce qu'on n'est plus dans
le domaine du rêve mais de la réalité, crue et absurde.
Ça prouve l'immense talent de Pratt, qui a savait maîtriser
aussi bien les récits oniriques que "réalistes".
En ce qui concerne Mû, entièrement d'accord avec Mathieu.
Adios et longue vie au site...
Thierry
Nobru
Salut à tous les gentillhommes de fortune,
Je possède une quarantaine d'ouvrages de Pratt dans divers formats
et diverses éditions, certaines assez anciennes.
Je m'étonne de n'avoir jamais vu jusqu'à aujourd'hui de
cotation des oeuvres de Pratt comme il en existe par exemple pour les collectionneurs
d'Hergé.
Quelqu'un sait-il où il est possible de trouver ce type de cotations
?
Par ailleurs, toutes les bibliographies sont en général
incomplètes. Chaque fois que j'en ai vu une, je me suis apperçu
que je possédais deux ou trois albums qui n'y figuraient pas.
Voila un thème qui pourait constituer une partie intégrante
de ce très beau
site. A partir de là, les amoureux de Pratt pourraient échanger
ou
compléter leur collection.
A bientôt chers pirates,
Nobru
Karine
Bonjour,
C'est un ami espagnol qui m'a indiqué ce site, qui est graphiquement
magnifique et dont l'esthétique respecte parfaitement celle de Pratt.
Je regrette seulement qu'il y ait tant de fautes d'othographe, car vous
avez des fans francophones à l'étranger, tout au moins en
Espagne ! (oups, désolé, nda)
D'autre part, vous aurez certainement remarqué que Hugo Pratt n'a
jamais autant écrit que depuis qu'il est mort... Voir les adaptations
en livre de poche de la ballade de la mer salée et de Corto en Sibérie.
Il existe cependant un livre splendide qu'il a vraiment écrit,
et qui s'appelle "le désir d'être inutile". C'est une autobiographie
passionante qui explique beaucoup de positions, ou absences de positions
politiques de Corto Maltese. Il mérite de figurer dans votre bibliographie.
Je ne l'ai pas à Madrid avec moi et je ne peux donc pas vous donner
les références, mais il a été réédité
cette année et devrait se trouver dans toutes les bonnes librairies
en France.
Karine Batalla, vice-consul de France à Madrid.
Suite d'hier :
Le désir d'ëtre inutile, par Hugo Pratt. Entretiens avec Dominique
Petitfaux.
Editions Laffont. 249FF.
Andre
Qu'on aime Corto en couleur ou en n/b, tout le monde a ses petites
préférences...Personnelement ça ne ma dérange
pas ...J'ai aprrécié la version couleur de "fable de venise"
, de" tango" ou de "la jeunesse de corto" car les planches ont été
remises dans leur format initial (5à6 cases par planches) càd
le système du gauffrier que l'on retrouve dans les albums (remarquables)
:" la macumba du gringo", "à l'ouest d'eden", et "jesuite joe"(qui
forment une trilogie)...et qui ont été conçu en couleurs!
Je suis également d'avis que "Mû" ainssi que tous ses derniers
albums ne tiennent qu'avec la couleur. JE SUIS CHOQUE d'entendre que le
dernier style de PRATT est BACLE , je crois au contraire qu'il a eu le courrage
de faire évoluer son style comme bon lui semblait. Un style ,certes,
plus rapide, plus désinvolte mais qui est selon moi précurseur
d'une liberté de style graphique qui annonce l'explosion de la bande
dessinée "indépendante" (association, cheval sans tête,
amok, frigo, fanzin prise de tête en tout genre qui permet à
la BD d'aujourd'hui de s'émenciper des gros éditeurs...).Bref
Pratt est resté honnête avec lui même ,quitte à
décevoir une patie de son publique (celui-ci finira par s'ouvrir à
un style graphique plus audacieux)(je dis ça mais j'adorre la période
"en sibérie , samarkande etc")
Bien sûr c'est un point de vue comme un autre (càd tout à
fait subjectif!)
A ciao! les amoureux de l'aventure et de la poèsie!
ANDRE
Vincent
Salut, tout le monde.
Je m'appelle Vincent, j'habite Liège (Belgique), j'ai 42 ans et
le suis tombé dans la BD quand j'étais petit.
Pour moi, Corto (et tout ce qu'a fait Pratt) constitue un véritable
sommet. Je ne suis pas trop d'accord avec ceux qui disent que son dessin
était plus ou moins bon à certaines périodes. Pour moi,
le génie de Pratt, c'est que le dessin n'est qu'une partie d'un tout,
et chaque évolution de son style correspond à un style de récit,
à une gamme d'émotions, à ce qu'on ressent comme une
préoccupation de sa part. Alors, voilà, c'est dramatiquement
simple, j'aime tout ce qu'il a fait, à chaque fois que je relis un
de ses bouquins, j'y découvre de nouvelles choses. J'aime moins quand
c'est colorisé, parce qu'on y perd parfois des nuances qui n'appartiennent
qu'au noir/blanc, mais cela nous donne quand même parfois de très
belles illustrations. Pour le reste, que le monde serait beau si chacun avait
un peu de Corto en lui!
Ciao.
Tariel
Bande d'ingrats! J'ai parcouru toutes vos lettres et je suis extremement
déçu: pas un seul d'entre vous n'a remercié Hugo Pratt
pour toutes ces merveilleuses histoires qu'il nous a conté ET par
les textes en eux même ET par les dessins(en couleur ou non,l'histoire
à toujours la même saveur!)...
Je crois que vous ne réalisez pas très bien l'importance
du plus beau cadeau que Pratt ait pu nous offrir, à savoir des rêves
dorés qui nous permirent de nous évadés pendant un
moment de notre réalité quotidienne totalement banale ponctuée
de petites "aventures" n'ayant rien de comparables à celles vécues
par Hugo Pratt...
Continuez vos petits débats sans importances, vous n'êtes
plus des reveurs...
Quand à moi je m'appelle TARIEL et je retourne fumer une cigarette
avec Corto!
Peut-être à bientôt!
David
Salut à tous; en réponse à Vincent en ce concerne
le génie d'Hugo Pratt, je pense qu'il réside dans la fusion
entre poésie graphisme et narration. Car si Pratt appartient à
cette lignée de grand narrateur tel Stevenson, il reste pour moi un
fabuleux poète (probablement le seul en B.D). Les dernières
oeuvres d'Hugo Pratt comme Mû ou bien La Macumba du Gringo traduisent
bien cette idée et, n'en déplaise à certains constituent
le résultat de toute une recherche artistique et spirituelle. Le dessin
n'est pas "bacle mais tout simplement poussé a son extrême. Ainsi
Hugo Pratt en se détachant peu à peu du fumetti traditionnel,
prend le risque de déplaire mais révolutionne parrallèlement
les conceptions archaïques de cet art à la mode.
Je voudrais maintenant revenir sur un point précis en ce qui concerne
votre page sur le "portrait du marin adolescent" qui montre bien à
quel point l'étude de ce personnage peut se montrer complexe. Les
différentes allusions à Corto Maltese évoquées
dans l'introduction à "La jeunesse" ne sont pour moi qu'un moyen de
faire de ce personnage un héro ou anti-héro(les extrêmes
se rejoignent toujours) légendaire et Pratt y est parvenu.Qui de nous
peut réellement prétendre que Corto etait l'ami de London?
En fait, ce personage est sorti tout droit de l'imagination et des références
cuturelles de Pratt: il le dit lui-même dans "Le désir d'être
inutile": en parlant de son oncle
Patrick
Etant tous d'accord sur le plaisir que procure la lecture des aventures
de Corto, je souhaiterais plutôt solliciter vos avis sur le parcours
initiatique que semble tisser Hugo Pratt tout au long de ses albums, parallèle
en bien des points avec les pratiques franc-maçonnes (du moins je
le suppose). Dans cet état d'esprit, j'ai l'impression que Mû
représente l'aboutissement de la quête de Corto, qui rencontre
enfin ce monde perdu et imaginaire qu'il a toujours recherché. Le
dessin peut certes paraître moins appliqué, mais la finalité
de cet ouvrage n'est sûrement pas là. En réalité,
ce que Corto cherche n'existe pas (dixit Bouche Dorée) et c'est peut-être
à la fin de cette aventure qu'il le réalise, ayant enfin été
au bout de son rêve. Quelqu'un a t'il creusé la question de
ces liens mystiquent qui unissent ou reviennent perpétuellement dans
l'oeuvre d'Hugo Pratt ?
Ceci dit, tout cela n'est que conjecture et le plus important est de pouvoir
voyager librement en se plongeant dans chacun de ces formidables romans
dessinés. Bonne (re)lecture à tous.
Gerhard
Ich habe noch nie einen kolorierten Band von Corto gekauft und
wenn ich es vermeiden kann, werde ich es auch nicht tun.
Gerhard
Sébastien
Je reviens de Venise, ou les empreintes de Hugo pratt restent
tres presentes. Si vous en avez l'occasion n'y allez pas sans
-"les balades de corto maltese"
et bien evidemment
-" Les fables de Venise", le face a face avec le lion de l'arsenal est
impressionnant .
Vincent
Hello everybody,
Pour ma part, je suis arrivé très tard dans le club des
fans de Corto et des bandes dessinées d'Hugo Pratt. En partie parce
que c'est plutôt le dessin qui m'attirait dans la bande dessinée
que le texte. Je suis donc en désaccord avec les fans de Corto en
noir et blanc. La couleur a considérablement accru la poésie
et la rêverie. Quand on lit les Celtiques ou les Ethiopiques dans leur
version large en couleur, les aquarelles envitant le voyageur dans la féérie,
je me demande comment on peut revenir au noir et blanc. Pour moi, ce sont
comme deux BD différentes.
Mais ce n'est qu'un avis parmi tant d'autres.
Alain
Je suis le grand alain et depuis 1985 je relis deux fois par an tous les
Corto. Je ne pense pas que Hugo Pratt se fichait du dessin dans les derniers
corto et notament Mû. Les dessins sont plus gros, peut-etre signe
de maladie, mais je pense que c'est lui qui les a fait. On retrouve la même
poésie et le même désordre dans ce dernier album. Il
est certain que l'histoire lui tenait plus à coeur que le dessin.
Il s'agit, avec "les Helvétiques" des albums les plus prés
du monde du rève et donc les plus difficiles à lire. Mû
reste un sujet hésotérique cher à Hugo. Ce n'est pas
mon préféré mais il m'inspire du respect pour la connaissance
qu'il véhicule.
Mes préférés: la sibérie, Toujours un peu
plus loin, fable de Venise et tous les autres.
J'aimerai poser quelques questions à Corto:
Quand est-il mort ?
Combien de femmes a-t-il aimé ?
Bob
Bonjour, mon avis est assez partage sur la question du choix couleur/
noir-blanc Dans Fable de Venise, l'usage du noir et blanc est fabuleux,
l'ambiance, le mystere n'en sont que plus profonds, certes, le trait semble
assez simple, mais il n'y a qu'a voir les fonds, le detail (meme s'il est
l'oeuvre d'assistants) est splendide.
Alors que penser, Je ne sais pas. J'adore aussi la colorisation de Mu
et en me me temps, la simplicite des premieres cases de Mu les eleve parmi
les plus belles de toutes l'oeuvre du sieur Prat. Finalement, ce debat ets
veritablement affaire de sensibilite personnelle.
Quant a l'evolution du trait lui meme, le chemin vers la simplicite n'en
est que meilleur, des lors qu'il correspond a l'evolution de la description
psychologique du personnage. Qu'apprend on du personnage Corto dans Mu?
Pas grand chose; le combat perdu contre son ombre devrait etre au moins
aussi revelateur que la rencontre de son double. Et il n'en est rien; je
me demande si simplement l'epurement du trait ne correspond pas aux dernieres
touches de description de Corto.
Yves
Je suis étudiant en architecture, et malgré tout,
je n'ai découvert (apprécié) Corto Maltese que récemment.
C'est à la fois une source d'inspiration et une motivation pour le
dessin et le projet. Dans les moments de découragements, ces albums
me permettent de me remettre en selle. Plus les vacances approchent, plus
mes excursions avec Corto sont nombreuses.
Assurément, le dessin de Hugo pratt n'a pas finit de nous apprendre
des choses.
Concernant votre site, je trouve dommage de tronquer les images des albums
(en cercle). N'ont-elle pas
été dessinées pour être admirées dans
leur totalité?
Eliane
De Pantxika
Cela fera bientôt deux ans que j'ai découvert Corto - par
La Ballade de la mer Salée et Fable de Venise, et je ne m'en suis
toujours pas remise.
Hier sur Arte, est passé un documentaire sur Hugo Pratt et surtout
Corto Maltese, est-ce que quelqu'un l'a vu ?Je ne l'ai pas trouvé
si mal que ça, question de goût, mais il faut dire que je n'ai
pas l'oeil très critique. Etant donné qu'il revenait toujours
à Venise, comme Corto et son créateur, je me suis laissée
envoûter.
Quelque chose m'étonne quand même ; comment se fait-il que
si peu de lectrices écrivent ? Pour ma part, je n'ai pas peur - même
si certains chez moi s'acharnent à ne pas me prendre au sérieux
- de dire que le marin à l'oreille percée m'a envoûtée
(tant pis si je me répète) et pas seulement lui, mais aussi
tous ces visages rencontrés au hasard des voyages : Esmeralda, Louise,
Caïn, Changaï Lil... Et surtout deux pour qui je garde une affection
particulière - ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien : Pandora
et Raspoutine.
Enfin je voudrais remercier l(es) auteur(s) de ce site très bien
conçu, c'est à dire conçu pour faire rêver, et
demander où trouver le livre Corto Maltese, même si la novélisation
peut décevoir, La Ballade... étant un de mes albums préférés.
A la prochaine et merci à Hugo Pratt où qu'il soit d'avoir
ainsi enchanté des heures qui auraient pu se changer en années
tellement l'ennui peut être envahissant.
N
De part le roi de Patagonie, à vous tous initiés
à l'imaginaire voyageur d'Hugo Pratt, Salut. Marin breton, j'ai moi
aussi rencontré le Maltais lors d'un de mes voyages. Sensible à
l'imaginaire celtique, naviguant au gré des rêves, aventurier
romantique, nous nous sommes tout de suite entendu, et je dois dire que sans
lui, et sans mon prédécesseur, l'auguste A. de Tounens, je
n'aurais jamais reconquit mon royaume de Patagonie.
Fou ? je le suis certainement. Je ne suis pas si éloigné
des folies du Baron V. U. Sternberg. Et en tout cas je comprend H.P, Il suffit
de rêver pour régner....
N. Roi de Patagonie
Michel
Hugo Pratt c'est d"abord le Mythe, le Mythe en action, la présence
du sacré.
Samir
Salut à tous
Je ne suis pas d'accord, pour reprendre la "polémique", avec les
phrases que j'ai pu lire concernant la dégradation du style de Pratt
vers la fin de sa carrière.
J'y vois plutôt un certain minimalisme, une épure dans le
trait. D'ailleurs, même si Pratt lui-même reconnaissait devenir
paresseux avec le temps, il expliquait ce changement par sa pratique accrue
de la peinture (cf ses gouaches) et sa volonté de "dépouiller"
son dessin.
Quant à ses assistants, il n'était là que pour l'aider,
notamment pour les planches représentant des véhicules ou des
trains que Pratt dessinait mal. Il n'était d'ailleurs entouré
que de deux personnes : Patricia Zanotti pour la couleur et un architecte
de formation (dont j'ai oublié le nom) pour les dessins ayant trait
aux avions, autos... Pratt restait maître de ses oeuvres.
Mais je tiens surtout, comme la plupart d'entre vous, à exprimer
mon admiration et surtout mes remerciements pour celui qui m'a tant fait rêver.
Mustapha a bien raison de croire que Jesuit Joe l'accompagne dans ses
ballades ! Les personnages de Pratt ont une dimension rarement atteinte
dans la BD.
L'érudition, l'humour et la personnalité de Pratt leur conférait
un caractère particulier (et pas seulement à Corto).
Bonne lecture.
Cordialement
Sam
Jeff
Je dois vous avouer que je suis perplexe. Grand dévoreur d'images
depuis mon enfance, je viens de découvrir Corto Maltese et en moins
de 2 semaines, je les ai lus et relus et je ne comprend pas comment je puis
être aussi fasciné.
Des textes trop chargés et trop denses à mon goût,
des dérives oniriques et fantasmagoriques qui me laissent froid mais
pourtant, la "Ballade" avec Corto m'a profondément marqué. Trop
sûrement et à mon âge, c'est plutôt inquiétant.
Jamais je ne me suis identifié à un personnage de BD et là
ça vient me frapper de plein fouet. Attention à la vague....
les mythes et les cultes, c'est plutôt dangereux. Allez, je retourne
lire la Sibérie.
Jeff.
Lukaz
Bonjour à tous.
Je vais égalemnt donner mon avis sur Pratt et Corto, si l'on peut
encore distinguer l'un de l'autre...
Bien que fana de BD, J'ai découvert Pratt sur le tard, étant
allergique au noir et blanc. Les temps ont changé puisque dorénavant,
je ne peux lire un Corto qu'en N& B. Les émotions et le graphisme
sont bien plus "prenants".
Concernant Mû, on peut certainement trouver l'album bâclé,
minimaliste d'un point de vue graphique. Il n'empêche que l'ambiance
de Pratt transparaît à l'égal des autres albums. Tout
au plus peut on regretter une surenchère fantasmagorique, voire délirante...
Mon albums préféré est sans conteste "Fables de Venise".
Les dessins retranscrivent dans les moindres détails la configuration
et l'architecture de la cité des doges et je me suis surpris à
prendre un plan de la ville pour situer Corto au cours de ses pérégrinations.
Ajoutez à cela des vues de Corto solitaire ( que l'on retrouve fréquemment
dans "Tango" ) dans cette atmosphère de mystère et d'ésotérisme
propre à Pratt, et vous serez accro.
La "Ballade" s'impose comme un sas dans l'univers de Pratt : facile et
préfigurant à merveille les albums à suivre.
Je ne saurais dire pourquoi, mais "les Ethiopiques" exercent sur moi une
sorte de fascination. Pas tant au niveau du scénario général
que des dialogues "bruts" Corto/Cush.
Je citerais également "la maison dorée de Samarkand" pour
les délires de Raspoutine et "les Celtiques", pour le côté...celtique
!
J'aimerais vos avis sur "les Helvétiques" qui m'est toujours resté
assez obscur, pour ne pas dire impénétrable.
A bientôt. Lukaz
Simon
Cette lettre est une sorte de reponse à Sophie (2eme message
du forum) pour dire tout simplement que Pratt accordait certainement plus
d'importance à ses recit qu'à ses dessins.Le roman de Pratt
n'est donc autre qu'une retransmission plus poetique de sa bande dessinée
"La ballade de la mer salée", ayant pour but d'insister sur l'importance
de l'atmosphère de son histoire que ses dessins peinent à
retranscrirent.Je voudrais neanmoins preciser que ses dessins restent d'une
grande qualité, même sur la fin avec Mû . Place aux rêveurs...
Cécile
Allez, une participation de plus...
Hugo Pratt, je suis tombée amoureuse de lui lorsque j'avais 11
ans. Il a été presque tout pour moi : le père que je
n'avais pas connu, le Maître d'Aventure, celui qui fait comprendre
dès la fin de l'enfance combien le monde est multiforme, enchanteur
et cruel à la fois. Ma référence pour la liberté
de ton, l'indépendance physique autant que psychique, la curiosité.
Avec Corto, j'ai lu Utopia comme Le Loup des Steppes, des récits
de guerre, des poètes arabes, Rilke, le Coran, les voyages de Saint
Brendan, Churchward (??? doute sur l'orthographe, soudain, là...!),
Stevenson (bien sûr !), les milles et une nuits, Revzani, Umberto Eco....
Tout ce croise dans l'univers de Pratt : on trouve chez lui des choses qui
nous attirent ailleurs, on voit chez les autres des idées qui nous
ramènent à lui. Un mentor.
Mon plus précieux souvenir : la lettre reçue, accompagnée
d'une litho dédicacée, en remerciement d'une nouvelle que je
lui avais envoyée. Comme vous pouvez le constater, je ne suis absolument
pas objective. Pourtant, je ne crois pas qu'on puisse se permettre de qualifier
le style de Pratt de bâclé sur la fin. Comme certains l'on fait
remarquer, il s'opère une osmose entre l'état d'esprit, le
propos et le dessin de Pratt. La couleur "apporte" à ces derniers
albums, c'est certains, mais il suffit de se pencher sur certaines cases
de la version noir & blanc de Morgan pour être obligé d'admettre
que, s'il est différent de l'ancien, le "nouveau" style de Pratt se
défend tout autant.
Sur la mise en couleur des albums anciens, je trouve qu'elle donne une
vision nouvelle des albums. Il est certains que certaines cases particulièrement
chargées de La Ballade ne se prêtent que moyennement à
cette couleur. Pourtant le résultat est au minimum intéressant.
Souvent, le travail de Patrizia Zanotti (là encore, désolée
pour l'orthographe j'ai un doute!) est remarquable. Sous les indications
d'Hugo, elle a réussi à maintenir une qualité "aquarelle"
éblouissante.
Plus généralement (et là, après tout mon blabla
introductif, je vais en surprendre plus d'un !), je crois qu'on peut encenser
l'oeuvre d'Hugo, parce qu'elle est incontestablement fondatrice et irremplaçable.
Ce n'est pas pour autant qu'il faut encenser l'homme. Je ne crois pas qu'Hugo
ai jamais voulu être le maître d'une chapelle, le donneur d'ordre
d'une secte. C'était un homme libre autant qu'il le pouvait, et dont
la plus grande force était d'admettre ses propres contradictions
(voir les différents entretien et travaux de Petitfaux, Michel Pierre,
les publications de Bédésup...). Il nous a donné à
tous (ceux qui viennent sur ce site, je suppose !) un vrai bonheur. Ce n'est
pas beaucoup, mais déjà tellement nécessaire ! Oui,
Pratt était "cynique" sur l'utilisation de son oeuvre ; parce que
(je crois), il était persuadé que chacun pouvait y trouver
ce dont il avait besoin. Il y a des collectionneurs fous, qu'ils collectionnent
! On peut faire de l'argent avec une adaptation au cinéma ? Que ceux
qui le veulent aillent la voir. Je n'ai rien contre le fait que les héritiers
de Pratt vivent de son oeuvre. Et je suis profondément persuadée
qu'Hugo n'aurait rien contre le fait que vous ou moi nous aimions détourner
certains de ses dessins, nous inventer des suites à ses histoires...
Hugo Pratt nous a fait cadeau d'une oeuvre extraordinaire. Chacun la vit
comme il l'entend !
Cécile
Yannick
Il me semble qu'un film sur corto pourrait etre un film on ne voit pas
corto. Quelqu'un qui cherche a le retrouver par exemple, d'autres personnages,
des amis insoupconnes - au hasard du voyage, quelques nouvelles du Professeur
Steiner par un etudiant en archeologie classique qui l'a croise dans la
bibliotheque de l'universite de prague. A la fin, une silhouette familiere
nous echappe au coin d'une rue : serait-ce lui ?
Bons reves,
Yannick
Audrey
Salut!
Je suis comme moi aussi passionnée par l'univers de Corto, et j'ai
même décidé de faire ma maîtrise sur la série.
Je ne suis pas d'accord pour dire que le dessin de Mû est "lâché".
Au contraire je trouve que c'est génial 'arriver à une telle
épuration du graphisme alors que la Ballade était un peu chargée...
Quant à la colorisation des albums, il est clair que ça n'a
ni le charme du noir et blanc (qui me fait penser aux vieux films, et Corto
évolue à une époque où le cinéma ne pouvait
se faire qu'en noir et blanc) ni la magie des aquarelles de Pratt.
Est-ce que quelqu'un a plus de renseignements sur ce mystérieux
continent de Mû? Les quelques bouquins qui j'ai trouvés sur l'île
de Pâques n'en parlent pas...
Merci, à+ Audrey
Olivier
Bonjour à tous
Je m'appelle Olivier et j'ai 35 ans. Comme vous tous, je suis passionné par le personnage de Corto Maltese et par celui, si proche, de son auteur. J'ai découvert Corto dans Pif gadget vers l'âge de 10 ans (j'ai conservé ces bd) et dans un premier temps, je n'ai pas apprécié le graphisme ni les histoires. Car il est vrai que cette BD est très originale dans le sens où, me semble-t-il, il faut une certaine maturité et même de la culture pour apprécier et comprendre la profondeur des personnages, évoluant bien souvent dans un contexte historique complexe.
J'ai mis du temps, au delà du rêve et de l'envie de voyager qu'inspire Corto, à discerner la dimension politique du personnage.
C'est aujourd'hui (l'âge venant?), l'aspect qui m'intéresse le plus. Car c'est bien d'abord la façon dont Corto mène sa vie et ses amitiés qui nous passionnent le plus. C'est une individualité remarquable, qui refuse les partis, les clans. On pourrait même parfois lui reprocher des amitiés douteuses comme celle qui semble le lier au "petit père des peuples"...Mais c'est justement parce qu'il est cet anti-héros, jamais manichéen et refusant de perdre sa liberté pour des idées que nous l'admirons.
Plusieurs d'entre vous l'ont fait remarquer, Corto est anarchiste: ce n'est pas un détail, au contraire. Plus qu'un choix politique, c'est une philosophie qui dirige sa vie. Avez-vous remarqué, par exemple, l'absence totale de vulgarité chez ce personnage: pas de grossièreté ou de gestes déplacés. Il est aussi très cultivé, curieux des lieus où il évolue. On peut aussi noter combien l'amitié occupe un place centrale dans sa vie. Il est bien sûr très indépendant, ne tolére pas les règles imbéciles établies par d'autres pour servir leurs intérêts, il ne met rien au dessus de sa liberté, si ce n'est la nécessité d'aider ses amis, et parfois de survivre.
Ces choix philosophiques, appliqués dans la vie réelle par Hugo Pratt, je les ai retrouvés chez un philosophe passionnant: Michel Onfray. Que ce qui aiment Corto lisent "politique du rebelle", "les vertus de la foudre", "le désir d'être un volcan", autant d'ouvrages passionnants et relativement faciles à lire et à comprendre. C'est Corto qui m'a ouvert à l'étude passionnante de la philosophie d'Onfray et des philosophes matérialistes. La lecture des histoires de Corto a incontestablement influencée ma manière de vivre. La lecture des ouvrages d'Onfray est un second choc, de ces rencontres qui changent le cours de la vie et nous font grandir. Pour finir, je ne résiste pas au plaisir de relever quelques citations de Michel Onfray: il est remarquable de noter combien chacune d'elles peu renvoyer à la manière de vivre de Corto.
-"ne pas être paresseux suppose se sacrifier totalement aux impératifs sociaux."
-"la tolérance et la politesse sont utiles quand elles sont nécessaires, autant dire tant que la colère et la force ne sont pas vitales pour assurer la survie."
-"l'avenir de chacun réside dans son vouloir et sa résistance à l'endroit de ce qu'on veut qu'il soit socialement, à l'exclusion de tout autre dessein".
-"la vie de tous les jours, l'emploi de son corps et de son temps, l'usage des plaisirs et les techniques de soi, voilà le fond de toute quête philosophique".
-"la plus belle réussite d'un dandy est l'emploi de son temps, et non son argent. Car il méprise l'or dans lequel croupissent les bourgeois: son chef d'oeuvre est sa liberté, l'acquisition de sa liberté."
-"se changer plutôt que changer l'ordre du monde."
Bien amicalement à tous.
François-Xavier
Bonjour,
Arnaud
Nathalie
Jean-christophe
Salut à tous les lecteurs de Corto,
Dernière mise à jour : 03/03/02
Appels divers mais non moins importants
Alexandre
Salut
je m'appelle alexandre gautier, et je suis en licence de geo a la fac
de la rochelle.J'ai beaucoup aprecie ton site ainsi que quelques autres.
Je suis aussi un passionne d'Hugo Pratt.
Je t'adresse ce message car j'ai un projet pour ma maitrise : traiter
de la geographie imaginaire.j'ai choisi ce theme, car j'aime m'evader dans
les univers semi imaginaire d'hugo pratt.je voudrais traiter du sujet, dans
l'univers de la bd, et particulierement celui de Pratt (melant le reel et
l'imaginaire), mais aussi le cinema (m.bava,t.fisher ), et la litterature
fantastique(tolqien...).
dans le but d'avoir le plus d'information possible et d'orienter mes recherches
versun sijet precis, si tu as des informations qui pourrait m'interesser,
je te serait aimable de me les faire parvenir
A BON ENTENDEUR SALUT !
p.s: mon email :
gautieralex@hotmail.com
???
Salut,je suis une inconditionnelle de corto, le plus beau,le
plus fort, le plus sentimental, le plus romantique, le meilleur acteur de
bd de tous les temps. Je l'ai un jour rencontré à lyon et
depuis ma vie s'accorde ou tente de s'accorder sur la sienne. Si pour vous
aussi corto est plus qu'un personnage de bd, alors ecrivez moi à :
maguelonneferrand@hotmail.com
May-Lise
Salut
J'ai beaucoup apprécié ton site sur Corto. Cependant j'aimerai
bien savoir où tu as eu les superbes aquarelles présentées
dans ta rubrique sur les femmes de Corto .Tant que j'y suis, saurais tu où
trouver de la doc sur Corto: d'autres fans de Corto, des personnes ayant
déjà fait des travaux sur Corto autres que ceux inscits dans
les pages de garde des albums; ou des sites traitant de l'époque maltésienne.
Je prépare en effet actuellement une maitrise sur Pratt.L'intitulé
du sujet est " L'Angleterre et les anglais au 20 eme dans l' oeuvre graphique
d'Hugo Pratt".
Merci pour tout doc que tu pourrais me signaler ou toute remarque pouvant
m'aider.
May-Lise@wanadoo.fr
Je suis un passionné de Corto.Si vous êtes familier
avec de nouveaux livres,films,gilets ,accessoires concernants Pratt ,svp
.me le faire savoir
merci.
dudep@caramail.com
Ricos
Merci a Antoine pour son site en l'honneur de notre héros de son
père etc...
Voila j'écris dans l'optique d'avoir une adresse ou je pourrais
acheter un poster grandeur nature de CORTO .
De plus arrétez de vous prendre la tete sur la mise en couleur
de ces aventures ,chaque versions amènent une nouvelle interpretation
du reve du mythe.
Enfin corto est une légende et celles ci ne meurent jamais ...il
est porté disparu durant la guerre en Espagne.
Salut a+,
Ricos.
pour me contacter ou voir un site de voile defi jeune :http://www.classj2000.fr.fm.
Emilie
Bonjour à tous.
Voilà je suis une fan de Hugo Pratt et plus particulièrement
de Corto Maltesse et on m'a demander de bosser sur une expo qui aurrait
pour thème la guerre à travers la BD.Le problème c'est
que j'ai découvert Hugo Pratt il y a quelques mois et je ne crois
pas être capable de penser à tout.C'est à dire comment
Hugo Pratt nous présent-il la guerre à travers ses BD?Les liens
avec sa propre existence..des évènements autobiographique?Comment
il nous fait passer son point de vue sur la guerre
à travers la BD?...MercI d'avance pour votre aide.
Milie
Emilie.Malgras@ismcm-cesti.fr
Elie
Bonjour,
Je suis à la recherce de toiles (tableaux) vendues dans Paris.
Si vous connaisez une adresse, merci de me la communiquer.
Bien à vous
Elie MORYOUSSEF
emoryoussef@aol.com
Dernière mise à jour : 25/11/01
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